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Le Caire

en arabe al-Qāhira

Le Caire
Le Caire

Capitale de l'Égypte, sur le Nil, à 25 km au S. de la tête du Delta.

  • Population : 7 771 617 hab. (recensement de 2006)
  • Nom des habitants : Cairotes
  • Population pour l'agglomération (y compris Gizeh et Shabra-El-Khema) : 11 168 959 hab. (estimation pour 2011)

GÉOGRAPHIE

Le Caire est un centre politique, administratif, intellectuel (plusieurs universités, dont l'université islamique d'al-Azhar) et touristique. C'est aussi le plus grand centre industriel de l'Égypte, avec environ 40 % de la main-d'œuvre industrielle du pays, et notamment le centre sidérurgique d'Hélouân (Hilwan) dans la banlieue sud, à côté d'activités directement liées au marché de main-d'œuvre et de consommation (usines alimentaires et textiles notamment). La ville est la plus peuplée d'Afrique, concentrant environ 20 % de la population égyptienne. C'est le siège de la Ligue arabe (1945-1970 et depuis 1990).

La ville s'est développée sur la rive droite du fleuve, à partir du camp militaire arabe de Fostat (Fustat), aujourd'hui Misr al-Qadima (« le Vieux Caire »), face à la cité chrétienne préexistante, Babylone. Vers le N.-E. s'échelonnent ensuite des créations de dynasties successives ; al-Askar ; al-Qata'i ; enfin al-Qahira (« la Victorieuse »). Cette dernière, nettement séparée des vieux quartiers du S., comme du Nil auquel la reliait un canal (khalidj), fut complétée à l'époque ayyubide par une citadelle, environnée d'un quartier militaire, construite par Saladin sur une butte détachée dudjebel al-Muqattam, dont le relief de calcaire marneux domine en ce point la vallée. Restée longtemps éloignée du Nil (sur les bords duquel se trouvait le port de Boulaq [Bulaq]), la ville s'en est rapprochée au xixe s. par l'édification des quartiers neufs, qui constituent aujourd'hui le centre des affaires et le secteur résidentiel aisé de la rive droite du fleuve.

Puis, au xxe s., l'agglomération s'est considérablement étendue dans toutes les directions : vers le N. et le N.-E. (lotissement d'Héliopolis en plein désert en 1906) ; sur la rive gauche, où habitent aujourd'hui près de 4 millions de personnes : au S., où le Vieux Caire, nettement distinct encore au xixe s., est maintenant totalement intégré. Des implantations de quartiers neufs ont enfin été réalisées à l'E. sur le djebel al-Muqattam lui-même, au-delà de la ceinture de cimetières qui paralysaient de ce côté l'extension de la ville. Le métro, qui date de 1987, exploite deux lignes d'une longueur totale de 66 kilomètres. La population s'est rassemblée au Caire en provenance de tout le pays, mais avec une proportion plus élevée, par rapport à leurs effectifs, des provinces de la Basse-Égypte (Delta) d'une part, des provinces méridionales et pauvres de la Haute-Égypte d'autre part, la Moyenne-Égypte étant moins représentée. Il y a également une minorité chrétienne copte. Mais déjà apparaît un phénomène de dépeuplement relatif et même absolu des quartiers du centre.

L'HISTOIRE DU CAIRE

Le Grand Caire englobe les créations citadines successives depuis l'époque romaine. Les ruines de l'antique forteresse égypto-romaine de Babylone se retrouvent dans le quartier du Vieux-Caire aux côtés des monuments coptes. Après la victoire d'Amr ibn al-As en 640, le camp militaire arabe de Fustat, au nord de la citadelle, devient le berceau de la nouvelle capitale, appelée à remplacer l'antique Memphis, qui se situait sur la rive gauche, à 35 km en amont. Ahmad ibn Tulun l'agrandit vers le nord est (al-Qatai) et fait construire la mosquée qui porte son nom, la plus ancienne de la cité. Ce sont les Fatimides de Kairouan, vainqueurs en 969, qui fondent nominalement al-Qahira, nouvelle ville tracée au carré, au nord de Fustat, depuis la rive droite d'un bras du Nil, aujourd'hui comblé, le Khalidj, jusqu'au pied des hauteurs du Muqattam, dont la corniche forme la limite orientale de la vallée du Nil. Fondée dès 970, la mosquée d'al-Azhar (« la splendide ») est terminée en 972 et ouverte aux lettrés en 988.

L'union dans une même enceinte d'al-Qahira et de Fustat en 1169 est l'œuvre de Salah al-Din (Saladin), fondateur de la citadelle (1176). Sous l'administration des Mamelouks, la cité s'étend à l'ouest du Khalidj dans l'île de Bulaq, et la jonction se fait entre al-Qahira et Fustat, tandis que se multiplient les fondations de mosquées et de palais. La domination turque marque une stagnation de l'extension de la ville. C'est à partir du règne de Mehemet-Ali et de ses successeurs, puis sous l'administration britannique que commencent à se spécialiser certains quartiers (ministères, commerces, résidences). Depuis l'indépendance (1936) et surtout depuis le renversement de la monarchie (1952), la ville n'a cessé de s'étendre.

LE CAIRE, VILLE D'ART

L'intérêt artistique du Caire réside dans le caractère ininterrompu des témoignages accumulés depuis les temps les plus reculés de l'histoire du pays : civilisation pharaonique, dont les plus belles pièces se trouvent rassemblées au Musée égyptien, histoire copte, civilisation arabe.

C'est dans le Vieux-Caire que l'on trouve les traces de l'histoire copte : l'église al-Muallaqa, ancien siège du patriarcat ; l'église Saint-Serge, de style byzantin avec ses menuiseries incrustées ; le musée copte, où sont rassemblés les manuscrits, les icônes, les ivoires et les produits d'un artisanat raffiné. Les ruines de l'ancien fort romain de Babylone se trouvent également dans le Vieux-Caire.

L'art musulman s'exprime surtout par les nombreuses mosquées (plus de quatre cents) réparties entre les anciens quartiers d'outre-Khalidj. La plus ancienne, Djami al-Amr (au Vieux-Caire), daterait de la première conquête arabe, mais la plus grande partie aurait été restaurée au xve s. En fait, c'est la Djami Ibn Tulun qui peut être considérée comme le monument religieux de l'islam le plus ancien (876) et le mieux conservé. Son plan quadrangulaire est inspiré de celui de la Kaba de La Mecque ; il frappe par sa beauté et son ampleur avec sa cour bordée d'arcades. La décoration mêle l'inspiration byzantine et les débuts de l'entrelacs arabe. La restauration effectuée à la fin du xiiie s. a sauvegardé l'essentiel du monument initial. L'escalier du minaret, à double rythme (d'abord rectangulaire, puis spiralé), est une curiosité.

Les califes abbassides et ikhchidites n'ont pas laissé de monuments religieux.

En fondant al-Qahira, les Fatimides ont d'abord implanté la mosquée d'al-Azhar (la brillante) dans le double but de la prière et de l'enseignement. Elle est devenue l'université islamique la plus importante du monde musulman depuis la création de la madrasa en 988 et accueille plus de 25 000 étudiants du monde musulman. Sa bibliothèque contient près de 20 000 manuscrits anciens. La mosquée actuelle est de style composite en raison des additifs réalisés autour du noyau primitif : elle compte 300 colonnes, 5 minarets et 6 portes. Djami al-Hakim (1012) doit son originalité aux deux tours à base pyramidale qui servent d'assise aux minarets.

De l'époque ayyubide (1171-1250) ne subsistent que deux madrasa mal conservées : al-Djamaliya et Salah Nidjm al-Din.

Les sultans mamelouks bahrites (1250-1382) ont laissé de nombreux monuments : Djami al-Zahir, l'élégant ensemble de Maristan Qalaun (incluant mosquée, tombeau et hôpital), les madrasa Sangar al-Gauli et Muhammad al-Nasir, les mosquées al-Mardani et al-Chaykh Sunqur. Mais la plus célèbre mosquée est la Djami Sultan Hasan (1356-1363), à quatre iwans. Les portes, les frises, la coupole comportent des détails d'une grande beauté. Le minaret est le plus haut du Caire (86 m). Les constructions des Mamelouks circassiens (1382-1517) représentent le temps de la splendeur de cette architecture religieuse. Les mosquées al-Barquqiyya, al-Muayyad et al-omir Kidjmas al-Ishaqi, la madrasa al-Ghuri et le Madfan al-Ghuri gardent des éléments de cette riche décoration.

Les monuments de l'époque turque (1517-1801) sont plus rares : quelques mosquées, dont Djami al-Sinaniyya, et des fontaines publiques (sabil).

Les nécropoles s'étendent au-delà des anciens murs de fortifications au pied du Muqattam. La plus importante, celle de Qait bay, dite aussi, à tort, « tombeau des califes », regroupe les sépultures des Mamelouks circassiens. La mosquée Madfan Qait bay date de la fin du xve s. (1472) ; c'est un chef-d'œuvre de l'art arabe d'Égypte tant par son architecture générale (avec l'atrophie des iwans latéraux au profit des deux autres) que par sa décoration ou la hardiesse de son minaret. La mosquée-couvent, al-Barquqiyya, plus importante en taille, est plus ancienne (1398-1405). Elle possède un magnifique minbar en pierre, don du sultan Qait bay. Au sud de la citadelle, la nécropole des Mamelouks présente au contraire un désordre de tombeaux à demi ruinés.

LE MUSÉE ÉGYPTIEN

Fondé en 1857 par l'égyptologue français Auguste Mariette, d'abord installé à Boulaq (Bulaq), le musée est transféré à Gizeh en 1901. C'est en 1902 que l'actuel musée égyptien, bordant le côté nord de la place Midan al-tahrir, est édifié sur des plans de l'architecte français Dourgnon. Il abrite la plus grande collection égyptologique du monde : plus de 100 000 objets exposés et davantage encore dans les réserves. Au rez-de-chaussée, on trouve la sculpture, alors que les objets mobiliers sont conservés à l'étage. Toutes les époques de l'art égyptien sont abondamment représentées. Parmi les plus grands chefs-d'œuvre exposés, on peut citer la statue en diorite de Khephren, les triades de Mykerinus, la statue en bois de Cheikh el-Beled, le groupe de Rahotep et de Nofrit, le trésor de Toutankhamon. Des temps prédynastiques à l'époque gréco-romaine, le musée offre un panorama très complet de l'activité créatrice des anciens Égyptiens.

L'INSTITUT FRANÇAIS D'ARCHÉOLOGIE ORIENTALE DU CAIRE (I.F.A.O.)

Cet organisme français rattaché au ministère de l'Education nationale a succédé en 1898 à la mission archéologique fondée par Maspero en 1880.