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Pierre Laval

Pierre Laval
Pierre Laval

Homme politique français (Châteldon, Puy-de-Dôme, 1883-Fresnes 1945).

Avocat, spécialisé dans la défense des organisations syndicales, il est député socialiste de la Seine (1914-1919), puis maire d'Aubervilliers (1923-1944). Ayant abandonné dès 1920 la SFIO, il est réélu comme socialiste indépendant à la Chambre (1924-1927). Son violent anticommunisme va désormais l'entraîner toujours plus à droite.

1. Président du Conseil dans l'avant-guerre

Plusieurs fois ministre à partir de 1925, il devient président du Conseil (janvier 1931-février 1932), puis ministre des Affaires étrangères (octobre 1934-mai 1935), et reprend la direction du cabinet (juin 1935-janvier 1936). Pour résoudre la crise financière, Laval, agissant par décrets-lois, mène une politique de déflation et d'économies généralisées (réduction de 10 % des traitements et des loyers), qui aggrave encore la situation économique et provoque un fort mécontentement populaire.

Sur le plan extérieur, il s'efforce de poursuivre la politique de paix d'Aristide Briand. Face à la menace allemande, il noue des alliances avec l'Italie fasciste et l'URSS. Avec Mussolini, il signe (janvier 1935) le traité de Rome mettant fin aux rivalités coloniales franco-italiennes (au Tchad et en Tunisie) et participe à la conférence tripartite de Stresa (France, italie, Grande-Bretagne) en avril 1935, où le Duce promet de s'opposer au rattachement de l'Autriche à l'Allemagne (Anschluss).

Avec l'URSS, Laval conclutavec réticence un pacte d'assistance mutuelle (mai 1935). Toutefois, l'intervention italienne en Éthiopie (→ campagnes d'Éthiopie) entraîne la dénonciation des accords de Stresa (décembre 1935) et la chute du cabinet Laval (22 janvier 1936), permettant le rapprochement entre Rome et Berlin.

2. Aux côtés de Pétain

Très hostile à l'entrée en guerre de la France contre l'Allemagne en 1939, Laval retrouve une grande influence politique au moment de la défaite de 1940. Arrivé à Bordeaux le 14 juin et partisan de demander l'armistice, il combat devant le Parlement le projet de départ du gouvernement pour l'Afrique du Nord. Nommé ministre d'État du maréchal Pétain (23 juin), Laval obtient des Chambres réunies à Vichy le principe de la révision de la Constitution (9 juillet), puis convainc les parlementaires de l'Assemblée nationale de déléguer les pleins pouvoirs au maréchal afin de promulguer une nouvelle Constitution (10 juillet).

3. La collaboration d'État avec l'Allemagne

Devenu vice-président du Conseil dès le 12 juillet, il engage l'État français dans la politique de collaboration avec l'Allemagne. Le 22 octobre, il rencontre Adolf Hitler à Montoire et prépare l'entrevue de celui-ci avec Pétain (le 24). Cette attitude ainsi que de nombreuses inimitiés personnelles lui valent d'être mis à l'écart par le maréchal et même arrêté (13 décembre) à la demande des autres ministres.

Laval est libéré peu après sur l'intervention d'Otto Abetz, ambassadeur du Reich à Paris, et poursuit ses contacts avec les Allemands. Ceux-ci imposeront à Pétain son retour comme chef du gouvernement à la place de Darlan (18 avril 1942).

Se réservant également les Affaires étrangères, l'Information et l'Intérieur, Laval doit faire face aux exigences croissantes de l'Allemagne et relance la collaboration. Répondant aux demandes des Allemands en main-d'œuvre française, Laval invente le système de la relève et prononce à cette occasion (22 juin 1942) des paroles décisives : « Je souhaite la victoire de l'Allemagne, parce que, sans elle, le bolchevisme s'installerait partout. »

Après l'échec de la relève, est créé le Service du travail obligatoire (STO) [février 1943], tandis que sont organisées la répression de la Résistance et la mise en application des lois raciales. La Milice est instituée en janvier 1943, et Laval doit accepter dans son ministère (1943-1944) des collaborateurs extrémistes (Joseph Darnand, Marcel Déat).

Après le débarquement allié (→ débarquement de Normandie), Laval tente vainement de rétablir le Parlement, mais il est assigné à résidence à Belfort, puis à Sigmaringen (septembre 1944) avec l'ensemble du gouvernement de Vichy. En mai 1945, il se réfugie en Espagne, puis est finalement remis aux autorités alliées. Condamné à mort (9 octobre), il est fusillé le 15, après avoir tenté de se suicider.

Pour en savoir plus, voir les articles la collaboration, gouvernement de Vichy, Seconde Guerre mondiale.