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corporation

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Association d'artisans exerçant une même activité professionnelle ou artistique.

Les corporations sont probablement apparues en Occident dès le xiie s., mais elles ne prirent vraiment d'importance qu'à partir des xiiie-xive s., époque où elles furent plusieurs fois réorganisées (Livre des métiers, d'Étienne Boileau). L'objectif de la corporation était de préserver la profession contre l'empiétement des autres métiers, en codifiant les conditions de travail (matériaux employés, division du travail, moment d'exécution, prix) et en veillant à la formation professionnelle.

Les corporations de peintres sont nées au xiiie s. au moment où, en raison de la laïcisation de la peinture de manuscrits, les ateliers corporatifs remplacèrent les scriptoria monastiques. Outre l'organisation propre des ateliers produisant des manuscrits (à l'intérieur desquels le travail était réparti entre les " hystorieurs ", les " vignetteurs ", ou peintres de bordure, et les peintres de " champaignes "), on distinguait les peintres " de plate peinture ", les peintres " selliers ", les peintres " imagiers ". Le métier de peintre fut longtemps regroupé en une corporation commune avec celui des sculpteurs, des verriers, de tous les artisans qui produisaient des ouvrages décoratifs. À l'intérieur même de la corporation, les privilèges différaient aussi : l'enlumineur flamand ne pouvait pratiquer que l'enluminure, tandis que les peintres réalisaient toutes sortes de travaux, étaient organisateurs de fêtes, ensembliers, conseillers artistiques. Les membres des corporations jouissaient d'une plus grande liberté que ceux des gildes ; ils n'étaient pas tenus à résidence fixe et pouvaient se déplacer pour trouver du travail ; par contre, ils étaient astreints à une formation professionnelle qui les menait, en passant par le compagnonnage, de l'apprentissage à la maîtrise ; cette dernière s'acquérait après la réalisation d'un " chef-d'œuvre ". Seuls les peintres " de cour " pouvaient être dispensés de l'apprentissage ou des obligations du " maître " ; le titre de " varlet " donnait une grande liberté pour exercer le métier de peintre. Outre la défense de la profession, la corporation devait veiller à garantir la qualité du travail. Les événements politiques et sociaux des xve et xvie s. modifièrent quelque peu la structure des corporations ; le nombre de maîtres fut de plus en plus réduit, tandis que celui des compagnons augmentait. Les maîtres devinrent des privilégiés, pourvus d'avantages politiques et sociaux. De plus en plus, à partir de la fin du xve s., ces maîtres se regroupent dans des gildes, surtout en Flandre ; ces dernières prennent peu à peu le pas sur les corporations, qui disparaissent au xviiie s.