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Fontainebleau (77300)

Nicolo Dell'Abate, l'Enlèvement de Proserpine
Nicolo Dell'Abate, l'Enlèvement de Proserpine

Chef-lieu d'arrondissement de Seine-et-Marne.

  • Population : 15 665 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Bellifontains

Centre de la communauté d'agglomération de Fontainebleau-Avon, la ville a des fonctions résidentielles, commerciales et touristiques. Elle accueile plusieurs établissements d'enseignement supérieur dont l'Institut supérieur européen d'administration des affaires (I.N.S.E.A.D.) et est très marquée par les activités sportives : École interarmées des sports, stade équestre du Grand Parquet, hippodrome de la Solle, centre sportif d’équitation militaire, brigade montée, parrainage de la Garde Républicaine.

Fontainebleau a été le siège du commandement des forces alliées du secteur Centre-Europe de l'O.T.A.N. de 1949 à 1967.

Le château de Fontainebleau

Introduction

L'histoire artistique de Fontainebleau se confond presque entièrement avec celle de son illustre château royal, devenu propriété de l'État. Cette vaste demeure est en fait un assemblage irrégulier de bâtiments hétérogènes qui datent de plusieurs époques et ont subi maintes transformations. Louis VII avait là un modeste rendez-vous de chasse, dont Thomas Becket consacra la chapelle en 1169, sous le vocable de saint Saturnin. À la fin du règne de Saint Louis, les bâtiments s'étaient développés ; ils formaient le périmètre d'une cour assez irrégulière qui, sous le nom de cour Ovale et à travers plusieurs remaniements, devait rester le noyau de la maison des rois. À l'extrémité ouest de cette cour s'élevait un donjon rectangulaire, devenu le pavillon dit « de Saint-Louis » ; l'entrée s'ouvrait au sud, là où s'élève la porte Dorée.

L'œuvre de François Ier

Le véritable créateur de Fontainebleau est cependant François Ier. C'est là que ce roi, rêvant d'égaler les princes italiens de la Renaissance, a donné les preuves les plus éclatantes de son mécénat. Revenu en 1527 de sa captivité espagnole, il entreprit d'abord la réfection à peu près totale des bâtiments médiévaux, mais en respectant le plan de la cour. Ce fut surtout l'œuvre de Gilles Le Breton (?-avant 1552), un maître maçon dont le métier traditionnel donnait un accent local à l'imitation des modèles italiens. Au milieu du côté nord, le portique dit « de Serlio » est un morceau plus ambitieux, mais à peine plus habile. À l'extérieur de la cour, face au midi, la porte Dorée, qui remplace l'entrée médiévale et a longtemps servi d'accès principal au château, est plus savoureuse avec sa loggia formée de trois arcades superposées et son décor de fresques rehaussées de dorures. La chapelle de Saint-Saturnin, à deux étages, fut elle aussi reconstruite.

Entre 1530 et 1540 environ, François Ier fit sortir de terre un véritable château neuf à l'ouest de la cour Ovale. Une aile étroite, dont l'étage abrite la galerie dite « de François Ier », relie l'ancien donjon à des bâtiments encadrant une vaste cour rectangulaire, la cour du Cheval-Blanc (ainsi nommée parce qu'un moulage du cheval de Marc Aurèle, envoyé de Rome, en occupait le centre). À l'origine, seul le bâtiment de l'est devait comporter un étage, avec cinq pavillons plus élevés pour en rythmer la façade ; il ne fut d'ailleurs achevé que dans la seconde moitié du siècle, puis subit de nombreux remaniements. Les autres côtés de la cour n'offraient d'abord qu'un rez-de-chaussée sous un comble à lucarnes. Mais celui du sud reçut bientôt un étage abritant la galerie d'Ulysse. Seule l'aile du nord, destinée aux services, a conservé son aspect primitif ; elle est en maçonnerie à chaînages de brique, d'un style sobre et original.

L'architecture, dans le château de François Ier, n'est pourtant que l'écrin de la décoration intérieure, qui fait de Fontainebleau un haut lieu de la Renaissance européenne. C'est l'œuvre d'artistes italiens qui ont formé avec leurs collaborateurs français ou flamands, ce qu'il est convenu d'appeler l'école de Fontainebleau. On doit au Rosso l'essentiel de la petite galerie, dite « de François Ier ». Au-dessus d'un lambris sculpté, comme le plafond, par le huchier italien Scibec de Carpi, et entre les fenêtres qui s'ouvraient à l'origine des deux côtés, des ornements en stuc blanc, d'un fort relief et d'une invention exubérante, encadrent quatorze fresques à sujets mythologiques, où sont multipliées les allusions à la vie de François Ier. En dessous de la galerie, l'appartement des bains, disparu depuis le xviie s., fut décoré sous la direction du Primatice, de même que la chambre de la duchesse d'Étampes, qui subsiste à l'étage de la cour Ovale, convertie en escalier au xviiie s., avec ses figures de stuc et ses fresques illustrant l'histoire d'Alexandre. Mais le règne de Louis XV a sacrifié le plus bel ensemble décoratif du xvie s. : la grande galerie, ou galerie d'Ulysse, dont le Primatice et Nicolo Dell'Abate (vers 1506 ou 1512-1571) avaient peint les fresques représentant principalement des épisodes de l'Odyssée.

François Ier fit aussi aménager des jardins, les uns au nord de la cour Ovale, à l'emplacement du jardin de Diane, les autres au sud de la grande galerie. Ceux-ci faisaient face à la grotte des Pins, qui s'ouvre encore au pied d'un pavillon d'angle de la cour du Cheval-Blanc, avec son puissant frontispice à bossages.

Henri II et Catherine de Médicis

La mort de François Ier n'enleva pas à Fontainebleau son rôle primordial comme foyer de la Renaissance française. Le règne d'Henri II y a laissé un ensemble fastueux : la salle de bal, aménagée vers 1550 à l'étage d'un bâtiment que François Ier avait commencé sur le côté sud de la cour Ovale. Le Primatice et Nicolo sont les auteurs principaux des fresques à sujets mythologiques qui ornent ses parois et les embrasures de ses larges baies cintrées. Le magnifique plafond à caissons, en bois doré et argenté, est de Scibec de Carpi, sur les dessins de Philibert Delorme. La tribune des musiciens s'élève au-dessus de l'entrée, face à une cheminée monumentale.

Philibert Delorme aménagea pour Henri II le pavillon dit « des Poêles », qui donnait à la fois sur la cour du Cheval-Blanc et sur la cour de la Fontaine. Dans la première, au pied du pavillon central, il éleva un escalier à double courbe, moins ample que celui qui l'a remplacé au xviie s. Sur la cour de la Fontaine, la galerie François Ier fut doublée par une terrasse, à laquelle un beau portique à bossages sert de soubassement. La chapelle de la Trinité fut enfin bâtie au fond de la cour du Cheval-Blanc.

Devenue régente, Catherine de Médicis remplaça Philibert Delorme par le Primatice pour la conduite des travaux d'architecture. On doit au second l'aile formant le côté est de la cour de la Fontaine, sur laquelle sa façade dessine une sobre et vigoureuse composition à deux rampes divergentes. Dans la cour du Cheval-Blanc, le bâtiment du fond fut continué sous le règne de Charles VIII. Des pièces donnant sur le jardin vinrent doubler vers le nord les bâtiments de la cour Ovale.

L'œuvre d'Henri IV

Délaissé pendant le règne d'Henri III et les troubles de la Ligue, le château retrouva sa place avec Henri IV, qui se plut à le développer et à l'embellir. Une nouvelle entrée, de caractère triomphal, fut aménagée à l'extrémité est de la cour Ovale, qui s'ouvre depuis lors entre deux pavillons construits pour terminer plus régulièrement le fer à cheval des bâtiments anciens ; au milieu s'élève la porte surnommée « le Baptistère » (parce que le Dauphin reçut le baptême en 1606 dans la cour Ovale), de goût nettement baroque avec son dôme épaulé par de grandes volutes. Face à ce frontispice, Henri IV fit construire une nouvelle avant-cour à usage de communs, la cour des Offices. Cet ensemble au style sobre mais animé, en maçonnerie à chaînages de brique, dessine un quadrilatère ouvert du côté de l'ouest. L'entrée d'honneur, très imposante, se creuse en exèdre dans le pavillon central, face à la ville. Autre extension donnée au château, une aile en brique et pierre (refaite au xixe s.) vint s'allonger vers le nord, à partir de la cour Ovale, pour contenir deux galeries superposées : la galerie des Cerfs et celle de Diane. Renouant avec la tradition du mécénat royal, Henri IV enrôla pour les travaux de décoration une équipe d'artistes que l'on désigne souvent du nom de « seconde école de Fontainebleau ». Son œuvre la plus spectaculaire est dans la chapelle de la Trinité, qui avait été construite, on l'a vu, au siècle précédent. Martin Fréminet (1567-1619) est l'auteur des fresques à sujets bibliques qui ornent les compartiments de la voûte ; les grandes figures de stuc sont de Barthélemy Prieur († 1611). La chapelle haute de Saint-Saturnin fut elle aussi décorée de peintures. Les grands appartements subirent des modifications importantes. Henri IV transféra la chambre du roi de l'ancien donjon à un emplacement voisin, avec vue sur le jardin du nord ; il fit sculpter un plafond pour la nouvelle chambre, qui est devenue la salle du Trône. Le cabinet du roi, sur la cour Ovale, a conservé son lambris peint et les grandes toiles d'Ambroise Dubois (1543-1614) qui le surmontent, illustrant le roman de Théagène et Chariclée. Le même peintre avait représenté l'histoire de Tancrède et Clorinde, d'après le Tasse, dans le salon des dames d'honneur de la reine. Dans l'aile ajoutée vers le nord, la galerie des Cerfs, celle du bas, porte ce nom à cause des massacres de cerfs qui la décoraient ; sur les parois, Toussaint Du Breuil (1561-1602) représenta les maisons et les chasses royales. La galerie haute, ou galerie de Diane, célébrait les faits d'armes du roi en grands tableaux peints sous la conduite d'A. Dubois, de même que les sujets mythologiques de la voûte. Le décor de ces deux galeries a été refait au xixe s.

Henri IV développa aussi les jardins. Au sud de la cour Ovale, il fit aménager le grand Parterre, avec la fontaine du Tibre, de goût baroque par un spécialiste italien du nom de Francini, connu sous la forme francisée de Thomas Francine (1571-1651). Le grand canal fut creusé en direction de l'est, dessinant une majestueuse perspective.

De Louis XIII à nos jours

Après la mort d'Henri IV, la seule construction notable du xviie s. fut l'escalier dit « du fer à cheval », dont Jean Ier Androuet Du Cerceau (1585-1649) établit en 1634 la double rampe mouvementée devant le pavillon central de la cour du Cheval-Blanc. Il y eut en revanche d'importants travaux à l'intérieur. Sous le règne de Louis XIII, André Gobert (1635-1672) sculpta des portes de chêne pour le vestibule de la chapelle de la Trinité, et un lambris pour la chapelle basse de Saint-Saturnin. La chambre de la Reine fut surmontée d'une coupole en bois sculpté et doré.

Louis XIV ne négligea pas la vieille demeure, qui devint un séjour d'automne. S'il apporta mainte retouche aux appartements, son intervention se lit surtout dans les jardins, qu'il fit redessiner par Le Vau et Le Nôtre dans un style plus sobre et plus ample (grand parterre, pièce d'eau du Bréau).

Le règne de Louis XV amena des transformations importantes et parfois regrettables. C'est ainsi que fut démolie l'aile sud de la cour du Cheval-Blanc, avec la galerie d'Ulysse : Gabriel le père la rebâtit vers 1740, dans un style un peu monotone. Plus élégant, le « gros pavillon », de Gabriel le fils, remplaça vers 1750 le pavillon des Poêles, à l'angle sud-ouest de la cour de la Fontaine. Dans les appartements, le style Louis XV a laissé quelques-uns de ses plus beaux témoignages : ainsi la salle du Conseil, avec ses panneaux peints par Jean-Baptiste Pierre (1713-1789), Carle Van Loo et Alexis Peyrotte (1699-1769), ses plafonds de Boucher et de Jean-Jacques Lagrenée (1740-1821), ou bien la chambre du roi (salle du Trône), enrichie de lambris sculptés par Jacob Verberckt (1704-1771), Louis XVI fit doubler en 1786 la galerie François Ier, du côté du nord, par un bâtiment où il voulait aménager une série de petites pièces. Il n'en eut pas le temps, et c'est l'appartement de Marie-Antoinette qui permet de goûter le style de l'époque dans tout son éclat. Il faut citer au moins le salon des Jeux, décoré à l'antique et meublé avec faste ; la chambre de la Reine, revêtue d'une soierie tissée d'après Philippe de La Salle (1723-1804) ; le délicieux boudoir aménagé par Richard Mique (1728-1794).

La Révolution avait laissé Fontainebleau à l'abandon. Napoléon entreprit de donner une vie nouvelle à la « maison des siècles », qui devint sa principale résidence en dehors de Paris. La cour du Cheval-Blanc fut convertie en cour d'entrée ; à cet effet, l'aile occidentale fut démolie et remplacée par une grille assez pauvre. L'aménagement intérieur, dont l'architecte Fontaine eut la direction, donne une plus haute idée de l'œuvre impériale. On remeubla les grands appartements, les petits appartements du rez-de-chaussée et celui que vint habiter Pie VII de 1812 à 1814 dans l'aile occidentale de la cour de la Fontaine. Le lourd mobilier doré de la salle du Trône est le témoignage le plus officiel du style Empire.

Sous la monarchie de Juillet, les fresques de la Renaissance furent fâcheusement repeintes. Il y eut d'autres restaurations sous le second Empire, auquel on doit le charmant petit théâtre aménagé par Hector Lefuel (1810-1881) dans l'aile Louis XV de la cour du Cheval-Blanc.

Dans quinze salles réaménagées de l'aile Louis XV s'est ouvert en 1986 le musée Napoléon. L'occasion de ce regroupement de souvenirs et d'œuvres d'art relatifs à la période impériale (1804-1814) a été la donation à l'État (1979) par le prince Napoléon, arrière-petit-neveu de Napoléon Ier, de ses collections familiales (dont d'autres parties ont pris le chemin de Malmaison et de Bois-Préau ou, pour le second Empire, du château de Compiègne). En 1991 ont été ouverts après restauration, dans le « Gros Pavillon » de Gabriel, le Musée chinois et les salons de l'impératrice Eugénie.

La ville de Fontainebleau s'est formée à côté du château royal. Seuls y méritent mention les anciens hôtels des personnages de la cour. Il ne reste qu'un beau portail du plus considérable, celui que Serlio éleva au xvie s. pour le cardinal de Ferrare. L'« ermitage » de Mme de Pompadour est une gracieuse construction de Jacques Ange Gabriel.

Un lieu historique

Du xvie s. à nos jours, Fontainebleau a été le théâtre de nombreux événements historiques : assassinat de Monaldeschi, par ordre de Christine de Suède (1657) ; signature de la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV (1685) ; conseil de 1700, où est décidée l'acceptation du testament du roi d'Espagne Charles II ; décrets de 1807 et 1810, qui renforcent le Blocus continental ; traité de partage du Portugal par Napoléon (1807) ; captivité de Pie VII (1812-1814) ; concordat de 1813 ; première abdication de Napoléon (1814).

Le château de Fontainebleau est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1981.