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l'Anabase

Xénophon
Xénophon

Récit, par Xénophon, de la campagne de Cyrus le Jeune contre Artaxerxès II et de la retraite des Dix Mille que l'auteur avait lui-même conduite : un modèle de narration précise et vivante.

L'ouvrage comporte sept livres : les deux premiers narrent le départ des Grecs, la marche avec Cyrus, la bataille de Counaxa, la mort de Cyrus, l'assassinat de Cléarque et des autres généraux grecs. À partir du troisième livre, Xénophon joue le premier rôle. L'intention apologétique est manifeste : c'est lui qui va ramener, au prix d'épreuves sans nombre, l'armée grecque privée de ses chefs.

Ce journal de marche, ce reportage d'un correspondant de guerre qui finit par prendre la tête des opérations, a une saveur extraordinaire. Xénophon n'annonce rien à l'avance, n'intervient pas dans la narration, ne s'indigne pas, ne cherche pas à émouvoir son lecteur. Celui-ci doit garder son jugement libre. L'auteur s'efface constamment dans ces petits tableaux vrais et courts, où le dessin est plus marqué que la couleur, un dessin si précis et si juste qu'on voit les faits et les objets comme s'ils étaient présents. (On pense à Stendhal : le récit de la bataille de Counaxa, par sa netteté et sa sobriété du trait, par sa discontinuité, n'a-t-il pas des caractères communs avec le récit de la bataille de Waterloo vue par les yeux de Fabrice del Dongo dans la Chartreuse de Parme ?).

La fraîcheur des impressions, la vie qui anime chaque page, les croquis rapides de ces mercenaires grecs, qui ont chacun leur personnalité propre, font de l'Anabase une œuvre originale, presque unique.

Le cri des Grecs apercevant enfin la mer (« thalassa ! thalassa ! ») après des mois de marche est resté dans les annales.