Sa jeunesse est marquée par l'emprisonnement de son père, Constant, comme faux-monnayeur et un exil en Martinique (1645-1647). Elle est éduquée dans le calvinisme et, en 1652, elle épouse Scarron. Devenue veuve (1660), elle est prise sous la protection de Mme de Montespan et devient gouvernante des bâtards royaux (1669). Intelligente et réfléchie, elle est appréciée de Louis XIV auprès duquel elle s'emploie à jouer le rôle d'une « sultane de conscience ». Créée marquise de Maintenon (1674), elle devient dame d'atours de la Dauphine en 1680. Son influence grandissant, elle ramène Louis XIV à ses devoirs d'époux, en ruinant la faveur de Mme de Montespan, puis de chrétien. Après la mort de la reine, elle épouse secrètement le roi (1683) et continue de mener une vie discrète et dévote. Consultée par le roi sur les affaires, elle a exercé une influence politique qui reste difficile à évaluer et qui a été surestimée : si elle a, sans conteste, imposé l'austérité à la Cour et influé sur la politique religieuse du roi, encourageant la persécution des protestants et approuvant la révocation de l'édit de Nantes (1685), elle n'a, en revanche, fait que pousser discrètement ses sympathies (Fénelon, Noailles). Après la mort de Louis XIV (1715), elle se retire dans la maison de Saint-Cyr, qu'elle avait fondée en 1686 pour assurer l'éducation des jeunes filles pauvres appartenant à la noblesse.