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mouette rieuse

Mouettes rieuses
Mouettes rieuses

Omnivore opportuniste se nourrissant du moindre détritus, la mouette rieuse, à l'aise dans une grande variété d'habitats, se rencontre dans presque tout l'hémisphère Nord.

Introduction

Pendant longtemps, il a été difficile de reconstituer la généalogie de la mouette rieuse et de sa famille, les laridés. Toutefois les méthodes modernes de la biologie moléculaire, notamment les hybridations d'ADN, ont permis d'éclairer un peu leurs origines.

Les mouettes et les goélands sont issus d'un groupe d'oiseaux très ancien : les premiers représentants des charadriiformes sont apparus au crétacé, il y a 80 à 100 millions d'années.

Les plus anciens fossiles connus de représentants modernes de ces oiseaux, appartenant à la famille des laridés, datent de l'oligocène, il y a 30 à 33 millions d'années. Au miocène inférieur, voici 20 à 25 millions d'années, des mouettes du genre actuel, Larus, vivaient en Europe et en Amérique du Nord. Larus desnoyersii, Larus elegans et Larus totanoides ont été mis au jour en France, Larus pristinus dans l'Oregon.

La mouette rieuse et les autres laridés – goélands, labbes, guifettes, gygis, noddis, sternes – sont présents sous tous les climats et toutes les latitudes, dans tous les continents et même dans les régions polaires ou désertiques, où ils nichent en colonies au bord de plans d'eau saumâtre.

La vie de la mouette rieuse

Indépendante, mais néanmoins sociable

La mouette rieuse mène une vie grégaire tout au long de l'année. En effet, de très importants rassemblements peuvent compter, selon les sites et les circonstances, plusieurs milliers d'oiseaux. Les relations qui unissent les mouettes au sein d'un même groupe sont complexes ; néanmoins, on remarque que l'espèce est sociable, même en dehors de la période de reproduction. Le baguage des poussins dans les sites de nidification a permis de montrer que couples, familles et même individus peuvent rester ensemble tout au long de leurs déplacements migratoires, ainsi que dans leurs quartiers d'hiver, et ce d'année en année. Toutefois, les mouettes rieuses n'obéissent pas toujours à cette règle, comme le montrent de nombreuses études, et les schémas de dispersion varient selon l'âge des individus : les jeunes s'éloignent plus que les adultes des colonies de reproduction, et partent plus tôt au moment de la migration.

Le grégarisme de la mouette rieuse se manifeste par la constitution de reposoirs diurnes, où les oiseaux se regroupent entre des phases d'alimentation et des stations sur les dortoirs. Alors que les reposoirs sont des sites choisis de façon ponctuelle, les dortoirs sont des sites traditionnels qui rassemblent de quelques dizaines à plusieurs milliers d'individus (jusqu'à 100 000 dans un dortoir d'Angleterre). Ce peut être un étang, un lac, une portion de fleuve ou de large rivière, dans un estuaire ou un marais, dans des prés, des labours ou sur des vasières, des îlots rocheux, voire des toits de maisons. La localisation des dortoirs obéit à des raisons de sécurité : sur l'eau, les oiseaux sont à l'abri des prédateurs terrestres. En milieu maritime, le rythme des marées amène quelquefois les oiseaux à se nourrir la nuit et se reposer le jour. De manière générale, les oiseaux se dispersent le jour pour leur quête alimentaire, sur une superficie d'environ 800 km2, c'est-à-dire dans un rayon de 15 à 16 km autour du point de concentration.

Sur les reposoirs diurnes, les mouettes maintiennent entre elles une petite distance, donnant ainsi l'impression d'une surface couverte d'individus assez régulièrement espacés. Quand il vente, les oiseaux adoptent une position horizontale face au vent, la tête rentrée dans les épaules.

Des vols en petits groupes

Pour la constitution du dortoir, les mouettes rieuses se réunissent généralement en fin d'après-midi en petits groupes près des zones d'alimentation, puis elles rejoignent, par des vols convergents, des sites qui constituent des « pré-dortoirs ». On observe alors des escadrilles de mouettes en formations groupées, linéaires ou en V, qui se succèdent à intervalles rapprochés et qui, silencieusement, d'un vol battu régulier, se meuvent dans la même direction. Ces pré-dortoirs se situent souvent sur l'eau. Les mouettes se livrent alors à de véritables bains collectifs, certaines procédant à des toilettes mutuelles qui renforcent les liens sociaux. À la tombée de la nuit, en silence, les oiseaux rejoignent le dortoir, zone à l'abri des vents et des prédateurs.

Une alimentation variée et équilibrée

La mouette rieuse ne se nourrit pas uniquement en milieu aquatique. Son régime alimentaire est à base de petits animaux invertébrés aquatiques ou terrestres : durant la période de reproduction, de 10 à 20 % des proies sont des vers, de 80 à 90 %, des arthropodes. Ces derniers sont surtout des insectes : coléoptères (scarabées, charançons), mais aussi des diptères (larves et imagos de diverses espèces de mouches), éphémères, libellules, chenilles, criquets ; le régime comprend aussi des araignées et des scolopendres. Mais la mouette rieuse recherche aussi crustacés, mollusques, petits poissons et amphibiens. Ce régime alimentaire est complété par des végétaux (fruits, céréales, herbacées, jeunes feuilles) et surtout par des détritus, notamment les déchets d'origine humaine trouvés sur les tas d'ordures, dans les décharges publiques, aux bouches des égouts sur les rivières, et derrière les bateaux de pêche qui rejettent leurs déchets à la mer. En captivité, une mouette absorbe de 70 à 225 g de nourriture par jour, selon les individus. Les poussins reçoivent 22 g par jour la première semaine, 50 g la deuxième, puis de 80 à 150 grammes.

Des méthodes de capture diversifiées

Pour s'alimenter, la mouette rieuse prospecte souvent en vol, à faible hauteur au-dessus du sol ou de l'eau. Elle accomplit d'amples battements d'ailes, la tête et le cou étirés vers le bas, les plumes de la queue déployées pour faciliter les manœuvres. Après un bref vol sur place ou au terme d'un brusque freinage, elle se laisse tomber sur l'aliment qu'elle a repéré.

Une autre méthode consiste à effectuer de plus larges vols à plus haute altitude, avec des battements d'ailes souples. L'oiseau capture alors des insectes au vol, cueille des fruits ou vient ramasser des proies au sol ou sur l'eau. Quand elle nage, la mouette pique insectes, poissons ou détritus par une rapide extension du cou ou une brusque immersion de l'avant-corps. Dans les marais salants ou sur les vasières, la mouette prospecte en marchant, tout en maintenant son bec – voire sa tête – immergé. Une dernière méthode, non la moins fréquente, est le kleptoparasitisme : la mouette poursuit en vol un autre oiseau ayant un aliment dans le bec, ou harcèle les jeunes, notamment les poussins de sternes, qui viennent de recevoir la becquée.

De la mer à la terre

De la fin février à la mi-mars, les mouettes rieuses se répandent à l'intérieur des terres pour regagner leurs sites de reproduction, dans les milieux d'eau douce ou saumâtre. L'installation sur les colonies de nidification s'effectue en plusieurs phases. Tout d'abord, les mouettes survolent les sites en effectuant des vols circulaires. Durant la journée, elles se rassemblent non loin de là sur des terrains d'alimentation ou de repos. C'est à ce moment que débutent les comportements territoriaux et la formation des couples. Puis les visites aux sites de nidification sont de plus en plus fréquentes et régulières. Enfin, l'installation se généralise sur la colonie avec ses rites cimentant les relations entre les partenaires.

Dans l'ensemble, les femelles adoptent des postures et émettent des cris très semblables à ceux des mâles. C'est d'ailleurs par le biais de la synchronisation et de l'identité des parades mutuelles que les oiseaux montrent leur consentement à la formation des couples. Ce choix s'effectue sur le territoire proposé par le mâle, sur la colonie ou près de celle-ci, sur un îlot en eau peu profonde ou une prairie inondée. Ce territoire, d'une centaine de mètres carrés, se rétrécit à mesure que la densité des individus augmente. En dehors de la colonie, il n'est utilisé que pour la formation du couple ; sur la colonie, il devient le lieu de la nidification.

Mâle et femelle se livrent à des parades au cours desquelles les deux animaux se tiennent parallèlement l'un à l'autre. Celles-ci se répètent jusqu'au début de l'incubation des œufs déposés dans le nid construit par le mâle.

Des postures de défense

Le mâle défend âprement le territoire qu'il a choisi ; il agresse tout individu qui s'en approche et recourt à des postures caractéristiques. En l'air, il crie en étirant la tête et le cou vers le haut ou bien en ramenant les ailes au-dessus du corps, courbant le cou et dirigeant la tête vers le bas. Au sol, le mâle adopte une attitude menaçante, étirant le corps en avant et en hauteur, les ailes pendantes et écartées. Quand l'adversaire est proche, il tient le bec et la tête sur le même plan horizontal que le reste du corps, les ailes fermées mais légèrement décollées. Face à l'adversaire, le dominant allonge le cou vers le haut, mais la tête et le bec pointent vers le bas, tandis qu'il écarte ses « épaules » (qui sont en réalité ses poignets). Le dominé est dans la même posture, mais il tient sa tête horizontale et regarde sur le côté.

Lors de querelles prolongées, les deux adversaires sont tête baissée, le bec presque au sol. L'arrière du corps est relevé, les rectrices étalées, ainsi que les ailes parfois tenues au-dessus du dos. L'oiseau hoche tête et cou comme s'il s'étranglait en criant.

Des nids regroupés par milliers

La reproduction se fait en colonies de taille variable, regroupant de quelques dizaines à quelques centaines d'oiseaux, parfois plusieurs milliers. La densité des nids varie en fonction de la taille de la colonie : de deux à cinq nids par mètre carré dans les grosses colonies, mais seulement de huit à dix sur 100 m2 dans les petites. Les nids sont en général situés entre 50 et 75 cm les uns des autres, mais sont bien plus espacés dans les milieux homogènes.

Des poussins vite autonomes

Le nid est de structure et de dimensions variables : une cuvette peu profonde tapissée de débris végétaux ou un monticule de 25 à 30 cm de haut et de 40 à 50 cm de diamètre coiffé d'une coupe de 7 à 10 cm de rayon et profonde de 3 à 5 cm. La femelle pond, à 1 ou 2 jours d'intervalle, de 1 à 4 œufs ovales ou ellipsoïdaux, verdâtres, gris, ocre ou bruns, plus ou moins maculés de brun olive. Si une ponte est détruite, une autre peut la remplacer de 8 à 13 jours plus tard. Les adultes participent à charge égale à l'incubation, qui débute indifféremment à partir du premier ou du dernier œuf, et dure de 23 à 26 jours.

Les éclosions sont généralement étalées sur plusieurs jours, mais elles peuvent être quasi simultanées lorsque la couvaison a débuté après la ponte du dernier œuf. Les poussins naissent couverts de duvet bariolé. Dès les premières heures de leur vie, ils sont capables de se déplacer et, en cas d'alerte, de se mettre à l'eau pour se cacher dans la végétation. Cependant, ils restent au nid une dizaine de jours. Pendant l'élevage, ils sont nourris par régurgitations des deux parents. Dès 35 jours, ils peuvent voler et sont alors indépendants.

Seuls 6 à 15 % des œufs pondus donnent des jeunes prêts à s'envoler. Ce faible taux est dû à l'importance de la mortalité au stade des œufs (pontes pillées, nids submergés, œufs stériles) et à celle des poussins entre l'éclosion et l'envol (malnutrition, maladies, prédateurs, accidents). Il a été démontré que les nids isolés produisent moins de jeunes que ceux placés au centre des colonies.

Une tenue de camouflage

Une tenue de camouflage



À sa naissance, le poussin de la mouette rieuse est recouvert d'un duvet ocre plus ou moins roussâtre, maculé et bariolé de brun-noir selon des dessins spécifiques. Ce plumage lui permet de se cacher efficacement entre les matériaux du nid ou dans la végétation environnante. L'année suivante, on le reconnaît à son capuchon marron incomplet, aux marques brunes sur la face supérieure des ailes, au noir de ses rémiges et de ses rectrices, à l'absence de rouge aux pattes et au bec.

Pour tout savoir sur la mouette rieuse

Mouette rieuse (Larus ridibundus)

La mouette rieuse tire son nom de ses cris éraillés, sortes de hennissements à timbre ricanant.

Sa taille ne dépasse guère celle d'un pigeon, mais elle paraît plus grande, en raison de sa silhouette élancée, de son cou allongé et de la pointe de ses ailes qui se croisent loin à l'arrière, recouvrant les plumes de la queue au repos. C'est en l'air qu'elle semble immense, en raison de ses longues ailes étroites, animées de battements souples et amples qui lui confèrent un vol léger.

Le plumage varie à la fois en fonction de la saison et de l'âge de la mouette rieuse. En été, son plumage est blanc avec la tête recouverte d'un capuchon brun ; les ailes et le dos gris avec un dessin noir et blanc caractéristique. Son bec et ses pattes sont rouges. En hiver, la tête devient blanche, mais conserve des marques sombres près des yeux et des protège-oreilles.

Comme la grande majorité des oiseaux, la mouette rieuse possède une bonne vue et une ouïe assez remarquable ; en revanche, elle n'a pas de sens olfactif développé. Son répertoire vocal est riche, mais on ne connaît encore que peu de chose quant à la signification des diverses vocalisations. On parvient seulement à reconnaître les cris d'alarme et le « long cri » (répétition en série ricanante d'une note râpeuse et de ses variantes, qui a valu son nom à l'espèce). Toutefois, la variation de ces signaux est particulièrement grande. De plus, ils sont établis à partir d'un schéma fondé sur des répétitions d'un petit nombre de types de notes ayant une structure physique semblable. La distinction entre les divers types de vocalisations repose sur des différences dans le nombre, l'ordre, la durée et la fréquence des répétitions des unités sonores de base. Il est ainsi difficile d'établir des catégories de signaux et de leur associer des contextes comportementaux précis.

MOUETTE RIEUSE

Nom (genre, espèce) :

Larus ridibundus

Famille :

Laridés

Ordre :

Charadriiformes

Classe :

Oiseaux

Identification :

Petit palmipède à bec et pattes rouges, plumage gris et blanc, capuchon marron en été, petite tache noirâtre derrière l'œil en hiver

Envergure :

De 100 à 110 cm

Poids :

De 190 à 400 g (mâle : de 235 à 400, femelle de 190 à 280)

Répartition :

Se reproduit surtout entre 40 et 70° N., du nord-est de l'Amérique à la Chine. Hiverne jusque dans les eaux tropicales africaines, indiennes et du Sud-Est asiatique

Habitat :

Zones humides, prairies, polders, marais, côtes, plans d'eau, milieux anthropisés

Régime alimentaire :

Insectes, vers, végétaux divers, détritus

Structure sociale :

Grégaire, niche en colonies, mais couples monogames

Maturité sexuelle :

Entre 1 et 5 ans

Saison de reproduction :

D'avril à septembre

Nombre d'œufs :

De 1 à 4 ; 52 × 37 mm ; de 34 à 42 g

Durée de l'incubation :

De 23 à 26 jours

Longévité :

Maximum connu : 30 ans et 3 mois ; les jeunes à l'envol ont une espérance de vie de 42 mois

Effectifs, tendances :

Espèce en expansion géographique et numérique

Statut, protection :

Comme tous les laridés, espèce protégée par la Convention de Berne

 

Signes particuliers

Plumage

Chez les laridés, le dessin des dix rémiges primaires (plumes voilières) est spécifique. Les plumes sont fixées sur les os de la main et réagissent à la poussée de l'air lors des battements d'ailes. Chaque espèce a son propre schéma de répartition du noir et du blanc sur ces plumes, le noir étant à l'extrémité et sur les bords des plumes qui supportent le plus la pression de l'air. Les plumes riches en grains de mélanine (pigment noir) s'usent moins vite que celles qui en sont totalement dépourvues. La répartition du blanc et du noir indique aussi l'âge et l'espèce de l'oiseau.

Aile

Le bras est long et porte des rémiges secondaires. L'avant-bras est recouvert de rémiges tertiaires. Ces deux types de plumes blanches et grises constituent la surface portante de l'aile en vol. Les plumes de la main appelées rémiges primaires, allongées et dissymétriques, assurent la propulsion de l'oiseau. Elles s'insèrent sur les os du membre antérieur. Elles ont une structure de barbes et de barbules robustes, avec des rachis indurés qui assurent à l'aile la rigidité, la solidité et la faculté de se tordre ou de se déformer lors du vol. L'aile est longue, étroite et effilée.

Pattes

Les pattes palmées laissent des traces reconnaissables par la palmure entre les trois doigts dirigés vers l'avant, tandis que le doigt postérieur est libre. Mais le grégarisme des laridés fait que les traces se masquent mutuellement, rendant difficile leur étude – contrairement à celles laissées par les animaux solitaires.

Tête

Le capuchon recouvrant la tête en été est spécifique par sa coloration brune et sa forme, avec des marques blanches autour des yeux. Seuls les adultes portent ces dessins. L'œil est brun-noir, entouré sur la paupière d'un mince cercle orbitaire rouge. Le bec, rouge sang à l'extérieur et à l'intérieur, ne contraste que très peu avec la teinte du capuchon. Il est le support de signaux visuels selon qu'il est dirigé vers l'opposant, ouvert ou fermé, pointant vers le haut ou le bas. Sa coloration sombre est propre à la période de reproduction, car il s'éclaircit avec l'hiver, devenant plus vermillon. Dans ces comportements face à l'adversaire, les mouvements du cou et l'état de resserrement ou de gonflement des plumes ont aussi une signification particulière. Cette partie du corps possède de vastes possibilités de reconnaissances spécifiques et individuelles.

Les autres laridés

Mouettes et goélands appartiennent, avec les sternes, à la famille des laridés. Cette dernière se rattache, avec les oiseaux limicoles (ibis, jacanas, pluviers, etc.) et les alcidés (pingouins, guillemots, macareux), à l'ordre des charadriiformes.

On compte en général 55 espèces de mouettes et goélands réparties en six genres – mais ces nombres varient selon les auteurs – ; le genre principal est Larus, qui groupe la quasi-totalité des espèces.

Les diverses espèces se ressemblent, et ce sont souvent des détails de taille et de coloration qui permettent de les reconnaître. L'identification est d'autant plus difficile que le plumage varie selon l'âge et la saison. Leurs tailles oscillent entre 25 cm (mouette pygmée) et 80 cm (goéland marin).

Genre Larus

Ce genre comprend une cinquantaine d'espèces.

Mouette pygmée (Larus minutus)

Identification : la plus petite espèce (longueur : 25 cm ; envergure : 80 cm ; poids : 120 g) ; manteau et ailes gris perle, tête noire en plumage nuptial, vol papillonnant caractéristique.

Répartition : toute l'Eurasie, et récemment en Amérique du Nord.

Goéland marin (Larus marinus)

Identification : la plus grande espèce (longueur : 80 cm ; envergure : 1,65 m ; poids : de 1,3 à 2,7 kg) ; manteau et ailes noirs, reste du plumage blanc.

Répartition : côtes atlantiques de l'Amérique du Nord et du Groenland ; Spitzberg ; Scandinavie ; Nouvelle-Zemble ; Bretagne.

Goéland argenté (Larus argentatus)

Identification : longueur : 65 cm ; envergure : 1,40 m. Manteau gris clair, pointe de l'aile noire et blanche, reste du plumage blanc.

Répartition : tout l'hémisphère Nord.

Remarque : certaines de ses populations s'hybrident, alors que d'autres se comportent comme de vraies espèces.

Genre Xema

Ce genre comprend une espèce unique.

Mouette de Sabine (Xema sabini)

Identification : petite taille (30 cm de long ; envergure : 90 cm) ; queue légèrement fourchue ; plumage : large plage blanche triangulaire contrastant avec un triangle noir sur le bord externe de l'aile déployée. Adulte : tête grise avec collier noir en été, bec noir à pointe jaune, pattes noires. Jeune : partie supérieure marron-gris ourlée de noir, chamois ou blanc ; pattes grisâtres ; bec noir.

Répartition : colonies dispersées sur les tourbières et les marais littoraux de la zone arctique et subarctique du globe. Migre le long des côtes atlantiques et pacifiques ; hiverne au large du littoral de l'Afrique méridionale et du Pérou.

Genre Rissa

Ce genre comprend deux espèces.

Mouette tridactyle (Rissa tridactyla)

Identification : longueur : 42 cm ; envergure : 96 cm. Quasi-absence de pouce. Adulte blanc, ailes et dos gris, bout de l'aile noir, bec jaune, pattes noires. En hiver, tache auriculaire noirâtre. Jeune : bec, demi-collier et tache auriculaire noirs.

Répartition : côtes de l'Atlantique nord, de la mer du Nord, de l'océan glacial Arctique et du Pacifique nord. Colonies isolées en Espagne et au Portugal. Migration et hivernage : dans toute la moitié nord de l'Atlantique et du Pacifique.

Mouette des brumes (Rissa brevirostris)

Identification : même plumage et même taille que la mouette tridactyle, pattes rouges, ailes formant en vol un M noir, rectrices ourlées d'une bande noire.

Répartition : mer de Béring ; se répand en hiver au sud des Aléoutiennes. Nidification dans des falaises.

Statut : vulnérable.

Genre Creagrus

Une espèce.

Mouette à queue fourchue (Creagrus furcatus)

Identification : longueur : 57 cm ; envergure : 1,35 m. Ressemble à la mouette de Sabine par le dessin des ailes, mais plus grande ; queue très fourchue. Adulte : cou et poitrine gris, capuchon gris-noir, blanc à la base du bec long et crochu ; pattes roses. Jeune : plus clair que celui de X. sabini, tête plus blanche, dos plus pâle et plus écailleux.

Répartition : îles Galápagos ; hiverne sur la côte pacifique de l'Amérique du Sud.

Comportement : essentiellement nocturne.

Genre Rhodostethia

Une espèce.

Mouette rosée (Rhodostethia rosea)

Appelée aussi mouette de Ross.

Identification : petite (longueur : 30 cm ; envergure : 85 cm), queue cunéiforme, petit bec noir. Port de tourterelle. Adulte : dos et ailes gris pâle, tête et poitrine roses, collier noir disparaissant l'hiver, pattes rouges. Jeune : sans rose ni collier, tache auriculaire et bande terminale noire à la queue, dessin des ailes faisant un M noir en vol, pattes brun clair.

Répartition : Arctique, extrême nord-est de la Sibérie, presqu'île de Taïmyr, Groenland, Spitzberg, Canada. Migration et hivernage en Arctique, seulement en petit nombre au sud. Fréquente les vasières, est liée au glaces.

Alimentation : recherche sa nourriture à la surface de l'eau en nageant, papillonnant ou s'immergeant à demi.

Genre Pagophila

Une espèce.

Mouette blanche (Pagophila eburnea)

Identification : petite (longueur : 43 cm ; envergure : 1,10 m), blanche en plumage d'adulte, pattes noires, bec gris virant au jaune puis au rouge vers la pointe, tibia emplumé. Jeune : blanc plus ou moins tacheté de noir, avec un masque noirâtre.

Répartition : banquises et icebergs ; Arctique, Spitzberg, archipel François-Joseph, Nouvelle-Zemble, Terre du Nord, Nouvelle-Sibérie, Arctique canadien et Groenland. Hiverne dans l'Arctique, rarement au sud.

Statut : quasi menacée.

Milieu naturel et écologie

La mouette rieuse occupe une grande variété d'habitats : sa vaste répartition géographique couvre tout l'Ancien Monde, des steppes et des régions méditerranéennes aux zones subarctiques, excepté toutefois les aires aux climats extrêmes. De plus, la mouette rieuse a récemment colonisé le Nouveau Monde, s'établissant sur la côte est de l'Amérique du Nord. Elle affectionne le voisinage des eaux calmes, douces, saumâtres ou salées, mais elle s'installe aussi dans les landes, les tourbières, les dunes, les marais salants et les îlots. Elle recherche les lieux pourvus d'une riche végétation, si possible flottante. En outre, elle s'est bien adaptée aux milieux artificiels comme les zones agricoles, les gravières et les sablières, les étangs et diverses retenues d'eau.

En dehors de la période de reproduction – en migration et hivernage –, bon nombre de mouettes rieuses changent d'habitat pour occuper les milieux littoraux : vasières, plages, estrans sablonneux. Toutefois, les milieux où l'homme est présent sont aussi occupés : pièces d'eau dans les villes ou décharges,  car les mouettes se nourrissent aussi des déchets de la société humaine. Ce fait explique d'ailleurs que la zone d'hivernage se soit élargie ; en effet, ces ressources alimentaires aisément accessibles facilitent les conditions de vie hivernale, ce qui est très important pour la survie des jeunes et des adultes. Ces aliments fournis par l'homme, lorsqu'ils sont abondants et disponibles en permanence, conduisent certains oiseaux à se sédentariser et permettent au site d'accueillir davantage de populations migratrices.

Les avantages de la vie grégaire

La vie en colonies est profitable aux mouettes rieuses, ainsi qu'à diverses autres espèces. En effet, on a souvent constaté que ces concentrations d'oiseaux agressifs à l'égard des prédateurs potentiels attirent d'autres espèces, qui installent leur nid à la périphérie de la colonie. Des sternes, guifettes, grèbes à cou noir, avocettes… tirent ainsi bénéfice de la protection assurée par le comportement et le nombre des mouettes rieuses.

Le grégarisme présente en effet de nombreux avantages pour la défense contre les prédateurs. Ces derniers sont plus aisément détectables par une multitude d'yeux. De plus, ils sont facilement déroutés dans leur attaque par cette pluralité de proies, qui les empêche de se concentrer sur une seule. Ils subissent des agressions collectives et concertées qui les forcent souvent à renoncer à toute tentative d'attaque : les mouettes rieuses se regroupent en formation serrée et dirigent leurs assauts contre le prédateur avec force cris, piqués, loopings et défécations. De jour, ces actions sont principalement menées contre des rapaces. Les mouettes rieuses les poursuivent hors des limites de la colonie ou du reposoir et les harcèlent de telle sorte qu'ils sont forcés de s'enfuir en volant très haut, ou à ras de terre.

Des prédateurs multiples

Durant la reproduction, beaucoup de mammifères sont attirés par les mouettes, leurs œufs et leurs poussins. Il s'agit des renards, fouines, putois, hermines, belettes, chats harets, chiens errants, et, bien sûr, des rats. Les oiseaux aussi recherchent les mouettes : certains rapaces comme les busards ou le hibou des marais, et surtout les corneilles, sont redoutés.

En dehors de la période de reproduction, les plus gros mammifères, ainsi que des rapaces comme l'épervier et le faucon pèlerin, continuent de s'intéresser aux mouettes rieuses. En hiver, on peut ainsi découvrir les restes d'une mouette, ailes étendues, corps déplumé et os bien nettoyés, le chasseur s'étant repu des muscles voiliers, particulièrement développés.

Un oiseau pique-assiette

La mouette, sans être véritablement prédatrice, exerce cependant une certaine pression défavorable sur d'autres espèces d'oiseaux, en raison de ses mœurs de kleptoparasite. En effet, elle harcèle les oiseaux de son entourage qui ont réussi à se procurer un aliment : poisson, mollusque, ver, morceau de pain. Pour ce faire, elle attaque en criant celui dont elle veut accaparer la nourriture et le pique du bec. Souvent, elle arrive à lui faire lâcher, voire régurgiter, sa proie. La mouette rieuse s'attaque aux limicoles (chevaliers, bécasseaux), aux grives, étourneaux, martins-pêcheurs et même à des oiseaux comme les puffins, les cormorans, les hérons, les corvidés, voire des milans. Ce parasitisme peut être fort important. Il a été calculé qu'il pouvait, à l'égard du vanneau huppé, atteindre une moyenne de 163 vers de terre dérobés par jour et par individu. Le kleptoparasitisme peut aussi être une source de mortalité pour les jeunes sternes, auxquelles les proies rapportées par les adultes sont souvent dérobées, et qui meurent ainsi de sous-alimentation.

La mouette rieuse et l'homme

Un oiseau peu farouche

Désormais protégée après avoir été exploitée et persécutée par l'homme, la mouette rieuse a considérablement augmenté ses populations. Elle s'est adaptée au voisinage de la société humaine et sait utiliser, pour son plus grand bénéfice, les déchets et le gaspillage de la civilisation.

Une expansion galopante

Mouettes rieuses et goélands sont évocateurs des rivages marins :  des oiseaux blancs qui « miaulent » le long de la côte, dans les ports et derrière les chalutiers ou autres bateaux de pêche. Ce n'est que depuis des temps relativement récents qu'ils sont devenus des oiseaux beaucoup plus familiers.

De fait, certains laridés sont maintenant de véritables commensaux de l'homme. Nombre de populations de ces espèces ont connu au cours du xxe siècle une spectaculaire explosion démographique.

L'expansion de la mouette rieuse a débuté à la fin du xixe siècle, mais n'est réellement devenue perceptible que dans les années 1930, et c'est dans les années 1960 qu'elle a pris des proportions gigantesques. Par exemple, en Estonie, on dénombrait 20 000 couples nicheurs de ces oiseaux en 1960, puis 35 000 en 1968 et 75 000 en 1975. Aux Pays-Bas, la population est passée de 35 000 couples en 1925 à 60 000 en 1950, puis à 95 000 en 1961 et 200 000 en 1978. Sur l'aire Angleterre et pays de Galles, l'augmentation s'est traduite par des effectifs de 35 000 à 40 000 couples en 1938, de 46 000 à 51 000 en 1958, et de 100 000 à 110 000 en 1973. De même, en Lettonie, on constatait dans les années 1971-1975 que la population des mouettes rieuses avait atteint 80 000 couples. En France, en Camargue, on comptait 400 couples de mouettes rieuses en 1937, 3 000 en 1956, 6 000 en 1962, 10 000 en 1970. Depuis, les effectifs se sont plus ou moins stabilisés autour de 7 000 à 8 000 couples.

Un développement aussi rapide de ces oiseaux a bien sûr posé un grand nombre de problèmes, notamment en ce qui concerne les goélands, qui s'avèrent de véritables prédateurs à l'égard des couvées des autres espèces protégées, ou qui s'installent sur des sites où leur présence est indésirable.

Les décharges publiques, paradis des mouettes

Des études ont été effectuées pour déterminer les causes de ces expansions démographiques et géographiques. L'explosion démographique de la mouette rieuse a ainsi résulté de la conjonction d'une série de facteurs, dont le plus important était la diminution de la mortalité pendant l'hiver.

Dans le cas de la Camargue, les aménagements hydrauliques du delta rhodanien ont stabilisé les niveaux d'eau, et par conséquent la sécurité des îlots propices à la reproduction. De plus, l'implantation et l'extension des rizières ont été favorisées, pour le bonheur de l'espèce, qui est protégée. Ces divers facteurs ont optimisé le succès global de la reproduction. Mais la baisse de mortalité hivernale s'explique surtout par les grandes disponibilités alimentaires offertes aux mouettes par les décharges publiques en plein air : une nourriture fournie en quantité et de manière régulière, là où les milieux naturels seraient incapables d'assurer la subsistance hivernale de tous. P. Isenmann a établi que, en 1975, les 5 hectares de la décharge recevant les ordures ménagères de Marseille accumulaient chaque jour 750 tonnes de détritus, dont 2,5 % (de 15 à 17 tonnes) étaient des déchets de viande, de graisse, de pain, de féculents : cette provende assurait l'alimentation journalière de 49 000 mouettes rieuses et de 12 000 goélands leucophées.

Inversement, la disparition de telles ressources alimentaires entraîne de façon directe une diminution des effectifs de laridés. Ainsi, le chercheur français J.-M. Pons a montré (1992) l'influence sur la population des goélands argentés de l'île de Trébéron (rade de Brest) de la quasi-fermeture de la décharge de la ville de Brest. Sur l'île de Trébéron, les effectifs nicheurs ont chuté de 11,5 %, en même temps que l'on observait une réduction du nombre d'œufs par ponte et même une diminution du volume de ces œufs. Le succès des éclosions est passé de 75 à 63 %, et le taux d'envol des jeunes a chuté de 46 %. Le succès de la reproduction s'est effondré de 62 % ! Des phénomènes semblables ont été observés en Hollande.

Baguées et surveillées

La famille des laridés, à laquelle appartient la mouette rieuse, constitue un excellent matériel d'étude pour les chercheurs. D'une part, elle permet de comprendre les mouvements des populations. D'autre part, on peut aussi, grâce à elle, tenter d'éclaircir les mécanismes comportementaux et écologiques qui interviennent dans l'évolution des systèmes sociaux et dans celle des stratégies qui se mettent en place pour s'adapter à un milieu donné et en utiliser au mieux les ressources. Ainsi, la mouette rieuse, du fait qu'elle vit en colonies, se prête bien à des études précises des individus, de leur histoire, de leurs relations et de leur devenir.

Ces études sont facilitées par le fait que la taille de cet oiseau permet le marquage à l'aide de bagues numérotées et colorées. On peut donc reconnaître visuellement les individus et les suivre plus aisément. L'observateur se dissimule dans un abri flottant qui lui permet de n'être pas vu des oiseaux, qu'il peut ainsi approcher de très près sans les inquiéter.Il a été déterminé que 70 % des mouettes rieuses survivantes reviennent, pour leur première reproduction, s'installer dans leur colonie d'origine et, qui plus est, tendent à s'établir près de leur point de naissance. Il a également été calculé que 18 % des adultes disparaissent chaque année. La qualité de la structure du nid s'améliore avec l'âge des oiseaux, autrement dit avec leur expérience.

Une persécution gratuite

Comme une grande majorité d'oiseaux, les mouettes rieuses, ainsi que les autres espèces de leur famille, ont été pendant longtemps détruites ou persécutées par les hommes.

Il est d'ailleurs intéressant de souligner que, généralement, ces oiseaux n'étaient pas recherchés pour la consommation. Cependant, leurs œufs, tout comme ceux des vanneaux, étaient récoltés de manière systématique dans les colonies par les habitants des alentours. Le fait de tirer au fusil sur ces diverses espèces d'oiseaux relevait donc davantage d'actions gratuites – mais, hélas, nombreuses –, d'exercices d'adresse, que de chasse véritable.

Le caractère belliqueux et le côté prédateur de certains de ces oiseaux d'eau, et notamment les goélands, étaient invoqués par les chasseurs pour tenter de justifier leurs actes. De même que certaines espèces de laridés ont été tenues, beaucoup trop vite et pendant très longtemps, pour nuisibles à la pisciculture !

Il se pourrait encore que les comportements de mendicité de ces oiseaux familiers, pour ne pas dire effrontés, leur aient valu dans l'inconscient collectif un certain rejet. En effet, les mouettes n'ont aucun scrupule à quémander leur nourriture auprès des passants, dans les ports ou dans les villes. Elles poussent même l'effronterie jusqu'à taper aux carreaux des fenêtres des habitations, et s'enhardissent jusqu'à prendre dans la main des humains le pain qu'ils leur tendent. Ces comportements, souvent bien mal perçus, sont malheureusement responsables des coups de fusil volontiers tirés contre elles. Et cela sans oublier, bien sûr, leurs mœurs de charognards, amateurs de déchets et de détritus. Ces oiseaux d'eau se comportent comme de véritables éboueurs : en émettant force cris stridents, répétitifs et entêtants, ils éventrent sur leur passage les sacs-poubelle, épandant ainsi leur contenu…

Fort heureusement, les espèces des laridés sont maintenant strictement protégées, en tout lieu et en toute saison. Contrairement d'ailleurs à ce que l'on aurait pu attendre, au vu de la gigantesque explosion démographique de ces dernières années, leurs effectifs, à l'heure actuelle, ne s'accroissent plus de manière démesurée et tendent à se stabiliser. Des mécanismes de régulation intrinsèques se sont déclenchés.