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congrès de Tours (25-30 décembre 1920)

XVIIIe Congrès national du parti socialiste SFIO, au cours duquel fut votée l'adhésion à l'Internationale communiste (ou IIIe Internationale, ou Komintern) née à Moscou en 1919.

1. Les diverses motions en présence

Ce congrès fait suite à celui de Strasbourg (25-29 février 1920), qui a décidé de rompre avec la IIe Internationale et d'ouvrir des négociations avec la IIIe Internationale. Lorsque s'ouvre le congrès de Tours, l'adhésion est déjà acquise à une large majorité, les fédérations départementales s'étant prononcées sur les diverses motions en présence :
– « Motion d'adhésion-Comité de la IIIe Internationale et Cachin-Frossard » (tendance de gauche du parti, dite « du Comité », pour l'adhésion à la IIIe Internationale, et une partie du centre dit « reconstructeur » avec Frossard et Cachin) ;
– motion « d'adhésion avec réserves », dite « motion Longuet » (aile droite des « reconstructeurs ») ;
– motion « pour l'unité internationale », hostile à l'adhésion, signée par Blum, Bracke, Barthélemy Mayéras et Dominique Paoli (« résistants » ou aile droite) ; un amendement à la première motion signé Georges Leroy et Maurice Heine.

2. La victoire des partisans de l'adhésion

La scission ne paraît d'abord pas inéluctable. La deuxième des 21 conditions auxquelles le parti socialiste doit souscrire pour adhérer à la IIIe Internationale précise que « les réformistes et les gens du centre » doivent être écartés « de tous les postes plus ou moins responsables du mouvement révolutionnaire », et la septième indique que des « opportunistes notoires » comme Longuet ne peuvent être « reconnus membres de la IIIe Internationale ». Dès avant l'ouverture du congrès, les « résistants » et une partie des « reconstructeurs », se sachant en minorité, se préparent à quitter le parti après l'adhésion. Dès lors, le problème essentiel des travaux de Tours est de savoir où passera la ligne de cassure. Les interventions attendues des leaders des diverses tendances (Blum, Sembat et Longuet contre l'adhésion, Cachin, Frossard, Vaillant-Couturier et la marxiste allemande Clara Zetkin, venue clandestinement en France, pour l'adhésion) n'apportent rien de nouveau, et la motion en faveur de la IIIe Internationale recueille 3 208 mandats contre 1 022 à la motion Longuet, 44 à la motion Leroy, 60 à une nouvelle motion Pressemane (se situant entre la motion Blum retirée par ses auteurs et la motion Longuet), 397 abstentions et 32 absents.

3. Vers la scission

En revanche, la réception par le congrès, le 28 décembre, du télégramme du Comité exécutif de l'Internationale communiste, dit « télégramme Zinoviev », qui dénonce « Longuet et son groupe » comme « des agents déterminés de l'influence bourgeoise sur le prolétariat » et demande à la majorité de refuser tout compromis avec eux, rend la rupture inévitable. Le 30 décembre, le congrès se clôt : le parti socialiste SFIO s'est transformé en parti socialiste SFIC (Section française de l'Internationale communiste). Le 1er janvier 1922, conformément à la 17e condition d'admission, il prendra le titre de « parti communiste (SFIC) ». Ce même 30 décembre 1920, « résistants » et « reconstructeurs » décident de reprendre l'appellation de « parti socialiste SFIO ».

Pour en savoir plus, voir l'article parti communiste français.