En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

calligraphie

(grec kalligraphia)

Yamaoka Tesshu, calligraphie
Yamaoka Tesshu, calligraphie

Art de former d'une façon élégante et ornée les caractères de l'écriture ; écriture formée selon cet art.

L'Extrême-Orient

En Chine, la calligraphie fut la discipline spirituelle pratiquée par les lettrés. Issue de l'écriture, elle s'en distingua dès la fin des Han, en devenant le support d'une création formelle et plastique. Elle toucha tous les domaines, des stèles antiques aux affiches murales actuelles. Ses plus grands adeptes furent Wang Xizhi (321-379), son fils Wang Xianzhi (344-388), Wang Wei au viiie s., Su Dongpo et Mi Fu au xie s., Wu Zhen et Ni Zan au xive s., Wen Zhengming (1470-1559), Dong Qichang au xvie s., Shi Tao au xviie s. Les peintres contemporains, parmi lesquels Zao Wou-ki, s'inspirent encore de cet art.

Comme la Corée et le Viêt Nam, le Japon, après avoir subi l'influence chinoise, élabora un style original et décoratif. Koetsu et Sotatsu – peintres de la première moitié du xviie s. – influencèrent Kezan et son frère Korin de l'époque des Tokugawa.

Le monde islamique

La calligraphie prit de l'ampleur grâce à la divulgation de l'arabe, à la valeur décorative des caractères, au respect pour le Coran, ainsi qu'au goût marqué pour le non-figuratif. Enseignée comme une science, elle semble être née de la méditation sur les formes des deux lettres A et L, servant à écrire le nom d'Allah. D'innombrables écritures (coufique, naskhi, thuluth, taliq, nastaliq, etc.) servirent d'ornement au Coran, illustrèrent la géométrie et la flore, et furent aussi employées sur les objets d'art et dans l'architecture. Au xiiie s., le calligraphe al-Wasiti illustra un manuscrit célèbre d'al-Hariri.

L'Occident

La calligraphie se développa en particulier dans les monastères. Elle est liée aux enluminures, qui ont servi de modèles aux sculpteurs : le jet des draperies dans les tympans romans de Moissac ou d'Autun a un caractère calligraphique très accusé. Les calligraphes se servaient de roseaux ou de plumes d'oiseau. Les lettres majuscules et initiales étaient agrémentées de figures d'animaux, de fleurs et d'arabesques. Le notaire de Bruges Karlin, au xiiie s., et Raoulet d'Orléans, au xive s., firent partie des calligraphes les plus réputés du Moyen Âge.

À la Renaissance, la calligraphie acquit une grande profondeur grâce aux pleins et aux déliés. Elle ne concerna plus seulement la lettre initiale et le texte lui-même, mais devint une sorte de dessin. Le calligraphe devait dessiner une image compliquée, ou « bizarrerie ».

Au xviie s., la calligraphie connut la même vogue en Italie, en Hollande (Jan Van de Velde) et en France (Nicolas Jarry, dont un des chefs-d'œuvre fut la Guirlande de Julie, que le marquis de Montausier fit exécuter en 1634 pour Julie d'Angennes). Son déclin commença au xviiie s. malgré une initiative des maîtres écrivains, qui essayèrent de la faire reconnaître comme un art égal à l'architecture et à la peinture. Utilisée pour les portraits-charges dits « à plume volante », elle évolua vers la caricature.

Aujourd'hui, dans le langage pictural, ce terme s'emploie pour désigner une tendance qui tient du signe ou de l'écriture (J. Degottex, C. Dotremont, P. Alechinsky, H. Michaux, H. Hartung, G. Mathieu), par opposition à une peinture moins linéaire et moins graphique.