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guerre du Liban

Guerre civile qui impliqua, par le jeu des alliances, des forces extérieures au Liban comme l'organisation de libération de la Palestine (OLP) et des puissances régionales comme Israël et la Syrie.

1. Première phase (1975-1976)

La première phase de cette guerre débute, en avril 1975, par un affrontement entre les Palestiniens et les Phalanges libanaises (créées en 1936 par le clan maronite des Gemayel et qui vont bientôt compter 80 000 adhérents), et par des émeutes dirigées par les chiites contre la vie chère (mouvement des déshérités de Musa Sadr).

La fracture se fait entre les conservateurs chrétiens, dirigés par les phalangistes, et ce que l'on appelle alors la gauche libanaise, constituée des Palestiniens, des Druzes (parti socialiste progressiste de Kamal Joumblatt, créé en 1949), des baassistes, des communistes et des musulmans, tant sunnites que chiites.

Les combats sont très meurtriers : le 6 décembre 1975, les phalangistes abattent 150 à 200  musulmans et rasent des camps palestiniens. Beyrouth est coupée en deux, chrétiens à l'est, musulmans à l'ouest. Assiégés par des progressistes qui réclament la fin du système confessionnel, les phalangistes font appel à la Syrie, qui envoie des troupes en mai 1976. Celles-ci entrent dans Beyrouth en novembre.

Approuvée par les États-Unis, par Israël et par la Jordanie, cette intervention est condamnée par l'Union soviétique, l'Égypte et l'Iraq. À Riyad, puis au Caire (octobre), une conférence arabe instaure une trêve, reconduit les accords libano-palestiniens de 1969 et crée une force de dissuasion arabe de 30 000 hommes, dans laquelle les Syriens sont majoritaires.

2. Deuxième phase (1977-1982) : opération « Litani »

La deuxième phase s'ouvre avec l'assassinat du leader druze Kamal Joumblatt (mars 1977). Les alliances ont changé.

La Syrie se réconcilie avec les Palestiniens et la gauche libanaise, tandis que les chrétiens glissent progressivement vers Israël, qui les aide à attaquer les Palestiniens dans le Sud. En février-mars 1978, Israël envahit le Liban-Sud pour y créer une « ceinture de sécurité » de 850 km2 en deçà du fleuve Litani (opération « Litani »). Sommé de se retirer par la résolution 425 de l'ONU (créant une force intérimaire des Nations unies pour le Liban-Sud, la Finul, qui a compté jusqu'à 7 000 hommes), Israël confie, en partant, les territoires composant la « ceinture de sécurité » non pas à la Finul, mais aux forces du commandant Haddad, passé sous contrôle israélien. Celui-ci proclame l'État du Liban libre chrétien (avril 1979) et constitue, avec une fraction chrétienne dissidente de l'armée et des milices chiites, l'armée du Liban du Sud (ALS) équipée par Israël.

Les affrontements directs et indirects (par milices interposées) entre Syriens et Israéliens dominent cette phase de la guerre. Le clan maronite des Frangié est massacré (1978-1980), les populations sont déplacées et soumises à des bombardements meurtriers, tandis que les phalangistes éliminent les autres milices chrétiennes. Le 21 juillet 1981, le Conseil de sécurité de l'ONU exige un cessez-le-feu, qui sera négocié indirectement entre Palestiniens et Israéliens.

3. Troisième phase (1982-1983) : opération « Paix en Galilée »

La troisième phase est marquée par le rôle politique et militaire croissant des Phalanges et par l'opération israélienne « Paix en Galilée », lors de laquelle, en juin 1982, Israël envahit le Liban avec 100 000 hommes, avant de conclure, après de violents combats et le blocus de Beyrouth, soumise aux bombardements, un cessez-le-feu avec la Syrie.

La reddition de l'OLP et le départ de la ville des milices musulmanes ainsi que de la force de dissuasion arabe (août-septembre), se font sous la protection de l'ONU et sous contrôle d'une « force multinationale d'interposition ». Élu président de la République en août, Bachir Gemayel, chef des milices chrétiennes, est assassiné en septembre. L'armée israélienne pénètre alors dans Beyrouth-Ouest, en violation des engagements pris auprès de l'OLP, et autorise les phalangistes à pénétrer dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, où ils massacrent 1 500 réfugiés (16 septembre).

Le nouveau président, Amine Gemayel, rappelle alors la force multinationale, composée de soldats américains, français et italiens. La Syrie s'impose au camp arabe, au sein duquel émerge une nouvelle milice chiite, le Hezbollah, pro-iranien, tandis que, sous protection française, Yasir Arafat, à la tête de 4 000 combattants palestiniens, quitte Beyrouth pour Tunis.

Le 17 mai 1983, à l'instigation des États-Unis, Israéliens et Libanais concluent un accord prévoyant le départ de toutes les forces étrangères, qui est rejeté par la Syrie.

4. Quatrième phase (1983-1985)

La quatrième phase de la guerre est marquée par la recrudescence des combats entre milices et factions rivales.

En septembre 1983, les Syriens et les Israéliens renforcent leurs dispositifs respectifs au Liban ; les milices chrétiennes, appuyées par les Israéliens s'opposent aux Druzes, soutenus par les Syriens, mais pro-syriens et pro-palestiniens se combattent également dans le Nord. La population chrétienne quitte en masse la montagne, les attentats anti-israéliens se multiplient. La Syrie et l'opposition musulmane libanaise de gauche s'unissent dans un « Front de salut national ». Prise au milieu des combats, la force multinationale quitte le Liban en février 1984.

Cette période voit la montée des milices chiites pro-syriennes (Amal) et pro-iraniennes (Hezbollah), qui vont bientôt se combattre ; les prises d'otages occidentaux (au moins 20) se développent. Les Israéliens se redéploient dans le Sud, les affrontements entre factions rivales font rage. Le pays est en proie à l'anarchie (règlements de compte, exodes, massacres).

La gravité de la situation militaire contraint Amine Gemayel à accepter les conditions syriennes. L'accord israélo-libanais de mai 1983 est officiellement annulé en mars 1984. Sous l'égide de la Syrie, les chefs des grandes communautés politiques et militaires acceptent de constituer un gouvernement d'union nationale (mai 1984), présidé, jusqu'à son assassinat en juin 1987, par Rachid Karamé, personnalité sunnite influente.

Mais ce gouvernement consacre en fait la division du pays en fiefs gérés par les milices, qui font main basse sur l'économie libanaise, et qui, grâce aux rackets, aux pillages, au trafic de drogue et aux aides étrangères qu'elles reçoivent, acquièrent une puissance financière sans commune mesure avec les ressources d'un gouvernement central affaibli et déstabilisé. Les milices, tour à tour appuyées par l'Iran, la Syrie, l'Iraq, la Jordanie, l'Égypte, l'Arabie saoudite et Israël, ont même leurs propres moyens d'information.

L'anarchie et le morcellement politique favorisent l'emprise israélienne dans la ceinture de sécurité du Sud, et le retour de l'armée syrienne dans le reste du pays. Entre janvier et juin 1985, Israël se retire partiellement du Liban, tout en conservant, directement ou indirectement, le contrôle de certaines zones dans le Sud.

5. Cinquième phase (1985-1989)

La cinquième phase voit se développer la guerre que se livrent la milice chiite pro-syrienne Amal et les Palestiniens, réimplantés à Beyrouth et dans le Sud, pour le contrôle des camps du sud de la capitale.

Ces combats, qui font 20 000 morts de juin 1985 à juin 1988, se terminent par une nouvelle reddition de l'OLP, à laquelle s'opposent par ailleurs des groupes palestiniens rivaux aidés par la Syrie. Des conflits inter-chrétiens se développent également. La Syrie et l'Iran s'opposent par milices chiites interposées mais Damas parvient à s'imposer à la majorité des milices sunnites et druzes.

À la fin du mandat d'Amine Gemayel, en septembre 1988, il est impossible de nommer un autre président et même un gouvernement ; les pro-chrétiens et les musulmans pro-syriens constituent chacun le leur. Finalement, le général chrétien Michel Aoun, commandant en chef de l'armée libanaise, est nommé président d'un Conseil des ministres intérimaire.

6. L'accord interlibanais de Taif et la fin de la guerre (1989-1990)

De mars à décembre 1989, Michel Aoun, soutenu par l'Iraq et par de nombreux chrétiens, lance contre la présence armée syrienne une guerre de libération nationale. L'armée libanaise se scinde en deux et achève de détruire Beyrouth en d'incessants bombardements. Le Parlement libanais, réuni dans la ville saoudienne de Taif à l'initiative du comité tripartite arabe regroupant l'Algérie, l'Arabie saoudite et le Maroc, tente de trouver une solution politique.

Entériné par 58 des 62 députés libanais le 5 novembre 1989, l'accord de Taif préconise un cessez-le-feu, le démantèlement des milices et le retrait des troupes syriennes jusqu'à la Bekaa, le transfert du pouvoir exécutif du président de la République (maronite) au profit du président du Conseil des ministres et du gouvernement (sunnite), ainsi qu'une égale répartition des sièges parlementaires (dont le nombre est doublé) entre chrétiens et musulmans, avec pour objectif, à terme, l'abolition du confessionnalisme politique.

L'accord de Taif affirme la restauration de l'autorité de l'État jusqu'aux frontières libanaises reconnues internationalement, ce qui implique la fin de l'occupation israélienne et l'interdiction de toute annexion de tout ou partie de son territoire par l'un des ses voisins. Toutefois, les relations libano-syriennes, « tirant leur force du voisinage, de l'histoire et des intérêts fraternels communs », sont qualifiées de « particulières ».

Conformément à l'accord, une élection présidentielle a lieu le 13 novembre, à l'issue de laquelle le député maronite René Moawad est élu par les députés, mais, celui-ci ayant été assassiné le 22, il est remplacé, le 25, par Elias Hraoui.

Les combats reprennent entre Amal et le Hezbollah, comme entre les milices chrétiennes et l'armée libanaise. Opposé à l'accord de Taif, qui favorise les sunnites, le général Aoun poursuit la lutte contre le nouveau régime, mais, écrasé par l'armée libanaise et l'armée syrienne à la faveur de la guerre du Golfe en octobre 1990, il quitte le Liban pour la France en août 1991.

Pour en savoir plus, voir l'article Liban : histoire.