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Poitou-Charentes

Poitou-Charentes, la Tremblade
Poitou-Charentes, la Tremblade

Région administrative de l'ouest de la France, formée de 4 départements : Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne.

  • Superficie : 25 810 km2
  • Population : 1 770 363 hab. (recensement de 2010)
  • Chef-lieu : Poitiers

Le milieu

Le climat

La Région Poitou-Charentes appartient dans son ensemble au domaine du climat océanique. La répartition des précipitations, dont les plus grosses quantités tombent à l'automne, y est très originale. La façade maritime charentaise et les îles, au ciel souvent lumineux (2 400 heures d'ensoleillement par an), reçoivent moins de 700 mm de pluies ; les précipitations augmentent vers l'intérieur, mais n'excèdent 800 mm que sur l'axe de hautes collines, qui se suit de la Vendée au Massif central, par Saint-Maixent-l'École, Melle, Ruffec et l'Angoumois (les pluies dépassent même 1 m sur les points les plus élevés de la Gâtine de Parthenay) : de l'ordre de 600 à 700 mm sont les chutes enregistrées dans la région de Poitiers et de Châtellerault. Ce climat très doux et même d'affinités méditerranéennes sur la côte (mimosas de Saint-Trojan-les-Bains à Oléron, chêne vert de Fouras) se teinte de traits continentaux vers l'intérieur : les hivers sont empreints d'une certaine rudesse sur les plateaux entre Niort et Poitiers, dans la région située au nord de Ruffec et sur les confins du Limousin à l'est de La Rochefoucauld.

Le relief et les cours d'eau

Relief et réseau hydrographique s'organisent en fonction du seuil du Poitou. De Saint-Maixent à Ruffec et à Confolens, celui-ci est un large ensellement de plateaux calcaires d'âge jurassique entre les avancées de terrains anciens du Massif armoricain (Gâtine vendéenne) au nord et du Massif central (Confolentais) au sud-est. Quelques reliefs ainsi que les cours d'eau s'y disposent selon les directions principales N.-O.-S.-E. (direction armoricaine) : ainsi le cours supérieur du Clain et de la Charente ou les collines de Montalembert au nord de Ruffec. Donnant des sols peu fertiles, ces reliefs portent des forêts et des landes (brandes), voire des cultures ou des prairies sur les argiles à châtaigniers de l'Ouest. Ces plateaux sont localement entaillés par les vallées peu encaissées des cours d'eau rejoignant au nord la Loire et au sud la Charente. Au nord, la Gartempe, la Vienne et le Clain enfoncent leurs vallées au milieu de plateaux le plus souvent monotones et recouverts de formations argileuses ou siliceuses du mésozoïque venues du Massif central ; un léger talus curviligne de Châtellerault à Neuville-de-Poitou et à Mirebeau souligne dans le nord de la Vienne l'extrême avancée des plateaux tourangeaux.

Bien plus variés sont les pays charentais. Dans les plaines de terrains calcaires plus tendres (crétacé), situées en avant des plateaux précédents, les formes de relief s'adoucissent. À l'est de la moyenne Charente, l'Angoumois un relief de cuestas domine par un coteau plus redressé et continu les plaines voisines, telles celles de Neuville et de Matha. Les rebords abrupts sont limités par des failles (forêt de la Braconne) et la circulation souterraine des eaux est active (karst de La Rochefoucauld avec les pertes du Bandiat et de la Tardoire). En Saintonge s'imbriquent étroitement des dépressions au modelé doux, évidées dans les calcaires (les campagnes) et des fragments de plateaux (les bois). Vers l'ouest, le relief s'adoucit pour former la basse plaine calcaire d'Aunis, qui domine elle-même de quelques mètres les formations alluviales des marais. Les marais se différencient selon qu'ils ont été drainés (marais dits « desséchés ») ou non (marais « mouillés »), et suivant leur état de culture ou d'abandon : marais mouillé à l'aspect bocager (à l'ouest de Niort, la « Venise verte »), marais desséché (région de Marans), marais gâts, qui sont d'anciens marais salants convertis en prairies. Au nord, le Marais poitevin accompagne la Sèvre Niortaise ; au sud sont les marais de Rochefort (sur la basse Charente), de Brouage, de la Seudre et une partie des marais girondins, au sud de Mortagne-sur-Gironde. Ayant souvent succédé à des marais salants, certains, près du rivage, ont été transformés en parcs à huîtres. Des forêts de pins couvrent de petits secteurs littoraux méridionaux (presqu'île d'Arvert) ou de l'intérieur (Double Saintongeaise). Les deux grandes îles, et Oléron, reliées au continent par un pont, se trouvent dans le prolongement des ondulations du relief des plaines charentaises, dont elles reprennent les principaux caractères, notamment les rivages dunaires et marécageux.

La Région s'étend par ailleurs sur l'extrémité occidentale du Limousin et sur le sud-est du Massif armoricain. Traversés par la profonde vallée de la Vienne, les plateaux du Confolentais prolongent vers l'est le pays calcaire de La Rochefoucauld. Au nord, la Gâtine de Parthenay domine de larges plateaux moins élevés, qui s'étendent entre Parthenay, Bressuire et Thouars.

Les hommes et les activités

La population

La population, qui s'était amenuisée du début du xxe s. (1 545 000 en 1911) à 1936 (1 291 000), a augmenté ensuite modérément, puis un peu plus rapidement. La région est relativement peu peuplée (densité voisine de 65 habitants par km2, guère supérieure à la moitié de la moyenne nationale). Le solde migratoire profite surtout à La Rochelle et à Poitiers.

L'agriculture

Les céréales couvrent environ 670 000 ha (dont une majeure partie en blé et en orge, le reste essentiellement en maïs). La vigne occupe plus de 110 000 ha, surtout dans la Charente et la Charente-Maritime, où une partie est destinée à la fabrication du cognac, et dans quelques secteurs donnant des vins de qualité supérieure (plaine de Neuville), exceptionnellement d'appellation d'origine contrôlée (AOC), comme au nord de la Vienne. Les herbages s'étendent sur 800 000 ha (dont plus de 70 % de prairies naturelles). On y élève plus de 1 million de bovins ; des moutons et des chèvres (fromage, dont le chabichou). L'élevage (bovins surtout) assure nettement plus de la moitié des revenus agricoles (mais sa part varie sensiblement d'une année à l'autre), alors que le cognac est la principale ressource de l'agriculture proprement dite (après une période de vieillissement dans les chais d'au moins trois ans, il est en majeure partie exporté dans le monde entier par les grandes maisons de négociants). Le pineau des Charentes est l'autre fleuron régional. Le tabac est présent dans quelques terroirs favorisés de la Vienne. La Région se situe aux premières places des producteurs français pour le blé, le tournesol, le tabac et les graines de plantes fourragères.

La pêche, à laquelle se livrent quelques ports du littoral, principalement celui de La Rochelle-La Pallice, ne connaît plus le même succès qu'autrefois. L'ostréiculture est toujours en plein essor dans le bassin de Marennes-Oléron, le premier de France pour les quantités expédiées. La mytiliculture prospère sur le littoral d'Aunis. L'aquaculture, avec l'élevage d'autres coquillages et de poissons, en est encore à ses débuts.

L'industrie

Le tiers des actifs travaille dans l'industrie. Si la présence de petits gisements de minerai de fer en Angoumois, de rivières aux eaux pures et de forêts avait suscité le développement de la métallurgie (Ruelle), la région a été ensuite handicapée par le manque d'énergie et de matières premières, avant de pouvoir recevoir l'électricité du Massif central et le gaz de Lacq. L'industrie s'est développée dans les ports ; elle a bénéficié de l'existence de produits agricoles à transformer (lait) et à conditionner (cognac), ainsi que des replis d'entreprises parisiennes à l'époque de la Première Guerre mondiale (à Angoulême, Niort, Rochefort, Saint-Jean-d'Angély), puis de la décentralisation industrielle dans les années 1950 et 1960 (région de Poitiers). Aussi cette industrie est-elle très variée et essentiellement de transformation : industries des matériaux de construction (briques, tuiles, produits réfractaires...), industrie du papier-carton, de l'imprimerie et de l'édition, quelques branches de la chimie (plasturgie, industrie du caoutchouc) et surtout industries mécaniques – allant de l'électrotechnique au matériel de transport (voitures de chemins de fer, TGV, pièces détachées pour automobiles, avions, bateaux de plaisance), en passant par des engins pour la défense nationale. D'anciennes industries ont dû se spécialiser pour survivre : la papeterie charentaise fournit aujourd'hui des papiers spéciaux, des scieries traitent des grumes importées pour en faire des panneaux de contreplaqués et d'agglomérés. Les usines les plus nombreuses et les plus importantes sont à Niort, dans les ports (La Rochelle en tête), dans l'agglomération d'Angoulême et entre Poitiers et Châtellerault.

Les activités tertiaires

Toutes ces villes sont davantage encore animées par les fonctions tertiaires (dont les assurances à Niort). Les transports s'ordonnent sur l'axe traditionnel (R.N. 10 et rail) Châtellerault-Poitiers-Angoulême-Bordeaux, sur l'autoroute Aquitaine, de Poitiers (Paris) à Bordeaux aussi, mais par Niort et Saintes.

L'urbanisation

L'urbanisation est modérée, les quatre chefs-lieux de département sont d'importance comparable. Poitiers et Niort bénéficient du passage de l'autoroute Aquitaine, qui évite Angoulême. La Rochelle domine un littoral associant pêche, ostréiculture et surtout tourisme estival.

Le tourisme

Le littoral (463 km de côtes) a suscité très tôt le développement d'un tourisme familial attirant les habitants des villes du Centre-Ouest et même de toute la France septentrionale dans quelques stations balnéaires agréablement aménagées telles que Royan. La Région essaie de développer un tourisme culturel à l'intérieur des terres avec la mise en valeur des monuments historiques (châteaux, églises romanes...) que l'on peut découvrir le long d'itinéraires jalonnés. Les villes les plus dynamiques (La Rochelle, Rochefort...) essaient de retenir ces mêmes touristes par l'organisation de manifestations diverses, parfois culturelles. Les vacanciers, dont beaucoup se dirigent plus au sud, ne font qu'une brève étape, à l'image de ceux venant visiter le Futuroscope à Poitiers (1 300 emplois directs et près de 15 000 induits sont concernés) – ils ont été 1,6 millions à faire le déplacement en 2007.