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Mexico

Mexico
Mexico

Capitale du Mexique et chef-lieu d'un district fédéral sur le haut plateau de l'Anáhuac, à 2 250 m d'altitude.

  • Population pour l'agglomération : 20 445 790 hab. (estimation pour 2011)

GÉOGRAPHIE

En 1930, la capitale couvrait 200 km2 et avait 1 million d'habitants. En 1970, sa superficie atteignait 650 km2 et sa population 8 350 000 habitants. Aujourd'hui, l'agglomération du Grand Mexico constitue une vaste région urbaine de plus de 2 000 km2. Mexico est devenue l'une des plus grandes villes du monde. Aux taux de natalité urbains élevés s'ajoute l'immigration venue des campagnes et des autres villes mexicaines. Les migrants ruraux ont assuré 40 % de l'accroissement de la population de Mexico de 1940 à 1970, et ce flux est loin d'être tari.

Il y a 10 000 km de routes et de rues dans la capitale, mais l'on devrait en construire 1 200 de plus par an pour suivre le rythme d'expansion de la mégapole. La ville est menacée d'asphyxie par la circulation de plus de deux millions de véhicules, qui, aux heures de pointe, bloquent les quartiers centraux. Et, cependant, le boulevard périphérique est une autoroute à six voies, et les artères maîtresses (avenue de Los Insurgentes, Paseo de la Reforma, avenue Chapultepec, etc.) sont des avenues de très grande largeur. Le métro de Mexico, dont la première ligne fut inaugurée en 1969, est également saturé.

Mexico absorbe la moitié des investissements publics fédéraux, sans pour autant que soient maîtrisés les problèmes urbains. Pour ravitailler la ville en eau, il a fallu faire appel au bassin supérieur du río Lerma, et faire des captages à 200 et 300 km de la ville. Depuis l'assèchement du Texcoco, Mexico connaît l'inconvénient des vents de limons salés, qui s'ajoutent aux poussières liées au déboisement. La pollution automobile, les fumées de la ville entraînent la formation d'un véritable smog sur le bassin de Mexico. L'évacuation des eaux usées et des milliers de tonnes quotidiennes de détritus pose des problèmes quasiment insolubles.

Le cœur historique de la ville coloniale, centré sur la place du Zócalo (cathédrale, église du Sagrario, Palais national), est menacé par la construction d'immeubles modernes. La ville du xixe s., entre l'Alameda et Chapultepec, est en pleine rénovation, les grands bâtiments de verre et d'acier remplaçant les demeures de style néoclassique. Les quartiers résidentiels de luxe (Lomas de Chapultepec, Jardines del Pedregal) tentent de préserver leur charme menacé. De vastes espaces aux médiocres immeubles collectifs, les étendues de petites maisons d'habitat populaire escaladant les collines du nord industrialisé de la ville et, surtout, les quartiers d'habitat spontané de l'est de la ville (le bidonville de Netzahualcóyotl abriterait près de 3 millions d'habitants dans ses baraques, édifiées le long de sentiers boueux) donnent à la ville actuelle, dans ses zones périphériques, une livrée de pauvreté et de misère.

Et, cependant, Mexico abrite 80 % des employés de bureau et assure 50 % des emplois industriels du Mexique. La ville fournit presque la moitié du produit national brut, tant est grande la centralisation politique et économique. Administrations, centres de décision, sièges sociaux des entreprises importantes, grandes écoles, industries (constructions mécaniques et électriques, chimie, etc.) se rassemblent dans la zone métropolitaine. En 1985, un tremblement de terre détruit une partie de la ville et fait des milliers de victimes. Mexico a accueilli les jeux Olympiques d'été de 1968.

L'HISTOIRE ET L'ARCHÉOLOGIE DE MEXICO

Fondée en 1325 (ou 1345), la ville a été capitale de l'Empire aztèque sous le nom de Tenochtitlán. L'essor de ce petit village lacustre est dû à la consolidation de l'État aztèque, particulièrement à partir du règne d'Itzcoatl (1428-1440).

La ville, qui comprenait quatre quartiers ayant chacun un centre religieux, s'étendait le long des canaux jusqu'à l'île de Tlatelolco, siège d'un énorme marché. Trois chaussées surélevées la reliaient à la côte, et deux aqueducs fournissaient l'eau potable ; d'importants travaux hydrauliques avaient régularisé le régime des eaux de la lagune. Issue de l'expansion territoriale de l'empire, la prospérité a favorisé l'accroissement démographique de la capitale et des cités voisines : pour certains auteurs, cette agglomération aurait compté 1 million d'habitants. Ceux-ci étaient ravitaillés d'abord grâce aux cultures pratiquées dans les radeaux contenant de la terre arable (chinampas), puis, afin d'accroître les ressources, on fit appel à la production des régions avoisinantes.

Enfouis sous la ville moderne, les vestiges de l'ancienne métropole sont dégagés au gré de grands travaux publics ou privés comme ceux qui ont été entrepris en 1978 et qui ont révélé sous la place de la Constitution le Grand Teocalli, ou cité sainte, avec ses nombreux édifices religieux : temple de Tezcatlipoca, temple circulaire de Quetzalcoatl, celui du Soleil, celui de Xipe Totec et surtout le temple Mayor, dédié à Tlaloc et à Huitzilopochtli, qui constitue le temple principal de l'ensemble. Ce temple montagne avec ses sept phases de construction (la dernière contemporaine de la conquête et la seconde antérieure à 1428) devient l'un des mieux connus de la ville. Les palais du roi et des dignitaires, entourés de jardins, bordaient ce haut lieu religieux.

La ville fut conquise le 13 août 1521 par Cortés ; les Espagnols la rasèrent et entreprirent la reconstruction sur un nouveau plan. Devenue la métropole de la Nouvelle-Espagne, Mexico s'agrandit aux dépens de la lagune, peu à peu asséchée par des canaux de drainage. Elle est la capitale du Mexique à partir de 1824.

MEXICO, VILLE D'ART

En arrivant l'année 1519 dans la capitale aztèque, Tenochtitlán, les conquérants espagnols furent émerveillés. Une grande cité lacustre reliée par des chaussées à la terre ferme se montrait à leurs yeux. Ils n'eurent d'autre idée que d'en faire leur propre centre de rayonnement. L'actuelle place de la Constitution (le Zócalo) se trouve exactement sur l'ancien centre cérémoniel et religieux indien.

Après avoir, en général, détruit les temples aztèques, les Espagnols, malgré leur désir de grandeur, durent se contenter de simples constructions de fortune : une cathédrale rudimentaire, des maisons pour les autorités. Pourtant, en 1573, une nouvelle cathédrale fut entreprise, s'inspirant des plans qu'Andrés de Vandelvira avait établis pour la cathédrale de Jaén en Espagne (1548). Devenu le maître d'œuvre de l'édifice en 1584, Claudio de Arciniega transforma le système primitif par l'adoption de petites coupoles sur les bas-côtés et d'une voûte en berceau à grandes pénétrations pour la nef principale. La cathédrale fut consacrée en 1656 et en 1667, mais plus de cent ans après l'architecte Manuel Tolsá travaillait encore aux parties hautes de la façade, aux tours et à la coupole.

En général, il ne reste plus rien de l'architecture du xvie s. à Mexico : l'instabilité du sol marécageux, la précarité des premières constructions, le changement volontaire des structures sont les raisons principales de cette quasi-disparition. Le xviie s. représente par contre le grand départ de la ville coloniale. Quantité de couvents masculins et féminins, d'églises (San Bernardo) et de chapelles sortent de terre. Les villages qui entouraient le lac prospèrent aussi vers cette époque : Coyoacán, San Angel deviendront avec le temps des quartiers privilégiés. L'architecture civile, qui n'avait presque pas d'importance au siècle précédent, connaît elle aussi un essor considérable. Les gens s'enrichissent et veulent à tout prix se doter de maisons luxueuses, voire de palais urbains à plusieurs étages. Les éléments de base de ces constructions sont presque toujours les mêmes. Sur des murs en tezontle – pierre volcanique d'un rouge très sombre – on plaque des portails, des encadrements de fenêtres et des corniches en pierre ciselée d'une couleur plus claire. Les balcons ont des garde-fous en fer forgé avec de grosses boules aux angles. Le décor plaqué en pierre et en bois, le mobilier accusent un goût baroque assez lourd et sévère, qui contraste avec le cadre sec des façades, la sobriété géométrique des masses.

Présentant une plus grande unité, le xviiie s. est le moment des grandes compositions. À côté même de la cathédrale et pour la compléter, un homme de génie, Lorenzo Rodríguez (1704-1774), édifia entre 1749 et 1768 le Sagrario (où le saint sacrement est toujours exposé), bâtiment à plan carré dont la masse générale obéit à une forme pyramidale couronnée d'une coupole aplatie. Parmi les églises du début du siècle sont notamment à citer la basilique du sanctuaire de Guadalupe (1695-1709) et la Profesa (1714-1720), toutes deux par Pedro de Arrieta (?-1738). La basilique de Guadalupe est surtout célèbre par la chapelle plus tardive du Pocito (1777-1791), édifice admirablement ouvragé, chef-d'œuvre de l'architecte Francisco Guerrero y Torres, qui est aussi l'auteur présumé de l'église de la Enseñanza (1772-1778), une des plus belles dans le style décoratif « délirant » de l'époque. Parmi les caractéristiques principales de ce baroque tardif figure l'estípite, sorte de trapèze allongé et pointé vers le bas qui remplace les colonnes torses jusque-là prédominantes. L'inventeur de l'estípite est l'Espagnol Jerónimo de Balbás, qui l'employa à profusion dans son célèbre retable de la chapelle des Rois (1719-1737), échappé (à l'inverse des stalles) à l'incendie de la cathédrale de Mexico en 1967. Le plus imposant portail de ce style est sans doute celui de la Santísima Trinidad (1755-1783). Les plus belles demeures du xviiie s. sont le palais d'Iturbide, la maison des Azulejos, la résidence du comte Santiago de Calimaya et celle du comte de San Mateo de Valparaíso (1769-1772), signée par Guerrero y Torres.

Le xixe s. s'ouvre sur le Palacio de Minería (palais des Mines, 1797-1813) du Valencien Manuel Tolsá (1757-1816), un des chefs-d'œuvre de l'art néoclassique dans le monde. Mais, comme ailleurs, l'académisme officiel s'installe ensuite pour un siècle, avec son style architectural hybride qui va du faux classique au faux « colonial » en passant par tous les autres clichés pseudo-historiques.

Après l'éclectisme du xixe s., un renouveau s'affirme à partir de 1920-1930 avec des architectes modernes et avec les peintres muralistes Rivera, Orozco et Siqueiros. En 1949 est entreprise la nouvelle Cité universitaire, dont le bâtiment le plus typique est la bibliothèque centrale, construite par Gustavo Saavedra, Juan Martínez de Velasco et Juan O'Gorman, auteur également de la mosaïque qui décore les murs du prisme supérieur. Déjà présent dans le décor de la Cité universitaire, le baroquisme trouve une expression architecturale originale sous l'impulsion de M. Goeritz et O'Gorman. À côté de divers programmes sociaux, des constructions plus spectaculaires sont réalisées pour les jeux Olympiques de 1968 : stade Aztèque de Pedro Ramírez Vásquez et Rafael Mijares, palais des sports de Antoni Peyri et Felix Candela, spécialiste des voiles de béton et auteur également de l'église Santa Maria Milagrosa et de la Bourse de Mexico. En 1964, l'architecte Mario Pani réalise la place des Trois-Cultures, qui inclut les vestiges du centre cérémoniel aztèque de Tlatelolco.

C'est de 1964 que date le musée national d'Anthropologie et d'Archéologie, dans le parc de Chapultepec, cadre remarquable conçu par P. R. Vásquez pour de fabuleuses collections précolombiennes et indiennes. Parmi les musées importants de Mexico, on doit encore citer le musée national d'Histoire, la Pinacothèque vice-royale (dans l'ancienne église San Diego), le musée d'Art moderne, etc.