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Hosni Moubarak ou Husni Mubarak

Après la chute de Moubarak, septembre 2011
Après la chute de Moubarak, septembre 2011

Homme d'État égyptien (Kafr al-Musilha, province de Ménoufièh, 1928).

Fils d'un petit fonctionnaire du ministère de la Justice, il entre à l'Académie militaire au sortir du lycée et choisit l'Académie de l'Armée de l'air (1950) au sein de laquelle il gravit tous les échelons jusqu'à atteindre celui de chef d'état-major (1969) puis de commandant en chef (1972). Directeur de l'Académie de l'armée de l'air puis commandant général de cette arme et ministre des Affaires militaires (1973), il réorganise l'aviation égyptienne qu'il commande lorsque l'Égypte attaque le front israélien du canal de Suez. Son rôle dans la guerre du Kippour (octobre 1973) lui vaut d'être promu par Anouar el-Sadate vice-président (avril 1975), puis, en 1978, vice-président du parti national démocratique (PND).

1. L'accession au pouvoir

Le lendemain de l'assassinat d'Anouar el-Sadate (6 octobre 1981) par des militaires islamisants opposés aux accords de Camp David signés en 1979, H. Moubarak prend le contrôle du pays conformément à la Constitution. Son élection à la présidence de la République par l'Assemblée du peuple le 13 octobre est entérinée par le référendum qui le plébiscite le même jour avec 98,4 % de « oui ». Il sera reconduit à la tête de l'État égyptien en 1987, 1993, 1999 et, lors de la première élection présidentielle pluraliste au suffrage universel, en 2005.

Homme discret, n'incarnant aucune idéologie particulière, il réussit, dès les premières années de son règne, à maintenir l'Égypte dans une certaine stabilité en atténuant les tensions internes et en restaurant sa place dans la communauté arabe dont elle a été exclue à la suite du traité de paix israélo-égyptien.

2. Le rapprochement avec les États-Unis

Assumant l'héritage diplomatique de Sadate et notamment du traité de paix avec Israël, il négocie avec Ménahem Begin et obtient la restitution de l'ensemble du Sinaï à la date prévue (avril 1982), tandis que l'enclave de Taba ne sera évacuée par les Israéliens qu'en mars 1989. Il condamne l'invasion du Liban par Israël (juin 1982), et soutient la cause palestinienne en accueillant Yasir Arafat au Caire (décembre 1983).

De même, il rétablit les relations diplomatiques de l'Égypte avec la Jordanie (septembre 1984) et soutient militairement l'Iraq alors en guerre contre l'Iran (visite à Bagdad en mars 1985). Cette volonté de rapprochement aves les États arabes lui permet d'obtenir la réintégration de l'Égypte au sein de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) en 1984, puis au sein de la Ligue arabe au sommet extraordinaire de Casablanca (mai 1989).

L'invasion du Koweit par l'Iraq (août 1990) marque cependant un tournant décisif dans sa politique étrangère ; en dépit des appels à la solidarité prônée par les États de la Ligue arabe, le raïs répond favorablement à la demande américaine de participer à la coalition anti-irakienne et envoie 35 000 soldats dans le Golfe.

Depuis, par son influence croissante sur la politique régionale interarabe et grâce aux rapports de confiance qu'il entretient avec les États-Unis et Israël, Hosni Mourabak joue un rôle actif dans le processus de paix israélo-palestinien engagé en 1993 (→ accord de Washington ou d'Oslo), accueillant notamment les pourparlers entre les différentes parties : sommet du Caire (février 1995), accord israélo-palestinien de Taba (septembre), accord de Charm el-Cheikh (ou Wye River II, septembre 1999). Toutefois, animé d'un sentiment de haine à l'encontre de l'islamisme, il n'hésite pas à aider Israël à maintenir un blocus dévastateur sur la population de Gaza sous le contrôle du Hamas depuis la mi-juin 2007.

3. Un régime de plus en plus discrédité

À l'intérieur, le raïs tente au cours des dix premières années de se forger une légitimité sur les principes de la modération et de la démocratisation. Sans remettre en cause la politique d'ouverture (infitah) de son prédécesseur, il poursuit les réformes et engage un processus de privatisation et de désengagement progressif de l'État au prix de lourds sacrifices sociaux dans un contexte de forte pression démographique. S'il inaugure son mandat en faisant libérer des centaines de détenus laïques et islamistes, il redoute avant tout la mobilisation politique des islamistes et prolonge annuellement l'état d'urgence décrété en 1981 au moment de l'assassinat de Sadate. En 1985, il place les mosquées et les lieux de prière sous le contrôle du ministère des waqf et cède aux islamistes modérés la gestion de la société en échange de leur renoncement à briguer le pouvoir politique.

Toutefois dans les années 1990, alors que le territoire est la cible de plusieurs attentats terroristes – dont l'attentat de Louxor (novembre 1997) constitue le paroxysme de la confrontation entre le pouvoir et les islamistes radicaux –, Hosni Moubarak renforce le système sécuritaire, multiplie les vagues d’arrestations et de répression n’hésitant pas à recourir à la torture et aux exécutions. La lutte contre le radicalisme religieux lui sert rapidement de prétexte pour verrouiller l’ensemble du système politique, en interdisant la formation de partis politiques sur une base confessionnelle. En 2002, il propulse à la tête des instances du PND son fils Gamal dans le dessein d'en faire son héritier putatif, et en 2005, il fait emprisonner Ayman Nour, l'opposant qui ose le défier dans les urnes. Confronté au mécontentement croissant des Égyptiens, il fait réprimer dans le sang les grèves massives de l'industrie textile et des cimenteries de Mahalla en avril 2008.

4. La chute

En janvier-février 2011, dans le sillage de la révolution tunisienne, la population égyptienne se soulève à son tour et exige son départ. Après avoir tenté en vain de reprendre le contrôle de la situation et de se maintenir à son poste jusqu’à la prochaine élection présidentielle prévue en septembre, le raïs cède le pouvoir le 11 février au Conseil suprême des forces armées, chargé de préparer la transition démocratique du pays.

Placé en détention, Hosni Moubarak, malade, comparaît à partir du mois d’août 2011 – ainsi que ses deux fils et plusieurs hauts responsables dont le ministre de l’Intérieur –, devant la cour d’assises du Caire pour sa responsabilité dans la répression du soulèvement, corruption et détournement de fonds publics. Placé en résidence surveillée dans un hôpital militaire (août 2013), il est blanchi de l’accusation de complicité de meurtre de manifestants durant le soulèvement de 2011 (novembre 2014).

Pour en savoir plus, voir l'article Égypte : vie politique depuis 1952.