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Élie, duc Decazes

duc de Glücksberg

Homme politique français (Saint-Martin-de-Laye 1780-Paris 1860).

Avocat à Libourne, juge au tribunal de la Seine (1806), conseiller de cabinet du roi de Hollande, Louis Bonaparte, en 1807, conseiller à la cour d'appel de Paris (1811), il se rallie aux Bourbons lors du retour de Napoléon de l'île d'Elbe.

Il succède à Fouché comme ministre de la Police en 1815. Il est d'abord ultraroyaliste, mais les excès de la Terreur blanche font de lui un des fondateurs du groupe des constitutionnels, partisans de l'application loyale de la Charte. Admirateur du régime anglais, il veut enraciner en France la monarchie constitutionnelle et conduit une politique libérale tout en brisant l'opposition des ultras : il est le principal protragoniste de la dissolution de la Chambre introuvable, en 1816 (→  Chambre des députés).

Après la retraite du duc de Richelieu (décembre 1818), il gagne la confiance de Louis XVIII, qui l'appelle « mon fils » et dont il devient le confident.

Ministre de l'Intérieur en décembre 1818, président du Conseil en novembre, il se fait l'instrument de la politique royale, tendant à combattre le parti ultraroyaliste, selon la formule célèbre de Serre : « Royaliser la nation; nationaliser la royauté. » En butte aux attaques des ultras qui lui reprochent le vote de lois libérales sur les élections (1817), sur l'armée (loi Gouvion-Saint-Cyr, 1818) et sur la presse (lois Serre, 1819), sa politique est rendue responsable de l'assassinat du duc du Berry, neveu de Louis XVIII en février 1820, et il doit démissionner.

Nommé duc et pair, ambassadeur à Londres pendant quelques mois, il est de 1834 à 1848, grand référendaire de la Chambre des pairs. Il se consacre désormais au développement de la Compagnie des houillères et fonderies de l'Aveyron fondées par lui en 1825 à Decazeville.

Pour en savoir plus, voir l'article Louis XVIII.

Son fils Louis, duc Decazes et de Glücksberg (Paris 1819-château de la Grave, Gironde, 1886), diplomate, député orléaniste de la Gironde à l'Assemblée nationale (1871), est, avec les ducs d'Audiffret-Pasquier et de Broglie, l'un des chefs du centre droit contre le gouvernement de Thiers, à la chute duquel il contribue (24 mai 1873). Ministre des Affaires étrangères (novembre 1873-novembre 1877), il pratique une politique « de recueillement », recherchant l'appui des autres États européens contre l'Allemagne, et il s'attache à calmer les appréhensions de Bismarck, prêt à faire la guerre à la France (crise de 1875). Mais la détente internationale n'interviendra que plus tard.