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Silvio Berlusconi

Homme d'affaires et homme politique italien (Milan 1936).

1. De l’entrée en politique à la fondation du Peuple de la Liberté

S'appuyant sur un puissant groupe financier (Fininvest) et de communication (Mediaset), il fonde en janvier 1994 le mouvement politique ultralibéral Forza Italia (→  PDL) après avoir été très proche, dans les années 1980, du socialiste Bettino Craxi (à la tête du gouvernement en 1983-1987). Nommé président du Conseil en avril 1994, Berlusconi est contraint de démissionner en décembre de la même année, quand la Ligue du Nord lui retire son soutien (il expédie les affaires courantes jusqu'en janvier 1995).

Chef de la coalition de centre droit – la Maison des Libertés – qui obtient la majorité à la Chambre des députés et au Sénat en mai 2001, il revient à la présidence du Conseil en juin. À la suite de l’échec de son mouvement aux élections régionales d’avril 2005, il démissionne mais se succède à lui-même pour présider un éphémère gouvernement jusqu’au scrutin de 2006. Après l'échec, à quelques voix près, de sa coalition lors des élections générales d'avril, il tarde à remettre sa démission (effective en mai) puis revendique le statut de chef de l'opposition, qu'il entreprend de restructurer au sein d'un nouveau mouvement. Ce mouvement, baptisé il Popolo della Libertà (« le Peuple de la Liberté », PDL), est créé en février 2008 à partir du rapprochement de Forza Italia, de l'Alliance nationale de Gianfranco Fini et de divers groupes démocrates-chrétiens et libéraux.

2. Le retour au pouvoir en 2008

Aux élections législatives anticipées du mois d'avril suivant, en alliance avec la Ligue du Nord de Umberto Bossi, Silvio Berlusconi mène la droite à la victoire, retrouvant pour la quatrième fois la présidence du Conseil.

En mars 2009, le premier congrès national du Peuple de la Liberté officialise la fusion de l'Alliance nationale de Gianfranco Fini (qui s'est dissoute) et de Forza Italia. Berlusconi est élu à la quasi-unanimité à la présidence du nouveau parti, dont l'ambition est de devenir majoritaire dans le pays.

3. Populaire malgré les scandales

N'hésitant pas à faire de son groupe de communication une arme politique, Berlusconi personnifie, plus que tout autre dirigeant occidental, les dérives démagogiques de la politique spectacle et de la « vidéocratie ».

Malgré les scandales de sa vie privée, ses déclarations intempestives aux allusions douteuses, ou les soupçons de corruption pesant sur lui en tant qu'homme d'affaires, le Cavaliere, que l'on surnomme aussi « l'Inoxydable » (un qualificatif autrefois réservé à l'incontournable Giulio Andreotti), demeure largement soutenu par les Italiens.

4. Premiers échecs et revers

Mais le conflit d'intérêt permanent entre son activité politique et ses entreprises – une exception européenne – peut aussi l'affaiblir : en octobre 2009, le Conseil constitutionnel invalide ainsi la loi adoptée en juillet 2008 qui suspendait les procès pénaux à l'encontre des titulaires des quatre plus hautes charges de l'État, pendant la durée de leur mandat, une mesure ad hoc qui lui permettait d'échapper aux poursuites judiciaires alors en cours.

Face aux attaques de la presse d'opposition et aux enquêtes des juges, Silvio Berlusconi riposte toujours en se tournant vers le peuple contre les « fossoyeurs » de l'Italie, pour se poser, soit en sauveur, soit en victime d'un complot. En rejetant ainsi les institutions qu'il incarne, le président du Conseil use cependant d'une arme à double tranchant.

Progressivement, alors que l’image de l’Italie sur la scène internationale, en particulier au sein de l’Union européenne, se détériore toujours davantage, la majorité de centre droit se fissure. Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés, décide de faire défection et quitte le PDL qui essuie une sérieuse défaite aux élections municipales et provinciales partielles de mai 2011 avec la perte retentissante de son fief de Milan.

Accusé, entre autres, d'incitation de mineure à la prostitution et d'abus de pouvoir à la suite d’un scandale sexuel très médiatisé (« Rubygate »), le président du Conseil commence à être contesté dans ses propres rangs, en particulier parmi les catholiques, mais aussi au sein de la Ligue du Nord, grand vainqueur des élections régionales de mars 2010.

5. La crise de la dette et la démission

Ces contestations s’aiguisant dans le contexte de crise économique et financière qui atteint la zone euro, c’est désormais la capacité de Silvio Berlusconi à réduire la dette publique de l’Italie qui est mise en doute, notamment par le patronat italien (Confindustria), qui prône ouvertement un changement de gouvernement alors que le pays subit à son tour la pression des marchés et des agences de notation. Après avoir finalement perdu la majorité absolue à la Chambre, le président du Conseil présente sa démission le 12 novembre 2011, sans se retirer pour autant de la vie politique.

6. Du retour sur la scène politique à la déchéance

Contre toute attente et malgré les poursuites judiciaires en cours, S. Berlusconi parvient à tirer son épingle du jeu avec les élections législatives anticipées de février 2013, provoquées par la décision de son parti de retirer son soutien au gouvernement de M. Monti. Le PDL parvient à conserver autour de 22 % des suffrages (contre plus de 37 % en 2008) malgré l’irruption sur la scène politique du Mouvement Cinq étoiles (M5S) de Beppe Grillo et accepte d’entrer dans un gouvernement de coalition avec le parti démocrate en avril 2013.

Condamné définitivement pour fraude fiscale et sur le point d’être déchu de son mandat de sénateur, S. Berlusconi « ressuscite » son mouvement Forza Italia – identifié à sa personne sur son site Internet Forza Silvio – dans l’intention de remobiliser ses troupes. Il tente alors de provoquer une crise ministérielle avant de se raviser devant l’hostilité d’une partie du PDL et la menace d’une scission du parti brandie par son « dauphin », le vice-Premier ministre Angelino Alfano. Ce dernier finit pourtant par rompre avec son mentor, et crée un nouveau groupe assurant le gouvernement d’une majorité.

Exclu du Sénat le 27 novembre, le Cavaliere conserve de nombreux partisans dans le pays et le soutien des parlementaires du désormais ex-PDL qui lui sont restés fidèles mais il est considérablement affaibli. Inéligible pendant six ans et privé de son immunité parlementaire, il doit désormais affronter la justice dans d’autres affaires en cours.

Pour en savoir plus, voir l'article Italie : vie politique depuis 1945.