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PDL

sigle de Peuple de la Liberté

Parti politique italien de centre droit fondé en 2008 par Silvio Berlusconi.

1. De Forza Italia au Popolo della Libertà

Mis en place en quelques semaines à l'aide de puissants moyens de communication et de techniques de marketing, Forza Italia (« Allez l’Italie »), un réseau de quelque 14 000 clubs disséminés sur l'ensemble du territoire italien constitue un instrument de campagne exceptionnel pour S. Berlusconi qui fait ainsi une entrée fracassante sur la scène politique italienne. Aux élections législatives de mars 1994, Forza Italia – catalyseur de la coalition Pôle des Libertés (baptisée aussi « Maison des Libertés ») comprenant également la Ligue du Nord d'Umberto Bossi et l'Alliance nationale de Gianfranco Fini devient la première formation italienne avec 21 % des suffrages, assurant à son leader le poste de président du Conseil.

Son succès, encore amplifié lors des élections européennes de juin 1994 (30,6 %), l'assimile aux anciens grands partis. Pourtant ce mouvement doit résoudre certains problèmes de structure pour se transformer en une force politique véritablement autonome. La crise de la majorité, avec la défection de la Ligue du Nord, entraîne la démission du gouvernement Berlusconi, écartant Forza Italia du pouvoir en décembre 1994. Les résultats des élections législatives d'avril 1996 (20,6 % des suffrages) montrent la stabilité de son électorat mais ne lui permettent pas de revenir au gouvernement.

Aux élections européennes de 1999, Forza Italia obtient 25,2 % des suffrages et redevient le premier parti politique du pays. Ce succès est confirmé lors des élections régionales d'avril 2000, et surtout lors des élections générales de mai 2001, à l'issue desquelles Forza Italia recueille 29,4 % des suffrages, alors que ses deux alliés au sein de la Maison des Libertés – la Ligue du Nord et Alliance nationale –, sont en recul. S. Berlusconi redevient président du Conseil.

Mais la sévère défaite de sa formation à l'issue des élections européennes et locales de juin 2004 (20,1 % des suffrages) est un échec personnel pour le chef du gouvernement qui s'est montré omniprésent dans les médias avant le scrutin. Aux élections générales d'avril 2006, même si la coalition de centre droit échoue de peu derrière l'Union – la coalition de centre gauche emmenée par Romano Prodi –, Forza Italia, avec 23,7 % des voix, soit 137 sièges à la Chambre des députés et 78 au Sénat, demeure le premier parti de la scène politique italienne.

2. La création du Peuple de la Liberté

En novembre 2007, alors que l'Italie entre dans une nouvelle crise politique due en grande partie à la fragmentation des forces politiques et à la fragilité des majorités parlementaires, S. Berlusconi annonce, à la suite de l'accord passé avec l'Alliance nationale et divers groupes de centre droit, la création d'un mouvement politique élargi baptisé il Popolo della Libertà (« le Peuple de la Liberté »), destiné à devenir le nouveau parti de la droite italienne. Ce dernier, créé en février 2008, s'impose aux élections législatives anticipées du mois d'avril suivant en remportant 37,3 % des suffrages devant le centre gauche, lui même recomposé autour du parti démocrate (PD), mené par Walter Veltroni.

En mars 2009, le premier congrès national du Peuple de la Liberté officialise la fusion de l'Alliance nationale de G. Fini (qui s'est dissoute) et de Forza Italia. Berlusconi est élu à la quasi-unanimité à la présidence du nouveau parti qui a l'ambition de devenir majoritaire dans le pays. Toutefois, ce parti est encore peu structuré tandis que les relations entre Berlusconi et Fini restent tendues. Ce dernier – dont certaines positions rejoignent celles de la gauche – s'oppose notamment aux concessions faites à l'Église catholique tandis qu'il émet des réserves sur les dérives de la politique sécuritaire et le durcissement de la lutte contre l'immigration, fermement soutenues en revanche par la Ligue du Nord. Lors des élections municipales et provinciales de juin, le Peuple de la Liberté ravit à la gauche de nombreuses municipalités mais une partie de son électorat s'en détourne en s'abstenant. De plus, ce scrutin montre que le parti a encore besoin d'appuis extérieurs (de la Ligue du Nord surtout ou parfois de l'Union du centre) pour gouverner.

3. Crise interne, revers électoraux et résistance du parti

À partir de 2010, le Peuple de la Liberté connaît de sérieux revers électoraux et d’importantes dissensions à sa tête. À la percée de la Ligue du Nord, son principal allié, aux élections provinciales de mars 2010, succède la rupture entre Berlusconi et Fini (juillet) puis d’importantes défaites (dont celle, emblématique, à Milan) aux scrutins partiels de mai 2011. La crise économique et financière ayant eu raison de Berlusconi en novembre 2011, le PDL parvient toutefois à récolter autour de 22 % des suffrages aux élections anticipées de février 2013 qu’il a provoquées en retirant son soutien au gouvernement technique d’urgence formé par Mario Monti. Alors que l’Italie est menacée de paralysie politique à la suite de ce scrutin, le parti accepte de former un gouvernement de coalition inédit avec le PD en avril.

4. La résurrection de Forza Italia

En octobre et novembre 2013, le parti connaît une nouvelle crise interne, due essentiellement à la condamnation définitive de son chef pour fraude fiscale. Avant d’être déchu de son mandat de sénateur le 27 novembre en vertu d’une loi promulguée en décembre 2012, S. Berlusconi ressuscite son mouvement Forza Italia afin de remobiliser ses partisans et conserve le soutien de la majorité des dirigeants et parlementaires du parti. Le PDL reprend son ancien nom et passe à l’opposition, tandis qu’Angelino Alfano, vice-Premier ministre dans le gouvernement de coalition, rompt avec son mentor et rallie une soixantaine de parlementaires pour fonder un nouveau groupe qui assure le gouvernement d’une majorité réduite au Sénat.

Pour en savoir plus, voir l'article Italie : vie politique depuis 1945.