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chien de prairie

Chien de prairie
Chien de prairie

Rongeur des plaines d'Amérique du Nord cousin des marmottes dont le cri ressemble à un aboiement.

1. Classification

espèces :Cynomys gunnisoni (chiende prairie du Colorado), Cynomys leucurus (chien de prairie à queue blanche), Cynomys ludovicianus (chien de prairie à queue noire), Cynomys mexicanus (chien de prairie du Mexique), Cynomys parvidens (chien de prairie de l'Utah)
genre : Cynomys
ordre : rongeur
sous-classe : thérien
infra-classe : euthérien
classe : mammifère
sous-embranchement : vertébré
embranchement : chordé

Le chien de prairie vit en colonies denses dans des réseaux de terriers réunis en villes, au sein desquelles se côtoient des clans familiaux. D’allure proche de la marmotte, il a un corps trapu et mesure entre 35 et 42 cm de long environ. Il se nourrit de plantes (principalement de graminées) et de graines.

Les 5 espèces de chiens de prairie ont des effectifs en diminution. Le chien de prairie du Mexique (Cynomys mexicanus) et celui de l’Utah (Cynomys parvidens) sont en danger de disparition et protégés ; le chien de prairie à queue noire (Cynomys ludovicianus) est protégé dans les parcs naturels.

En dépit de son nom, le chien de prairie ne ressemble guère à un chien ; ses cris, en revanche, sont bien assimilables à des aboiements. Pour son apparence, ce rongeur de la famille des écureuils tiendrait plutôt, avec son corps ramassé et sa petite tête arrondie, de la marmotte ou du rat. Les chiens de prairie étaient sans doute, avec les bisons, les habitants les plus nombreux et les plus typiques de la vaste prairie nord-américaine avant l'arrivée des premiers pionniers, qui les ont décimés. Persécutés dans les terres agricoles, ils ont vu leurs effectifs diminuer de façon considérable, mais ils constituent encore de vastes colonies.

2. Origines du chien de prairie

Les rongeurs ont une origine très ancienne. Leur ancêtre à tous semble être Paramys, qui vivait dans les arbres d'Amérique du Nord il y a 50 à 40 millions d'années, de la fin du paléocène à la fin de l'éocène. Il ressemblait à un gros écureuil à longue queue, dont les pattes étaient nanties de griffes et lui permettaient de grimper aux arbres. Puis les espèces formant le tronc commun originel se diversifièrent et certaines devinrent terrestres, comme Miospermophilus qui apparut à la fin de l'oligocène, il y a 20 millions d'années. De lui sont issus tous les écureuils modernes et leurs alliés : les marmottes, les spermophiles et les chiens de prairie, ou Cynomys (du grec kynos, chien, et myos, souris). Ensemble, ces familles constituent le sous-ordre des sciuromorphes. Ces derniers ont conservé la plupart de leurs caractéristiques primitives.

On a retrouvé des fossiles vieux de quelque 2 millions d'années des premiers chiens de prairie – notamment Cynomys meadensis, Cynomys niobrarius et Cynomys spispiza –, qui témoignent de la diversité du genre dès cette époque. Le chien de prairie à queue noire, Cynomys ludovicianus, existait déjà durant la première période glaciaire (1,7 million d'années). Durant la période interglaciaire Sangamon, on trouve à la fois des fossiles de Cynomys ludovicianus et de Cynomys vetus, l'ancêtre de l'actuel chien de prairie de Gunnison, Cynomys gunnisoni. Jusqu'à la troisième période glaciaire dite « du Wisconsin » (de 25 000 à 40 000 ans avant notre ère), ces espèces peuplaient toute la grande plaine nord-américaine, et on rencontrait Cynomys ludovicianus jusqu'au centre de ce qui est actuellement le Texas. Son aire de répartition se serait alors réduite, entraînant la formation de populations isolées. Au Mexique, c'est ainsi que se serait formé Cynomys mexicanus, dont il reste encore des spécimens au nord du pays. Aujourd'hui, après avoir été décimé par les hommes depuis la conquête du Far West, le chien de prairie à queue noire ne vit plus que dans une petite partie des États-Unis.

3. La vie du chien de prairie

Des sentinelles gardant leurs villes souterraines

Les chiens de prairie sont des animaux sociaux qui vivent en colonies appelées « villes » s'étendant en général sur une centaine d'hectares, au-dessous et au-dessus du sol, et divisées en clans voisins. Sous terre, tout un réseau de terriers et plusieurs milliers de mètres carrés de galeries constituent ce territoire. Les terriers s'ouvrent en surface par des passages verticaux que les chiens de prairie ont élargis afin de se retourner pour faire face à d'éventuels poursuivants.

Chaque clan est, habituellement, composé d'un mâle, de trois femelles adultes présentant entre elles des liens familiaux (mère et filles, sœurs…) et de six jeunes. Parfois, il comprend deux mâles – ils sont dans ce cas souvent membres d'une même fratrie, jusqu'à cinq femelles et 31 jeunes.

Les membres d'un clan partagent les mêmes galeries. Les effectifs du clan peuvent varier selon les saisons, tandis que la dimension de leur territoire, une fois établie, reste inchangée.

Des territoires sous haute surveillance

Les chiens de prairie ne se déplacent qu'au sein du territoire de leur clan et peuvent couvrir près de 2 km en une journée. Toutefois, il arrive qu'un animal fasse une intrusion, volontaire ou non, sur le territoire d'un clan voisin. Dès qu'il est repéré, l'occupant se précipite sur lui. L'intrus peut refuser de réintégrer ses terriers et la bataille a lieu.

Dans ces combats très ritualisés, les deux combattants se précipitent l'un vers l'autre, stoppent au dernier moment en se faisant face, l'un des deux se retourne, redresse la queue en exposant ses glandes anales, l'autre vient le flairer avec précaution, puis ils intervertissent les rôles, jusqu'à ce que l'un des deux essaie de mordre la croupe de l'autre. L'animal mordu recule alors, marquant ainsi une frontière virtuelle entre les protagonistes, de sorte que chacun peut retourner à ses occupations. La bataille ne modifie en général que de quelques dizaines de centimètres les limites des territoires, et il est rare qu'elle se termine par des blessures.

Ces réflexes de défense se transmettent de génération en génération chez les chiens de prairie de sorte que, même si les occupants changent, les frontières, elles, restent les mêmes.

Un réseau de galeries

Un réseau de galeries



Entre 1 et 5 m de profondeur, les chiens de prairie creusent de 4 à 34 m de galeries, larges de 10 à 15 cm, qui relient des chambres tapissées d'herbes. Ils tassent la terre de leur museau, travaillant souvent après la pluie lorsque la terre est molle et malléable, pour aménager des entrées au sommet de monticules (de 50 cm de haut et d'un peu plus de 1,50 m de diamètre).

Le baiser, signe de reconnaissance

Quand deux chiens de prairie se rencontrent, ils s'embrassent aussitôt. Souvent, l'un des deux animaux se roule sur le dos tout en maintenant le contact oral avec son compagnon. Les deux chiens restent un moment étirés l'un contre l'autre, puis ils se redressent sans se lâcher.

Le baiser n'est pas un simple geste d'affection, il est lié à l'identification des membres d'un même clan, à la distinction entre amis et ennemis. S'il y a un doute sur l'identité d'un compagnon, par exemple à la frontière entre deux clans, on voit les deux rongeurs ramper l'un vers l'autre, d'abord avec précaution, en remuant la queue, jusqu'à ce que, vérification étant faite, l'embrassade puisse avoir lieu. Si le nouveau venu appartient à la même coterie, il comprend aussitôt que son vis-à-vis défend l'intégrité du territoire, et le baiser est accordé ; en revanche, s'il s'agit d'un étranger, il s'enfuit rapidement.

Au sein d'un clan, le baiser est souvent le prélude à un toilettage mutuel, une pratique courante pour tous ses membres. Les jeunes surtout aiment se faire toiletter par les adultes.

Une grande variété de cris

Les échanges entre chiens de prairie ne sont pas seulement gestuels, mais sonores. Les cris émis par ces animaux sont sans doute l'élément le plus important pour la cohésion du clan. Ce qu'on appelle « l'aboiement » consiste en un « yip » court et nasal, dont l'intensité peut varier et qui peut être modulé de toutes sortes de façons. Ainsi, neuf cris différents ont été répertoriés chez le chien de prairie à queue noire, huit chez celui de Gunnison (Cynomys gunnisoni) et six chez le chien de prairie à queue blanche (Cynomys leucurus).

Ce type de communication orale a fait l'objet d'une étude menée par C. Slobodchikoff, de l'université de l'Arizona. Selon ce chercheur, la variation des cris peut avoir des origines très diverses : ainsi, au cours des expériences, les aboiements différaient selon la couleur des vêtements des observateurs, voire selon la façon dont ils étaient rasés, portaient ou ne portaient pas la barbe !

Le cri d'alarme se distingue en tout cas nettement du cri de ralliement territorial. Les chiens de prairie n'émettent le second que s'ils se sentent en sécurité. Quand l'un d'eux aboie particulièrement fort, on voit tous les animaux du clan plonger aussitôt dans les terriers. Quand il pousse son cri de ralliement territorial, en revanche, l'animal adopte une attitude offensive, se dressant sur ses pattes de derrière et levant la tête vers le ciel. Il émet un aboiement parfois si percutant que tout son corps se soulève au-dessus du sol.

À l'arrivée des petits, la ville s'étend

Contrairement à ce qui se passe pour les rapports sociaux, les relations sexuelles entre les chiens de prairie ne donnent lieu à aucun rituel ni à aucune parade. Toutes les femelles d'un clan sont couvertes, au printemps, par le mâle dominant, à l'intérieur du terrier. Environ un mois après, leurs petits naissent, aveugles, nus et roses.

Tant que les petits ne sont pas capables de quitter le terrier où ils sont nés, les femelles le défendent de façon agressive et se battent entre elles. Il arrive qu'une femelle attaque le terrier d'un autre femelle et tue ses nouveau-nés.

De nouveaux terriers individuels

Entre mars et mai, période de gestation et de lactation, le système du clan cède la place à une autre organisation des territoires, centrée cette fois sur les portées. Certains adultes et les jeunes de l'année précédente construisent de nouveaux terriers en dehors de leur « ville » d'origine, émigrant vers des terres vierges ou des territoires peu occupés. Durant cette période, ils creusent pendant la journée et réintègrent la nuit leurs terriers d'origine. Ce n'est qu'en juin, lorsque les petits commencent à sortir des terriers, que ces chiens migrateurs s'installent définitivement nuit et jour dans leurs nouvelles galeries.

L'extrême liberté des jeunes

Jusqu'à sa sortie du terrier natal, vers l'âge de un mois, le jeune ne connaît que sa mère et ses frères. Il fait alors la connaissance de son père et des autres membres du clan. Jusqu'à son sevrage – à sept semaines –, il joue avec les jeunes qui ne sont pas de sa famille comme avec ses frères et sœurs et est de la même façon embrassé et toiletté par tous les adultes. Il essaie d'ailleurs de téter tout le monde, mâles et femelles. Celles-ci l'allaitent volontiers, et les mâles prodiguent un paternel toilettage. Un jeune suit parfois une autre femelle que sa mère, et peut passer la nuit avec l'une d'elles et ses jeunes, très bien accepté par cette « mère de substitution ». L'hypothèse a été émise qu'une fois que les jeunes ont commencé à sortir du terrier, les femelles ne sont plus capables de distinguer les leurs.

Durant ses premiers mois, tout est permis au jeune chien de prairie, y compris les incursions en terre étrangère. Mais, au fur et à mesure qu'il grandit, il est repoussé dans les limites de son clan et apprend le baiser de reconnaissance.

La mortalité juvénile est élevée, atteignant en moyenne 50 %.

Migrations des jeunes mâles

À l'âge de un an, le jeune chien de prairie peut tenter sa chance à l'extérieur, ou rester à l'intérieur du clan. S'il s'en va, il part en général s'installer en périphérie. Parfois, il s'établit seul ; ainsi isolé, il devient une proie facile pour les prédateurs.

S'il quitte le clan, il doit lutter pour conquérir de nouveaux territoires à la périphérie et tester sans cesse la résistance des mâles des clans voisins pour l'agrandir. Vainqueur, il chasse ces derniers et s'installe à leur place en mâle dominant. Il peut alors attirer sur son territoire agrandi de jeunes femelles ou des femelles adultes ayant quitté leur clan après la naissance des jeunes de l'année. Dès le deuxième printemps, le jeune mâle peut s'accoupler avec les femelles de son clan.

La dispersion hors du clan permet le brassage des gènes à l'intérieur d'une ville. Mais les migrations des individus entre les villes, qui sont surtout le fait des mâles durant leur première année, favorisent plus encore la diversification génétique.

Feuilles ou graines toute l'année et à tous les repas

L'importance des concentrations de chiens de prairie et la sécurité fournie par l'ensemble de la communauté rendent plus facile la récolte de la nourriture de ces animaux, presque exclusivement herbivores.

Les graminées constituent l'essentiel du régime alimentaire des chiens de prairie à queue noire, soit 70,9 % selon une étude menée dans le Dakota du Sud. L'agropyre de l'Ouest (Agropyron smithii), le buchloé faux-dactyle ou « herbe aux bisons » (Buchloe dactyloides) et Bouteloua gracilis sont parmi les plus recherchées. Les chiens de prairie complètent leur menu avec diverses autres plantes  (jusqu'à 50 espèces différentes), dont ils mangent aussi bien les racines et les tiges que les feuilles et les graines. Dans cette végétation plutôt variée, l'animal trouve le minimum d'eau qui lui est nécessaire.

Feuilles et graines ne sont pas arrachées mais cueillies à l'aide du museau et, au besoin, des pattes de devant.

Seule exception à ce régime herbivore, les insectes, qui constituent une ressource très marginale et occasionnelle, et représentent moins de 1 % de la consommation des chiens de prairie.

Des variations saisonnières

Tandis que, au printemps et à l'automne, les chiens de prairie se nourrissent surtout d'herbes mortes et de graines, l'été, lorsque la végétation est abondante, ils consomment plutôt des herbes et des forbs (plantes non graminées). Ces variations correspondent aussi à l'évolution des besoins. Au printemps, en effet, la reproduction, la défense du territoire et la lactation exigent une énergie que les graines peuvent leur fournir. L'été, quand les ressources en graines sont épuisées, les chiens de prairie n'ont que l'embarras du choix parmi toute une variété de plantes. En automne, ils doivent se nourrir de graines riches en graisse en prévision de l'hiver.

Dans le Dakota du Sud, en janvier et en février, la plante la plus consommée est un opuntia, Opuntia polyacantha, qui contient de l'acide oxalique, toxique pour la plupart des herbivores. Le chien de prairie semble s'y être adapté.

4. Pour tout savoir sur le chien de prairie

Chien de prairie à queue noire (Cynomys ludovicianus)

Le chien de prairie ressemble à un petit écureuil de 38 cm de long à queue courte (environ 8 cm), qu'il relève verticalement dans un mouvement quasi automatique et assez régulier.

Mâles et femelles pèsent entre 900 et 1 400 g et sont très semblables morphologiquement. Bas sur pattes, l'animal a l'allure générale d'une grosse marmotte et la morphologie d'un animal fouisseur avec ses longues griffes acérées et sa tête aux oreilles petites et presque glabres, bien adaptées à la circulation dans les galeries de ses terriers. Toutefois, l'ouïe est assez développée chez cette espèce grâce à la conformation des bulles tympaniques du crâne.

Les yeux du chien de prairie étant placés très haut, il suffit à l'animal de pointer le museau à l'extérieur du terrier, le corps bien protégé à l'intérieur, pour en surveiller les environs. Sa vue est d'ailleurs excellente. Grâce à une particularité de toute la surface de sa rétine, dont le pouvoir séparateur égale celui de la fovéa (point d'acuité maximale) des mammifères, il est capable de détecter rapidement un objet sans avoir besoin de le fixer pour le voir.

Autre caractéristique des chiens de prairie, et des sciuridés en général, le toucher est un sens assez développé ; la langue et les poils des pattes antérieures notamment semblent équipés de terminaisons nerveuses très sensibles.

Le pelage, assez long et doux, est brun foncé sur le dos, mais varie selon les individus. Il est plus clair sur le ventre. La longueur de pelage noir sur la queue est le principal signe distinctif de l'espèce par rapport au chien de prairie du Mexique, Cynomys mexicanus, qui a aussi la queue noire. Chez Cynomys ludovicianus, seule l'extrémité est noire ; chez Cynomys mexicanus, le pelage noir couvre la plupart de la moitié distale de la queue. Le pelage du corps mue deux fois par an, celui de la queue n'est remplacé qu'une seule fois dans l'année.

Comme les spermophiles et les marmottes, le chien de prairie possède des glandes odoriférantes au niveau de la bouche et de l'anus. Les sécrétions des glandes orales, situées juste en arrière des coins de la bouche, sont déposées passivement au cours des activités journalières de l'animal. Ces glandes jouent un rôle, surtout entre animaux dominants, lors des cérémonials de reconnaissance. Le chien de prairie à queue noire pratique peu le marquage du territoire ; celui-ci s'effectue par frottement de la glande anale, surtout lors de la reproduction chez le chien de prairie de Gunnison, Cynomys gunnisoni. Enfin, les chiens de prairie ne possèdent pas de glande dorsale.

L'estomac est simple et le cæcum relativement court, le gros intestin est plus court que chez les marmottes. Il existe quatre paires de mamelles chez la femelle et un os pénien chez le mâle.

Le rythme de vie du chien de prairie à queue noire est ralenti en hiver, l'animal sortant alors moins souvent en surface. En cette saison, la température corporelle du chien de prairie s'abaisse de 2,8 °C, ce qui lui permet d'économiser de l'énergie métabolisable (étant donné qu'une diminution de 1 à 2 °C de la température interne économise de 7 à 15 % de cette énergie). En janvier, la température corporelle du chien de prairie est inférieure de 3 °C à celle d'août ; ses dépenses énergétiques diminuent alors de 28 %. De plus, la faible température interne du chien de prairie en cette saison réduit la quantité d'eau (vapeur d'eau) expirée. Le chien de prairie ne stocke pas de nourriture en prévision des grands froids. Ne transportant pas de nourriture, il ne possède pas de larges abajoues.

CHIEN DE PRAIRIE À QUEUE NOIRE

Nom (genre, espèce) :

Cynomys ludovicianus

Famille :

Sciuridés

Ordre :

Rongeurs

Classe :

Mammifères

Identification :

Écureuil à queue courte et court sur pattes, dos marron foncé, ventre blanc ou jaune clair, tiers terminal de la queue noir, 4 paires de mamelles

Taille :

38,15 cm, dont queue de 8,38 cm

Poids :

Entre 900 et 1 400 g

Répartition :

Grandes plaines nord-américaines ; depuis le Montana et le sud de la Saskatchewan jusqu'à l'extrême nord du Mexique

Habitat :

Prairie

Régime alimentaire :

Graminées

Structure sociale :

Larges colonies (ou « villes ») divisées en clans

Maturité sexuelle :

deux ans

Saison de reproduction :

Fin de l'hiver ou début du printemps

Durée de gestation :

De 28 à 32 jours

Nombre de jeunes par portée :

De 2 à 10 petits ; en moyenne entre 3 et 5

Longévité :

8,5 ans en captivité

Effectifs, tendance :

En baisse

Statut :

Protégé dans les parcs nationaux

 

Signes particuliers

Glandes

Les deux glandes orales, en arrière des coins de la bouche, possèdent un canal excréteur qui ouvre directement à la surface de la peau ou se termine dans un follicule pileux. La glande anale, d'ordinaire invisible, est formée de trois lobes situés dans la paroi du canal anal. Lorsque l'animal est effrayé, elle s'évagine et apparaît aux marges de l'anus, sous la forme de trois petites papilles.

Pattes

Les pattes antérieures sont munies de quatre doigts et les pattes postérieures de cinq doigts. À toutes les pattes, les pouces sont pourvus d'une griffe très longue. Les autres doigts sont terminés par des griffes plus courtes mais acérées. Comme chez la plupart des plantigrades (animaux marchant sur la plante des pieds), les paumes des mains et les plantes des pieds sont pourvues de pelotes.

Crâne

Comme les autres sciuridés, le chien de prairie est, parmi les rongeurs actuels, celui qui a le mieux conservé ses caractères primitifs. Son crâne est caractérisé par un front élargi, une voûte palatine large et osseuse, des mâchoires inférieures assez hautes et des bulles tympaniques grandes et osseuses. Les abajoues sont atrophiées, le palais possède de nombreux replis à bords très nets, et la langue présente de larges papilles. Les deux demi-mandibules (mâchoire inférieure) sont très mobiles et se déplacent légèrement et verticalement l'une par rapport à l'autre. Les 22 dents sont celles d'un mangeur d'herbe, avec des incisives rongeuses en biseau, pas de canines et des molaires aux couronnes hautes pour broyer graminées et racines. La formule dentaire adulte est, par demi-mâchoire : I : 1/1 ; C : 0/0 ; PM : 2/1 ; M : 3/3.

Les autres chiens de prairie

Les cinq espèces de chiens de prairie se ressemblent beaucoup, avec le dos gris-jaune ou marron foncé à noir et le ventre plus clair. Elles se répartissent en deux sous-genres. Le premier sous-genre, Cynomys, regroupe les deux espèces dont une partie de la queue est noire, Cynomys ludovicianus et C. mexicanus ; le second sous-genre, Leucocrossuromys, réunit les trois autres espèces du genre Cynomys, dont la partie distale de la queue est blanche. Toutes trois ont une queue plus courte et dix mamelles. Les cinq espèces, considérées comme nuisibles à l'agriculture, ont été systématiquement massacrées depuis l'arrivée des premiers pionniers en Amérique.

Chien de prairie du Mexique (Cynomys mexicanus)

Identification : de 38,5 à 44 cm de long, dont queue assez longue de 8 à 11,5 cm, pour un poids moyen de 1 200 g (mâles) à 910 g (femelles, un peu plus petites). Moitié distale de la queue, noire ; 20 dents ; huit mamelles chez la femelle ; deux (et peut-être trois) mues annuelles complètes.

Répartition : endémique au Mexique.

Comportement : la plupart des colonies ont moins de 50 animaux adultes, certaines en réunissent plusieurs centaines. Pas d'hibernation.

Alimentation : herbivore.

Reproduction : depuis la fin de l'hiver jusqu'à l'été ; une portée par an de quatre à six petits en moyenne. Sevrage entre 41 et 50 jours ; taille adulte atteinte vers quatre ou cinq mois.

Statut : espèce en danger et protégée (Annexe I de la Convention de Washington : interdiction totale de commerce).

Chien de prairie de l'Utah (Cynomys parvidens)

Identification : le plus petit du genre ; 33,8 cm de long (mâles), dont queue de 3 à 5,7 cm. Pelage brun uniforme, excepté la queue à terminaison blanche ; « sourcils » noirs très marqués ; deux mues complètes par an ; dix mamelles chez la femelle.

Répartition : limitée au sud de l'Utah.

Comportement : colonies de 2,5 à 74 chiens par hectare ; diurne. Les mâles adultes rentrent au terrier entre juillet et septembre, les femelles, quelques semaines plus tard ; les jeunes restent dehors jusqu'en octobre.

Alimentation : luzerne et graminées principalement ; fleurs, graines et jeunes feuilles de préférence ; parfois végétaux morts et fèces de bétail.

Reproduction : une portée de deux à huit petits par an, au début du printemps ; gestation de 30 jours. Maturité sexuelle à un an.

Statut : espèce en danger.

Chien de prairie à queue blanche (Cynomys leucurus)

Identification : de 34 à 37 cm de long, queue courte de 4 à 6,5 cm. Moitié distale de la queue blanche. Milieu du dos jaune ou beige, petite tache marron foncé ou noire au-dessus des yeux et une autre plus grande sur les joues. Dix mamelles chez la femelle.

Répartition : portions du Colorado, de l'Utah, du Wyoming et du Montana.

Comportement : pas d'organisation sociale complexe, la seule unité sociale fonctionnelle est celle, transitoire, qui lie la femelle en lactation à ses jeunes. Hibernation de la fin de l'automne à la fin de l'hiver, pas de stock de nourriture.

Alimentation : herbivore.

Reproduction : accouplement fin mars-début avril. Gestation : 30 jours ; mises-bas fin avril ou début mai de cinq ou six petits en moyenne par portée.

Statut, effectifs : préoccupation mineure, mais effectifs en baisse.

Chien de prairie de Gunnison (Cynomys gunnisoni)

Identification : de 30,9 à 37,3 cm, pour un poids de 650 à 1 200 g (mâles en général plus grands que les femelles). Queue courte de 3,9 à 6,8 cm, moins de 1/5 de la longueur totale du corps. Sommet de la tête, joues et zone au-dessus des yeux plus sombres que le reste du pelage ; moitié distale de la queue plutôt grise que réellement blanche. Dix mamelles chez la femelle. Deux mues annuelles, sauf pour la queue (une seule mue). Cris d'alarme caractéristiques.

Répartition : sud des montagnes Rocheuses.

Comportement : petites colonies (souvent moins de 50 individus). Organisation sociale et structure des terriers proches de celles des écureuils terrestres, territorialité moins prononcée. Entrées de terriers sans cratère, plutôt sur une pente ; galeries latérales débouchant près de la surface, non à l'air libre (poches d'air pour respirer si le terrier est inondé). Animal diurne, actif surtout tôt le matin et tard le soir.

Alimentation : herbivore.

Reproduction : accouplement en mars ; gestation de 30 jours ; mise-bas au début de mai ; une portée par an de 3 jeunes ; sevrage fin juin. Les femelles se reproduisent à un an.

Statut, effectifs : espèce protégée ; préoccupation mineure, mais effectifs en baisse.

Milieu naturel et écologie

Les grandes plaines nord-américaines connaissent de grands écarts climatiques – des hivers rigoureux du Dakota du Nord à la chaleur torride des étés texans. Ce n'est en fait nullement la température qui est déterminante pour la présence des chiens de prairie, mais l'abondance des pluies. L'aire de répartition du chien de prairie à queue noire, Cynomys Ludovicianus, est bien arrosée, avec 510 mm de pluie par an, une quantité favorable à la croissance des graminées. Elle couvre les grandes plaines du Montana et du sud de la Saskatchewan jusqu'à l'extrême nord du Mexique, tandis que la répartition du chien de prairie de Gunnison, Cynomys Gunnisoni, est limitée aux vallées de haute montagne et aux plateaux du sud des montagnes Rocheuses – soit entre 1 830 et 3 660 m – dans les régions frontalières de quatre États, l'Utah, le Colorado, le Nouveau-Mexique et l'Arizona. Quant au chien de prairie à queue blanche, Cynomys leucurus, on le trouve dans une zone qui chevauche les États du Colorado, de l'Utah, du Wyoming et du Montana.

Le chien de prairie du Mexique, Cynomys mexicanus, est, de tous, celui qui a la plus petite répartition actuelle. Celle-ci s'étend sur une bande de moins de 600 km2, entre 1 600 et 2 200 m d'altitude, au Mexique. Elle est située dans les États de Coahuila, Nuevo Leon, Zacatecas et San Luis Potosi. Elle est de plus en plus fragmentée, et les zones d'occupation par ce chien de prairie est en diminution.

Le chien de prairie à queue blanche et le chien de prairie de Gunnison hibernent : ils ont, pendant l'hiver, une période d'inactivité durant laquelle ils vivent dans leur terrier sur leurs réserves de graisse corporelle. Le chien de prairie à queue noire est quant à lui un « hibernant facultatif » : ils n'hibernent que lors des hivers très rigoureux.

On accuse souvent les chiens de prairie d'être beaucoup trop prolifiques et d'entraîner, de ce fait, de véritables dévastations. En fait, l'espèce ne prolifère que dans un milieu déjà dégradé par le bétail. L'excès des effectifs ne serait donc pas la cause, mais la conséquence de la détérioration de l'habitat…

Conflits territoriaux

Les conflits entre animaux de clans différents se produisent la plupart du temps aux frontières, quand un chien de prairie pénètre en territoire étranger. Il le fait parfois sans s'en apercevoir, mais souvent à dessein, tantôt pour une simple exploration si une parcelle n'est pas gardée, par exemple, tantôt dans un but de conquête. Dans le second cas, si l'envahisseur est prêt à se battre pour acquérir une portion de territoire, il lui arrive de rester plusieurs jours, voire plusieurs semaines à la frontière, reniflant les terriers et testant la vigilance des membres de l'autre clan. Tout s'achève sur un affrontement entre l'intrus et le mâle dominant du territoire convoité.

Des prédateurs très divers

Les habitudes alimentaires des chiens de prairie éliminent les plantes trop hautes, ce qui a l'avantage non seulement de favoriser les herbes à croissance rapide, riches en fruits, en graines et en eau, mais aussi d'offrir peu de cachettes aux éventuels intrus.

Les prédateurs sont loin d'être éliminés pour autant. L'un des plus redoutables est le blaireau d'Amérique (Taxidea taxus), capable de creuser très rapidement et de faire irruption dans les terriers pas assez profonds. Mais, dans ce cas, le chien de prairie contre-attaque à coups de dents.

L'espèce est également la cible de certains rapaces comme l'aigle royal, le faucon des prairies ou les buses, ainsi que de mammifères agressifs – coyotes, renards, lynx – et des serpents, en particulier les crotales, ou serpents à sonnette. Les combats livrés par ces derniers avec les chiens de prairie ne s'achèvent pas toujours par la victoire du serpent : il arrive que le rongeur tue le reptile, ou que les deux adversaires périssent en même temps...

Le principal prédateur du chien de prairie, et le plus fréquent, était autrefois le furet à pieds noirs (Mustela nigripes), dont la répartition était alors presque identique à celle de ces rongeurs. Mais les chiens de prairie ont été massacrés, notamment par empoisonnement, en raison de leur présence indésirable dans les champs cultivés. Privés de leurs principales proies – et par ailleurs affectés par une maladie introduite –, les furets à pieds noirs ont peu à peu disparu et, aujourd'hui, l'espèce est en danger.

Enfin, au nord de son aire de répartition, le chien de prairie de l'Utah, Cynomys Parvidens, entre en compétition avec l'écureuil terrestre, Spermophilus armatus.

En revanche, Cynomys ludovicianus cohabite sans problème avec la souris Peromyscus, le lapin Sylvilagus ou l'écureuil, qui peuvent occuper momentanément un de ses terriers délaissés.

Une cohabitation difficile avec la chouette

Vivant en colonies de 10 à 12 couples, les chouettes des terriers (Athene cunicularia) poussent, face à une agression, des cris assimilables au grelot du crotale et font fuir n'importe quel assaillant. Ce qui n'empêche pas les chiens de prairie de déguster volontiers leurs œufs : les chouettes femelles déposent de 6 à 11 œufs dans des nids situés à l'extrémité de couloirs souterrains… qu'empruntent aussi les chiens de prairie. L'incubation durant un mois, les rongeurs peuvent venir en toute tranquillité piller les nids et voler ces œufs, ou même les poussins pendant les courtes absences de la mère.

Mi-hôtes, mi-intrus : les antilopes et les bisons

Des antilopes antilocapres, ou pronghorns (Antilocapra americana), passent parfois une journée entière dans une ville  de chiens de prairie. À leur apparition, ceux-ci s'empressent d'aboyer et se dissimulent dans leurs terriers, puis ils s'habituent à la présence de leurs hôtes et viennent même se nourrir à moins de un mètre d'eux.

Plus destructeurs, les bisons (Bison bison), qui sont aussi des visiteurs occasionnels, bouleversent les cratères d'entrée des terriers de leurs cornes et se roulent dans la terre comme pour prendre un bain de poussière. Les chiens de prairie se comportent vis-à-vis d'eux comme avec les antilopes et réparent les dégâts aussitôt que leurs adversaires sont partis. Parfois même, ils finissent, de guerre lasse, par abandonner aux bisons un terrier que ceux-ci ont trop systématiquement détruit.

Une étude a mis en évidence les corrélations existant entre les chiens de prairie, les bisons et les antilocapres.

Les bisons se plaisent dans la périphérie des villes des chiens de prairie, et leur rendent d'ailleurs partiellement service par leur pâture. Lorsque les antilocapres exploitent le centre des villes des chiens de prairie, on observe une certaine neutralité entre les deux espèces : l'expérience montre pourtant que si les rongeurs s'accoutument aisément à la présence temporaire des antilopes, celles-ci supportent assez mal la cohabitation.

Des maladies souvent mortelles

Deux zoonoses (c'est-à-dire des maladies capables de se transmettre des animaux aux hommes, et parfois vice versa) peuvent décimer les villes des chiens de prairie : la peste et la tularémie.

La peste frappe le chien de prairie comme l'homme. Tous deux sont contaminés par la même bactérie, Yersinia pestis, véhiculée par une puce différente. Chez l'homme, il s'agit de Xenopsylla cheopis (la puce du rat), qui provient d'un rat lui-même infecté ; chez le chien de prairie, c'est la puce de ce dernier. Le bacille se conserve et se multiplie dans le sol, et c'est en grattant la terre que les premiers chiens de prairie sont contaminés. Toutefois, comme pour les hommes, l'infection se propage d'un animal à l'autre par les puces. Lorsque les rongeurs sont atteints par une forme aiguë de la maladie, ils ont des bubons (ganglions hypertrophiés). Mais, qu'il s'agisse d'une peste aiguë ou d'une peste chronique, la mortalité due à ce fléau est importante. Dans le Wyoming, une colonie de chien de prairie à queue blanche a été décimée à 86 %.

Quant à la tularémie, elle est due à la bactérie Francisella tularensis, qui n'affecte pas seulement les rongeurs, mais aussi les lièvres et, plus rarement, l'homme. Le cycle de cette infection, complexe, passe par les tiques. La mortalité est toutefois moins importante que pour la peste.

5. Le chien de prairie et l'homme

Protégé pour sauver son ennemi

L'homme n'a cessé, dès l'apparition des premiers pionniers du Far West, de s'attaquer aux chiens de prairie. Sans s'en rendre compte, il a ainsi contribué à éliminer leur principal prédateur, le furet à pieds noirs. Depuis les années 1970 pourtant, les chercheurs s'intéressent à ces rongeurs, et des efforts considérables sont faits pour leur permettre de survivre.

Les effets désastreux de la colonisation

La conquête de l'Ouest a en un premier temps favorisé, à la fin du xixe siècle, le développement des différentes espèces du genre Cynomys, les pionniers s'en prenant à leurs prédateurs naturels ou à leurs concurrents à queue courte : c'est ainsi que les effectifs initiaux, au xixe siècle, ont pu être estimés à 100 millions d'animaux répartis sur 1 000 km2. Mais, au début du xxe siècle, les chiens de prairie furent considérés comme de redoutables dévastateurs : pour se nourrir, ne détruisaient-ils pas des cultures comme la luzerne, les pommes de terre, le maïs, le sorgho, le blé, ainsi que les écorces des arbres fruitiers et les pâturages ? Aussi furent-ils l'objet de campagnes publiques d'empoisonnement. Au Texas, les populations du chien de prairie à queue noire passèrent ainsi de 800 millions environ en 1905, à 2 250 000 en 1977. Les surfaces couvertes par l'espèce ont également diminué, passant de 750 000 ha à 15 000 ha au Kansas, et de 750 000 ha à 24 000 ha au Dakota du Sud.

Les autres espèces ont subi la même évolution.

Protégés pour sauver son principal prédateur

Petit mustélidé du groupe des putois, le furet à pieds noirs, Mustela nigripes, vit dans les terriers abandonnés des chiens de prairie, sa proie de prédilection. Ces derniers ont profité indirectement des mesures mises en place pour sauver son ennemi, devenu rarissime et sur le point de disparaître complètement à la fin des années 1980 (en 1996, l'espèce a été classée « éteinte dans la nature » par l'UICN [Union internationale pour la conservation de la nature] : les seuls individus connus vivaient en captivité). Les efforts mis en œuvre pour sauver cette espèce en grand danger n'ont eu d'égal que ceux entrepris pour empêcher l'extinction totale d'un rapace américain, le condor de Californie.

Pour sauver le furet à pieds noirs, il a tout d'abord été tenté d'accroître les populations de chiens de prairie à queue noire, qui avaient été décimées par les empoisonnements, et, par des lâchers d'animaux, tenter de recréer des villes dans des régions d'où l'espèce avait disparu. Or, rien n'est plus difficile que de réussir des lâchers d'animaux dans leur milieu naturel. Les premières actions remontent aux années 1970. De 1972 à 1979, un gros effort fut fait pour transférer 4 765 chiens de prairie de terres privées, où ils étaient considérés comme nuisibles, vers d'autres terres placées sous le contrôle des autorités, où les animaux étaient protégés. Ces premiers transferts se heurtèrent à toutes sortes d'obstacles tels que la prédation importante des blaireaux sur les chiens de prairie et les désertions des rongeurs eux-mêmes, qui quittaient leurs colonies ou ne s'adaptaient pas à leurs nouveaux sites et à la végétation de ceux-ci. Par la suite, on a tenu compte de toutes ces difficultés et le taux de réussites a progressé, mais les premiers lâchers de chiens de prairie à queue noire dans le sud-est de l'Arizona, en 1972, furent un échec.

Les repérages effectués dans tout le Montana, entre 1984 et 1989, pour rechercher les derniers furets et trouver des sites propices à une éventuelle réintroduction de cet animal, ont permis de connaître les effectifs de chiens de prairie dans cette région. Sur 40 500 ha, on dénombra 700 colonies de rongeurs… et aucun furet. Le second temps du sauvetage du furet à pieds noirs à été la réintroduction dans la nature, à partir de 1991, de furets élevés en captivité depuis 1987. Entre 1991 et 2008, 2 000 furets à pieds noirs ont été relâchés dans 18 sites naturels, dans huit États américains (Dakota du Sud, Wyoming, Arizona, Colorado, Utah, Kansas, Montana, Nouveau-Mexique) et au Mexique.

Le furet à pieds noirs a été sauvé de l'extinction et ses effectifs sont aujourd'hui en hausse, mais il est toujours menacé. En 2008, seules trois des 18 populations réintroduites s'étaient bien implantées et étaient viables (deux dans le Dakota du Sud, une dans le Wyoming). À cette date, la population à l'état sauvage de furets à pieds noirs était estimée à environ 500 adultes reproducteurs (dont un peu moins de la moitié étaient des animaux nés dans la nature), pour un effectif total – incluant les jeunes de l'année – d'environ 1 000 animaux.

Le chien de prairie à queue noire est, quant à lui, protégé dans les parcs naturels ; même si ses effectifs sont en baisse, c'est en millions d'individus que se compte encore l'espèce.