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Mouammar Kadhafi ou Muammar al-Qadhdhafi

Muammar al-Kadhafi
Muammar al-Kadhafi

Homme d'État libyen (Qasr Abu Hadi, près de Syrte, 1942-près de Syrte 2011).

1. Le tombeur du roi Idriss Ier

Fils d'un berger, selon sa propre légende, appartenant à la tribu des Kadhafa, Mouammar Kadhafi reçoit une éducation religieuse traditionnelle, étudie le droit, sort diplômé de l'Académie militaire de Benghazi (1965). Il parfait son entraînement militaire au Royaume-Uni avant de retourner en Libye et d'intégrer, en tant qu'officier, le corps des transmissions (1966). Avec le Groupe des officiers unionistes libres qu'il a fondé (sur le modèle des « officiers libres » égyptiens), il participe, à l'âge de 27 ans, au coup d'État du 1er septembre 1969 qui renverse le roi Idris Ier. Promu président du Conseil du commandement de la révolution (CCR), il devient commandant en chef de l'armée.

2. Le chantre du panarabisme

Admirateur du président égyptien Gamal Abdel Nasser – dont il partage la vision anti-impérialiste et panarabe (→ panarabisme) –, il impose à son pays la nouvelle Constitution de la République arabe libyenne et le parti unique (l'Union socialiste arabe, 1971), mais ses multiples tentatives d'union avec des États arabes (Égypte et Syrie, Tunisie puis à nouveau la Syrie) échoueront l'une après l'autre.

3. Djamahiriyya, comités révolutionnaires, Livre vert

Parallèlement, promu colonel, il engage, à partir de 1973, une « révolution culturelle » qui aboutit, en 1977, à la constitution de la Djamahiriyya arabe libyenne populaire et socialiste. Cette Djamahiriyya (néologisme signifiant « État des masses ») est conçue comme une sorte de démocratie directe régie par la « Charte du pouvoir populaire » (qui se substitue à la Constitution de 1969 abrogée) et gouvernée par le biais de « comités populaires », sous le contrôle étroit de « comités révolutionnaires ».

Renonçant à ses fonctions officielles de secrétaire général du Congrès général du peuple (chef de l'État), Kadhafi s'autoproclame, en 1980, « Guide de la révolution ». Il expose sa théorie de la « révolution culturelle » et anti-bureaucratique qui entend se démarquer du libéralisme et du marxisme, dans Le Livre vert ou « Troisième théorie universelle » (qui paraît pour la première fois en 1975).

4. Le commanditaire du terrorisme

Sur le plan extérieur, le colonel Kadhafi, qui s'est érigé en porte-parole des populations du tiers-monde, pratique l'interventionnisme en mettant une partie de ses rentes pétrolières au service de mouvements d'opposition ou de libération armés en Afrique, au Proche-Orient et en Europe. Ces engagements lui valent, à partir de la seconde moitié des années 1980, l'opposition virulente des États-Unis (raid de représailles sur Tripoli et Benghazi en 1986) ainsi que sa mise au ban des nations, qui l'accusent de parrainer financièrement et de soutenir idéologiquement le terrorisme international. De fait, il cautionne la frappe des intérêts occidentaux comme le démontrent les attentats de Lockerbie en 1988 et du DC-10 d'UTA dans le désert du Ténéré en 1989. Ce qui vaudra la mise sous embargo de son pays, votée par l'Organisation des Nations unies (ONU) en 1992.

5. Le retour en grâce sur la scène internationale

La fin des années 1990 marque un tournant. Privé du soutien du bloc communiste, le chef d'État libyen entame un rapprochement avec l'Occident et cherche à recouvrer une certaine honorabilité au sein de la communauté internationale, multipliant les gages de bonne volonté. Il reconnaît la responsabilité de son pays dans les actes terroristes de 1988-1989. Après le renversement de Saddam Husayn en 2003, il annonce le démantèlement, sous contrôle international, de tous ses programmes secrets d'armement (chimique, biologique et nucléaire).

Paralèllement, le colonel Kadhafi se tourne vers le continent noir, où il veut instaurer des « États-unis d'Afrique », projet utopique loin d’être partagé. En 2009, alors qu'il est élu (sans faire l'unanimité) à la tête de l'Union africaine (UA), il célèbre avec faste ses 40 ans de règne.

Les relations bilatérales se normalisent, avec la France (depuis les visites croisées des deux présidents à Tripoli et à Paris en juillet et décembre 2007) et, surtout, en 2008 et 2009, avec l'Italie, l'ancienne puissance coloniale.

6. La rébellion et la chute

Surpris par la montée de l'insurrection partie de Benghazi en février 2011 dans le sillage des révolutions tunisienne et égyptienne, Mouammar Kadhafi dénonce un complot international. Il oppose une sanglante répression qui entraîne le pays dans la guerre civile. Alors qu'une intervention militaire internationale est autorisée pour la protection des civils, il persiste, isolé au sein du camp arabe, à rejeter toute offre de négociation. Renversé le 23 août, il s'enfuit avec ses partisans tout en lançant ses diatribes. Capturé, il est tué le 20 octobre au cours de l'offensive menée par le Conseil national de transition (CNT) contre Syrte, sa région natale, et dernier bastion encore aux mains de ses partisans.

Pour en savoir plus, voir l'article Libye.