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The Police

Groupe britannique de rock formé en 1976 par Gordon Sumner, alias Sting (chant, basse), Henri Padovani puis Andy Summers (guitare), Stewart Copeland (batterie).

À l'aube des années 1980, dans l'écho de la révolution punk, s'élève soudain le beat ultra-syncopé d'un trio (basse/guitare/batterie) qui ne ressemble à nul autre. The Police, à la croisée des chemins du rock, du punk et du reggae, propose un son radicalement neuf. En 1976, Gordon Sumner, alias Sting, chanteur et bassiste du groupe de fusion jazz Last Exit, rencontre à Newcastle un jeune batteur prodige, Stewart Copeland, qui assure déjà, du haut de ses seize ans, la batterie de Curved Air. Le reste appartient déjà à la légende. Avec un fougueux guitariste expatrié de 24 ans, Henri Padovani, le trio se constitue à Londres avant un premier single punk brouillon et explosif, Fall Out, publié sur le label Illegal Records. L'idée du nom « Police » est de Stewart Copeland, qui a grandi au Moyen-Orient, dans une atmosphère de roman de John Le Carré, avec un père qui flirtait avec les services secrets.

Reggae blanc. Dans la foulée de l'année 1977, le trio lance sa première rafle sur l'Europe en ouvrant les concerts des New-Yorkais Cherry Vanilla. Dans l'Hexagone, on se souviendra surtout de leur prestation-ravage au Gibus. Et cette France qui s'éprendra dès la première apparition de la patrouille de Sting continuera à jouer un rôle pivot dans sa carrière. Au cours d'un concert-réunion du groupe Gong à Paris, The Police rencontre Andy Summers, qui devient le quatrième homme du groupe. Mais, après le mythique Festival punk de Mont-de-Marsan, Henri Padovani jette l'éponge, et c'est désormais à trois que The Police s'apprête à pulvériser les charts. Au Surrey Sound Studio, ils enregistrent Roxanne en janvier 1978 et, grâce aux contacts de Miles, le single est signé par A & M. Ce sera le tout premier reggae blanc. Dans la foulée, le premier album Outlandos d'Amour est publié à l'automne. Et, pour mieux marquer les consciences, The Police s'affirme avec ses chevelures peroxydées. Mais c'est la musique avant tout qui révèle ce trio post-atomique. De l'éclatant So Lonely à l'ultra percutant Can't Stand Losing You, ils inventent leur métissage inédit de rasta groove mâtiné de rock. Avec l'aide du frère de Stewart, Ian, The Police s'embarque dans sa première tournée américaine, avec un budget misérable. Et le punk soft de Police va s'imposer à la fois grâce à la scène et par le réseau étudiant des radios universitaires américaines. En février 1979, les Policiers se retrouvent au Surrey Sound pour capitaliser avec leur nouvel album l'essai réussi de Outlandos d'Amour. Avec ses tubes imparables comme Message In The Bottle et Walking On The Moon, Regatta De Blanc, publié en octobre, est une longue lame de fond qui balaie la planète. L'été 1980 sera sous le signe de Police. D'abord, il y a la ressortie de Roxanne, qui les place un peu partout en haut des charts ; puis les hits successifs de Regatta De Blanc achèvent le blitzkrieg. La prestation de Sting dans le film Quadrophenia sera la cerise sur le gâteau du succès.

Sur le toit du monde rock. Sting, Summers et Copeland se produisent alors dans le monde entier, de Bombay à Tokyo, de Hong Kong à Prague, en passant par Moscou, Buenos Aires, Wellington et Sydney. Dès leur retour, ils enregistrent en Hollande Zenyatta Mondatta, le troisième épisode de leurs palpitantes aventures vinyliques. Les titres les plus marquants en seront Don't Stand So Close To Me et De Do Do Do, De Da Da Da. Début 1981, le groupe culmine sur le toit du monde rock. En juin, les trois s'envolent pour Montserrat, une île des Caraïbes où George Martin a monté son fameux Air Studio. Et c'est avec un nouveau producteur, Hugh Padgham, qu'ils enregistrent leur Ghost In The Machine, au titre inspiré de l'écrivain Arthur Koestler. Plus tourné vers les synthétiseurs, moins rock, sans doute plus « intellectuel » aussi, l'album marque une nette évolution dans la fusion de Police. Et, avec le Invisible Sun, inspiré des événements en Irlande du Nord, Police jette un nouveau regard, plus politique, sur le monde. Le cocktail subjugue invariablement et Police s'embarque à nouveau entre ivresse des hit-parades et frissons des tournées géantes. Sting flirte encore un peu plus avec le 7e Art pour son premier grand rôle dans le film Brimstone and Treacle. Et tandis qu'Andy s'associe avec l'ex-King Crimson, Robert Fripp, pour un projet solo, Stewart Copeland, de son côté, signe avec l'ex-Wall Of Voodoo, Stan Ridgway, la B.O. du film Rumble Fish de Francis Ford Coppola. Fin 1982, The Police se retrouve à Montserrat pour Synchronicity, leur ultime collaboration studio qui sortira à l'été 1983. Un dernier hit en forme de testament avec Every Breath You Take et Police monte au firmament de sa carrière, égalant les ventes de Michael Jackson et explosant les records de fréquentation des stades. Mais le ver est déjà dans le fruit. Sting s'embarque au Mexique pour un an de tournage du Dune de David Lynch. Toujours programmé mais repoussé sur les prévisions de sorties A & M, le prochain Police ne sera jamais publié.

Solos. Tandis qu'Andy renoue avec Robert Fripp pour une nouvelle collaboration, Stewart enregistre en Afrique son premier disque solo, The Rythmatist. Le groupe se retrouve pourtant sur scène à l'occasion d'un concert pour Amnesty International, dont Sting est déjà un fervent supporteur. De même, le chanteur de Police milite-t-il de plus en plus en faveur de la nature et des causes de peuples menacés. Mais lorsque, en 1985, il publie l'album solo jazzy Dream Of The Blue Turtle, il est évident que Police s'est discrètement autodétruit. Une poignée de compilations, une imparable intégrale et surtout un double CD live posthume publié en 1995 achèvent la discographie, mais, malgré le succès de Sting, la légende de Police continue de pulser son cœur reggae dans l'écho de ses « Iye hoo » … à jamais.