Parti politique créé en 1906 dans l'Inde britannique pour défendre les intérêts de la communauté musulmane face au parti du Congrès dominé par les hindous.
La Ligue musulmane (Muslim League, forme abrégée de All India Muslim League) mène sa lutte dans le cadre des institutions électives progressivement mises en place par les Britanniques. Elle est particulièrement active de 1913 à 1924, où – sous l'impulsion de Muhammad Ali (1878-1931), un de ses cofondateurs – elle s'aligne progressivement sur les positions antibritanniques du parti du Congrès avec lequel elle signe le pacte de Lucknow (1916), et s'engage dans le mouvement panislamique de défense du califat ottoman. De même, dirigée par Muhammad Ali Jinnah de 1935 à 1947, elle combat, à partir de 1940, pour la création du Pakistan, qu'elle impose aux Britanniques et au parti du Congrès.
Fondée en 1962, la Ligue musulmane du Pakistan (Pakistan Muslim League, PML) connaît, au gré des rivalités qui l'assaillent, de multiples scissions. En 1992, Nawaz Sharif crée la PML-N (Nawaz), qui, victorieuse des élections de 1997, demeure au pouvoir jusqu'au coup d'État du 12 octobre 1999 du général Pervez Mucharraf. Dirigée à partir d'août 2002 par le frère de Nawaz, Shahbaz Sharif, la PLM-N obtient 14 sièges aux élections d'octobre 2002. Très implantée dans la Province frontalière du Nord-Ouest, elle est opposée à la PML-LM, créée en 2000 et devenue la PML-Q (Qaid-e-Azam) en 2001, proche du gouvernement. Désireux de préparer les échéances électorales du début 2008 et profitant de l'affaiblissement politique du président Mucharraf, N. Sharif rentre d'exil en novembre 2007. Aux élections législatives de février 2008, sa formation améliore son score de 67 sièges, obtenant un total de 91 députés, derrière le P.P.P. d'Asif Ali Zardari, à 121, mais loin devant la PML-Q, à 54. En mars, à la suite d'un accord de gouvernement conclu avec le P.P.P., des membres de la PML-N entrent dans le cabinet du Premier ministre, un proche d'A. Zardari, Yousaf Raza Gilani. Ceux-ci démissionnent en mai, en guise de protestation contre les atermoiements du P.P.P. au sujet de la réintégration dans leurs fonctions des juges démis par P. Mucharraf. Toutefois, N. Sharif et la PML-N continuent de travailler avec A. Zardari à la destitution de ce dernier. Mais la PML-N quitte la coalition parlementaire quand, à la fin août, à la suite de la démission de P. Mucharraf, et contre l'engagement qu'il avait pris auprès de N. Sharif, A. Zardari se porte candidat à sa succession. Le 6 septembre, bien que la PML-N présente le magistrat Saïd-uz-Zaman Siddiqui, c'est le chef du P.P.P. que les assemblées élisent et portent à la tête de l'État. Les difficultés qui s'amoncellent et l'impuissance du nouvel exécutif à les traiter font bientôt de N. Sharif la personnalité politique la plus populaire du pays, même si d'anciens chefs d'accusation (détournement de fonds et trahison) l'empêchent de se présenter aux suffrages de ses concitoyens. Le 25 février 2009, un arrêt de la Cour suprême confirme son inéligibilité et lui ajoute celle de son frère, Shawaz, autre leader de la PML-N, et gouverneur du Penjab, État le plus peuplé. La protestation politique contre ce qui apparaît comme une tentative de muselage de l'opposition s'organise. Les États-Unis, inquiets, font pression pour dénouer la crise : des discussions entre parties aboutissent le 16 mars à un compromis qui prévoit le rétablissement dans leurs fonctions des juges de la Cour suprême, la libération des opposants arrêtés dans les précédentes semaines, et l'application d'une « charte de la démocratie » à l'aune de laquelle seront réexaminées les procédures visant N. Sharif et son frère – chose faite à la fin du mois de mai, quand la Cour suprême lève tous les obstacles à l'éligibilité du leader de la PML-N.