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bourg pourri

Aux xviiie et xixe s., ville britannique autrefois importante mais déchue et restée circonscription électorale malgré le petit nombre d'électeurs.

HISTOIRE

Le terme anglo-saxon burgh (latin burgus, anglais moderne borough) désignait d'abord toute place fortifiée, qu'il s'agisse ou non d'une ville. Le développement urbain de ces burghs est favorisé par des privilèges royaux (notamment sous le règne d'Alfred) et la tenure en bourgage contribue à les distinguer des autres agglomérations.

Lors du grand développement urbain qui suit la conquête normande, surtout aux xiie et xiiie siècle, la plupart des villes sont constituées en bourgs royaux. Leurs chartes leur accordent des privilèges juridiques, administratifs, fiscaux et économiques.

Dès le règne de Richard Cœur de Lion, en partie sous l'influence du mouvement communal du continent, les rois accordent des libertés accrues aux bourgs, qui échappent au contrôle des sheriffs, tout en restant directement soumis à la Couronne ; les impôts sont collectés par un bailli (reeve), assisté d'aldermen, puis certains bourgs reçoivent le droit d'élire un maire.

En réalité, une étroite oligarchie bourgeoise contrôle ainsi la ville, et cette évolution engendre des troubles à la fin du Moyen Âge : la monarchie les réprime, consolidant l'oligarchie dirigeante, et cette situation se cristallise sous les Tudors. Depuis le règne de Henri III, des représentants des bourgs sont convoqués à chaque parlement. C'est d'ailleurs une charge pour les plus petites localités, qui cherchent à l'éluder ; ainsi s'opère une sélection parmi les bourgs.

La puissance croissante de la Chambre des communes amène la monarchie à s'y intéresser de plus près ; la création de nouveaux bourgs est, pour les Stuarts, un moyen d'obtenir un Parlement docile, surtout après le Corporation Act de 1661, qui donne au roi pouvoir d'épurer les conseils municipaux.

L'offensive monarchique contre les libertés des bourgs est arrêtée par la révolution de 1688 (→ seconde révolution d'Angleterre.

Jusqu'en 1832, la situation ne se modifiera plus ; les mêmes bourgs, aux mains des mêmes oligarchies et des mêmes intérêts, représentant surtout l'Angleterredu S.-E., conservent leurs privilèges électoraux, bien que, parfois, leur population soit devenue inexistante (les « bourgs pourris » du xviiie siècle), alors que les villes nouvelles et industrielles du Pays noir ne peuvent élire de députés.

La réforme électorale de 1832 (56 bourgs pourris supprimés, 30 réduits à un seul siège) est complétée par les lois de 1867 (58 sièges de comtés alloués aux villes privées de représentation parlementaire) et de 1885 (suppression des bourgs électoraux, le nombre de sièges étant désormais proportionnel à celui des habitants : 1 pour 50 000).

Le Municipal Act de 1882, amendé au xxe siècle, et le Local Government Act de 1888 créant des bourgs-comtés achèveront la réforme des institutions municipales et parlementaires.

Pour en savoir plus, voir les articles Angleterre, Histoire de la Grande-Bretagne.