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peintre

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Celui ou celle qui exerce l'art de la peinture. L'expression " artiste peintre " est presque tombée en désuétude.

La définition du " peintre " a connu des variantes suivant les époques et les différentes catégories de peintures. Au Moyen Âge, on désignait ainsi essentiellement ceux qui exécutaient les peintures murales, parfois aussi ceux qui ornaient les manuscrits, encore que la distinction fût généralement faite entre " pictor " et " illuminator " (enlumineur). Pour les femmes, on employait le terme d'" enlumineuse " ou d'" enlumineresse ".

Dès le xive s., en France, le métier de peintre fut organisé et en quelque sorte codifié dans les statuts des premières communautés laïques de " paintres et paintresses ", tels que nous les connaissons grâce au Livre des métiers d'Étienne Boileau. D'après ces statuts, les peintres regroupés dans les communautés étaient assimilés à de simples artisans et ne se distinguaient en rien des peintres en bâtiment. Toutefois, à l'intérieur d'un même atelier, le travail se spécialisa ; il était exécuté par des compagnons sous la direction d'un patron, ou maître. Certains peintres, tels les peintres " imagiers ", ou " imagineurs ", se chargeaient de la polychromie des statues, tandis que les peintres selliers exécutaient les décors de sellerie et travaillaient essentiellement sur le cuir. Enfin, le peintre dit " de plate peinture " travaillait sur des supports plans (retables, polyptiques, tableaux, murs). Les ateliers d'enlumineurs (qu'on nomme aussi dès le xvie s. " miniaturistes ") connaissaient la division du travail. Les historieurs y peignaient des scènes à personnages ; certains d'entre eux, même, étaient spécialisés dans les scènes de paysages (Champaignes), alors que d'autres l'étaient dans l'exécution des figures. Aux vignetteurs revenaient les décorations marginales de rinceaux, de bordures, de vignettes, de babouineries, etc. ; cependant, pour établir une ligne de démarcation entre les artistes et les artisans, certains seigneurs et princes prirent à leur service, dès le xive s., des peintres de talent. Ceux-ci portaient souvent le titre de " valet ", ou " varlet ", et étaient en général attachés à la garde-robe. Au xvie s., ce traitement de faveur ne tenait pas les peintres à l'abri de la surveillance des jurés et gardes de leur communauté. Sous l'Ancien Régime, le titre de " Premier peintre du roi " désignait l'artiste chargé de la surveillance des travaux de peinture et de sculpture commandés par le roi (Le Brun, en 1662, et Mignard, en 1690, assumèrent cette charge). L'Académie distinguait, en son sein, les peintres selon le genre d'œuvres qu'ils exécutaient : peinture d'histoire, peinture de genre, portrait, etc.

Au xixe s., selon l'Académie, le peintre est un artiste qui " représente les objets de la nature sur une surface plane, comme s'ils étaient en relief ". Comme au xviiie s., on classe alors les peintres selon le genre dans lequel ils excellent : peintres d'histoire — qui représentent les actions des divinités ou des hommes, l'histoire sacrée ou profane, la mythologie —, peintres de paysages — qui exécutent des paysages, des fabriques, des animaux, des ruines —, peintres de batailles,de marines, de genre, de portraits. De nos jours, ces distinctions n'ont plus cours ; elles n'ont d'intérêt que rétrospectif et restent à l'usage des historiens de l'art. On peut désigner les peintres selon les techniques ou les matériaux qu'ils utilisent : fresquistes, émailleurs ou peintres sur émail, peintres-verriers, aquarellistes, pastellistes. (Voir ACADÉMIE, CORPORATION, GILDE.)