En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Jan Swammerdam

Naturaliste hollandais (Amsterdam 1637-Amsterdam 1680).

Le père de Jan Swammerdam est un pharmacien d'Amsterdam, collectionneur de curiosités naturelles. Très tôt, il se fait aider du jeune garçon pour classer et répertorier les découvertes qu'il range dans son « musée » personnel. En 1661, J. Swammerdam commence des études de médecine. Ses découvertes sur la respiration, sujet de sa thèse soutenue à l'université de Leyde en 1667, ont largement contribué à élargir les connaissances de ce phénomène. Il montre que les muscles, lors de la contraction, changent d'aspect mais non de taille, prouvant ainsi qu'aucun fluide ne pénètre dans le muscle qui se contracte, contrairement à la théorie du physicien grec classique Galien.

Pourtant, Swammerdam, qui n'exercera pas la médecine, s'oriente alors vers l'étude du monde microscopique.

En 1667, il vient travailler à Paris, où il commence à disséquer des animaux minuscules. Utilisant des canules en verre ultrafines pour explorer leurs organes creux, il obtient des résultats surprenants. Son Histoire générale des animalcules privés de sang, publiée en 1669 à son retour de Paris, est considérée à l'époque comme un ouvrage majeur.

Swammerdam est le premier à découvrir les « yeux composés » des mouches, cette « multitude prodigieuse de petits yeux ou de petits cristallins ». Il observe les galles qui se forment sur certaines espèces végétales comme le chêne ou l'ortie piquante, lorsque des insectes les piquent, et s'interroge : « Les plantes souffrent-elles de ces tumeurs infligées par les insectes ? »

Ses études et observations des métamorphoses des insectes sont particulièrement intéressantes. Il découvre ainsi que les 4 stigmates présents sur le thorax des chenilles donneront 4 ailes chez les papillons. Cette connaissance du développement des insectes le conduit à établir une nouvelle classification, qui se fonde sur l'aspect des larves (qu'il nomme « nymphes »), pour remplacer celle de Lesser basée sur le nombre de « pieds ». Il propose de ranger tous les insectes en quatre classes. La première regroupe ceux qui, au sortir de l'œuf, sont déjà très proches des adultes, et qu'il appelle les « nymphes animales » ; ce sont les limaçons, les vers de terre ou les sangsues. Dans la deuxième, celle des « nymphes vers », où figurent les grillons, les sauterelles ou les demoiselles, les nymphes – à pieds – croissent pendant un certain temps avant de quitter leur dépouille, sous laquelle les ailes sont cachées. La troisième classe réunit toutes les espèces dont les chenilles passent par le stade de chrysalide, comme les papillons.

Enfin, il place dans une quatrième classe tous les insectes dont l'aspect en fin de développement « approche souvent celui de l'œuf » (la pupe), comme les mouches à « nymphes vermiformes ». Cette classification préfigure le classement actuel des insectes.

En 1672, Swammerdam et R. De Graaf découvrent la présence de follicules ovariens chez les mammifères, mais la communauté scientifique crédite seul De Graaf pour cette découverte. Cette non-reconnaissance de son travail, alliée à des difficultés matérielles croissantes, assombrit les dernières années de la vie de Swammerdam qui, peu à peu, sombre dans la folie et détruit certains de ses manuscrits.

Travailleur acharné, Swammerdam a réalisé une multitude de travaux durant sa courte vie. La plupart de ceux-ci ont été réunis et publiés après sa mort sous le titre Biblia naturae (Leyde, 1737-1738), ouvrage qui constitue l'une des meilleures compilations d'observations au microscope.

Abeilles et guêpes

Abeilles et guêpes



Swammerdam commence sa carrière en étudiant les abeilles. Émerveillé par leur travail prodigieux, il dénombre 22 564 cellules construites pendant les 4 mois d'été par un essaim. Il décrit avec précision l'aiguillon des guêpes et des abeilles et la fine rainure le long de laquelle le venin s'écoule, concluant que la piqûre de guêpe est plus dangereuse parce que le réservoir à venin de celle-ci est plus important.

Intrigué par le rôle que joue la reine dans la cohésion de la ruche, il reproduit l'expérience de Warder, qui a mis en évidence cette attirance sans pouvoir en déceler l'origine. Comme lui, l'entomologiste hollandais isole une reine dans une boîte hermétique, puis la libère et observe que les abeilles, qui semblaient perdues, se regroupent immédiatement autour d'elle. Mais Swammerdam ne sait pas plus expliquer la cause de cette attirance que son collègue.