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Scarface

Scarface

Film policier de Howard Hawks, avec Paul Muni (Tony Camonte, alias Scarface), Ann Dvorak (Cesca), Karen Morley (Poppy), George Raft (Guido Rinaldo), Osgood Perkins (Johnny Lovo), Boris Karloff (Gaffney), C. Henry Gordon (Guarino), Vince Barnett (Angelo).

  • Scénario : Ben Hecht, Seton A. I. Miller, John Lee Mahin, William Riley Burnett, Fred Pasley, d'après le roman d'Armitage Trail
  • Photographie : Lee Garmes, L. William O'Connell
  • Décor : Harry Olivier
  • Musique : Adolph Tandler, Gustav Arnheim
  • Montage : Edward D. Curtis
  • Production : H. Hawks et Howard Hughes (The Caddo Company [M.F.B.]/Atlantic Picture)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1932
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 39

Résumé

À Chicago, vers 1920, en pleine prohibition, le jeune et ambitieux Italien Tony Camonte, devenu garde du corps de Johnny Lovo, caïd du district Sud, élimine ses concurrents, puis, secondé par Guido Rinaldo, prend la tête du gang, s'appropriant du même coup l'ex-maîtresse de Lovo, la blonde Poppy. Mais la grande faiblesse de Tony, c'est sa sœur Cesca, une brune provocante qu'il protège des autres hommes avec une jalousie féroce et trouble. Lorsqu'il la découvre chez Rinaldo, il abat immédiatement ce dernier avant qu'elle ait eu le temps de lui apprendre qu'ils venaient de se marier. La police dispose enfin d'une preuve contre Tony et peut l'inculper. Tony se retranche avec Cesca dans son appartement aux volets blindés. Mais lorsque sa sœur est tuée par une balle, Tony perd tout contrôle et affronte les policiers : il est abattu.

Commentaire

Le modèle du film de gangsters

Venant à la suite des Nuits de Chicago (Sternberg), le Petit César (LeRoy) et les Carrefours de la ville (Mamoulian), c'est le modèle du film de gangsters qui connaîtra le succès que l'on sait. Il s'inspire, pour l'aspect social, de la carrière d'Al Capone et, pour les rapports entre Tony et sa sœur, de ceux de César et Lucrèce Borgia. Son actualité et son réalisme lui valurent à la fois l'admiration méfiante de Capone lui-même et des ennuis avec la censure en raison de sa violence et du motif incestueux.

Hawks décrit les gangsters comme de grands enfants irresponsables qui jouent avec de vraies armes, de vraies balles et de vrais morts. Ils rejoignent, sur le mode tragique, les chasseurs de fauves de Hatari ! ou les pilotes de course de Ligne rouge 7000, ce que le film signifie à l'aide d'éléments purement ludiques : la pièce avec laquelle joue Rinaldo, les croix qui marquent chaque mort. Le héros a conservé les valeurs qui fondèrent l'esprit pionnier américain sans se rendre compte que le monde, autour de lui, a changé : la conquête de l'espace est achevée, mais il veut l'ignorer. Il est peu à peu détruit par son manque de lucidité, écrasé par sa propre immobilité, qu'il compense par une agitation vaine et néfaste : incapable d'accepter l'évolution naturelle, il s'y oppose par la force. Loin d'être un bâtisseur, il ne trouve plus son plaisir que dans la destruction puis, quand tout lui échappe, dans l'autodestruction. De là l'atmosphère constante d'oppression rendue par l'éclairage quasi expressionniste, les cadrages serrés dans des lieux clos et étouffants. La morale sourd de la seule description. Du grand art !