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Bertrand Du Guesclin

Bertrand Du Guesclin
Bertrand Du Guesclin

Homme de guerre français (La Motte-Broons, près de Dinan, 1315 ou 1320-Châteauneuf-de-Randon 1380).

Petit hobereau breton devenu une immense figure de la guerre de Cent Ans, le connétable Bertrand Du Guesclin incarne le chevalier par excellence. Pendant vingt-cinq ans, il mit sa bravoure au service de la couronne de France.

1. Le « Dogue noir de Brocéliande »

Aîné d'une famille de la petite noblesse, Bertrand Du Guesclin fait ses premières armes en tournoi. La Bretagne étant devenue un enjeu de la rivalité franco-anglaise, il est recruté, en 1355, comme mercenaire pour le compte de Charles de Blois, soutenu par le roi de France Jean II le Bon. Il se distingue aussitôt tant par son courage que par sa ruse et, en 1356, il enlève Rennes aux Anglais.

Armé chevalier en 1357, il passe au service du roi de France lui-même et, lorsque ce dernier est emmené à Londres, après la victoire du Prince Noir à Poitiers (1356), il demeure fidèle à la cause du Dauphin – le futur Charles V, dont il va s'attacher la confiance.

Nommé gouverneur de Pontorson (1359), Du Guesclin devient par là même capitaine général du duché de Normandie, tout en restant vassal du duc de Bretagne. Menant contre l'occupant anglais une véritable guerre de harcèlement, il acquiert une réputation qui lui vaut le surnom de « Dogue noir de Brocéliande ». Dès que le traité de Brétigny (1360), mettant fin à la première partie de la guerre de Cent Ans, est signé, il en fait respecter les clauses en Normandie.

2. L'homme lige de Charles V

À l'avènement de Charles V, en 1364, Du Guesclin est chargé de défendre la Normandie contre les entreprises de Charles II le Mauvais, roi de Navarre et petit-fils de Louis X le Hutin, qui espère ceindre la couronne de France en se ralliant aux Anglais. En battant les Navarrais à Cocherel (1364), il remporte la première victoire française depuis longtemps et reçoit alors du roi le comté de Longueville. Dans les derniers soubresauts de la guerre de la Succession de Bretagne, il participe à la bataille d'Auray (29 septembre 1364), aux côtés de Charles de Blois, qui y trouve la mort, tandis que lui-même est fait prisonnier.

Du Guesclin, dont Charles V a payé la rançon, prend en 1365 le commandement des Grandes Compagnies, afin d'en débarrasser le royaume. Il les emmène alors en Castille, dont Henri II de Trastamare et son frère Pierre Ier le Cruel, allié du Prince Noir, se disputent la couronne. Tombé aux mains des Anglais, il est à nouveau libéré contre rançon et remporte la victoire de Montiel, qui permet à Henri de Trastamare de monter sur le trône (1369).

3. Le chef des armées royales

Élevé au titre de connétable, en 1370, Du Guesclin dirige jusqu'à sa mort les opérations militaires de la guerre de Cent Ans. Conscient de la supériorité de l'armée anglaise dans les batailles rangées, il préfère aux grandes manœuvres, à l'issue incertaine si ce n'est en vies humaines, une guerre qui épuise l'ennemi et l'accule sur des places fortes. Il chasse les Anglais du Poitou, les poursuit en Bretagne, puis les contient en Île-de-France, où il se borne à précéder l'ennemi de loin en détruisant ses approvisionnements et en attaquant les troupes isolées.

En 1374, Du Guesclin combat encore en Guyenne et, en 1378, il assiège Cherbourg. En 1380, il reçoit le commandement militaire du Languedoc. À ce titre, il repart en guerre contre les Grandes Compagnies ; mais, tombé malade alors qu'il assiège la place forte de Châteauneuf-de-Randon, dans le Gévaudan, il meurt le 13 juillet 1380, deux mois avant Charles V, qu'il avait tant servi.

4. Un homme et quatre sépultures

Bertrand Du Guesclin avait émis le vœu de reposer dans sa terre natale de Bretagne. Le cortège funèbre, parti du sud de l'Auvergne en ce mois de juillet 1380, dut faire plusieurs haltes en raison du mauvais embaumement du corps. Les entrailles furent laissées au Puy-en-Velay, en l'église Saint-Laurent, puis les chairs inhumées à Montferrand. Parvenu au Mans, le convoi fut arrêté par ordre de Charles V. Le souverain tenait à ce que son connétable eût son tombeau, à côté du sien, en la basilique royale de Saint-Denis. Le squelette de Du Guesclin y fut envoyé. Seul son cœur arriva à Dinan. Deux gisants conservent son effigie, l'un au Puy, l'autre à Saint-Denis.

Pour en savoir plus, voir l'article guerre de Cent Ans.