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MLF

sigle de Mouvement de libération des femmes

Mouvement féministe français cofondé en 1970 par plusieurs personnalités issues de plusieurs groupes et de courants.

La naissance du MLF participe de l'effervescence de mai 1968. La dizaine de femmes fondatrices se pose une question : comment faire en sorte que les femmes ne soient pas exclues du mouvement général de libération des mœurs et des mentalités, à dominante masculine et misogyne ? Leur premier slogan (« Notre corps nous appartient ») place sans ambiguité la femme comme sujet et non plus objet.

Contre l'affirmation lacanienne selon laquelle « Il n’y a qu’une libido et elle est phallique », la psychanalyste Antoinette Fouque pose l'existence d'une autre libido, utérine, celle-là, c'est-à-dire propre à la femme. Elle tente d'éclairer les ressorts de la misogynie, déni masculin d'une spécificité que l'on envie. Avec le groupe de réflexion Psychanalyse et Politique, elle élabore tout un corpus théorique et une stratégie d’action pour « donner lieu au non lieu », à l’affirmation des femmes. Cet engagement fera l’originalité du MLF français et sera à l’origine, en 1974, de la création des Éditions des Femmes, de journaux, de librairies, d’un maillage militant, d’actions de solidarité avec les femmes opprimées du monde entier.

Défendre l’avortement et prôner la « désexuation », « abolir le terme femme » marqué par l’oppression, tel est le choix de Monique Wittig, autour de qui se structurera à partir des années 1970 le courant féministe – radical ou réformiste – avec le slogan « Un homme sur deux est une femme » et des actions souvent spectaculaires, voire provocatrices. Au nom de l’universalisme, l’égalité des deux sexes passe en quelque sorte par l'unisexe, la négation de la différence.

Les débuts en quelques dates :
– 1968 : prise de parole, levée d’interdit, actions pour les crèches, rencontres en France et en Europe allant s’élargissant en 1969 ;
– printemps 1970 : premier meeting public du MLF à l’université de Vincennes ;
– août 1970 : dépôt d’une gerbe à la femme du soldat inconnu, sous l’arc de triomphe de l'Étoile, à Paris ;
– octobre 1970 : premières assemblées générales du MLF, à l’École des beaux-arts ;
–  1971 : premier numéro du Torchon brûle et Manifeste des 343 pour le droit à l’avortement, première grande manifestation de rue…

L’acquis du mouvement des femmes revêt une portée considérable. En quarante ans, il y a eu plus de transformations qu’en deux mille ans d’histoire. De l’abolition de la puissance paternelle et maritale au partage de l’autorité parentale, de la prescription à faire des enfants à la maîtrise de la fécondité, d’un droit inégalitaire et discriminatoire jusqu’à la parité en politique, les femmes ont revendiqué d’autres désirs, d’autres valeurs, et, ce faisant, fait quelque peu mûrir la démocratie française.