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Reims (51100)

La cathédrale de Reims
La cathédrale de Reims

Chef-lieu d'arrondissement de la Marne, sur la Vesle, à 142 km à l'E.-N.-E. de Paris.

  • Population : 184 011 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Rémois
  • Population pour l'agglomération : 209 566 hab. (recensement de 2009)

GÉOGRAPHIE

Reims est le centre de l'agglomération la plus connue et la plus peuplée de la Région Champagne-Ardenne. La ville, qui n'est pas préfecture (la Révolution n'a pas apprécié la « ville des sacres »), a un secteur tertiaire très important : cour d'appel, archevêché, académie et université (25 000 étudiants environ), banques, assurances, presse, scène nationale pour le théatre. La ville, qui a le label « ville d'art et d'histoire » est également une vitrine pour le commerce du champagne.

C'est à l'échelle de l'agglomération « Reims Métropole » qui regroupe 6 communes que le développement urbain prend tout son sens. La situation géographique favorable de Reims est valorisée aujourd'hui par les voies de communication, autoroutière, (l'autoroute de l'Est), ferroviaire (gare Champagne-Ardennes T.G.V. depuis 2007), fluviale (canal de l'Aisne à la Marne) et aéroportuaire (aérodrome de Reims-Champagne). Une ligne de tramway est en construction, qui traversera l'agglomération selon un axe Nord-Sud, jusqu'à la gare T.G.V. à Bezannes. Les activités industrielles sont présentes dans le centre et dans les communes périphériques : les équipement automobiles et aéronautiques, les produits pharmaceutiques, la verrerie et la cartonnerie, l'agroalimentaire, les cosmétiques et les équipements (compteurs, matériaux) sont les pricipales branches représentées. Elles sont complétées par les services aux entreprises : centres d'appel, transports. L'attraction de la ville déborde le cadre départemental, notamment vers l'Aisne et les Ardennes.

L'HISTOIRE DE REIMS

Capitale du peuple gaulois des Remi, l'antique Durocortorum devient, sous la domination romaine, la métropole de la province de Gaule Belgique et une étape importante sur la route de Belgique. Elle est le siège d'un évêché vers 290. C'est sous le pontificat de saint Remi que Clovis reçoit le baptême en 496 selon la tradition, plus vraisemblablement en 498 ou 499 ; c'est pour honorer cet événement que les rois de France établissent la coutume du sacre à Reims qui devient régulière à partir du règne de Louis VII ; le dernier sacre sera celui de Charles X (29 mai 1825). Vers le xiiie s., le travail de la laine est, pour la ville, un nouveau facteur de développement. En 1548, la création d'une université ajoute un rôle intellectuel aux fonctions de la ville. Occupée par les Allemands et reprise presque aussitôt par les Français en septembre 1914, Reims sert d'objectif à plusieurs offensives allemandes pendant la Première Guerre mondiale, particulièrement en juillet 1918. Important môle d'appui du front français, la proximité de leurs lignes permet aux Allemands de bombarder la ville qui sera presque complètement détruite. La cathédrale, ruinée, sera restaurée grâce à l'aide des Américains (donation Rockefeller). C'est à Reims qu'Eisenhower et les chefs d'état-major alliés reçurent du général Jodl la reddition de la Wehrmacht à l'issue de la Seconde Guerre mondiale (7 mai 1945).

L'ART À REIMS

De l'époque romaine datent la porte de Mars, ancien arc triomphal, le forum avec ses portiques voûtés d'arêtes du iiie s., des cryptoportiques gallo-romains, le tombeau de Jovin, consul du ive s., des mosaïques de pavement, des stèles et des sculptures. La crypte mérovingienne, dégagée sous la cathédrale après la Première Guerre mondiale, et les vestiges du baptistère voisin rappellent les débuts de la royauté franque. Les fouilles de la cathédrale et de Saint-Remi ont mis en évidence l'importance de la cité carolingienne.

L'abbatiale élevée au-dessus des restes de saint Remi date des xie et xiie s. L'immense nef à tribunes et le transept, avec leurs chapitaux de stuc sculpté, appartiennent à l'église dédiée par le pape Léon IX en 1049. La façade et le chevet sont des œuvres du premier art gothique, qui interprètent la lumière et l'espace d'une manière novatrice en utilisant les ressources de l'élévation à quatre étages, de la voûte sur croisée d'ogives et de l'arc-boutant. Les vitraux du chœur, dont la Crucifixion de la tribune, comptent parmi les témoins les plus précieux de l'art pictural du xiie s. Les bâtiments conventuels adjacents datent du xviiie s. et englobent l'ancienne salle romane et gothique du chapitre. Restaurés, ils abritent les collections lapidaires de la ville et les tapisseries Renaissance de la Vie de saint Remi, sœurs de la tenture de la Vie de la Vierge de la cathédrale.

Cette dernière est le grand chef-d'œuvre gothique de Reims. La cathédrale carolingienne, reprise au xiie s., fut incendiée en 1210 ou 1211. Elle fut aussitôt rebâtie sur de nouveaux plans. Le labyrinthe autrefois pavé dans la nef donnait les noms de plusieurs architectes : Jean d'Orbais, Jean le Loup, Gaucher de Reims et Bernard de Soissons. Robert de Coucy leur succéda ; au xive s., on travaillait encore aux parties hautes de la façade, mais le monument est dans son ensemble une œuvre du xiiie s., dont la construction débuta par le chevet, terminé avant 1241.

L'influence de Chartres s'y manifeste dans les proportions équilibrées : les grandes arcades ont la même hauteur que les fenêtres hautes, qui s'élèvent au-dessus de la ligne obscure du triforium. Le souvenir du chevet de Saint-Remi se voit dans l'ordonnance des chapelles rayonnantes et dans le passage qui court tout au long des fenêtres inférieures. Mais l'architecture innove dans l'élancement, invente la fenêtre « rémoise », dont la structure est indépendante des murs, affine les arcs-boutants et les adapte à l'écoulement des eaux des toitures. La décoration sculptée l'emporte encore en renommée sur l'architecture : les anges déploient leurs ailes aux contreforts du chevet, sur les culées des arcs-boutants, à la flèche (refaite) de l'abside et aboutissent à l'Ange au sourire de la porte gauche de la façade. Les plus anciennes sculptures apparaissent au chevet et à la façade nord : à la porte dite « romane », avec un remploi de la fin du xiie s. ; à la porte Saint-Calixte (anciennement dite Saint-Sixte), ornée de scènes de la vie de saint Nicaise et de saint Remi ; à la porte du Jugement dernier, où les morts ressuscitent avec une vivacité extraordinaire. Les prophètes et la Visitation antiquisante de la façade occidentale dérivent aussi des premiers ateliers. À cette façade, les sculpteurs d'Amiens ont apporté leur sobre noblesse, notamment dans la Présentation, et le style rémois s'épanouit dans les statues de saint Joseph et de l'ange avec une grâce élégante et un sourire qui humanisent l'art gothique. Le revers de la façade est aussi tapissé de reliefs qu'illuminent les verrières des tympans évidés des portes. Ces verrières sont modernes, mais aux fenêtres hautes règne une procession triomphale et colorée de saints, de rois de France et d'évêques, qui complète par le vitrail cet ensemble du xiiie s.

À côté de la cathédrale subsistent la chapelle de l'archevêché, la salle du Tau du xve s. et le palais du xviie s., très endommagés en 1914 et aujourd'hui restaurés. On y a déposé les sculptures les plus abîmées de la cathédrale et le trésor, où voisinent le talisman de Charlemagne, le calice du xiie s. dit « de saint Remi », le reliquaire du xve s. de la sainte épine, la nef Renaissance de sainte Ursule ainsi que les ornements et les vases liturgiques du sacre de Charles X.

La Révolution, puis la guerre de 1914 ont défiguré la ville. Pourtant, l'église Saint-Jacques, avec sa nef du xiiie s. et son chevet du xvie s., les restes de l'abbaye de Saint-Nicaise dans les caves Taittinger, les statues du xiiie s. de la maison des Musiciens recueillies au musée, l'hôtel Le Vergeur, aujourd'hui musée, l'hôtel de Bezannes et l'hôtel de La Salle rappellent la cité du Moyen Âge et de la Renaissance, tandis que la façade Louis XIII de l'hôtel de ville, les façades de la place Royale, d'époque Louis XV, avec les figures de bronze de Pigalle, la grille en fer forgé élevée pour le sacre de Louis XVI et l'ancienne abbaye de Saint-Denis, aujourd'hui musée des Beaux-Arts, évoquent la ville classique. Pour l'époque contemporaine, on signalera les peintures de la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix de Foujita, inaugurée en 1966, les vitraux de Joseph Sima et de Vieira da Silva exécutés pour l'église Saint-Jacques par l'atelier Marq-Simon de Reims, ainsi que les vitraux de Chagall installés dans la chapelle d'axe de la cathédrale en 1974.

La cathédrale Notre-Dame, l'abbaye Saint-Remi et le palais de Tau sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1991.

LES MUSÉES DE REIMS

Le musée des Beaux-Arts, dans l'ancienne abbaye Saint-Denis (xviiie s.), est riche de treize portraits de princes saxons par les Cranach, de peintures françaises du xviie s. (Le Nain, Champaigne, Le Brun), de toiles de Géricault et Delacroix, ainsi que de vingt-cinq paysages de Corot, onze de Lépine, neuf de Boudin (ancienne collection Vasnier) ; Th. Rousseau, Daubigny, Dupré, Millet y sont également représentés, de même que Monet, Renoir, Gauguin, Matisse, Marquet ; il faut encore signaler d'étonnantes toiles peintes des xve et xvie s., des sculptures, des objets d'art, des meubles, des outils.

Le Musée Saint-Remi, dans l'ancienne abbaye Saint-Remi (xiie-xviiie s.), présente un vaste ensemble d'archéologie gauloise (époque de La Tène), gallo-romaine et médiévale.

Au musée de l'Œuvre (palais du Tau), dépendant du Service des monuments historiques, sont exposées une précieuse collection d'orfèvrerie (calice du sacre des rois, dit « de saint Remi »), des tapisseries (tenture de l'Histoire de Clovis, Arras, xve s.) ainsi que des sculptures déposées de la cathédrale (l'Église et la Synagogue, le Couronnement de la Vierge, etc.).

Le musée-hôtel Le Vergeur (xiiie s., xvie s., xxe s.) présente un appartement meublé (peintures et dessins, porcelaines…), des sculptures, des documents sur l'histoire de Reims, une collection de gravures de Dürer.

La bibliothèque municipale Carnegie conserve de superbes manuscrits enluminés (depuis l'époque carolingienne, où Reims fut un centre de production), des livres précieux, une collection de gravures au burin de R. Nanteuil.