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Burgos

Ville d'Espagne, en Castille-León, chef-lieu de province, sur l'Arlanzón.

  • Population : 178 864 hab. (recensement de 2011)

Centre touristique et industriel (pneumatiques, agroalimentaire).

HISTOIRE DE BURGOS

La ville est fondée en 884 par Diego Rodríguez, comte de Castille. Lors de l'union de la Castille et du León (1037), Burgos devient la capitale de la Castille (jusqu'en 1492) et une des capitales de l'Espagne jusqu'à Philippe II. Ville prospère grâce au commerce de la laine aux xve et xvie s., elle décline au xviiie s. Rodrigo Ruy Díaz de Vivar, dit le Cid, y naquit. Burgos est prise en 1808 par les Français, et, en 1813, par les armées de Wellington. Elle est le siège du gouvernement de Franco pendant la guerre civile de 1936 à 1939.

BURGOS, VILLE D'ART

Face à Tolède, juive et mudéjare, Burgos représente l'ouverture de la Castille à l'Europe. Non qu'il n'y ait jamais eu conflit au sujet du choix entre les deux orientations possibles, l'orientale et l'occidentale. Une fois, au moins, on perçoit une hésitation : à Las Huelgas, le puissant monastère de femmes fondé par Alphonse VIII, où l'église et la salle capitulaire appartiennent à l'art cistercien, alors qu'on trouve une expression très pure de l'art almohade dans la chapelle de l'Assomption, ancien oratoire du palais royal voisin. Mais, dans l'ensemble, l'option se fit en faveur de l'Occident.

Le style gothique, dans sa modalité française, pénétra à Burgos avec la reconstruction de la cathédrale Santa María, entreprise à partir de 1221 par l'évêque Mauricio. Diverses particularités du plan ainsi que le dessin du triforium furent empruntés aux cathédrales de Bourges et de Coutances. Surtout, cette entreprise donna naissance à une école de sculpture qui se révéla comme la plus importante de la péninsule Ibérique au xiiie s. Il semble que les premiers maîtres vinrent d'Amiens, et on leur attribue le portail méridional du transept, dit « du Sarmental ». Mais, au fur et à mesure des progrès de la construction, une hispanisation s'opéra, dans le sens d'un style fait tout à la fois de dignité et de bonhomie.

L'aspect de la cathédrale fut profondément modifié au cours d'une nouvelle période d'activité, qui commença avec la seconde moitié du xve s. et se développa d'abord sous le signe de l'art flamboyant. Des architectes d'origine rhénane, les Colonia, élevèrent les flèches ajourées des tours de la façade, ainsi que diverses chapelles, dont la plus majestueuse est celle du connétable Pedro Hernández de Velasco. Dans ce somptueux édifice se manifestent déjà la richesse et la fantaisie du « style Isabelle », dernière version hispanique de l'art du Moyen Âge.

Juan de Colonia (?-1481) et son fils Simón (?-début du xvie s.), les premiers de cette dynastie d'architectes, édifièrent la chartreuse de Miraflores, où reposent le roi Jean II et son épouse. L'intérêt du monument réside moins dans son architecture très sobre que dans un ensemble prestigieux de sculptures commandées par la reine Isabelle en l'honneur de ses parents et exécutées dans le style qui porte justement son nom. Le retable du maître-autel, les tombeaux royaux et l'enfeu où prie l'infant Alonso furent réalisés par un atelier dirigé par Gil de Siloe. Cet artiste, d'origine anversoise, utilisa encore la formule de l'enfeu à statue orante pour le tombeau de Jean de Padilla, le page de la reine, mort en 1491 pendant la guerre de Grenade (aujourd'hui au musée provincial de Burgos).

Durant la première moitié du xvie s., on passa insensiblement des splendeurs gothiques aux charmes de la Renaissance, par l'incorporation d'éléments décoratifs d'origine italienne à des structures encore médiévales : ainsi à l'étonnant cimborio de la cathédrale, reconstruit après 1539 par Juan de Vallejo.

L'école de sculpture de Burgos brilla alors d'un dernier éclat. Si Francisco de Colonia exécuta dans l'esprit gothique le retable de l'église San Nicolás, le Langrois Philippe Biguerny (Felipe Vigarny) se montra beaucoup plus attentif aux leçons italiennes. Surtout, l'époque vit s'affirmer le génie d'un grand maître de l'art espagnol, Diego de Siloé (vers 1495-1563), fils de Gil, architecte et sculpteur. Il construisit l'Escalera dorada de la cathédrale et poursuivit sa carrière à Grenade.

Burgos possède aussi des palais de la fin du Moyen Âge (Casa del Cordon, 1482), et de la Renaissance (Casa de Miranda, 1545, qui abrite le riche Musée provincial).