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Sinn Féin

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Sinn Féin (expression gaélique signifiant « nous, nous-mêmes »)

Mouvement nationaliste et républicain irlandais.

Organisé à partir de 1905 par Arthur Griffith, il reprend la tradition des Fenians et de la Fraternité républicaine irlandaise, mais puise aussi une inspiration originale dans la renaissance culturelle gaélique. À l'origine, ce n'est pas un parti révolutionnaire : son programme prévoit le boycott du Parlement de Westminster, la résistance passive à l'« occupant britannique », et l'organisation d'une économie insulaire qui ne doive rien à la Grande-Bretagne. Le Sinn Féin se radicalise après l'insurrection de Pâques 1916 et obtient un triomphe total aux élections de 1918. Un gouvernement provisoire s'organise autour de Eamon De Valera (1919), mais son ralliement à l'État libre (1927) et la fondation par lui du parti Fianna Fáil, en 1926, mettent fin au mouvement. Le Sinn Féin renaît cependant, à partir de 1968, à la faveur des troubles en Irlande du Nord. Il prend la tête de la résistance menée par l'Armée républicaine irlandaise (IRA) contre l'armée britannique et le gouvernement de l'Ulster. En 1970, le mouvement est affaibli par les mêmes scissions qu'au sein de l'IRA entre « officiels » et « provisoires ». Le Sinn Féin « provisoire » choisit, à partir de 1981, la voie de l'électoralisme et remporte un net succès aux élections d'octobre 1982 à l'Assemblée régionale d'Irlande du Nord. Présidé depuis 1983 par Gerry Adams, il entre, en 1985, dans les institutions locales. Appelant au rattachement des comtés de l'Ulster à la République, il a pour objectif la réunion irlandaise. Tribune politique de l'IRA, le Sinn Féin joue un rôle non négligeable dans le processus de paix engagé en Irlande du Nord à partir de 1993. Malgré la rupture, en 1996, par l'IRA de la trêve qu'elle avait elle-même décrétée en 1994, le Sinn Féin prend part en 1997 aux négociations de fond sur l'avenir institutionnel de l'Irlande du Nord et cosigne l'accord de Stormont (10 avril 1998). Le 25 juin 1998, il remporte 17,6 % des suffrages et 18 sièges aux élections destinées à donner la composition du Stormont, le nouveau Parlement d'Ulster mis en place par les accords de paix. En termes de voix et de sièges, il représente la quatrième formation de la province. Sa participation au gouvernement semi-autonome biconfessionnel, formé en décembre 1999, est interrompue de février à mai 2000, l'IRA n'ayant pas entamé son désarmement progressif, auquel elle s'était engagée. Les élections générales de juin 2001 octroient 4 députés au Sinn Féin, qui devient, pour la première fois, le principal parti de la communauté catholique, devant le SDLP. La consultation locale de novembre 2003 confirme la primauté des républicains sur le SDLP : désormais le deuxième de la province, le parti obtient 23,5 % des suffrages et 24 sièges au Stormont (contre 17 % et 18 sièges au SDLP). Aux élections européennes de juin 2004, il remporte le siège de député jusque-là détenu par le SDLP. Son essor franchit la frontière : c'est en effet le seul parti à être implanté dans les deux Irlandes. En dépit du discrédit qui pèse sur lui à la suite des révélations sur la nature criminelle des activités de l'IRA, il gagne un siège à l'issue des élections générales britanniques de mai 2005 (23,3 % des voix, 5 députés). Jusqu'à l'automne 2006, le Sinn Féin a constitué l'un des points d'achoppement du processus de paix, le Democratic Ulster Party (DUP) de Ian Paisley refusant de s'asseoir à la table des négociations aux côtés de ses représentants. Toutefois, l'idée avancée au début de l'année 2006 par Tony Blair d'une remise en selle du Stormont sous forme d'« assemblée fantôme » pour réamorcer le dialogue entre les différentes parties en présence semble aboutir lors des négociations de Saint Andrews, en Écosse, du 11 au 13 octobre 2006 : se dessine alors la possibilité d'un partage du pouvoir entre le DUP et le Sinn Féin. La reconnaissance, lors d'un congrès extraordinaire du Sinn Féin à Dublin le 28 janvier 2007, de la légitimité de la police et de la justice d'Ulster – condition posée par le DUP pour partager avec lui les futures responsabilités politiques – ouvre la voie à la restauration des institutions provinciales. Les élections parlementaires du 7 mars 2007 renforcent la prééminence des républicains sur le vote catholique (27 sièges, soit 4 de plus qu'en 2003, et 26,2 % des voix, soit une progression de 2,7 points). Le 26 mars, le Sinn Féin s'entend avec les autres vainqueurs du scrutin – les radicaux du DUP – pour former un gouvernement biconfessionnel (dont il peut revendiquer 4 des 12 portefeuilles). Le 8 mai, Martin McGuinness, numéro 2 du Sinn Féin, devient vice-Premier ministre du gouvernement biconfessionnel dirigé par Ian Paisley.

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