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équilibre

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équilibre
nom masculin
(bas latin aequilibrium, du latin classique aequus, égal, et libra, balance)

 État de repos, position stable résultant de l'action de deux forces qui s'annulent, de deux poids qui s'opposent : Mettre les plateaux d'une balance en équilibre.

 État de quelqu'un, d'un animal qui maîtrise sa position et ses mouvements, qui ne tombe pas : Avoir peine à garder son équilibre. → Larousse Médical

Chimie

 État d'un système de corps dont la composition ne varie pas. (L'équilibre peut résulter d'une absence de réaction chimique ou de l'existence de deux réactions inverses se produisant avec la même vitesse.)

Économie

 Situation caractérisée par l'égalité entre les volumes d'offre et de demande sur les marchés économiques.

CHIMIE

Une réaction quelconque où deux constituants A et B réagissent partiellement pour donner C et D s'écrira à l'équilibre :

A + B ⇄ C + D.
Les vitesses des deux réactions inverses qui concourent à l'équilibre sont proportionnelles aux concentrations molaires des constituants, soit
v = k [A] [B] et v′ = k′[C] [D].
L'équilibre s'exprime par l'égalité des vitesses de réaction v = v, soit
k [A] [B] = k′ [C] [D],
ou encore : ,

K représente la constante d'équilibre. C'est l'expression de la loi d'action de masse.

ÉCONOMIE

La notion d'équilibre est centrale en économie. Sur un plan individuel ou microéconomique, elle renvoit à l'égalité entre les revenus et les dépenses pour les ménages, ce qui correspond aux ressources et aux emplois pour les entreprises. Sur un plan macroéconomique, il s'agit de l'égalité entre l'offre et la demande sur un marché – on parle d'équilibre partiel – ou sur l'ensemble des marchés – on parle d'équilibre général.

L'équilibre économique général

C'est Léon Walras qui a démontré mathématiquement pour la première fois (Éléments d'économie pure, 1874-1877 ; Études d'économie politique appliquée, 1898) la possibilité d'un « équilibre économique général » : le système des prix permet la réalisation, dans une économie concurrentielle et décentralisée, de l'équilibre et de la cohérence de toutes les offres et de toutes les demandes sur les marchés des produits et des « services producteurs ». Cette démonstration, perfectionnée à plusieurs reprises par des économistes et des mathématiciens, reste un fondement de la théorie économique. Mais, si Walras croyait à la possibilité de l'équilibre en « économie pure », il estimait que l'État devait intervenir pour maintenir les conditions de la concurrence (« économie appliquée ») et réaliser la justice sociale (« économie sociale »).

Le modèle d'équilibre général, bien qu'irréaliste, demeure au cœur des problématiques économiques : en effet, la majorité des théories se construisent en rapport à l'équilibre général, soit par opposition, soit par adhésion. Ce dernier est à la base du courant néoclassique, que l'on considère aujourd'hui comme le modèle dominant, qui procède de l'analyse microéconomique.

L'équilibre économique partiel

Si l'on admet la manière dont les consommateurs et les entreprises définissent leurs offres et leurs demandes, il faut déterminer les chances d'égalité de ces offres et de ces demandes. On peut choisir une approche d'« équilibre partiel », où l'on se donne une courbe d'offre croissante et une courbe de demande décroissante. Leur intersection représente le prix et la quantité d'équilibre. Mais cette approche ne vaut que sur un seul marché, toutes choses étant égales par ailleurs. Ce raisonnement risque de conduire à des positions simplistes, car il ne tient pas compte de l'interdépendance des marchés.

La seule approche cohérente et valable, pour les théoriciens néoclassiques, est celle de l'« équilibre général ». Cependant, cette approche se révèle des plus complexes en raison des interactions qui s'exercent entre les plans individuels et dont elle doit rendre compte.

La théorie néokeynésienne

Certains disciples de John Maynard Keynes, malgré les réticences que celui-ci a exprimées devant la formalisation mathématique de l'économie, ont cherché à mettre sa pensée en équations, à des fins pédagogiques ou bien pour assurer la construction de modèles de prévision. La présentation la plus célèbre, et qui permet aussi une certaine synthèse avec la pensée néoclassique, est le modèle IS-LM, proposé par sir John Richard Hicks et A. Hansen. Cette formalisation présente une alternative à la pensée dominante. En effet, la théorie keynésienne, en soulignant le rôle des anticipations dans un environnement incertain, rejette l'idée que les seuls prix sont susceptibles de permettre l'équilibre et, donc, la régulation de l'économie par les marchés. En conséquence, les théories d'inspiration keynésienne insistent sur le rôle régulateur de l'État dans l'apparition de l'équilibre.

Les théories du déséquilibre économique

Que l'on soit dans une perspective néoclassique ou keynésienne, les difficultés des modèles théoriques à rendre compte de la réalité et à formaliser des politiques économiques efficaces ont donné naissance aux « théories du déséquilibre ». Celles-ci cherchent à démontrer l'existence d'équilibres avec rationnement dans un contexte de prix et de salaires rigides : c'est le cas des travaux de l'économiste israélien Don Patinkin (Monnaie, intérêt et prix, 1956; Études d'économie monétaire, 1972) et du chercheur Jean-Pascal Bénassy (Théories du déséquilibre et fondements microéconomiques de la macroéconomie, 1976).

Les « nouveaux classiques », tel Robert E. Lucas, ont approfondi l'attaque contre l'inspiration keynésienne en tentant de reconstruire la macroéconomie sur deux fondements : la compensation des marchés (market clearing) et l'hypothèse du comportement maximisateur et des anticipations rationnelles des agents économiques. Ces auteurs veulent revenir à une époque antérieure à celle de Keynes ; ils n'acceptent pas, par exemple, le concept de chômage involontaire, dit chômage keynésien. Mais les controverses continuent, et d'autres nouveautés s'annoncent parmi les théories, notamment celles qui s'inspirent de méthodes et de concepts empruntés à l'informatique, à la cybernétique (Alban W. Phillips), à la thermodynamique (Nicolas Georgescu-Roegen), voire aux sciences du vivant («théorie des systèmes», avec Jan Tinbergen).

MÉCANIQUE

Lorsqu'un système est écarté de sa position d'équilibre, il peut : soit revenir à sa position d'équilibre initial, qui est dit stable ; soit évoluer vers un autre état d'équilibre, le premier étant alors instable ; soit rester dans l'état où on l'a mis, l'équilibre étant alors indifférent. Du point de vue énergétique, l'équilibre correspond à un extremum de l'énergie potentielle totale du système : pour un maximum, l'équilibre est instable, tandis qu'il est stable pour un minimum absolu.

Équilibre des corps flottants

Un corps plongé dans un liquide est soumis à deux forces verticales contraires : son poids et la poussée égale au poids du liquide déplacé (principe d'Archimède). À l'équilibre, ces forces sont égales et directement opposées, et le centre de gravité du corps est sur une même verticale que celui du liquide déplacé (centre de poussée).

PHYSIOLOGIE

Tous les animaux mobiles ont besoin de repérer leur position par rapport à la pesanteur et recourent pour cela à divers organes sensoriels barosensibles : statocystes, antennes, haltères des insectes diptères, bulles d'air emportées lors des plongées (insectes), sans oublier les yeux. Les informations spatiales ainsi recueillies sont traitées par les centres nerveux et déterminent des réflexes d'équilibration. Chez les plantes terrestres dressées, l'orientation spatiale, qui contribue à éviter le fléchissement vers le sol, est assurée par le géotropisme.

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