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social-démocratie scandinave

Martti Ahtisaari
Martti Ahtisaari

Ensemble des partis sociaux-démocrates de Scandinavie, qui se constituent à la fin du xixe siècle.

Ils ont tous exercé le pouvoir ou y ont étroitement participé, seuls ou en coalition avec d’autres formations politiques. Les partis danois, suédois et finlandais ont connu une érosion sensible de leur base électorale au cours des années 2000-2010.

1. Le Danemark

Le parti social-démocrate (Socialdemokratiet) trouve son origine dans l’Union internationale des travailleurs du Danemark, fondée en 1871 comme section de la Iere Internationale. Les sociaux-démocrates adoptent leur premier programme (de Gimle) en 1876 – fortement influencé par celui de Gotha du SPD allemand (mai 1875) – et fondent en 1878 un parti, séparé des syndicats mais étroitement lié à ces derniers. Il fait élire ses premiers députés en 1882 et évolue alors vers le réformisme, devenant dès 1913 le premier parti du pays en nombre de voix. Son chef, Thorwald Stauning, est Premier ministre entre 1924 et 1927 et retrouve ce poste en 1929.

Tandis que le parti obtient en moyenne plus de 37 % des suffrages entre les années 1920 et 1940, des lois sociales sont votées et le gouvernement se prononce pour une politique étrangère pacifiste. À la suite de l’occupation du Danemark par les Allemands à partir du mois d’avril 1940, le cabinet Stauning demeure en place de 1940 à 1942 et les sociaux-démocrates font partie des gouvernements d’union nationale – ou les dirigent avec Vilhelm Buhl – en 1942-1943 puis à la Libération.

Après le gouvernement libéral de Knud Kristensen (1945-1947), le parti (avec les Premiers ministres Hans Hedtoft, C. H. Hansen, Viggo Kampmann, Jens Otto Krag et Anker Jørgensen) retrouve le pouvoir à la tête de gouvernements homogènes ou de coalition avec les libéraux-radicaux de manière quasiment ininterrompue jusqu’en 1982, les parenthèses conservatrices-libérales étant celles de 1950-1953, 1968-1971 et 1973-1975.

À partir de 1993, après un long intermède de dix ans pendant lequel des gouvernements de droite affrontent la crise par une politique de privatisation et d’austérité, le parti revient au pouvoir, en alliance avec les démocrates du centre et les libéraux-radicaux (avec Poul Nyrup Rasmussen), avant d’être relégué dans l’opposition après sa défaite aux élections de 2001 à l’issue desquelles il recule de 36 % à 29 % des voix. Ne parvenant pas à le redresser en 2005 (25,8 % des suffrages), Mogens Lykketoft démissionne de la présidence du parti pour être remplacé par Helle Thorning Schmidt, première femme à prendre la direction du parti qui perd toutefois encore deux sièges en 2007 tandis que progresse sur sa gauche le parti socialiste du Peuple.

En 2011, malgré le léger recul de ces deux partis, la coalition de centre gauche l’emporte de justesse grâce au ralliement du parti pivot des libéraux-radicaux et la progression de l’ « alliance rouge-verte », fondée en 1989 par trois petits partis de gauche.

Pour en savoir plus, voir l'article Danemark : histoire.

2. La Finlande

Créé en 1899, le parti social-démocrate (Suomen Sosialdemokraattinen Puolue), mène la lutte en faveur de réformes sociales mais également pour l'autonomie de la Finlande.

Au début du xxe siècle, implanté notamment chez les petits fermiers, davantage encore que dans les autres pays scandinaves, il connaît un important développement et remporte la majorité absolue des sièges aux élections parlementaires de 1916 avec plus de 47 % des voix. En 1917, le parti se radicalise sous l'influence des révolutions russes (→ 1905, 1917). En janvier 1918, un gouvernement révolutionnaire s'installe à Helsinki, mais il est écarté par les Gardes blancs de Mannerheim et des troupes allemandes. C'est alors que son aile gauche fait scission et crée le parti communiste finnois à Moscou (août 1918).

Malgré la « terreur blanche », la social-démocratie retrouve une part de son influence en 1919 et reste le premier parti jusqu’à la guerre (frôlant 40 % des voix en 1939) tandis que les communistes – qui créent le parti ouvrier socialiste en 1920 – sont mis hors la loi. Les sociaux-démocrates accèdent au pouvoir pour la première fois en 1926-1927 à la tête d’un gouvernement minoritaire puis demeurent dans l'opposition jusqu’en 1937 et forment alors le premier gouvernement de coalition « rouge-terre » avec le parti agrarien.

Après la guerre, le parti se reconstitue et redevient jusqu’en 2003, quasiment sans interruption (à l’exception des élections législatives de 1962 et de 1991) la première force politique du pays, avec 23 %-27 % des suffrages, devant le parti agrarien, rebaptisé parti du Centre en 1965 (KESK), les conservateurs de la Coalition nationale (Kansallinen Kokoomus, KOK) et les communistes de la Ligue démocratique du peuple finlandais (SKDL) constituée après la guerre puis intégrée dans l’Alliance de gauche en 1990.

Dans les années 1950, il participe notamment à trois des cinq cabinets dirigés par le centriste Urho Kaleva Kekkonen puis revient à la tête de gouvernements de centre gauche ou de coalition élargie à partir de 1966 : Rafael Kustaa Paasio (1966-1968, où sont intégrés les communistes pour la première fois depuis 1948, gouvernement minoritaire en 1972), Mauno Koivisto (1968-1970 ; 1979-1981), Kalevi Sorsa (1972-1975 ; 1977-1979 ; 1982-1987).

En 1987-1991, les sociaux-démocrates participent au gouvernement de Harri Holkeri (KOK) puis, après avoir obtenu leur meilleur résultat depuis 1945 (28,3 % des suffrages) reprennent la tête du gouvernement en 1995 avec Paavo Lipponen dans une coalition « arc-en-ciel » rassemblant l’Alliance de gauche, les Verts, le parti de la minorité suédoise et le KOK – reconduite en 1999 – avant la reconstitution d’une alliance « rouge-terre » avec le parti du Centre en 2003. En 1982, M. Koivisto est élu président de la République. En 1994, un autre social-démocrate, Martti Ahtisaari, premier président élu au suffrage universel, lui succède puis laisse sa place en 2000 à Tarja Halonen, également candidate du parti et réélue en 2006. Distancé de quelque 6 000 voix par le KESK en 2003, le parti social-démocrate n’est finalement relégué à la troisième place derrière le parti du Centre et le KOK qu’aux élections législatives de 2007 et reprend alors la tête de l’opposition avant de retrouver sa deuxième place à la suite de la défaite du KESK et la percée de l’extrême droite entrant alors dans une nouvelle coalition « arc-en-ciel » en 2011.

Pour en savoir plus, voir l'article Finlande.

3. L'Islande

Fondé en 1916, le parti social-démocrate islandais n’eut jamais l’influence de ses homologues dans les autres pays scandinaves. Soutenu surtout par les classes moyennes urbaines, il a été concurrencé par l’Alliance du peuple liée davantage à la classe ouvrière et aux syndicats, créée en 1956 par le parti socialiste – issu de la scission communiste de 1930 – et quelques dissidents de gauche du PSD à laquelle se joint en 1963 le parti de la Préservation nationale.

Il participe toutefois à plusieurs reprises à des gouvernements de coalition à géométrie variable : avec le parti de l’Indépendance et le parti socialiste (1944-1946), seul avec le parti de l’Indépendance (1959-1971 ; 1991-1995), avec ce dernier et le parti du Progrès (1947-1949 ; 1987-1988) ou encore avec l’Alliance du Peuple et le parti du Progrès (1978-1979 ; 1988-1991).

Il est également à la tête d’éphémères gouvernements minoritaires avec Stefán Yaldi Emil Jónsson (décembre 1958-novembre 1959) et Benedikt Sigurðsson Gröndal (octobre 1979-février 1980). Représentant entre 10 % et 15 % de l’électorat, il obtient 22 % des voix en 1978 – son niveau le plus élevé –, avant de nouer en 1999 une alliance avec son grand rival socialiste, le groupe dissident « Éveil de la nation », cofondé en 1994 par Jóhanna Sigurdardóttir dans ses propres rangs, ainsi qu’avec le parti des Femmes.

L’Alliance social-démocrate, transformée en parti en mai 2000, remporte ainsi une victoire historique aux élections législatives de 2009 avec près de 30 % des voix. J. Sigurdardóttir, qui a pris la tête de l’alliance, est alors nommée à la tête d’un gouvernement de coalition avec les Verts. Élue en pleine crise financière qu’elle réussit à juguler, cette coalition est cependant battue en 2013.

Pour en savoir plus, voir l'article Islande.

4. La Norvège

Fondé en 1887, le parti travailliste norvégien (Norske Arbeiderpartiet) affirme aussitôt son orientation sociale-démocrate. Réunifié en 1927 après une scission provoquée par son adhésion à la IIIe Internationale communiste en 1919-1923, le parti, devenu réformiste, accède à la direction du gouvernement avec Christopher Andersen Hornsrud en 1928 mais ce cabinet ne dure que deux semaines.

Les travaillistes accèdent véritablement au pouvoir en 1935 avec Johan Nygaardsvold qui reste Premier ministre du gouvernement d’union nationale en exil à Londres pendant l’occupation allemande et le régime pronazi instauré par Vidkun Quisling.

Après la guerre – à l’exception d’un bref intermède conservateur en 1963 – ils sont à la tête du gouvernement jusqu'en 1965 avec notamment Einar Gerhardsen (1945-1951 ; 1955-1965). Rassemblant dans ses périodes les plus fastes autour de 35 %-45 % des voix et jusqu’à 48,3 % en 1957, le parti revient au pouvoir dans les années 1970 (avec un cours passage dans l’opposition en 1972-1973).

En 1981, Gro Harlem Brundtland est la première femme à accéder au poste de Premier ministre mais doit laisser la place après quelques mois à une coalition de droite avant de retrouver son poste en 1986-1989 puis en 1990-1996. Les travaillistes doivent alors céder le pouvoir au chrétien-démocrate Kjell Magne Bondevik en 1997-2000 ainsi qu’en 2001-2005 après leur défaite historique aux élections de 2001 : 24,3 % des voix, leur résultat le plus bas depuis 1927.

Toutefois, en 2005, avec 32,7 % des suffrages, ils regagnent une partie de leur électorat et Jens Stoltenberg forme son second cabinet (après celui de 2000-2001) à la tête d’un gouvernement de coalition dite « rouge-verte » formé des travaillistes, des socialistes et des centristes. Ce dernier est reconduit après un nouveau succès (35,5 % des suffrages) enregistré par le parti aux élections de 2009 mais doit s’incliner en 2013 face aux conservateurs tout en restant la première force politique du pays.

Pour en savoir plus, voir l'article Norvège.

5. La Suède

Créé en avril 1889 à Stockholm, le parti social-démocrate suédois (Socialdemokratiska Arbetarepartiet) est originellement étroitement lié aux syndicats dont il prône le développement afin qu’ils s’érigent en contre-pouvoir face aux détenteurs du capital (manifeste de 1882 fortement influencé par le programme de Gimle du parti danois).

Organisé à partir de 1898 par la puissante confédération LO, le mouvement syndical devient ainsi le principal soutien du parti dont la vision politique est d’emblée gradualiste et réformiste même si l’objectif final reste la propriété collective des moyens de production. Donnant la priorité à la consolidation de la démocratie parlementaire, il fait élire son premier représentant à la Chambre basse en 1896 : Hjalmar Branting, co-fondateur puis président du parti à partir de 1907 jusqu’à sa mort en 1925. La journée de 8 heures, l’interdiction du travail des enfants, l’instauration d’un impôt progressif sur le revenu et le suffrage universel – effectif en 1909 pour les hommes et en 1921 pour les femmes – sont alors parmi les revendications de son programme de 1897.

N’hésitant pas à s’allier aux libéraux, il entre pour la première fois au gouvernement en 1917. Rassemblant dès cette année plus de 39 % des suffrages, il devient le premier parti du pays, prenant la tête des gouvernements dès le début des années 1920 avec H. Branting (1920, 1921, 1924) et Rickard Sandler (1925). Après un intermède conservateur en 1928-1932, il revient au pouvoir pour ne plus le quitter (à l’exception d’une très brève parenthèse en 1936) jusqu’en 1976 – avec Albin Hansson, Tage Erlander et Olof Palme – bâtissant le « modèle suédois » d’État providence.

Oscillant autour de 44 %-47 % – jusqu’à 53 % en 1940 et 50 % en 1968 – il n’a la majorité absolue des sièges qu’en 1941-1949 et 1969-1971 et doit ainsi trouver un soutien au Parlement auprès d’autres partis : le parti paysan (parti du Centre à partir de 1957) – avec lequel il gouverne en 1936-1940 et en 1951-1957 – le parti de gauche (communistes) ou les Verts, représentés à la Chambre à partir de 1988.

La longue domination sociale-démocrate connaît un premier essoufflement au début des années 1970 tandis que l'opposition de droite se renforce. Aux élections de 1976, le parti ne rassemble « que » 42,7 % des suffrages et laisse la place à une coalition de centristes, conservateurs et libéraux mais après avoir obtenu 45,6 % des voix, il revient au pouvoir dès 1982 avec le deuxième gouvernement Palme, puis, après l'assassinat de celui-ci, en 1986, Ingvar Carlsson. Affrontant la crise du « modèle suédois », il doit cependant adopter des mesures impopulaires de restriction budgétaire tandis que l’électorat devient plus volatile.

Contraint d'abandonner le pouvoir après sa défaite de 1991 – 37,7 % des voix – il laisse le pouvoir au conservateur Carl Bildt et s’il retrouve la direction du gouvernement à l'issue des élections de 1994 où il remporte 45,3 % des suffrages (gouvernements Carlsson puis Göran Persson) son poids électoral s’effrite les années suivantes pour se réduire à 30,6 % en 2010, son niveau le plus bas depuis 1914. De nouveau dans l’opposition, il élit pour la première fois à sa présidence une femme, Mona Sahlin, en 2007-2011.

Pour en savoir plus, voir l'article Suède : vie politique depuis 1907.