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Anvers

en néerlandais Antwerpen

Anvers
Anvers

Port de Belgique, sur la rive droite de l'Escaut, chef-lieu de la province d'Anvers.

  • Population : 507 911 hab. (recensement de 2013)
  • Nom des habitants : Anversois
  • Population pour l'agglomération : 955 786 hab. (estimation pour 2010)

Anvers est le premier port belge et le deuxième port européen (187 Mt de trafic en 20011), bien relié (autoroutes, voies ferrées et navigables) à un arrière-pays qui déborde de la Belgique sur le nord et le nord-est de la France et vers les régions rhénanes. Le port s'est développé sur une quinzaine de kilomètres, sur la rive droite de l'Escaut, entre la ville et la frontière néerlandaise et s'est installé également sur la rive gauche. Il continue à améliorer son accessibilité maritime et à étendre le terminal pour les conteneurs (trafic de l'ordre de 8 millions d'EVP). Il dispose en outre d'une zone de stockage de plus de 5 millions de m2. De remarquables liaisons unissent Anvers à son arrière-pays : cinq autoroutes et trois grands canaux (où peuvent circuler des convois poussés de 9 000-10 000 t, vers Bruxelles et Charleroi, vers le Rhin et, par le canal Albert, vers Liège). La ville inclut les sept communes annexées en 1983 (Berchem, Borgerhout, Deurne, Ekeren, Hoboken, Merksem et Wilrijk). L'agglomération, qui concentre le dixième du potentiel industriel du pays (raffinage et pétrochimie, automobile, agroalimentaire, etc.), est également un centre culturel et touristique. Anvers a accueilli les jeux Olympiques d'été de 1920.

L'HISTOIRE D'ANVERS

Une légende voudrait que la ville doive son nom au géant Druon Antigonus, qui aurait coupé et jeté les mains (en néerlandais hand werpen) des marins n'acquittant pas le péage de l'Escaut.

Plus vraisemblablement, le nom d'Anvers vient de l'expression « Aen de Werpen », qui souligne que l'agglomération serait née sur un tertre apte à l'accostage des barques. Évangélisée sans doute par saint Amand en 640, qui y édifie une première église, protégée par une forteresse construite sur une île de l'Escaut à la fin du viie s. ou au début du viiie s., Anvers n'est d'abord qu'un modeste village de pêcheurs. Détruite par les Normands en 836, l'agglomération carolingienne est bientôt reconstruite, renforcée d'un château, le « castrum », et pourvue d'une enceinte fortifiée au xie s.

Partie intégrante du duché de Basse-Lotharingie, Anvers n'entre réellement dans l'histoire qu'au début du xiiie s. Érigée en cité, incorporée en 1288 au duché de Brabant, promue alors au rang de ville libre impériale et dotée à cet effet d'institutions municipales qui consacrent son autonomie, Anvers est occupée en 1357 par le comte de Flandre Louis II de Mâle, qui restaure aussitôt un ancien tonlieu, préjudiciable au commerce, mais dont la levée permet de restaurer les fortifications qui protègent désormais la Flandre sur sa frontière nord-est. Incorporée en 1406 aux domaines bourguignons, elle y perd sa valeur stratégique mais y gagne un vaste hinterland qui contribue à en faire la capitale économique de l'Occident dans la période qui sépare le déclin de Bruges de la montée d'Amsterdam.

Préparé dès le début du xiiie s. par une intense activité d'échanges (draps flamands et brabançons, sel et poissons zélandais contre laines anglaises, vins et métaux rhénans), cet épanouissement économique d'Anvers est favorisé par le conflit franco-flamand (1297-1305). Quittant alors Bruges, les marchands anglais s'établissent dans ce port de l'Escaut où les retiennent bientôt les foires de la Saint-Bavon et de la Pentecôte, fondées vers 1320. Un moment ralenti pour des raisons politiques et financières, cet essor reprend au xve s. grâce au transfert à Anvers du commerce d'exportation des draps anglais qui, à Bruges, se heurte à la concurrence des draps flamands et à l'obstacle d'un protectionnisme rigide.

Drainant dès lors le marché des Pays-Bas, attirant aussi les marchands de haute Allemagne désireux d'échanger directement les draps anglais contre les épices méditerranéennes, le cuivre et l'argent d'Europe centrale, les futaines de Souabe et de Franconie, Anvers devient en 1488 le siège d'une colonie marchande lusitanienne, au sein de laquelle le roi délègue un facteur permanent (1494-1549). Bénéficiant de l'étape des épices portugaises (1499), dont l'Europe du Nord-Ouest représente le plus grand marché (poivre, malaguette, cannelle, sucre), Anvers réexporte vers Lisbonne les produits de haute Allemagne et d'Europe centrale (argent, métal si apprécié des Italiens), ainsi que ceux de la Baltique (cire, grains), ou des Pays-Bas et des pays rhénans (meubles, tapisseries, tableaux, livres).

Pour cette raison, les Höchstetter, d'abord, puis les Fugger et les Welser d'Augsbourg, les Tucher de Nuremberg, etc., installent à Anvers des comptoirs permanents entre 1500 et 1550 environ, jusqu'au moment où s'affaiblit le courant commercial lusitanien (crise du négoce portugais des épices, afflux à Lisbonne de l'argent de Potosi par l'intermédiaire plus immédiat de l'Espagne), tandis que se trouve réactivée par les hauts Allemands la route alpestre de la Méditerranée.

Troisième pilier du commerce mondial d'Anvers (après le Portugal et la haute Allemagne), l'Angleterre des marchands aventuriers fait, en général, teindre à Anvers ses draps écrus avant qu'ils ne soient redistribués par elle dans toute l'Europe. Contribuant à assurer la prospérité de cette ville entre 1474 (accord juridique avec la nation anglaise) et les années 1560-1570, ce trafic atteint son apogée en 1550 (132 767 pièces de draps anglais importées par Anvers). Complétées par des chargements divers (plomb, blé, bière, fromage, laine), ces exportations auraient représenté en 1551, selon l'ambassadeur vénitien Marino Cavalli, une valeur de 300 000 ducats, alors que le marché anglais importait à la même date pour 500 000 ducats de biens divers : draps légers et toiles des Pays-Bas, produits sidérurgiques wallons, espagnols et haut-allemands. Atteint en 1551 par la réévaluation de la livre, qui renchérit le coût des produits anglais exportés, ce trafic si lucratif pour Anvers achève de se détériorer lorsqu'en 1564 les Anglais nouent par Emden des relations directes avec l'Europe centrale.

L'affaiblissement parallèle entre 1540 et 1560 de ses échanges avec l'Angleterre, le Portugal et la haute Allemagne explique peut-être la conclusion par Anvers de l'accord de 1540, qui aboutit au transfert dans cette ville en 1569 de la « nation des Hanséates » de Bruges (maison édifiée en 1568). Mais en raison de la présence des marchands d'Amsterdam en Baltique, Anvers trafique surtout avec les villes occidentales de la Hanse (dont Cologne), auxquelles elle livre des produits de luxe coloniaux ou non (vins de France, soieries, tapisseries, draps de Flandre et d'Angleterre) en échange de ceux des Esterlins : cire, cendre, peaux, laine, lin, chanvre, cuivre et fer.

Restés fidèles à Bruges, les Espagnols ne livrent aux Pays-Bas que des produits nationaux (fruits, peausseries, maroquineries) en contrepartie de tissus légers de laine et de lin d'origine locale et, plus rarement, de draps anglais, qu'Anvers vend par contre à la France.

Quant aux Italiens, ils s'intéressent moins aux échanges directs (corail d'Afrique du Nord, fruits du Midi, cotonnades contre tapisseries flamandes et tissus de lin et de laine) qu'au contrôle du commerce de réexportation des épices et des pierreries ibériques, et surtout au maintien à leur profit du monopole de vente de l'alun pontifical, dont Maximilien Ier a confié l'étape à Anvers en 1491, mais qui est concurrencé par l'alun castillan (8 000 t en 1559).

Cet essor commercial a d'importantes conséquences. La première est la constitution dans cette ville, dès le xve s., d'un grand marché de l'argent contrôlé jusqu'en 1520 par les marchands banquiers italiens, puis par leurs rivaux haut-allemands, d'ailleurs concurrencés par des Espagnols, des Anversois ou d'autres Italiens. Contraints les uns et les autres de prêter des sommes considérables aux États, ils sont en général victimes de leurs banqueroutes successives (Espagne et France en 1557 ; Portugal en 1560).

Curieusement marqué par un certain archaïsme (cession des obligations par-devant notaire ; prédominance des emprunts à court terme conclus de foire en foire et au taux de 2 à 3 % par trimestre, soit 12 % par an ; institution tardive de la lettre de change comme instrument de crédit), le marché d'Anvers se met pourtant à l'école de l'Italie. En relation avec presque toute l'Europe, disposant avec la Bourse d'un instrument financier de premier ordre (changes, dépôts), la ville devient le foyer privilégié de la spéculation européenne : trafic sur les valeurs et les assurances sur la vie (interdites en 1571) ; goût effréné pour les paris (interdits dès 1544) et pour les loteries, auxquelles l'État lui-même n'hésite pas à recourir.

Seconde conséquence de son essor, la croissance démographique très rapide d'Anvers (5 000 habitants vers 1374 ; 20 000 en 1440 ; 50 000 vers 1500 ; 100 000 vers 1560) entraîne la création au nord de la ville, par Gilbert Van Schoonbeke, d'un quartier au plan géométrique. Cette création est également justifiée par l'essor des industries nouvelles : draperie, raffinerie de sucre, fabriques de savon, de verre, de poteries, ateliers de taille de diamants et surtout d'imprimerie, dont les plus célèbres, ceux de Christophe Plantin (1520-1589), contribuent à faire d'Anvers un foyer de diffusion de l'humanisme. Et cela d'autant plus facilement que le Magistrat, très tolérant, s'est toujours efforcé de ne pas appliquer les placards antihérétiques des Habsbourg, en raison du séjour dans cette ville cosmopolite des colonies marchandes étrangères. Groupant peut-être 15 000 personnes en 1566, de telles colonies y facilitent la diffusion des idées réformées ou hétérodoxes.

Mais l'heure du déclin est arrivée. Déjà ébranlée par les crises commerciales et financières, Anvers est ruinée par les guerres de Religion ; elle doit céder sa fortune marchande à Amsterdam et, dans un premier temps, sa fortune financière à Gênes. Le sac de la ville par les mercenaires espagnols non soldés (4 novembre 1576), la prise de la ville par Alexandre Farnèse (1585), l'indépendance des Provinces-Unies, qui entraîne la fermeture des bouches de l'Escaut, confirmée par les traités de Westphalie de 1648, tous ces faits contribuent à faire d'Anvers une ville morte et dépeuplée (80 000 habitants en 1582 ; 42 000 en 1589). Après un regain d'activité dû à l'occupation française (1792 et 1794) et aux travaux portuaires entrepris sur l'ordre de Napoléon Ier, la ville, puissamment fortifiée, repousse les assauts anglais en 1809 (Bernadotte) et en 1814 (Carnot). Rouvert au trafic maritime sous la domination néerlandaise (1814-1830), ce « pistolet braqué au cœur de l'Angleterre » est de nouveau économiquement étouffé par le péage de 1,5 florin par tonneau de jauge perçu par les Pays-Bas avec l'accord de Londres sur tout navire remontant l'Escaut à destination d'Anvers. Pour sauver le port, qui revient à la Belgique en 1830, le gouvernement belge prend à sa charge l'acquittement du péage, puis s'en libère au prix d'un coûteux rachat en 1863.

À peine ralenti par les deux occupations allemandes (9 octobre 1914-novembre 1918 ; 18 mai 1940-4 septembre 1944), la seconde se terminant sans que les installations portuaires aient été détruites, l'essor d'Anvers reprend à vive allure, bénéficiant même en 1944 de son rôle de tête de pont alliée sur le continent.

LA BOURSE D'ANVERS

N'ayant sans doute désigné à la fin du xiiie et au début du xive s. qu'un simple marché local, la Bourse d'Anvers apparaît peu après comme le lieu de rencontre régulier et privilégié où l'ensemble des marchands anversois traitent de leurs affaires. Situé dans la Bullincstraat, où s'élève au xive s. une maison dite « Borze », dont la cour centrale sert de cadre aux débats marchands, ce lieu de rencontre s'élargit à l'extrémité de la rue où se trouve située la « Borze » et devient, au moins dès 1452, la Bourse des Merciers, dite « Vieille Bourse » (la première), autour de laquelle se multiplient naturellement les établissements commerciaux et religieux qui en font le grand centre d'échanges de marchandises de la ville.

À cette institution purement privée, mais bientôt insuffisante, se substitue l'établissement public que la municipalité fait édifier, sans doute en bois, en face de la Bourse des Merciers, sur un terrain acheté par elle en 1487, et que la coutume désignera également sous le nom de Vieille Bourse (la seconde). Reconstruite en 1515 avec des piliers de pierre par l'architecte Domien de Waghemaekere (1460-1542), cette Bourse sert dès lors de lieu de réunion, matin et soir, aux marchands anversois qui y échangent leurs marchandises. Démolie en 1541, elle est remplacée par la Nouvelle Bourse, du même architecte, située extra-muros en vertu d'une autorisation de transfert de Charles Quint du 25 juin 1531, et malgré l'opposition des colonies marchandes étrangères d'Anvers, que cette décision lèse dans leurs intérêts. Inaugurée en 1532, utilisée à partir du 29 mai 1533 et destinée à l'origine au négoce des marchandises, elle se spécialise très tôt dans celui des valeurs, auquel se livrent les marchands après avoir procédé à leurs échanges de marchandises dans l'Engelsche Beurs (Bourse des Anglais), également construite à l'initiative de la municipalité et auprès de la Vieille Bourse, proche du port.

Tenant séance de 11 heures à midi et de 6 à 7 heures, ou de 7 à 8, selon la saison, la Nouvelle Bourse (règlement de 1544, texte de 1567, statut de 1580) devient le grand centre de la vie économique anversoise et le modèle de toutes les autres Bourses de valeur du monde entier, à commencer par celle de Londres, édifiée en 1566 à l'initiative de Thomas Gresham. En 1858, un incendie détruit le bâtiment, qui sera reconstruit dix ans plus tard.

ANVERS, VILLE D'ART

Architecture

La ville s'est développée, au cours des siècles, en forme de demi-cercle autour du château, le « Steen ». La fin du Moyen Âge a laissé un certain nombre de bâtiments civils et religieux. La cathédrale Notre-Dame, de style gothique brabançon, fut commencée vers 1350. Avec ses 7 nefs, ses 117 m de longueur et sa tour, dont la flèche culmine à 123 m (vers 1520-1530), elle est une des plus importantes églises de Flandre. De style gothique sont également les églises Saint-Jacques (1491), Saint-André (1514), Saint-Paul (1530-1571). La Boucherie (« Vleeshuis », actuellement musée) fut bâtie en 1503 par Herman et Domien de Waghemaekere (qui travaillèrent aussi à la cathédrale).

La ville d'Anvers doit à la Renaissance un de ses plus beaux monuments : l'hôtel de ville (1565) de Cornelis Floris de Vriendt, sur la Grand-Place (Grote Markt), premier exemple d'une fusion de la tradition autochtone médiévale et de la Renaissance italienne. Plusieurs maisons de gildes et corporations du milieu du xvie s. subsistent sur la Grand-Place.

La Contre-Réforme est le stimulant majeur de l'art baroque au xviie s. Wenzel Cobergher (1561-1634) est un des premiers architectes du nouveau style (église Saint-Augustin, 1615). Un des plus beaux exemples d'architecture religieuse du xviie s. aux Pays-Bas est l'église des pères jésuites, Saint-Charles-Borromée (1615-1621), par Petrus Huyssens (1577-1637). La maison de Rubens, actuellement musée, s'inspire des palais de Gênes.

Anvers conserve deux beaux exemples de rococo et de style Louis XV : l'hôtel Susteren (1745), qui fut palais royal et est devenu centre culturel, et la maison Osterrieth, tous deux par Jan Pieter Van Baurscheit le Jeune (1699-1768).

Le néoclassicisme, le romantisme, l'éclectisme ont laissé leurs traces à Anvers : palais de justice (1871) de F. C. Baeckelmans, Banque nationale (1875) de H. J. F. Beyaert, etc. Henry Van de Velde (1863-1957), architecte apparenté à l'« art nouveau », y construisit quelques maisons. De 1930 à 1932 a été édifié le « Boerentoren » de Van Hoenacker, type d'architecture « moderniste » de cette époque.

Sculpture

Vers le milieu du xve s., la production de retables sculptés se développe en une véritable industrie, travaillant en majeure partie pour l'exportation. Le retable d'Averbode (musée de la Boucherie) est un des rares exemples que la ville ait pu conserver de ces compositions narratives riches en détails pittoresques, à la polychromie et au décor surabondants.

Vers 1530, sous l'influence de la Renaissance, la sculpture connaît un renouvellement qui a son origine non chez les anciens sculpteurs sur bois, mais chez les tailleurs de pierre et dans la décoration architecturale. Avec Pieter Coecke Van Aelst et Cornelis Floris de Vriendt, Anvers devient le grand centre de la sculpture flamande pour plusieurs siècles. Cette renaissance flamande se caractérise par une richesse exaltée de formes décoratives, d'éléments figuratifs : grotesques à l'italienne, motifs floraux, etc. Le style de Cornelis Floris est encore enrichi et développé par un de ses élèves, Hans Vredeman de Vries (1527-1604), qui exerça une influence jusqu'au milieu du xviie s. par ses innombrables traités et recueils d'ornements.

Vers 1610, au retour de Rubens d'Italie, le style baroque fait son apparition. La sculpture est omniprésente, submerge les éléments architectoniques et le mobilier de ses thèmes iconographiques. Les artistes les plus significatifs de la première génération sont Hans Van Mildert, Erasmus Quellin (1584-1640), Hubert Van den Eynden.

De 1640 à 1680, le style baroque atteint son point culminant. La construction architecturale disparaît sous l'abondance de l'ornementation, le mouvement l'emporte sur l'équilibre. Chaque église anversoise possède des chefs-d'œuvre de cette époque. L'atelier d'Artus Quellin le Vieux (1609-1668) a produit l'ensemble imposant des dix confessionnaux de l'église Saint-Paul ; d'autres artistes importants sont Pieter Verbruggen le Vieux (1615-1686), Artus Quellin le Jeune (1625-1700), Guillielmus Kerricx le Vieux (1652-1719), Jan Pieter Van Baurscheit le Vieux (1669-1728), Michiel Van der Voort le Vieux (1667-1737).

Vers 1720 se manifeste l'influence du style Louis XIV, mais il n'y a plus de grands noms à signaler. Au xixe s., Thomas Vinçotte (1850-1925), sculpteur de la Cour, joua un rôle important comme professeur à l'Académie des beaux-arts. Jef Lambeaux (1852-1908) réalise quelques groupes en bronze, dont la statue de Brabo (Grand-Place). Aujourd'hui, les biennales de sculptures organisées au parc du Middelheim (depuis 1959) comptent parmi les grands événements de l'art international.

Peinture

En 1382, une ordonnance du Magistrat rassemble dans la gilde de Saint-Luc : orfèvres, peintres, peintres verriers, sculpteurs sur bois et brodeurs. Mais c'est au moment de la grande prospérité de la fin du xve s. que la peinture prend vraiment son essor.

Une première génération de peintres, restés anonymes, sont groupés sous le nom de « maniéristes anversois ». Leur production s'étale d'environ 1505 à 1525 : compositions religieuses aux formes raffinées, unissant le décor italianisant à un style gothique tardif. La personnalité la plus marquante du début du xvie s. est sans aucun doute Quinten Matsys, chez qui le réalisme populaire côtoie une inspiration religieuse d'une extrême distinction. De première importance est également Joachim Patinir, initiateur de la peinture de paysage aux Pays-Bas. En 1511, Joos Van Cleve (1485-1540) revient d'Italie. Son sens de l'espace et de la composition bien équilibrée s'y est enrichi, tandis que le réalisme flamand se maintient dans ses excellents portraits.

Pieter Coecke Van Aelst (1502-1550) est inscrit comme maître de la gilde en 1527, et comme doyen en 1537, dès son retour d'Italie. Il propage la Renaissance par sa peinture, mais aussi en temps que sculpteur et décorateur. Un courant autochtone se maintient et évolue néanmoins à l'ombre des artistes italianisants ; Jan Sanders Van Hemessen (vers 1500-1563) combine les deux genres, unissant dans un style convulsé la monumentalité italienne aux scènes populaires dont Pieter Aertsen donne le type.

Anvers connaît une extraordinaire activité en ce début du xvie s. Entre 1490 et 1520, 358 nouveaux maîtres sont inscrits dans la gilde de Saint-Luc. Dürer séjourne dans la ville en 1520, Pieter Bruegel l'Ancien y travaille de 1556 à 1563. Le déclin de la cité commence vers 1550, mais l'école anversoise reste active avec comme chef de file Frans Floris de Vriendt, type du peintre « romaniste ». Quelques-uns de ses nombreux élèves assureront la transition avec l'art baroque du xviie s. Déjà l'œuvre de Marten De Vos se distingue par une touche fiévreuse, de plus vives couleurs.

Dans cet aperçu du xvie s., on ne peut négliger le rôle important joué par les excellents graveurs et éditeurs actifs à Anvers à cette époque : grâce à Hiëronymus Cock (vers 1507-1570), par exemple, toute une civilisation fut mise en image.

Otto Vaenius (1556-1629), peintre de la cour des archiducs, joua un rôle important dans l'évolution de l'art de la fin du xvie s. et du début du xviie s. P. P. Rubens, son élève, apportera aux Pays-Bas la synthèse du baroque italien et de la personnalité flamande. Nombreux sont ses collaborateurs et émules, dont deux se distinguent par leur talent exceptionnel, Jacob Jordaens et Anton Van Dyck. Font partie de l'école de Rubens les paysagistes Jan Wildens (1586-1653) et Lucas Van Uden (1595-1672), le peintre de natures mortes Snyders (1579-1657), l'animalier Paul De Vos (1596-1678) ; le frère de ce dernier, Cornelis, s'oppose plutôt à Rubens.

Vivant à l'écart de l'école de Rubens et de la haute société, un groupe de peintres se concentre sur les compositions de genre représentant des scènes de taverne ou de ferme, des paysages peuplés de types populaires : Joos Van Craesbeeck (1606-vers 1660), David Teniers le Jeune et surtout Adriaen Brouwer. Jan Breughel (dit Breughel de Velours) se spécialise dans la représentation de natures mortes et de somptueux bouquets. Le déclin de cette prestigieuse école du xviie s. se situe vers 1680. Le siècle suivant apporte peu.

Henri Leys (1815-1869) annonce une nouvelle époque. Influencé par le romantisme, il préfigure néanmoins l'école réaliste anversoise, marquée par l'intimisme minutieux de Henri De Braekeleer (1840-1888). Jacob Smits (1855-1928), actif en Campine anversoise, développe une peinture influencée par l'impressionnisme, mais chargée d'un symbolisme très personnel.

Vers 1920, quelques artistes abordent les problèmes de l'abstraction, parmi lesquels Paul Joostens (1889-1960), proche du dadaïsme. Floris Jespers (1889-1965) témoigne de l'influence de l'expressionnisme. Depuis 1945, une nouvelle génération d'artistes d'avant-garde est active à Anvers, comme en témoignent les assemblages de Vic Gentils, la monochromie de Jef Verheyen, l'art « astronautique » de Paul Van Hoeydonck.

LES MUSÉES D'ANVERS

Le musée royal des Beaux-Arts est un des plus riches d'Europe en peintures de l'école flamande. Remarquables œuvres des primitifs flamands : Triptyque des Sept Sacrements de Van der Weyden, Vierge à la Fontaine de Van Eyck, œuvres de Memling, Bouts, Gerard David. Pour le xvie s., œuvres de Q. Metsys, Van Orley, Patinir ; pour le xviie s., Adoration des Mages et Dernière Communion de saint François de Rubens, portraits de Van Dyck, le Concert de famille de Jordaens, etc. Nombreux représentants de l'école belge de peinture des xixe et xxe s. (H. Leys, H. De Braekeleer, Jacob Smits, Ensor, Permeke…). Pour les écoles étrangères, œuvres italiennes et hollandaises et, de Jean Fouquet, la Vierge et l'Enfant entourés d'anges.

Le musée Mayer Van den Bergh, installé dans l'hôtel particulier du collectionneur, est réputé pour ses collections de sculptures, de miniatures et de peinture flamande. Signalons, de P. Bruegel, la Dulle Griet et les Douze Proverbes.

Le musée national de la Marine, installé dans le vieux château du Steen (xvie s.), au bord du fleuve, abrite des documents ayant trait à l'histoire de la marine en Europe occidentale, surtout en Belgique et aux Pays-Bas.

Le remarquable musée Plantin-Moretus, consacré à l'imprimerie, est installé dans la maison occupée dès 1549 par Christophe Plantin (éditions anciennes).

La maison de Rubens contient des tableaux et des souvenirs du peintre.

Le musée d'Archéologie et d'Art appliqué occupe la maison de la gilde des bouchers, construite de 1501 à 1504.

Le musée du Folklore, consacré à l'art populaire flamand, est installé dans des maisons du xvie s.

Le musée de Sculpture en plein air, établi dans le parc du Middelheim, expose en permanence des sculptures monumentales modernes ; il accueille aussi des expositions biennales de sculptures.