Mis en place en quelques semaines à l'aide de puissants moyens de communication et de techniques de marketing, ce réseau de quelque 14 000 clubs disséminés sur l'ensemble du territoire italien a constitué un instrument de campagne exceptionnel. Aux élections législatives de mars 1994, Forza Italia – catalyseur de la coalition Pôle des Libertés (aujourd'hui Maison des Libertés) comprenant également la Ligue du Nord d'Umberto Bossi et l'Alliance nationale de Gianfranco Fini devient la première formation italienne avec 21 % des suffrages, assurant à son leader le poste de président du Conseil. Son succès, encore amplifié lors des élections européennes de juin 1994 (30,6 %), l'assimile aux anciens grands partis. Pourtant ce mouvement doit résoudre certains problèmes de structure pour se transformer en une force politique véritablement autonome. La crise de la majorité, avec la défection de la Ligue du Nord, entraîne la démission du gouvernement Berlusconi, écartant Forza Italia du pouvoir en décembre 1994. Les résultats des élections législatives d'avril 1996 (20,6 % des suffrages) montrent la stabilité de son électorat mais ne lui permettent pas de revenir au gouvernement. Aux élections européennes de 1999, Forza Italia obtient 25,2 % des suffrages et redevient le premier parti politique du pays. Ce succès est confirmé lors des élections régionales d'avril 2000, et surtout lors des élections générales de mai 2001, à l'issue desquelles Forza Italia recueille 29,4 % des suffrages, alors que ses deux alliés au sein de la Maison des Libertés – la Ligue du Nord et Alliance nationale –, sont en recul. S. Berlusconi redevient président du Conseil. Mais la sévère défaite de sa formation à l'issue des élections européennes et locales de juin 2004 (20,1 % des suffrages) est un échec personnel pour le chef du gouvernement qui s'est montré omniprésent dans les médias avant le scrutin. Aux élections générales d'avril 2006, même si la coalition de centre droit échoue de peu derrière l'Union – la coalition de centre gauche emmenée par Romano Prodi –, Forza Italia, avec 23,7 % des voix, soit 137 sièges à la Chambre des députés et 78 au Sénat, demeure le premier parti de la scène politique italienne.
En novembre 2007, alors que l'Italie entre dans une nouvelle crise politique due en grande partie à la fragmentation des forces politiques et à la fragilité des majorités parlementaires, S. Berlusconi annonce, à la suite de l'accord passé avec l'Alliance nationale et divers groupes de centre-droit, la création d'un mouvement politique élargi baptisé il Popolo della Libertà (« le Peuple de la Liberté »), destiné à devenir le nouveau parti de la droite italienne. Ce dernier, créé en février 2008, s'impose aux élections législatives anticipées du mois d'avril suivant en remportant 37,3 % des suffrages devant le centre gauche, lui même recomposé autour du parti démocrate (P.D.), mené par Walter Veltroni. En mars 2009, le premier congrès national du Peuple de la Liberté officialise la fusion de l'Alliance nationale de G. Fini (qui s'est dissoute) et de Forza Italia. S. Berlusconi est élu à la quasi-unanimité à la présidence du nouveau parti qui a l'ambition de devenir majoritaire dans le pays. Toutefois, ce parti est encore peu structuré tandis que les relations entre S. Berlusconi et G. Fini restent tendues. Ce dernier – dont certaines positions rejoignent celles de la gauche – s'oppose notamment aux concessions faites à l'Église catholique tandis qu'il émet des réserves sur les dérives de la politique sécuritaire et le durcissement de la lutte contre l'immigration, fermement soutenues en revanche par la Ligue du Nord. Lors des élections municipales et provinciales de juin, le Peuple de la Liberté ravit à la gauche de nombreuses municipalités mais une partie de son électorat s'en détourne en s'abstenant. De plus, ce scrutin montre que le parti a encore besoin d'appuis extérieurs (de la Ligue du Nord surtout ou parfois de l'Union du centre) pour gouverner.