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parti communiste allemand

Parti politique allemand né le 30 décembre 1918 de la fusion des spartakistes et des groupes léninistes de Brême, Dresde, Hambourg, etc.

1. Le parti sous la République de Weimar

Réunis en congrès du 28 décembre 1918 au 1er janvier 1919, les spartakistes avec le soutien de divers groupes, comme les communistes de Brême et les Revolutionäre Obleute « Délégués révolutionnaires », une organisation syndicale puissamment implantée à Berlin, fondent le parti communiste d'Allemagne (Ligue Spartakus), en allemand Kommunistische Partei Deutchlands (Spartakus Bund). Les deux principaux leaders Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg tombent presque aussitôt lors d'un affrontement avec l'armée à Berlin lors de la révolte spartakiste.

Après avoir participé avec d'autres partis à la république des conseils de Bavière (avril 1919), le KPD fusionne avec le parti social-démocrate indépendant (USPD) et devient le parti communiste d'Allemagne unifié (décembre 1920). C'est un parti de masse de plus de 300 000 adhérents. .

En 1923, il prend une part notable à la lutte contre l'occupation de la Ruhr et participe aux gouvernements ouvriers de Saxe et de Thuringe (socialistes de gauche et communistes), qui sont déposés par l'armée. Par solidarité, les communistes de Hambourg déclenchent, sous la direction d'Ernst Thälmann, une grève générale insurrectionnelle, désavouée par la direction du parti. Celle-ci passe ensuite sous l'autorité de la tendance de gauche de R. Fischer et de A. Maslow et se stabilise en 1925 avec l'accession au secrétariat d'Ernst Thälmann, qui a la confiance de l'Internationale communiste

Pour en savoir plus, voir l'article République de Weimar.

2. Cible du nazisme

Face au nazisme ascendant, le parti crée une organisation d'autodéfense (le Front rouge des combattants) et s'oppose aux SS de Hitler. Mais il commet l'erreur de ne pas considérer le national-socialisme comme le principal ennemi et néglige la bourgeoisie paupérisée sensible à l'hitlérisme.

En novembre 1932, le KPD, en pleine ascension, rassemble 5 980 000 suffrages (16,9 % des suffrages exprimés). L'accession légale de Hitler au pouvoir comme chancelier le 30 janvier 1933 ne suscite pas de sa part d'opposition de type insurrectionnel. L'incendie du Reichstag (27 février 1933) est le prétexte de l'arrestation de milliers de communistes, puis de la dissolution du parti au mois de mars.

Durant la période hitlérienne (1933-1945), le KPD, cible privilégiée de la Gestapo, n'en est pas moins la seule force politique organisée à mener la lutte politique sur le sol allemand, mais il ne peut parvenir à nouer avec le parti social-démocrate (→ Sozialdemokratische Partei Deutschlands (SPD) des accords de Front populaire.

3. De l'après-guerre à aujourd'hui

À la chute du IIIe Reich, le KPD se reconstitue dans les quatre zones d'occupation. En zone d'occupation soviétique, il provoque en avril 1946, sous la pression des autorités soviétiques, sa fusion avec le SPD, donnant ainsi naissance au parti socialiste unifié d'Allemagne (Sozialistiche Einheitspartei Deutschlands, SED). La fusion est interdite dans les zones d'occupation occidentales, où, dans le contexte de la guerre froide, le KPD voit son électorat considérablement diminuer.

Tandis que le SED devient en RDA le parti dirigeant, le KPD est interdit en RFA, en 1956, mais poursuit une activité clandestine. En 1968, il se transforme en parti communiste allemand (Deutsche Kommunistische Partei, DKP), reconnaissant la constitution de la République fédérale. Redevenu légal, il n'obtient de succès électoraux, très relatifs, que dans quelques villes universitaires. Il représente une force politique insignifiante avec 3 600 voix aux législatives de 2002.

À l'Est, lors d'un congrès extraordinaire convoqué en décembre 1989 pour réagir aux révolutions démocratiques de 1989, le SED, présidé par Gregor Gysi, se transforme en SED-PDS, avant de disparaître en 1990 au profit du seul PDS (Partei des Demokratischen Sozialismus), parti du socialisme démocratique.

Ce dernier – force politique régionale dans les nouveaux Länder de l'Est où il participe au pouvoir dans le cadre de plusieurs coalitions avec le SPD (Mecklembourg-Poméranie occidentale, Berlin) – réussit à se profiler comme alternative à la gauche sociale-démocrate lors des élections anticipées du 18 septembre 2005 en s'alliant, dès juillet, à une initiative (l'Alternative électorale travail et justice sociale – ou WASG) de sociaux-démocrates et de syndicalistes déçus par la politique sociale du gouvernement Schröder. Afin de symboliser cette alliance, le PDS devient le Linkspartei (parti de la Gauche). Emmenée par G. Gysi (PDS) et Oskar Lafontaine, démissionnaire du SPD en mai, l'alliance Linkspartei-PDS obtient 8,7 % des suffrages aux élections législatives et, forte de 53 députés, devient la quatrième formation politique au Bundestag.

Réunis en deux congrès parallèles à Dortmund le 25 mars 2007, les délégués du Linkspartei et de la WASG votent à une très large majorité le principe de leur fusion : le Linkspartei se dissout le 16 juin 2007 pour former un nouveau parti de la gauche radicale, Die Linke (La Gauche), coprésidé par O. Lafontaine et par Lothar Bisky.

Pour en savoir plus, voir l'article histoire de l'Allemagne.