En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

UUP

sigle de Ulster Unionist Party, parti unioniste d'Ulster, également appelé Official Unionist Party, parti officiel unioniste

Parti politique irlandais fondé en 1905 par un groupe de lords et de députés, de protestants et d'orangistes venus des 9 comtés du nord de l'Irlande (→ Ulster) dans le but de consolider l'union avec la Grande-Bretagne et de s'opposer aux demandes d'autonomie formulées par de grands propriétaires du sud de l'île et les patriotes catholiques du parti parlementaire irlandais (Irish Parliamentary Party).

1. Principal parti d'Irlande du Nord

Le parti unioniste d'Ulster fédère la résistance politique au troisième projet de dévolution (Home Rule) soumis à Westminster par le gouvernement libéral d'Herbert Asquith en 1912-1914.

À la suite de la partition de l'Irlande en 1921, l'unionisme se replie sur le nord de l'île, dont il domine la vie politique : l'UUP dirige l'Ulster jusqu'en 1972. Dans les années 1960, la minorité catholique, fortement brimée, crée un Mouvement pour les droits civiques (inspiré de l'exemple noir américain) auquel répond l'ouverture esquissée par le gouvernement unioniste de Terence O'Neill, leader de l'UUP et Premier ministre. Très vite, les revendications des catholiques se heurtent à l'opposition violente de protestants ultras emmenés, entre autres, par Ian Paisley, ainsi qu'à la répression conjointe de la Royal Ulster Constabulary et de l'armée britannique. C'est l'enclenchement des rétorsions, la résurgence de l'IRA, la spirale de la violence et enfin la guerre civile. Londres doit suspendre le gouvernement de la province le 24 mars 1972.

L'UUP sort affaibli de la crise : les plus radicaux des unionistes rejoignent le Democratic Unionist Party (DUP) de Ian Paisley ainsi que d'autres formations ultras, tandis que les progressistes créent, à sa gauche, le parti de l'Alliance de l'Irlande du Nord (APNI).

Longtemps branche nord-irlandaise du parti conservateur, l'UUP manifeste son opposition à l'accord de Sunningdale du 6 décembre 1973 puis à l'accord anglo-irlandais du 15 novembre 1985 en se séparant de la grande formation alors au pouvoir à Londres. Il maintient néanmoins de forts liens avec elle. Ses députés aux Communes jouent à ce titre un rôle pivot pour donner au gouvernement de John Major une majorité stable aux élections générales de 1992.

2. Signataire des accords de paix de Stormont

À partir de 1995, l'UUP est dirigé par David Trimble. Ce dernier signe, non sans réticences, les accords de Stormont ou du Vendredi saint (10 avril 1998). Après leur ratification le 23 mai par la population et les élections au nouveau Parlement provincial ainsi créé en juin, David Trimble devient Premier ministre d'Irlande du Nord. La même année, il partage le prix Nobel de la paix avec son comparse catholique du SDLP et cosignataire des accords, John Hume.

Mais le gouvernement unitaire peine à voir le jour : il n'est formé qu'en novembre 1999, après plus d'une année d'âpres négociations. En outre, à la suite des dissensions entre le Sinn Féin et l'UUP à propos du désarmement de l'IRA, il est à plusieurs reprises suspendu par Londres, avant de l'être durablement depuis octobre 2002. L'UUP fait les frais de ces atermoiements et tensions, ainsi que de sa contribution ambiguë aux accords de Stormont et de sa participation intermittente au pouvoir : un nombre croissant de protestants, qui s'estiment lésés par rapport aux catholiques, lui préfèrent le DUP.

Les élections générales de 2001 traduisent la progression des éléments radicaux au sein des deux communautés, la formation de l'intransigeant Ian Paisley faisant en particulier pratiquement jeu égal avec l'UUP. Les élections au Stormont de 2003 voient les ultras protestants unionistes devancer largement l'UUP, avec 30 élus sur 108, contre 27 pour le parti de D. Trimble. Ce dernier perd sa circonscription aux élections générales de 2005, l'UUP ne conservant qu'un seul de ses 6 sièges, tandis que le DUP passe de 5 à 9 députés aux Communes.

Autre traduction de ce délitement de l'emprise politique de l'UUP sur la communauté protestante nord-irlandaise, l'Ordre d'Orange, fraternité unioniste créée en 1795 et constitutive du parti, lui retire son soutien en 2005 pour le reporter vers le DUP. Prenant acte de ces revers, David Trimble démissionne de la tête du parti et est remplacé par sir Reg Empey.

Les élections provinciales de mars 2007, qui suivent les prémisses d'accord entre le Sinn Féin et le DUP à Saint Andrews, en Écosse (octobre 2006), confirment cette relégation de l'UUP : le parti, qui n’obtient que 18 sièges, soit 9 de moins que lors de la consultation de 2003, ne peut prétendre qu'à 2 des 12 portefeuilles ministériels dans le futur gouvernement biconfessionnel. Dirigé par Tom Elliott (2010-2012) puis par Mike Nesbitt depuis 2012, l'UUP enregistre aux élections générales britanniques de mai 2015 une hausse de 0,8 points, à 16 % des suffrages, et récupère 2 postes de représentants à Westminster.

Pour en savoir plus, voir l'article Irlande du Nord : histoire.