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climat : les climats du monde

Désert de Gobi
Désert de Gobi

Les zones froides de la Terre se situent autour des pôles. Le Soleil y est bas tout le long de l’année et le froid permanent. Toundra et étendues de neige et de glace en sont les paysages caractéristiques.
Les zones tempérées de la Terre se situent dans chaque hémisphère entre le tropique et le cercle polaire. Les températures baissent quand on s’approche du second. Le Soleil est haut dans le ciel l’été et bas, l’hiver. On distingue, à proximité du tropique, le climat méditerranéen avec des hivers doux et des étés secs et chauds. En bordure des mers et océans, un climat océanique, relativement doux en hiver et moins chaud que le méditerranéen l’été, est très pluvieux et caractérisée par des paysages de prairies et de forêts de feuillus. On trouve un climat continental à l’intérieur des terres aux étés chauds mais aux hivers rudes. La prairie, la steppe et la taïga sont des paysages naturels de ce climat.
Les zones chaudes sont principalement situées autour de l’équateur entre les tropiques ou à leur proximité. Dans cette zone, le Soleil est toujours haut dans le ciel et il fait chaud pendant toute l’année. Le climat équatorial se caractérise par des pluies abondantes tout le long de l’année. La forêt dense constitue le paysage naturel de cette région. Le climat tropical se caractérise par l’irrégularité des pluies. La forêt claire et la savane en sont le paysage type. Plus on s’éloigne de l’équateur plus on accède à un climat sec, puis aride caractérisé par l’extrême rareté des pluies. La steppe et les étendues de sables en sont les paysages types.
Le climat montagnard caractérise les zones situées en altitude avec un enneigement toute une longue partie de l’année.

La climatologie a pour objectif de décrire, d'analyser et d'expliquer les climats dans leur répartition spatiale. Le climat est donc ainsi défini comme l'état moyen de l'atmosphère (température, pluviométrie, humidité) en un lieu donné, considéré dans sa succession habituelle.

1. La mosaïque climatique : zones et zonation

Les facteurs cosmiques et planétaires déterminent un découpage en grandes zones (zonation) : zones thermiques (hautes latitudes froides, basses latitudes chaudes, etc.), zones dynamiques (anticyclones subtropicaux, etc.), zones d'affrontement (front polaire, convergence intertropicale) et, enfin, les zones d'humidité (tendances pluviométriques à l'emplacement des affrontements, d'où pluies aux latitudes moyennes et aux basses latitudes).

Des facteurs géographiques introduisent des altérations dans ce schéma zonal suscité par les facteurs cosmiques et planétaires. Il s'ensuit des anomalies thermiques et pluviométriques. La finesse de la compréhension augmente à mesure que l'espace décrit se réduit.

1.1. Les climats zonaux

A cette échelle, on distingue le climat des régions tempérées et froides, où le bilan radiatif annuel est déficitaire, et le climat des régions intertropicales, où il est excédentaire.

1.2. Les climats régionaux

Les climats régionaux concernent une échelle spatiale de quelques centaines de milliers à quelques millions de kilomètres carrés. Leur extension est liée aux grands mouvements de l'atmosphère, tels les anticyclones. A cette échelle, l'influence des grands massifs montagneux est prise en compte. Pour la compréhension des traits climatiques majeurs du globe, cette échelle est cohérente.

1.3. Les climats locaux

Les climats locaux dépendent du climat régional mais aussi de la topographie ou du bilan radiatif local. Une forêt, une agglomération ou un littoral peuvent connaître un climat spécifique. A cette échelle, les reliefs ont un rôle important, car ils canalisent les masses d'air et favorisent la formation des brises.

1.4. Les microclimats

L'extension des microclimats varie de quelques mètres à quelques centimètres. Ils sont étroitement dépendants de l'énergie solaire et des mouvements de l'air de faible amplitude. Ainsi, dans une forêt, le sous-bois sera plus frais que le sommet des arbres.

2. Le climat polaire : un froid permanent

Les climats polaires respectent assez bien l'organisation zonale, surtout dans l'hémisphère Sud. Les conditions climatiques sont donc comparables autour des deux pôles. Aux hivers arctiques longs et froids s'opposent les étés courts et frais. Cette région reçoit, en effet, peu de rayonnement solaire en raison de son inclinaison par rapport à la zone intertropicale (où le soleil est au zénith). En hiver, le soleil n'apparaît jamais (au pôle Nord, cette saison dure théoriquement six mois). Les températures sont le plus souvent inférieures à − 10 °C, et n'approchent 0 °C au pôle Nord qu'en juillet et août. La moyenne du mois le plus chaud est inférieure à 10 °C. Aucune journée n'est à l'abri des gelées. Dans l'Antarctique, cette isotherme suit grossièrement le 50° parallèle.

2.1. Le froid hivernal

Le froid qui sévit pendant le long et rigoureux hiver (moyennes mensuelles souvent inférieures à − 10 °C ou même − 20 °C) conditionne toute la vie. Il explique :
– la présence d'un sol gelé jusqu'à une grande profondeur, même sous les fonds marins ;
– la durée du manteau nival ;
– l'importance d'une banquise (palustre, lacustre, fluviale et côtière) interdisant l'écoulement superficiel pendant près de 200 jours par an ;
– la persistance d'inlandsis (au Groenland, en Antarctique) et de calottes insulaires (Spitzberg, île de Baffin, etc.) dont les émissaires donnent naissance à des icebergs de petites dimensions.

2.2. Des précipitations faibles

Le monde polaire est touché par la sécheresse et ne connaît en général pas plus de 200 mm de précipitations par an (le plus souvent sous forme de neige), qui se produisent surtout en été. Le cœur de l'Arctique est le siège d'un anticyclone qui confère une certaine aridité à cette région. Véritable désert froid, elle ne reçoit – sauf exceptions localisées – que 250 mm de précipitations annuelles en moyenne, le plus souvent sous forme de neige. La présence de l'inlandsis du Groenland et l'important volume de glaces océaniques contribuent à maintenir des températures froides tout au long de l'année, bien que les franges côtières se réchauffent quelque peu durant le court été.

Cependant, des perturbations atlantiques remontent les côtes toute l'année en apportant vents, brouillards et neiges : les régions polaires océaniques (côte occidentale du Groenland, nord de l'Alaska, de la Finlande et de la Russie d'Europe) connaissent un climat moins rude et des précipitations plus abondantes : de 300 à 500 mm par an.

2.3. Des vents parfois brutaux

Les calmes sont imposés par les conditions anticycloniques, qui alternent il est vrai avec des moments de grande turbulence liés au passage de dépressions. D'où le blizzard de l'Antarctique et du Grand Nord canadien, la purga sibérienne, etc. Les régions montagneuses et englacées, c'est-à-dire le continent austral et le Groenland, subissent des vents de gravité. Ceux-ci, brutaux mais pelliculaires (vents catabatiques), résultent de l'air lourd, parce que froid, glissant sur les pentes.

2.4. Des températures minimales très basses

Vostok, au coeur de l'Antarctique oriental, a les plus basses températures moyennes de la Terre (– 56 °C) et détient le record mondial de la température la plus basse avec – 89,2 °C, enregistrée le 21 juillet 1983. Des températures minimales atteignant − 70 °C ont été enregistrées au Groenland et à Verkhoïansk, en Sibérie. Bien que les vents arctiques soient moins fréquents et moins puissants qu'au pôle Sud, les zones côtières peuvent être balayées par des tempêtes.

2.5. La nuit polaire

La nuit polaire dure environ cinq mois, puis vient une période de un mois où le jour et la nuit sont en alternance. Au début, les jours sont très courts, puis ils s'allongent progressivement pour durer 24 heures : c'est alors que commence le jour polaire, qui dure environ cinq mois. Ce schéma est totalement inversé en Antarctique, l'autre terre polaire.

2.6. L'Antarctique

Autour des 12 millions de kilomètres carrés englacés de l'Antarctique et des 3 millions de kilomètres carrés de banquise permanente se présente un domaine maritime où les températures estivales passent au-dessus de 0 °C. Les températures hivernales restent sévères (d'où la banquise saisonnière). Au-delà, la masse océanique, qui comporte quelques groupes d'îles dont les Kerguelen, connaît un climat thermique moins rude. Les hivers dépassent en moyenne 0 °C, mais les étés demeurent frais (10 °C au plus). La zonalité thermique de l'Antarctique est donc remarquable. Elle est confirmée par la zonalité dynamique. Le continent, où règne, surtout sur le plateau oriental, une certaine stabilité anticyclonique, est entouré d'un domaine maritime dépressionnaire générateur de vents, de tempête et de mer agitée. Cependant, à la faveur des perturbations qui peuvent pénétrer dans l'Antarctique, des vents violents interviennent aussi sur terre (blizzard). Au demeurant, ces dépressions apportent fort peu de précipitations. Le continent austral est très sec.

2.7. L'Arctique

L'Arctique n'est pas organisé de façon aussi simple. On y trouve un domaine perpétuellement englacé et froid, l'espace maritime proche du pôle Nord et le coeur du Groenland, et un espace en partie maritime et en partie continental saisonnièrement pris par les glaces et le gel de surface. Il convient d'ajouter à cela l'océan libre situé au nord de la Norvège, où une transgression d'eaux chaudes et l'action de dépressions atmosphériques venues de l'Atlantique éliminent la glace de mer. Dans l'hémisphère Nord, les hautes latitudes s'organisent donc, du point de vue géographique, à l'inverse de la façon dont elles se présentent dans l'Antarctique. On se trouve en effet pour l'essentiel en présence d'un océan puissamment englacé, entouré par des terres. Bien que n'ayant pas d'été, celles-ci subissent une certaine alternance de gel et de dégel (toundra).

2.8. Le climat subpolaire

Les îles et les archipels de l'Arctique bénéficient de températures plus clémentes, mais la neige y est abondante : ce climat, géographiquement polaire mais climatologiquement plus clément, est le climat subpolaire.

3. Le climat continental : un hiver froid et long

Les climats continentaux s'étendent dans l'hémisphère Nord entre 45 ° et 65 ° de latitude, à l'intérieur et dans l'est des continents. L'hiver y est froid (– 6 °C en janvier à Moscou) et il dure longtemps. L'intensité du froid augmente et la quantité de neige diminue à mesure que l'on pénètre à l'intérieur des continents. Le ciel est souvent clair et le froid vif est renforcé par le couvert neigeux qui se met en place dès l'automne. Le printemps est court, mars est souvent froid. Les températures augmentent rapidement en avril et en mai. L'été est chaud et relativement pluvieux avec des courtes nuits tièdes (20 °C à Chicago). L'air est humide à cause de l'évaporation sur les immenses superficies de lacs et de marais créés par le fonte des neiges. L'automne, ainsi que le printemps, sont très brefs. Le coeur de l'Amérique du Nord et de l'Eurasie échappe à l'influence océanique : c'est le climat hypercontinental (comme à Iakoutsk). Le climat de l'est des continents est aussi très rude à cause de la proximité des courants marins froids : courant du Labrador en Amérique du Nord, Oyashio en Asie.

Les climats des hautes latitudes non polaires n'existent vraiment que dans l'hémisphère Nord. Ils sont eux aussi dominés par le canevas zonal (avec les immenses forêts de conifères s'étendant sur d'énormes espaces continentaux), taïga russe par exemple. Ils s'altèrent certes sur les marges océaniques, et de façon vigoureuse. Mais il n'y a là que des franges (Alaska, Norvège).

3.1. Le centre des continents : le climat continental

En hiver, il règne sur la Pologne et la Russie un temps froid, à caractère anticyclonique, le ciel restant souvent clair sur la campagne enneigée. A Varsovie, la moyenne des trois mois les plus sévères descend sous 0 °C, janvier accuse – 3,9 °C. La neige couvre le sol pendant près de trois mois, mais le ciel est souvent dégagé. Le contraste est très vif avec les températures de l'été, plutôt chaud (18,3 °C en juillet), venant après un printemps qui a éclaté brusquement. La chaleur estivale s'accompagne de l'effacement des hautes pressions. Elle est alors supérieure à celle des stations océaniques de l'Ouest européen. Il résulte de cela un assez fort écart thermique saisonnier (22,2 °C à Varsovie), ce qui est un trait de continentalité. Le rythme pluviométrique va dans le même sens, avec la sécheresse relative de l'hiver (essoufflement des dépressions atlantiques, présence de hautes pressions d'origine thermique) et les précipitations d'été, souvent orageuses : les jours de pluie sont peu nombreux, mais c'est pourtant en été que les précipitations sont le plus importantes.

Le climat continental typique de l'Europe orientale apparaît cependant dans la région de Moscou : – 9,4 °C en janvier, 5 mois en moyenne sous 0 °C, 175 jours de gel. L'été rappelle celui de Varsovie : 18,3 °C. Quant aux précipitations (neigeuses en hiver et à prédominance d'été), elles sont modestes (538 mm), ce qui confirme, avec le fort écart thermique saisonnier (27,7 °C), l'effet de continentalité. Plus à l'est, en Sibérie, les hivers deviennent très rigoureux (– 19 °C à Barnaoul en janvier) et s'étendent aux dépens du printemps et de l'automne, mais les températures de l'été sont élevées (19,5 °C en juillet).

3.2. Les intérieurs continentaux : le climat boréal

Le climat boréal est bien réalisé en Sibérie là où les influences maritimes n'arrivent pratiquement pas. Le type le plus expressif se rencontre, dans ce sens, en Sibérie orientale (Iakoutie). Les températures hivernales sont d'une grande sévérité. A Verkhoïansk, pôle du froid de l'hémisphère Nord et à la latitude du cercle polaire, janvier a une moyenne de – 50,6 °C. Ce froid est corrélatif de hautes pressions thermiques (anticyclone de Sibérie, analogue, toutes choses égales, à l'anticyclone canadien du Manitoba).

Mais, au contraire des latitudes polaires, l'été existe et il permet l'épanouissement bref et éclatant de la vie, mise l'hiver en hibernation. A Verkhoïansk, juillet atteint en moyenne 13,3 °C. Tobolsk, à l'est de l'Oural et en dispositions moins extrêmes, enregistre 18,9 °C en juillet (– 19,4 °C en janvier), mois plus chaud qu'à Londres. Il y faut ajouter le bénéfice que procurent aux plantes les longues heures d'illumination grâce à l'allongement des jours. L'hypercontinentalité explique la sécheresse : moins de 500 mm de précipitations par an, et, sur de grands espaces, moins de 250 mm, pour partie sous forme de neige. Les pluies cycloniques et de relief étant très restreintes dans ces régions éloignées des océans, une part importante des abats résulte de l'instabilité estivale, en accord avec la substitution de basses pressions aux hautes pressions de l'hiver. L'été est la période des précipitations majeures (juillet : 40,6 mm). Iakoutsk enregistre 188 mm par an. D'octobre à mai, il ne tombe pas plus de 12 mm d'eau par mois.

3.3. Les façades occidentales continentales froides

En Alaska, au Canada et en Scandinavie, les climats boréaux de façade restent très localisés du fait de la présence de forts reliefs en position sublittorale. Les conditions climatiques résultent ici de la latitude (élevée), de l'intervention océanique, en particulier de celle des courants chauds, ainsi que de l'effet orographique sur des versants montagneux puissants, largement exposés aux dépressions d'ouest et aux vents marins. En hiver, les basses pressions des Aléoutiennes et d'Islande assurent sur ces façades l'arrivée de masses d'air humide, réchauffées à la base par les eaux douces du courant de l'Alaska et de la dérive nord-atlantique. D'où l'instabilité atmosphérique, génératrice de fortes précipitations, en même temps qu'une certaine douceur imposée aux eaux et à l'atmosphère loin en direction du pôle. A Trondheim, par 63° de latitude N., la moyenne de janvier est de – 3,3 °C, ce qui n'est pas excessif compte tenu d'une implantation déjà très septentrionale. Le mois de janvier est par ailleurs humide (près de 80 mm de précipitations liquides et solides). Les étés sont frais (14,4 °C en juillet) et sont également arrosés. On ne relève à Trondheim aucun mois inférieur à 50 mm. L'hiver l'emporte cependant en général dans ce type climatique, principalement en Amérique du Nord-Ouest, où les faibles précipitations d'été s'opposent à de belles pluies en saison froide (Vancouver, 30,5 mm en juillet, 223,5 mm en décembre, 1 458 mm pour l'année). Fortes précipitations, assez bien réparties à travers les saisons, douceur des hivers, faiblesse des écarts thermiques saisonniers sont les différences avec les grands écarts de températures des régions intérieures et leurs faibles précipitations.

3.4. Les façades orientales continentales froides

Les façades orientales sont bien représentées par les terres situées autour du Saint-Laurent (Québec) et, bien qu'en position déjà méridionale, par la station de Vladivostok. Dans l'est du Canada (Québec), on rencontre d'assez fortes précipitations (1 008 mm), en partie neigeuses, équitablement réparties dans l'année, avec léger maximum d'été : le mois le plus sec est avril (58,4 mm). Les hivers sont rudes : – 12,2 °C à Québec en janvier, dus à l'intervention de l’air arctique et à la présence du courant du Labrador. Les étés demeurent relativement frais (18,9 °C). Les écarts saisonniers sont très forts : 31,1 °C. Ce sont là des caractères curieux, qui mêlent le climat continental et le climat océanique. A Vladivostok, les hivers sont très sévères (– 14,4 °C en janvier). C'est que la Iakoutie insuffle là ses masses d'air glacé et stable (sécheresse de saison froide). Les étés, déjà chauds (20,6 °C), résultent d’une certaine méridionalité et de l’application des flux maritimes. Quant aux précipitations, plutôt modestes (600 mm), elles tombent en période chaude. Si certains traits divergent quelque peu de l'Amérique du Nord à l'Extrême-Orient, il n'empêche que se maintient dans les deux cas l’ampleur exceptionnelle des écarts thermiques saisonniers (à côté des 31 °C de Québec, 35 °C à Vladivostok). Cela parce que l'océan se manifeste en été et surtout parce que l’hiver reste conforme à la rudesse reconnue dans les régions intérieures, malgré la proximité océanique.

Mis à part les franges alaskienne et norvégienne, l'organisation zonale est réalisée de façon satisfaisante aux latitudes tempérées froides.

3.5. Le centre des continents : l'aridité et la semi-aridité continentales

Au sud (Ukraine) et loin vers l'est se déploient les steppes, à partir des régions qui entourent la mer Caspienne. Les steppes s'étendent de la mer Noire à l'Altaï et s'organisent autour du domaine aride de la mer d'Aral. L'Ukraine est assez humide : 500 mm à Kharkov (561 mm à Kiev) avec maximum pluviométrique de saison chaude (69 mm en juin), et les hivers sont rigoureux (– 20 °C en janvier à Kiev). En bordure du désert d'Aral, les steppes sont plus sèches. Si les étés sont sensibles, les hivers sont très froids. A Oulan-Bator (au nord du Gobi), aux 16,1 °C de juillet s'opposent les – 25,6 °C de janvier, avec 3 mois sous – 20 °C. C'est que la région est soumise aux poussées froides issues des hautes pressions continentales.

Le désert d'Aral n'est pour sa part que l'élément le plus occidental d'un ensemble aride qui, en Asie centrale, comporte également le Takla-Makan (Turkestan oriental) et le Gobi. Sécheresse (moins de 200 mm au Gobi, avec 8 à 9 mois arides et des pluies marquées d'été : 76,2 mm en juillet à Oulan-Bator), rudesse des conditions thermiques, surtout par référence à des hivers très durs et à des écarts saisonniers considérables, tels sont les traits principaux de la traînée désertique de l'Asie centrale. Celle-ci est liée à la fois à l'effet de continentalité et à la position d'abri (le Takla-Makan et le Gobi sont séparés de l'océan Indien par le Tibet et l'Himalaya).

3.6. L'est des continents : un climat composite

Plus à l'est, le climat mandchou s'aligne sur la façade russe jusqu'à Vladivostok. On peut l'incorporer au climat tempéré froid. La Chine du Nord de la latitude de Shenyang à celle des Qinling, l'essentiel de la Corée, Hokkaido et le nord de Honshu appartiennent par contre aux régions tempérées moyennes. A Tianjin, l'hiver est rude (– 4,4 °C en janvier), l'été très chaud (27,2 °C en juillet) et prolongé. Bien que l'on soit en façade océanique, les forts écarts thermiques saisonniers expriment un climat continental. En fait, si en été l'air chaud de l'océan affecte la région, celle-ci subit le souffle de l'Asie en hiver. Avec moins d'excès, ces caractères thermométriques demeurent en Corée ainsi qu'au Japon central et septentrional. Quant au régime pluviométrique, il oppose sur le continent un hiver sec à un été très pluvieux (188 mm en juillet à Tianjin, 2,5 mm en février). On retrouve là encore l'alternance saisonnière avec influence continentale et intervention maritime. La Corée et surtout le Japon ont plus d'humidité en saison froide (passage de l'air polaire sur la mer du Japon), ce qui se traduit, sur les îles nipponnes, par d'abondantes chutes de neige en façade occidentale, là où le maximum pluviométrique annuel peut être atteint. Les rythmes thermométriques et pluviométriques sont particulièrement remarquables sur cette partie de l'Asie. L'aspect continental (forts écarts thermiques, pluies d'été) est intéressant, constaté en façade maritime. On le retrouve d'ailleurs, avec quelques nuances du point de vue pluviométrique, en position comparable aux États-Unis (région de New York). A la vérité, il n'y a là qu'une retouche du climat rencontré aux latitudes plus extrêmes (Vladivostok), ce climat continental résultant, en fait, à la fois du continent, qui donne le froid et la récession pluviométrique de l'hiver, et de l'océan, qui fournit la chaleur et l'humidité de l'été. Ce qui, par référence aux climats océaniques des façades occidentales et des climats arides hypercontinentaux de l'intérieur, aboutit bien à un ensemble composite.

Dans l'hémisphère Sud, seules la Tasmanie, l'île du Sud en Nouvelle-Zélande et la région de Melbourne appartiennent aux climats des latitudes tempérées moyennes (climats rappelant ceux de la Grande-Bretagne et de la Colombie britannique).

4. Le climat océanique : humide et tempéré

Le climat océanique est caractérisé par une amplitude thermique annuelle de l'ordre de 5 à 15 °C. Le tableau ci-dessous montre la diversité des situations regroupées sous l'expression de climat tempéré, au-delà du contraste thermique saisonnier, caractéristique générale.

Le climat tempéré

CLIMAT TEMPÉRÉ
 PRÉCIPITATIONS (en mm)TEMPÉRATURES
type de climatexemplemois le plus secmois le plus humidetotal annuelmois le plus froidmois le plus chaudmoyenne annuelle
Zone méditerranéenneAlgerjuill. : 2nov. : 117765janvier :
+ 11,9°C
août :
+ 25,3°C
+ 18,3°C
Zone océaniqueBrestjuin : 56déc. : 1501 129février :
+ 6,1°C
juillet :
+ 16°C
+ 10,8°C
Zone tempérée froideTrondheimavril : 56oct./déc. : 109907février :
- 2,9°C
juillet :
+ 14°C
+  4,7°C
Zone continentaleBarnaoulfévr. : 6juill. : 45257janvier :
 - 19°C
juillet :
+ 19,5°C
+  0,4°C
Bordure orientale des continentsPékindéc. : 2juill. : 213624janvier :
- 4,7°C
juillet :
+ 26°C
+ 11,7°C

4.1. L'ouest des continents : le climat océanique et ses dégradations

Le climat océanique se caractérise par de faibles contrastes thermiques et une forte pluviosité. Les façades occidentales des continents reçoivent de plein fouet l'air chargé d'humidité, alimentant les dépressions caractéristiques de cette zone. L'Europe atlantique du sud-ouest de la Norvège au nord-ouest de l'Espagne, en passant par les îles Britanniques, la Belgique et la France, rappelle par certains côtés l'ambiance climatique du sud de la Colombie britannique et aussi de la frange littorale du Washington et de l'Oregon. Les îles Britanniques, avec la douceur des températures, l'abondance des précipitations et l'importance des vents, illustrent plus particulièrement le climat océanique tempéré. A Valentia (Irlande) et aux îles Scilly, l'hiver est doux : 7,2 °C et 7,8 °C, l'été, frais : 15 °C et 16,1 °C. Les écarts thermiques saisonniers sont donc faibles : moins de 10 °C. Voilà un caractère hyperocéanique que l'exposition face à l'est altère dans une certaine mesure, mais sans bouleversement (Londres : janvier, 3,9 °C, juillet, 17,8 °C, écart, 13,9 °C). Les totaux pluviométriques sont substantiels (1 420 mm à Valentia) et bien répartis dans l'année. Même aux îles Scilly, où il ne tombe que 825 mm d'eau, il n'y a pas de mois sec.

Les vents font également partie de l'ambiance. L'Écosse est une terre propice aux vents de tempête. Ces caractères résultent de l'influence océanique, de l'intervention des eaux chaudes remontant au large occidental des îles et de la fréquence des perturbations d'ouest. Alors que ce type climatique est bloqué en Amérique du Nord par le système montagneux de l'Ouest américain, il se propage ici vers l'est mais s'altère progressivement sur l'Europe germanique. De sorte que les dépressions barométriques d'origine atlantique ont peine à atteindre l'Europe orientale.

4.2. Le climat de la France

La plus grande partie de la France bénéficie d'un climat tempéré à dominante océanique. L'étude des conditions météorologiques les plus fréquemment observées sur les régions métropolitaines permet de définir cinq grands types de climats régionaux. La plus grande partie de la France subit des influences océaniques, plus ou moins dégradées par les effets de la latitude, d'éloignement de la mer ou de l'altitude. On distingue :
– le climat océanique (Flandre, Picardie, Artois, Normandie, Bretagne, Saintonge, Charentes, Poitou, Vendée, Aquitaine) ;
– le climat océanique dégradé (Champagne, Nivernais, Berry, Val de Loire, Bassin parisien, Périgord, Quercy, Midi toulousain) ;
– le climat du pourtour méditerranéen ;
– le climat à tendances continentales (Alsace, Lorraine, Ardennes, basse Bourgogne, val de Saône) ;
– le climat de montagne (Vosges, Jura, Massif central, Alpes, Pyrénées).

5. Les climats méditerranéen et chinois : été chaud, hiver court

Les latitudes tempérées chaudes peuvent être aussi désignées sous le nom de latitudes subtropicales méditerranéennes, bien que les climats méditerranéens n'occupent pas toute la bande zonale impliquée ici. Malgré la présence de coups de froid, les climats de ces latitudes ne comportent plus, en saison hivernale, de températures moyennes sévères. La douceur des hivers devient même la règle, mais les écarts restent sensibles entre les hivers et les étés, ces derniers devenant chauds d'une façon assez courante (Barcelone, 23,9 °C, Athènes, 27,2 °C, Izmir, 26,7 °C).

5.1. A l'ouest des continents : le climat méditerranéen

Le climat méditerranéen se caractérise par la douceur des étés chauds et secs, des hivers généralement doux et pluvieux et par un fort ensoleillement. Les pluies de changement de saison et de saison froide et une sécheresse d'été ne se rencontrent nulle part ailleurs dans le monde. En hiver, les pluies résultent de l'annexion de ce domaine par les mécanismes de front polaire. En été, ils résultent de l'inhibition consécutive à l'action des anticyclones subtropicaux. On ne compte qu'un petit nombre de jours de pluie (85 à Gibraltar), mais les précipitations sont souvent des averses très violentes.

Dans le domaine tempéré, ce climat se retrouve hors de l'espace méditerranéen : en Californie, au Chili central, dans la région du Cap en Afrique du Sud, dans les régions de Perth et d'Adélaïde en Australie.

En Europe, en Afrique du Nord et au Proche-Orient, le climat méditerranéen pénètre profondément à l'intérieur des terres à la faveur de l'étirement en longitude de la Méditerranée, à l'inverse de ce qui se produit en Amérique du Nord, où s'impose un blocage dû à la présence du système montagneux de l'Ouest américain. Les caractères pluviométriques généraux se retrouvent ici : totaux annuels médiocres (686 mm à Lisbonne, 589 mm à Marseille, 401 mm à Athènes, 765 mm à Alger, 661 mm à Jérusalem), sécheresse d'été. Le schéma thermométrique est également bien réalisé. Mais il connaît une transformation de détail, d'ouest en est, transformation consécutive à un effet de continentalité progressif. Le climat portugais, méditerranéen par son rythme pluviométrique, révèle une grande douceur hivernale (10,6 °C en janvier à Lisbonne), mais un report de la culmination sur août (22,2 °C) et un écrasement des écarts moyens (11,6 °C), ce qui signe l'influence océanique. A Athènes, l'ambiance est plus continentale : hiver moins clément (8,9 °C en janvier), été plus chaud (27,2 °C), écart thermique saisonnier plus ample (18,3 °C).

En saison froide, la circulation d'ouest domine ; les perturbations tempérées apportent des précipitations (de 300 à 1 000 mm) parfois brutales et orageuses.

L'isotherme de 9,5 °C en janvier, qui va de Lisbonne à Athènes, sépare deux domaines : au N., les maximums pluviométriques sont au printemps et en automne. Des vagues de froid se produisent en hiver, accompagnés de vents violents, la tramontane du Roussillon, le mistral en Provence, la bora de l'Adriatique. Il peut neiger à Jérusalem. Au S., les hivers sont doux, avec des pluies en décembre et janvier. La sécheresse de l'été dure de quatre à cinq mois, avec des coups de sirocco.

Dans les péninsules ibériques et balkaniques, ainsi qu'en Afrique du Nord, la continentalité et le relief accentuent les contrastes de températures (les moyennes sont comprises entre 4,9 °C et 24,5 °C à Madrid). L'exposition crée des nuances très sensibles le long des péninsules, dont les façades occidentales sont plus arrosées que les façades orientales : on enregistre 5 270 mm de précipitations sur la côte du Monténégro (maximum européen) et moins de 500 mm sur les côtes orientales.

En Amérique du Nord, le climat méditerranéen est celui de la Californie. Il se retrouve jusque sur la Sierra Nevada, qui garde une certaine douceur hivernale et une forte récession pluviométrique estivale. Les pluies sont généralement faibles : 561 mm à San Francisco, 381 mm à Los Angeles. L'hiver est arrosé de 110 à 120 mm en décembre et janvier à San Francisco et l'été est très sec. Le schéma de façade demeure dans la dépression intérieure. A Sacramento, dans l'ouest des États-Unis, il tombe environ 100 mm d'eau en décembre, autant en janvier. Juillet et août n'ont pratiquement aucune pluie. La sécheresse générale résulte de la présence des eaux froides du courant de Californie et aussi de l'intervention habituelle de l'anticyclone du Pacifique Nord oriental. A cette intervention, particulièrement instante en été, se substitue il est vrai l'effet des dépressions d'origine océanique en hiver. Quant aux températures, elles correspondent au climat reconnu plus haut : hivers doux, 10 °C en janvier à San Francisco, 12,8 °C à Los Angeles, 7,2 °C à Sacramento (où la dépression favorise une certaine accumulation d'air frais). Les hivers ne sont cependant pas à l'abri des coups de froid. Les étés, chauds à l'intérieur (23,3 °C à Sacramento en juillet), sont plus frais en façade littorale. Les eaux du courant de Californie interviennent en effet avec une particulière vigueur dans le contexte estival (16,7 °C en septembre à San Francisco, où la culmination connaît par ailleurs le retard caractéristique des influences maritimes).

Le climat méditerranéen se retrouve, toujours en façade occidentale, dans l'hémisphère Sud. On le rencontre au centre du Chili, de part et d'autre de Valparaiso-Santiago, en Afrique dans la région du Cap, en Australie vers Perth et Adélaïde.

5.2. Les intérieurs arides ou semi-arides

Par-delà la Sierra Nevada de Californie, on passe brusquement à l'aridité des plateaux du Nevada, à celle de l'Arizona et aux steppes des hautes terres du Colorado. La subaridité, voire l'aridité, se maintient plus à l'est dans le Nouveau-Mexique, au Kansas et au Texas, sur le piedmont oriental des Rocheuses. Cette aridité, qui doit quelque chose à la latitude déjà méridionale, mais surtout aux effets conjugués de l'abri et de la continentalité, est particulièrement bien réalisée en Asie sous ces latitudes : steppes de l'Asie Mineure dans la région de Konya (180 mm de pluie par an), désert de Syrie, désert de Dacht-e Lut en Iran, etc. Il s'agit de régions où l'hiver peut être rude, par référence aux coups de froid. En Anatolie, les précipitations de saison froide sont neigeuses. Dans l'hémisphère Sud, on retrouve des dispositions assez comparables à l'est des Andes (région de Mendoza et Córdoba).

5.3. L'est des continents aux latitudes méditerranéennes : le climat chinois

Le climat chinois se caractérise par un été chaud et pluvieux et par un court hiver, froid et sec.

Dans l'hémisphère Nord, le climat chinois est relativement décalé vers le sud par aux climats méditerranéens de façades occidentales. On le trouve au sud-est des États-Unis, en Chine (au sud des Qinling), à l’extrémité méridionale de la Corée et dans la moitié méridionale du Japon. Dans l'hémisphère Sud, il se présente au Brésil, en Argentine et en Uruguay autour du Rio de La Plata, en Afrique au pied du Drakensberg, dans la région de Brisbane et de Sydney en Australie. Il recouvre par ailleurs l’essentiel de l'île néo-zélandaise du Nord. C'est un climat constamment humide et à totaux appréciables, voire élevés : Atlanta, 1 234 mm, Shanghai, 1 135 mm, Hiroshima 1 526 mm. En Chine et aux États-Unis, il est affecté en hiver par les dépressions de front polaire. Ces dépressions interviennent dans le temps sur le domaine méditerranéen. Quant aux pluies d'été, elles résultent de la remontée d'air tropical maritime perturbé, y compris par des cyclones. Alors qu'aux États-Unis il s'agit de masses d'air issues de l’anticyclone subtropical de l'Atlantique Nord, dans le Sud-Est asiatique, c’est une mousson, avec masses d'air d’origine au moins partiellement australe. Dans l'ensemble, l'été est cependant plus arrosé que l'hiver.

Par les températures, on retrouve les contrastes thermométriques spécifiques des latitudes tempérées (en même temps que déjà reconnus sur les façades orientales à des latitudes plus extrêmes). A Shanghai, janvier à 3,9 °C, juillet et août, 27,8 °C. L’écart, de l'ordre de 24 °C, rappelle le climat continental. On est pourtant au bord de l'océan. Chongqing, dans l'intérieur et à latitude comparable, a curieusement un hiver plus doux mais un été plus chaud (7,2 °C). L'écart saisonnier reste important. Au sud, la chaleur des hivers augmente, les étés demeurent excessifs. Ces conditions thermiques sont conformes à leur latitude par la douceur moyenne (plus ou moins bien exprimée) des hivers et par la chaleur des étés. Cependant, les hivers sont traversés de coups de froid sévères qui affectent jusqu'à la Floride, la Chine du Sud et l'Argentine. A la hauteur de Buenos Aires, le pampero peut faire descendre brutalement le thermomètre. C'est qu'interviennent alors des masses d'air élaborées plus près des pôles (aux États-Unis et en Chine, à partir d'un continent refroidi).

Voilà qui rattache bien ce climat aux latitudes tempérées, puisqu'on ne relève plus les advections polaires au niveau, et au-delà, des déserts ou seulement de façon très atténuée. Il n'empêche que la chaleur et, ainsi, partiellement, les forts écarts thermiques saisonniers résultent de remontées d'origine tropicale.

Les climats régionaux aux latitudes tempérées chaudes ont donc, surtout par référence à l'hémisphère Nord, une disposition harmonieuse : climat méditerranéen à l'ouest des continents (aridité d'été), sec au centre, humide et à forts contrastes thermiques saisonniers à l'est. L'ensemble garde certains traits communs : chaleur des étés, douceur des hivers, coups de froid qui peuvent, il est vrai, dans certains cas, faire baisser la moyenne (à Shanghai, l'hiver est frais).

6. Les climats subtropicaux désertiques : de grands écarts journaliers de température

Bien qu'ils soient situés sous les tropiques, ces climats sont subtropicaux, par référence aux anticyclones subtropicaux qui les engendrent. Ils diffèrent des climats subtropicaux méditerranéens par leur aridité permanente. A In-Salah (27° de latitude N., dans le Sahara algérien), le mois le plus humide enregistre 5,1 mm d'eau, le total annuel étant de 15,2 mm. Outre ce caractère, ils possèdent celui d'être chauds. La chaleur est liée à l'intensité de la radiation solaire (In-Salah : année, 25 °C, juillet 36,7 °C), qui dépend elle-même de la limpidité de l'air et aussi d'un net appui des régions considérées en direction des basses latitudes. Les contrastes thermiques saisonniers (23,4 °C à In-Salah) et aussi diurnes peuvent cependant être saisissants. Après une journée torride, le gel est possible dans la nuit du fait de l’importance du rayonnement nocturne dans un air sec et sans nuages (Sahara).

Ce type climatique est médiocrement représenté en Amérique, où les terres sont étroites aux basses latitudes et où il subit de fortes altérations azonales (reliefs méridiens et courants froids). Il est mieux établi en Afrique australe (Kalahari et désert de Namib, qui s'étire en façade maritime, en accord avec le courant froid de Benguela). Mais, surtout, il s'exprime avec une ampleur exceptionnelle en Australie, en Afrique boréale et en Asie occidentale (Sahara, péninsule Arabique, auxquels on peut adjoindre le désert de Thar). Le Sahara, le désert le plus impressionnant du globe, s'étend de l'Atlantique (influence du courant des Canaries) à la mer Rouge. Sur une grande partie de sa surface, les pluies ne dépassent pas 50 mm dans l'année. Au centre et dans l'est, les totaux moyens sont inférieurs à 5 mm (désert absolu). En accord avec les saisons des latitudes encadrantes, les pluies d'hiver et d'automne dominent du côté de la mer Méditerranée. Ce sont les pluies d'été qui l'emportent en bordure de la zone tropicale humide. Par ailleurs, si au cœur des hautes pressions le temps est généralement calme, il devient plus turbulent aux frontières (le sirocco, qui sévit sur l'Afrique du Nord et est attiré par les dépressions frontales méditerranéennes, vient du désert). Le désert australien, le plus vaste après celui du Sahara, est plus profondément affecté par les processus marginaux.

7. Les climats des latitudes intertropicales et les climats humides des latitudes subtropicales désertiques

La notion de saison, qui s'était estompée avec les climats arides, réapparaît. Mais au critère thermique se substitue ici l'alternance pluviométrique (les températures étant assez uniformes d'un mois sur l'autre).

7.1. Les climats tropicaux : humidité ou sécheresse

Les climats tropicaux se trouvent généralement entre les tropiques, au plus près d'eux, c'est-à-dire entre les 10e et 20e parallèles. Ce sont ces climats qui transgressent sur les façades orientales des continents jusqu'aux latitudes des déserts. Les climats tropicaux, climats chauds et arrosés (précipitations généralement comprises entre 1 et 1,50 m à 2 m), se manifestent par l'opposition entre une saison sèche (hiver de l'hémisphère) et une saison humide plus ou moins homogène en été, avec possibilité de fortes pluies secondaires comme aux Grandes Antilles. Ils résultent soit du jeu des alizés (Antilles), soit de celui des moussons (Afrique occidentale, Inde, monde malais).

Les climats tropicaux sont caractérisés par l'absence de période de refroidissement marqué. La température moyenne du mois le plus froid est toujours supérieure à 15 °C. Les écarts diurnes et annuels de température sont toutefois plus importants que sous le climat équatorial.

Alizés et moussons d'été ont longuement parcouru les océans aux basses latitudes avant d'atteindre les continents. Ils sont chauds, humides, instables et perturbés par ondes de l'est et cyclones tropicaux. Les pluies sont provoquées par le passage de la zone de convergence intertropicale vers le nord en été boréal et vers le sud en été austral. Le volume total des pluies ainsi que la durée de la saison sèche varie avec la latitude : globalement, plus on s'éloigne de l'équateur, plus la saison sèche augment et plus les pluies diminuent. La saison des pluies à lieu en été, mais l'Afrique orientale (Kenya-Tanzanie) et la côte du Liberia connaissent deux saisons des pluies, l'une au printemps, l'autre en automne. Ailleurs, les pluies durent de 2 à 7 mois dans les régions proches du domaine équatorial, où les hauteurs d'eau sont d'environ 1,5 m. Elles durent de 2 à 6 mois près des déserts, où les pluies sont plus faibles. Cela permet de distinguer :
– le climat tropical humide avec un hiver sec et frais et un été très arrosé ; cela correspond au climat de mousson ;
– le climat tropical sec qui subit une longue saison sans pluie de 7 à 10 mois ; durant la courte saison des pluies estivales, les températures se situent autour de 30 °C.

A cela il convient d'ajouter les perturbations orographiques qui donnent les fortes pluies du massif guinéo-libérien, des Ghâts occidentaux et aussi des côtes au vent d'été sur les îles tropicales. Toutes ces dispositions recouvrent en fait une grande diversité liée au relief : 423 mm d'eau à Saint-Louis et 8 mois très secs, près de 4 300 mm à Conakry avec 5 mois fort peu arrosés, mais 1 300 mm en juillet, entre les deux, Bombay : 1 808 mm, 7 mois franchement secs, 4 mois très humides (dont 617 mm en juillet).

La savane est la formation végétale caractéristique du climat tropical : elle est plus ou moins arborée en fonction de l'intensité et de la durée de la saison des pluies.

Sous les climats tropicaux, les variations pluviométriques d'une année sur l'autre sont à l'origine de profonds bouleversements socio-économiques. Les sécheresses prolongées, par leurs rigueurs et leurs extensions, entraînent l'exode et parfois la disparition des populations.

7.2. Le climat équatorial : chaleur et humidité régulière

Le climat équatorial, chaud et humide toute l'année, s'étend sur la plus grande partie de l'Amazonie, sur le bassin du Congo et les régions proches des côtes du golfe de Guinée, sur les parties non montagneuses des îles de l'Indonésie, en Nouvelle-Guinée et dans les îles du Pacifique central.

L'uniformité des températures est frappante : toute l'année aux environs de 25 à 28 °C. C'est cette chaleur constante, sinon très élevée, qui, jointe à l'humidité, rend ce climat parfois si difficile à supporter.

Les pluies sont très abondantes, supérieures partout à 1 500 mm par an (2 204 mm à Para, au Brésil, 1 801 mm à Djakarta, en Indonésie) et le plus souvent à 3 000 mm par an (3 655 mm à Akassa, au Nigeria). L'humidité relative de l'atmosphère est considérable. Il ne pleut pas toute la journée, mais l'eau tombe sous forme d'un gros orage en fin d'après-midi, car le réchauffement du sol provoque l'ascendance de l'air, qui engendre des pluies convectives. L'évaporation de l'eau est inférieure à l'apport pluvial et l'air est très humide toute l'année. Les pluies se répartissent sur toute l'année (250 jours de pluies) avec deux maximums. Cayenne, par environ 5° de latitude N. (3 210 mm), a une pointe en janvier et une en mai, Akassa, les a en juin et octobre, Singapour (2 413 mm), situé sur l'équateur, n'a aucun mois sous 100 mm. Une telle abondance résulte de la présence habituelle de masses d'air chaud, humide et instable (air de doldrum sur l'Amazonie, la République démocratique du Congo), et aussi du passage du front intertropical de convergence, dont le front de mousson n'est qu'un cas particulier. Il faut ajouter qu'ici les écarts thermiques saisonniers, très faibles, sont de beaucoup dépassés par les écarts diurnes (à Akassa, l'écart saisonnier est de 2,2 °C : mois le plus chaud, 26,6 °C, le plus frais, 24,4 °C, la variation diurne peut dépasser 10 °C).

Aux latitudes intertropicales, mis à part des accidents zonaux limités (sécheresse de la façade caraïbe du Venezuela, du Nordeste brésilien, des Somalies, du plateau du Deccan), on se trouve en présence d'une organisation zonale satisfaisante. Or, cette zonalité est obtenue de façons fortes différentes. En Amérique, elle est fondamentalement le fait des alizés. En Afrique occidentale, elle résulte d'un phénomène de mousson (alizé austral en affrontement avec l'harmattan saharien). Quant à l'Asie du Sud-Est (continentale et insulaire), à laquelle il convient d'ajouter le nord de l'Australie, elle reste elle aussi avant tout zonale. La pluviosité est maximale, avec un rythme spécifique des très basses latitudes, sur Sumatra – Bornéo – les Célèbes : cette situation s'inscrit dans le cadre des moussons asiatiques, le mécanisme azonal le plus puissant du monde.

7.3. La mousson

La mousson est un système de vents saisonniers alternés soufflant à des latitudes tropicales (essentiellement en Asie méridionale), de la mer vers le continent en été (mousson d'été), du continent vers la mer en hiver (mousson d'hiver).

La mousson d'été, qui résulte du franchissement de l'équateur par les alizés, est généralement associée à des pluies abondantes. Les pluies de mousson apportent plus de 80 % des précipitations sur des régions habitées par la moitié de la population mondiale.

8. Les climats de montagne

La température de l'air, en montagne, diminue d'environ 0,6 °C tous les 100 mètres. Mais la forme du relief modifie localement la répartition des températures. Par temps calme, l'air froid, plus dense que l'air chaud, s'accumule dans le fond des vallées encaissées. La température de l'air à quelques centaines de mètres au-dessus de la vallée est alors supérieure à celle du fond.

L'ascendance de l'air entraîne la formation de nuages. Les montagnes des régions arides, plus fraîches et plus arrosées que les déserts proches, sont favorables à l'occupation humaine (Yémen, Andes colombiennes, Tadjikistan...). Les chaînes montagneuses constituent de véritables barrières à la circulation atmosphérique et opposent un versant arrosé exposé aux masses d'air humides (versant au vent) à un versant sec, abrité de ces masses (versant sous le vent). Au-delà d'une certaine hauteur, l'optimum pluviométrique, l'air a condensé l'essentiel de sa vapeur d'eau et les précipitations diminuent progressivement.

9. La classification des climats

On regroupe souvent dans une même zone climatique les régions qui présentent des caractéristiques thermiques et pluviométriques voisines. La classification climatique de Köppen ou celles qui en sont dérivées sont le plus couramment utilisées.

La classification climatique

LES DIFFÉRENTS TYPES DE CLIMATS, D'APRÈS LA CLASSIFICATION DE KÖPPEN

Symbole des lettres Climat Critère
(t est la température moyenne annuelle (°C), r le cumul annuel des précipitations [mm])
Atropical

humide
Température moyenne du mois le plus froid ≥ 18 °C.
AF Précipitations du mois le plus sec ≥ 60mm.
AM Précipitations du mois le plus sec < 60mm="" mais="" ≥="" 100−0,04="">
AWPrécipitations du mois le plus sec < 100−0,04="">
 
Symbole des lettres Climat Critère
(t est la température moyenne annuelle ( °C), r le cumul annuel des précipitations [mm])
Btrès secAu moins 70 % des précipitations annuelles tombent pendant les six mois les plus chauds (avril à septembre dans l'hémisphère Nord) et r < 20 t="" 280,="" ou="" bien="" au="" moins="" 70 %="" ou="" plus="" des="" précipitations="" annuelles="" tombent="" pendant="" les="" six="" mois="" les="" plus="" froids="" (octobre="" à="" mars="" dans="" l'hémisphère="" nord)="" et="" r="">< 20 t,="" ou="" bien="" aucune="" moitié="" de="" l'année="" ne="" recueille="" plus="" de="" 70 %="" des="" précipitations="" annuelles="" et="" r="">< 20 t="">
BWdésertr est inférieur à la moitié de la limite supérieure des conditions sur r ci-dessus.
BSstepper est compris entre la moitié de la limite supérieure des conditions sur r ci-dessus et cette valeur.
BSh t > 18 °C.
BSkt <>
 
Symbole des lettres Climat Critère
(t est la température moyenne annuelle (°C), r le cumul annuel des précipitations [mm])
Ctempéré chaudLa température moyenne du mois le plus chaud est supérieure à 10 °C et celle du mois le plus froid comprise entre 0 et 18 °C.
CSLes précipitations du mois le plus sec du semestre le plus chaud sont inférieures à 40 mm et au tiers de celles du mois hivernal le plus humide.
CWLes précipitations du mois le plus sec du semestre le plus chaud sont inférieures au dixième de celles du mois le plus humide du semestre.
CFLes précipitations du mois le plus sec du semestre le plus chaud ne remplissent ni l'une ni l'autre des conditions ci-dessus.
CFaTempérature moyenne du mois le plus chaud ≥ 22 °C.
CFbTempérature moyenne de chacun des quatre mois les plus chauds ≥ 10 °C, température du mois le plus chaud <>
CFcTempérature moyenne mensuelle ≥ 10 °C sur un à trois mois, température du mois le plus chaud <>
 
Symbole des lettres Climat Critère
(t est la température moyenne annuelle (°C), r le cumul annuel des précipitations [mm])
Dtempéré froidLa température moyenne du mois le plus chaud est > 10 °C et celle du mois le plus froid ≤ 0 °C.
DSLes précipitations du mois le plus sec du semestre le plus chaud sont inférieures à 40 mm et au tiers de celles du mois hivernal le plus humide.
DWLes précipitations du mois le plus sec du semestre le plus chaud sont inférieures au dixième de celles du mois le plus humide du semestre.
DFLes précipitations du mois le plus sec du semestre le plus chaud ne remplissent ni l'une ni l'autre des conditions ci-dessus.
DFaTempérature moyenne du mois le plus chaud ≥ 22 °C.
DFbTempérature moyenne de chacun des quatre mois les plus chauds ≥ 10 °C, température du mois le plus chaud <>
DFcTempérature moyenne mensuelle ≥ 10 °C sur un à trois mois, température du mois le plus chaud <>
DFdTempérature moyenne du mois le plus froid <>
 
Symbole des lettres Climat Critère
(t est la température moyenne annuelle (°C), r le cumul annuel des précipitations [mm])
EpolaireTempérature moyenne du mois le plus chaud <>
ETTempérature moyenne du mois le plus chaud comprise entre 0 et 10 °C.
EFTempérature moyenne du mois le plus chaud <>
 
Symbole des lettres Climat Critère
(t est la température moyenne annuelle (°C), r le cumul annuel des précipitations [mm])
Hhaute altitudeMêmes critères que précédemment mais pour les zones de montagne.

Les zones climatiques sont codées selon trois lettres : la première permet de distinguer climats secs et humides, la seconde traduit l'aridité des climats secs ou la distribution temporelle des précipitations des climats humides ; enfin, la troisième lettre sert à caractériser les variations saisonnières.