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Zazie dans le métro

Comédie burlesque de Louis Malle, avec Catherine Demongeot (Zazie), Philippe Noiret (l'oncle Gabriel), Vittorio Caprioli (Trouscaillon), Jacques Dufilho (Gridoux), Hubert Deschamps (Turandot), Carla Marlier (Albertine), Annie Fratellini (Mado), Yvonne Clech (la veuve Mouaque), Antoine Roblot (Charles).

  • Scénario : Louis Malle, Jean-Paul Rappeneau, d'après le roman de Raymond Queneau
  • Photographie : Henri Raichi
  • Décor : Bernard Evein
  • Musique : Fiorenzo Carpi
  • Montage : Kenout Peltier
  • Production : prince Napoléon Murat (N.E.F.)
  • Pays : France
  • Date de sortie : 1960
  • Son : couleurs
  • Durée : 1 h 31

Résumé

En compagnie de sa mère, Zazie, une gamine de dix ans, débarque à Paris, gare de Lyon, où l'attend son tonton Gabriel avec qui elle passera trente-six heures. À cause de la grève du métro, son oncle l'entraîne vers le taxi de son ami Charles. Dépitée, Zazie lance : « Ah ! les vaches, me faire ça à moi ! » et monte à regret dans la voiture. Gabriel joue au guide et lui signale les principaux monuments de Paris. Zazie s'en « contrefout », elle veut voir le métro. La hardiesse de son vocabulaire ponctué d'un « mon cul ! » stupéfie les deux hommes et Albertine, la femme de Gabriel. Le cordonnier Gridoux et le bistrotier Turandot, décontenancés par l'expression favorite de Zazie, la reprennent vite à leur compte. Le lendemain, la mouflette, devant une bouche de métro fermée, éclate en sanglots. Plus tard dans la nuit, avec Gabriel, la veuve Mouaque, Gridoux et Turandot, elle se retrouve dans une brasserie où des hommes armés, vêtus de chemises noires, mettent tragiquement fin à la fête. Au petit matin, Albertine conduit Zazie au train de « six heures soixante ». Sa mère lui demande : « Alors, t'as vu le métro ? Non, répond-elle. Qu'as-tu fait ? J'ai vieilli ».

Commentaire

La grande fête du mélange des genres

À l'époque de la Nouvelle Vague, après Ascenseur pour l'échafaud et les Amants, Louis Malle change de cap et adapte le roman jovial et cérébral de Raymond Queneau dont il conserve en gros les dialogues, les personnages et les situations. Avec le concours du scénariste Jean-Paul Rappeneau – excellent gagman de surcroît – Louis Malle subvertit « l'essence même du langage cinématographique ». Avec originalité et invention, il mêle genres (dessin animé, comédie, burlesque), styles (réaliste, onirique), et procédés narratifs (ralenti, accéléré, métaphores, ellipses) pour casser la logique de l'espace-temps et pour créer le Paris chaotique et insolite que découvre Zazie. De ce brillant hommage à Mack Sennett et à W.C. Fields, on garde en mémoire le rythme époustouflant de la visite de la tour Eiffel et des numéros de voltige de l'oncle Gabriel, et la folle course-poursuite au milieu des gigantesques embouteillages de la capitale, un jour de grève du métro.

À dessein, Louis Malle a rajeuni Zazie de quatre ans et en a fait une sorte d'« Alice » au pays des adultes. Ni petite fille modèle ni bon petit diable, Zazie ne s'en laisse pas compter. Elle questionne les grands et exige des réponses. Si pour elle les enfants ne naissent pas dans les choux, elle ignore ce qu'est un « hormosessuel ». L'explication d'Albertine : « un homme qui met des bloudjinnzes » ne la convainc pas. Zazie dans le métro est le premier portrait d'enfant de l'œuvre de Louis Malle. On y sent un respect pour cet âge et une complicité relationnelle qui annoncent le Souffle au cœur, la Petite (Pretty Baby) et Au revoir les enfants. À la Vidéothèque de la Ville de Paris, aujourd'hui, Zazie dans le métro est le film le plus vu. L'itinéraire touristique du Paris de Raymond Queneau revu par Louis Malle plaît toujours, et pas seulement aux enfants.