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Arles (13200)

Arles
Arles

Chef-lieu d'arrondissement des Bouches-du-Rhône, à la tête du delta du Rhône.

  • Population : 53 785 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Arlésiens

Centre touristique, carrefour routier et ferroviaire, avec quelques industries : constructions métalliques, papeterie, etc. Arles, englobant la majeure partie de la Camargue, est la plus vaste commune de France (750 km2).

L'HISTOIRE D'ARLES

Les origines d'Arles sont entourées de mystère. Des colons grecs, en s'y établissant, lui auraient donné le nom de Théliné. Après eux, des Celtes fondèrent Arelate à l'emplacement de l'établissement grec. Enfin, ce n'est qu'avec la venue des Romains que semble être née véritablement la ville. Marius, en effet, pourvut celle-ci d'un canal qui la reliait à la mer, les fosses Mariennes. Arles devenait un port maritime, et peut-être Rome eut-elle quelque envie d'en faire « le port gallo-romain en face du port grec de Marseille » (A. Grenier). Lors du siège de Marseille, en 49 avant J.-C., César y fit construire douze vaisseaux en un mois, et une colonie fondée là par son lieutenant, Tiberius Claudius Nero, reçut les vétérans de la 6e légion : Colonia Julia Paterna Arelate Sextanorum. Sous Auguste, une nouvelle fondation agrandit la colonie. Il y avait plusieurs corporations de marins et mariniers spécialisés (navicularii, nautae, utricularii), des chantiers de construction navale, une préfecture de la navigation. La population était mélangée : l'épigraphie locale compte un tiers de noms grecs. Les produits de la Gaule et d'au-delà (ambre, étain) y étaient embarqués, tandis qu'affluaient ceux de tout l'Orient.

Au Bas-Empire, la faveur de Constantin, qui y résida à plusieurs reprises, notamment en 314, lui valut une prospérité continue. Le palais impérial de la Trouille fut bâti en face de l'actuel faubourg de Trinquetaille, qui était relié à la rive opposée par un pont de bateaux. La Notitia dignitatium signale l'existence d'un atelier monétaire et d'une fabrique d'armes de luxe. Arles fut un moment siège de la préfecture du prétoire des Gaules.

Les évêques d'Arles se prétendaient les successeurs de saint Trophime, disciple des saints Pierre et Paul. Ils obtinrent en 513 le pallium et le vicariat sur la Gaule, après avoir été, dès le ive s., métropolitains de Narbonnaise. L'église primitive du ive s., Saint- Étienne, se trouvait au sud-est. Quant aux Alyscamps, c'était une nécropole formée autour du tombeau de saint Genès, martyr sous Maximien. Différents conciles eurent lieu à Arles, notamment en 314 et en 353.

Arles soutint plusieurs sièges au ve s., et le roi wisigoth Euric en fit une de ses résidences. Les Sarrasins la prirent en 734 et transformèrent l'amphithéâtre en forteresse avant de se faire expulser par Charles Martel.

Le nom de royaume d'Arles fut souvent employé au Moyen Âge pour désigner le royaume de Bourgogne cisjurane, ou de Provence, et surtout à dater de sa réunion avec la Bourgogne transjurane, en 934-935. Ce royaume fut indépendant jusqu'en 1032 et tomba ensuite sous la dépendance des empereurs d'Allemagne, du xie au xive s.

Arles devint de ce fait une ville impériale et se fit confirmer ses privilèges de ville libre. À partir de 1131, elle eut son propre gouvernement, ses consuls ; au début du xiiie s., elle se proclama république et eut un podestat et un viguier. Le comte de Provence Charles Ier d'Anjou la contraignit à lui rendre hommage (1251).

En 1535, l'union d'Arles à la France fut sanctionnée par la création d'une sénéchaussée. Sous Louis XIV, on accusait les Arlésiens, accrochés à leurs souvenirs historiques, de faire preuve de sentiments républicains. Ils se lancèrent avec ardeur dans le mouvement révolutionnaire de 1789. Économiquement, la ville était en déclin depuis longtemps du fait de son inaccessibilité aux gros navires.

ARLES, VILLE D'ART

La colonie romaine d'Arles fut l'objet de l'attention particulière des empereurs et surtout d'Auguste. Plusieurs faubourgs à vocation maritime, commerciale ou agricole se satellisèrent alors autour du castrum, noyau administratif et militaire que défendait une enceinte fortifiée percée de quatre portes. À l'intérieur, une structure classique de rues dallées se croisant à angle droit et quelques édifices publics considérables : arènes, théâtre, forum, thermes.

Les arènes pouvaient recevoir au moins vingt mille spectateurs. Chaque étage, décoré de pilastres doriques et corinthiens, est formé de soixante arcades ; les galeries circulaires sont couvertes d'énormes dalles horizontales, au lieu des voûtes habituelles. La piste était aménagée pour les combats de fauves et les luttes de gladiateurs. Le théâtre antique date, comme les arènes, de la fin du ier s. avant J.-C. Mais il est beaucoup plus dégradé. Des arcades du pourtour, il reste un élément transformé en tour fortifiée au Moyen Âge ; avec une partie de ses gradins, la fosse d'orchestre et quelques colonnes du grand mur de scène, l'ensemble s'inscrit dans un paysage évocateur. Les vestiges du forum existent davantage en sous-sol qu'à l'air libre. Très impressionnants sont les cryptoportiques (ier s.), double galerie en fer à cheval, longue d'une centaine de mètres, utilisée comme grenier à blé souterrain et découverte il y a peu d'années. Des sculptures et des statues de marbre de l'époque d'Auguste qui en proviennent sont présentées, à côté de mosaïques, de stèles et de sarcophages de diverses provenances, au musée de l'Arles antique.

Quatrième ensemble, les thermes, avec leurs piscines froides et chaudes, leurs étuves, leur grande abside orientée vers le Rhône, sont plus tardifs : ive s. après J.-C.

Au ve s., le rôle international de la cité, centre religieux, politique et économique, s'affirme. C'est aussi un centre d'art : les ateliers de sculpteurs arlésiens, s'inspirant des sarcophages chrétiens importés de Rome, en fabriquent d'excellentes répliques en marbre des Pyrénées ou de Carrare. Mais c'est hors des murs de la ville, dans les Alyscamps (Champs- Élysées), longue allée plantée de cyprès, que l'on retrouve le mieux, malgré un fâcheux environnement contemporain, l'atmosphère de la nécropole antique adoptée par les chrétiens. Ceux-ci y vénérèrent le tombeau de saint Genès, associé à l'évêque saint Honorat et à saint Trophime. La stratigraphie de la nécropole a dégagé trois niveaux superposés de sépultures et révélé une longue interruption entre le niveau le plus profond (ive-ve s.) et les deux supérieurs (xe s. et xiie-xiiie s.). Cette interruption correspond à la période du haut Moyen Âge.

En effet, Arles va terriblement souffrir des invasions barbares et arabes. Les faubourgs pillés et abandonnés, l'agglomération se rétrécit à l'aire du castrum romain, mieux défendue. À l'abri du théâtre, des maisons et des jardins s'installent ; deux étages d'arcades sont transformés en fortin. Les arènes se métamorphosent en une petite ville à part, solidement fortifiée, où s'entasse une population grouillante. Les abbayes et les fondations religieuses, originairement hors des murs, se replient, elles aussi, dans l'enceinte. Ce contact renouvelé avec l'art romain explique en grande partie les caractéristiques de l'ancienne cathédrale romane Saint-Trophime (milieu du xiie s.). Celle-ci est élevée à un moment où Arles est rattachée au Saint Empire de Frédéric Barberousse et connaît une prospérité relative. Le portail de la façade occidentale, avec son fronton classique, ses pilastres cannelés, ses apôtres sculptés comme autant de Romains en toge, est un chef-d'œuvre où l'école provençale proclame sa dette envers l'Antiquité. La sobre nef, voûtée en berceau brisé, et les bas-côtés, étroits, contrastent avec les nervures gothiques du chœur (xvie s.). Quant au cloître, accolé au flanc sud, il est célèbre par la qualité de la sculpture (chapiteaux et piliers d'angle) de ses deux galeries romanes (seconde moitié du xiie s.) ; les galeries ouest et sud sont du xive s.

Dans le cadre du comté de Provence, puis du royaume de France après 1480, Arles se développe et réoccupe progressivement ses anciens faubourgs. Elle ne parvient cependant pas à détrôner Aix-en-Provence dans l'ordre politique, ni Marseille dans l'ordre économique.

Construite à l'époque de Louis XIII, l'église Sainte-Anne témoigne d'une curieuse survivance gothique. Le xviie s. se flatte d'un bel Hôtel de Ville, où concourent de grands architectes : François de La Valfenière, d'Avignon, Pierre Puget et même François Mansart. La voûte plate de cet édifice est une réussite de stéréotomie exceptionnelle. Le xviiie s. aménage le tour de ville, sans raser totalement les remparts ; les lices deviennent une belle promenade ombragée. Frédéric Mistral, en fondant le musée Arlaten du félibrige, fit prendre à la ville conscience de sa mission culturelle. Mais il appartenait à un Nordique d'apporter le tribut de la peinture : Van Gogh, pendant les quinze mois qu'il a passés à Arles (1888-1889), découvrit avec passion les cyprès tournoyants, les champs de la Crau, la lumière méditerranéenne.

Depuis 1970, la ville est le siège des Rencontres photographiques d'Arles, fondées à l'initiative principalement de Lucien Clergue.

Les monuments romains et romans d'Arles sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1981.

LES MUSÉES D'ARLES

Le musée de l'Arles antique, situé sur la presqu'île du cirque romain, a été achevé en 1995. Il rassemble la totalité du patrimoine arlésien antique, jusque-là dispersé dans les deux anciens musées lapidaires, païen et chrétien. Le musée expose de magnifiques exemples de l'art classique romain et de l'archéologie chrétienne découverts en terre d'Arles, notamment un important ensemble de sarcophages d'époque constantinienne.

Le musée Réattu, installé dans l'ancienne commanderie des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, conserve plusieurs œuvres de l'école provençale (Jacques Réattu, Antoine Raspal), ainsi qu'une série de 57 dessins de Picasso, donnée par l'artiste en 1971 et augmentée de deux portraits en 1985 et 1992. C'est le premier musée français qui ait présenté, sous l'impulsion de L. Clergue, une collection permanente de photographies (fonds américain).

Le Muséon arlaten, fondé en 1896 par Mistral, présente le folklore et l'art populaire d'Arles et de la Camargue.