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René Nicolas Charles Augustin de Maupeou

René Nicolas de Maupeou
René Nicolas de Maupeou

Chancelier de France (Montpellier 1714-Le Thuit, Eure, 1792).

1. Le défenseur farouche de l'autorité royale

Fils aîné de René Charles de Maupeou, premier président du parlement de Paris (1743-1757), puis chancelier de France (15-16 septembre1768), il est apparenté à la plupart des grandes familles de robe. Conseiller (1733) puis président à mortier au parlement de Paris (1737), il devient premier président de ce parlement en 1763. D'une haute compétence et énergique, Maupeou est très attaché, bien que magistrat, à l'autorité royale. On lui attribue la rédaction du discours que Louis XV prononce le 3 mars 1766 en lit de justice, lors de la séance de la Flagellation, et dans lequel le roi fustige le parlement. Protégé par Mme du Barry, il est nommé chancelier de France (18 septembre 1768) par Louis XV décidé à briser l'opposition parlementaire après l'affaire de Bretagne (→ La Chalotais). Le 22 décembre 1769, Maupeou fait nommer l'abbé Terray contrôleur général des Finances. Opposé à la politique extérieure de Choiseul, auquel il reproche, en outre, ses complaisances envers les magistrats, il contribue à la disgrâce du ministre (24 décembre 1770). Le 6 juin 1771, il s'adjoint aux Affaires étrangères le duc d'Aiguillon, formant avec ce dernier et Terray un triumvirat antiparlementaire.

2. Le réformateur

Avec Louis XV, Maupeou va réaliser un essai de despotisme éclairé et modernisateur : le parlement de Paris s'opposant aux mesures financières de Terray, le chancelier fait rendre l'édit du 28 novembre 1770, qui condamne l'unité de corps des parlements ; le parlement ayant riposté par la grève au lit de justice du 7 décembre, au cours duquel Louis XV impose l'enregistrement de cet édit, Maupeou exile les parlementaires récalcitrants (nuit du 19 au 20 janvier 1771), puis entame une profonde réforme judiciaire par l'édit du 23 février 1771 : il abolit la vénalité des charges, rend la justice gratuite en supprimant les épices, subdivise le parlement de Paris en cinq conseils supérieurs à Blois, Châlons, Clermont-Ferrand, Lyon et Poitiers, et crée un nouveau parlement de Paris formé de juges appointés, révocables et recrutés dans les cours souveraines abolies (Cour des aides, Grand Conseil). Malgré le discrédit jeté par la noblesse et les salons sur le « parlement Maupeou » et les pamphlets contre le chancelier, la réforme est acceptée par l'opinion, et les nouveaux tribunaux fonctionnent au mieux des intérêts de tous.

Mais l'œuvre de Maupeou est détruite par Louis XVI, qui, en rappelant les anciens parlements (12novembre 1774), restaure la noblesse de robe et se remet sous la tutelle de son droit de remontrances. Disgracié par le roi (24 août 1774), Maupeou se retire.

Pour en savoir plus, voir les articles le parlement français au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, Louis XV.