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passage du Nord-Est

Route maritime de l'océan Arctique, au N. de la Sibérie, conduisant de l'Atlantique au Pacifique par le détroit de Béring.

À l'initiative de Sébastien Cabot, qui était le gouverneur de la Société des marchands aventuriers, une expédition anglaise de trois navires prend le départ en 1553 vers le nord-est pour rechercher une liaison nouvelle vers la Chine qui permette d'échapper au contrôle du trafic par les Ibériques. Seul le navire commandé par Richard Chancellor (mort en 1556), qui atteint la mer Blanche, en réchappe, entamant le négoce avec la Moscovie. Son ancien pilote, Stephen Burrough, parvient à la Nouvelle-Zemble en 1556. Le Hollandais Willem Barents (ou Barentsz) [vers 1550-1597] poursuit la recherche et double la Nouvelle-Zemble par le nord. En 1596, il découvre le Spitzberg, qu'il prend en fait pour le Groenland, puis doit hiverner près du littoral oriental de la Nouvelle-Zemble et meurt d'épuisement sur le chemin du retour (c'était alors le premier hivernage effectué par des Européens dans l'Arctique). Au cours du xviie s., les Russes font faire des progrès décisifs à la connaissance de la Sibérie, mais la localisation de la voie maritime attendra le xviiie s. En 1735, Mouravev et Pavlov pénètrent de nouveau dans la mer de Kara. En 1737, l'embouchure de l'Ob est atteinte par Stepan Gavrilovitch Malyguine (mort en 1764) et A. Skouratov. Ces parages ne seront de nouveau visités, par mer, que par le Norvégien Johannesen, en 1869. Adolf E. Nordenskjöld (1832-1901) gagne l'embouchure de l'Ienisseï en 1875. Il contourne le cap Tcheliouskine sur la Vega et hiverne près de l'embouchure de la Lena (1878-1879). Franchissant le détroit de Béring pendant l'été de 1879, il ouvre ainsi le passage du Nord-Est. Les limites septentrionales en seront précisées par la découverte, due à Boris Andreïevitch Vilkitski (1885-1961), de l'archipel de la Terre du Nord, la Severnaïa Zemlia (1913-1914). Mais c'est seulement avec l'instauration du pouvoir soviétique que la route maritime du Nord, longue de 4 500 km, commence à jouer un rôle capital dans la mise en valeur de l'Arctique sibérien : le cabotage qu'elle connaît chaque année pendant une dizaine de semaines, de juin à septembre, n'est possible que grâce à de puissants brise-glace. Le Lénine sera le premier navire de ce type à utiliser la propulsion nucléaire.

La route maritime du Nord-Est joue un rôle économique majeur dans l'espace sibérien, qui se voit ainsi relié au Pacifique et à l'Europe. Elle est empruntée par des navires de minerais ou de gaz. Son influence pourrait grandir : pour relier les grands centres portuaires de l'Europe du Nord (notamment Rotterdam et Hambourg) aux grands centres économiques de l'est de l'Asie, chinois (Shanghai), japonais (Tokyo) et coréens (Pusan), elle pourrait devenir une route maritime concurrente de la route qui passe par le canal de Suez et traverse l'océan Indien, d'autant que de nombreux armateurs abandonnent le canal de Suez pour contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Cet itinéraire par l'océan Arctique permet de gagner deux semaines entre Dalian, en Chine, et Rotterdam, aux Pays-Bas par rapport au trajet par le canal de Suez : 35 jours contre 48 jours. Cependant, plusieurs éléments réfrènent l'utilisation de cette route maritime du Nord-Est : l'incertitude quant aux nombre de jours d'été où elle serait utilisable dans une année, la vitesse réduite, l'obligation de renforcer les coques et un passage délicat entre la mer de Kara et la mer des Laptev, au sud de la Severnaïa Zemlia (Terre du Nord), par le détroit de Sannikov, qui limite la capacité des navires à 4 000 EVP. Pour la première fois, en 2013, un navire de commerce chinois a emprunté cette route. (→ Arctique.)