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Benoîte Groult et Flora Groult

Femmes de lettres françaises (Benoîte [Paris 1920-Hyères 2016] ; Flora [Paris 1924-Paris 2001]).

Issues de la grande bourgeoisie parisienne – leur mère est dessinatrice de mode et leur père décorateur –, les sœurs Groult fréquentent les milieux artistiques d’avant-guerre. Suivant des études classiques dans une institution catholique, Benoîte se spécialise dans le latin, le grec et la philologie. Licenciée ès lettres, titulaire d’un certificat d’études pratiques en anglais, elle enseigne le latin et la littérature pendant trois ans au cours Bossuet à Paris, avant d’embrasser la carrière de journaliste en entrant à la radiodiffusion (1945).

Auteur de nombreux articles dans la presse écrite (Elle, Marie Claire, Parents), Benoîte n’entame sa carrière littéraire qu’à l’âge mûr. Avec sa sœur Flora, elle signe d’abord Journal à quatre mains (1962), le Féminin pluriel (1963) et Il était deux fois (1967), romans dans lesquels se met en place le thème dominant de son œuvre future : la condition féminine. Seule, elle compose ensuite des romans à succès (la Part des choses, 1972 ; les Trois Quarts du temps, 1983 ; les Vaisseaux du cœur, 1988 ; la Touche étoile, 2006), des essais (Ainsi soit-elle, dans lequel elle dénonce l’excision, 1975 ; le Féminisme au masculin, sur les figures historiques masculines ayant défendu le féminisme, 1977 ; Cette mâle assurance, sur la misogynie, 1993) et des autobiographies (Histoire d'une évasion, 1997 ; Mon évasion, 2008).

Mariée trois fois – avec le poète Pierre Heuyer (1921-1945), avec le journaliste Georges de Caunes (1919-2004) puis avec l’écrivain Paul Guimard (1921-2004) –, mère de trois filles, Benoîte Groult s’est imposée comme une figure du féminisme en France en militant pour l’avortement et en revendiquant notamment le droit au divorce ou à la liberté dans le couple. Auteur de biographies sur les illustres féministes des siècles passés (Olympe de Gouges, 1986 ; Pauline Roland ou Comment la liberté vint aux femmes, 1991), elle a cofondé, avec Claude Servan-Schreiber (épouse de Jean-Louis), le mensuel engagé F Magazine dont elle a été l’éditorialiste (1978-1980). Elle a également présidé la commission de terminologie pour la féminisation des noms de métiers (1984-1986). Membre du jury du prix Femina depuis 1982, elle a été promue au grade d’Officier de la Légion d’honneur.

« Pour construire sa vie, écrit-elle dans Histoire d'une évasion, il faut s’évader, casser les codes, les habitudes, les morales. Les barreaux repoussent, on n’en finit jamais. Aujourd’hui, je dois lutter pour exister comme femme vieillissante. » À chaque âge ses prisons et préjugés : Benoîte Groult n’aura eu de cesse dans son œuvre de défendre et de légitimer la dignité féminine.