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IIe Internationale

Grande organisation internationale du mouvement socialiste de 1889 à 1923.

1. Origine et formation

S'inscrivant dans la continuité de la Iere Internationale dissoute en 1872, l'Internationale a été reconstituée au congrès de Paris (1889), qui réunit les socialistes de 23 pays à l'initiative du SPD, le parti social-démocrate allemand.

Ce même congrès décide d'organiser le 1er mai 1890 une manifestation internationale pour la journée de 8 heures, initiative qui doit être reprise chaque année à partir de cette date. La nouvelle Internationale, qui reconnaît l'autonomie des groupements nationaux, se refuse à intervenir dans les affaires intérieures des partis.

Il lui faudra plus de dix ans pour se doter d'institutions permanentes : le Bureau socialiste international (BSI), né après le congrès de Paris de 1900, siégeant à Bruxelles et composé de deux délégués par pays, le secrétariat permanent et un comité exécutif. À partir de 1905, Camille Huysmans en est le secrétaire.

Puis sont constitués : une Commission socialiste interparlementaire (1904), un Bureau international, créé par la première Conférence internationale des femmes socialistes (secrétaire : Clara Zetkin), une Fédération internationale de la jeunesse socialiste.

2. Les diverses tendances

À l'intérieur de l'Internationale cohabitent les diverses tendances du mouvement ouvrier international, y compris, au début, les anarchistes, et les personnalités les plus marquantes du socialisme mondial participent aux séances de ses congrès et du BSI : Wilhelm Liebknecht, August Bebel, Clara Zetkin, Eduard Bernstein, Karl Kautsky (Allemagne) ; Jules Guesde, Paul Lafargue, Édouard Vaillant, Jean Jaurès (France) ; Gueorgui Plekhanov, Lénine, Martov, I. A. Roubanovitch (Russie) ; Victor Adler (Autriche) ; Andrea Costa, Filippo Turati (Italie) ; James Keir Hardie (Grande-Bretagne) ; Pablo Iglesias (Espagne) ; Édouard Anseele, Émile Vandervelde (Belgique) ; Morris Hillquit (États-Unis) et Katayama Sen (Japon).

3. Élimination des anarchistes

L'un des premiers débats est relatif à la composition de l'organisation. Le congrès de Zurich (1893) reconnaît « comme membres du parti social-démocrate révolutionnaire international toutes les organisations et sociétés qui admettent la lutte des classes et la nécessité de socialiser les moyens de production et qui acceptent les bases des congrès internationaux socialistes ». Aux congrès de 1891 et 1893 les anarchistes sont exclus, et le congrès de Londres (1896) les expulse définitivement. En revanche, les syndicalistes sont admis (congrès de Zurich de 1893), mais il est précisé (congrès de Stuttgart de 1907) que les syndicats doivent s'inspirer d'un état d'esprit socialiste. En fait, les syndicats influencés par les idées anarchistes ou syndicalistes révolutionnaires se tiennent à l'écart.

4. Le révisionnisme d'Eduard Bersntein

Au tournant du siècle, le marxisme est remis en cause par le « révisionnisme » d'Eduard Bernstein. Cette question a des implications pratiques, comme le problème des alliances avec la bourgeoisie libérale (controverses à propos de l'entrée du socialiste français Millerand au gouvernement, 1899). Finalement, un compromis est trouvé par Kautsky : condamnation de principe, mais acceptation de circonstances exceptionnelles. Le révisionnisme de Bernstein est condamné sans appel au congrès d'Amsterdam (1904).

5. L'Internationale face aux défis de la question coloniale et de la guerre

La question coloniale est également l'objet d'affrontements, mais le congrès de Stuttgart (1907) condamne « la politique coloniale capitaliste ». Cependant, le problème le plus grave est celui de la guerre. Unanimement, la guerre est analysée comme liée au capitalisme, mais la majorité des sociaux-démocrates allemands et autrichiens ne pense pas qu'il est possible d'y faire efficacement obstacle.

Toutefois, une majorité composée de pacifistes Jaurès) et de révolutionnaires (Lénine) se dégage. Le congrès de Stuttgart décide d'empêcher la guerre « par tous les moyens » et précise que, si néanmoins celle-ci éclate, il faudra utiliser la situation pour abattre « la domination capitaliste » (amendement de Lénine et de Martov).

Le congrès de Copenhague (1910) précise les moyens à utiliser pour empêcher la guerre : la grève générale ouvrière, l'agitation et l'action populaire, et le congrès de Bâle (1912) assigne aux travailleurs d'Allemagne, de France et de Grande-Bretagne un rôle particulier.

Lorsque éclate, en juillet 1914, la crise internationale consécutive à l'assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo, le BSI, réuni à Bruxelles, demande aux partis socialistes d'organiser des actions contre la guerre, mais, le 3 août, les socialistes allemands votent les crédits de guerre et, le 4, c'est le tour des socialistes français. Parmi les grands pays belligérants, seuls les cinq députés bolcheviks et plusieurs députés mencheviks de Russie n'émettent pas un tel vote.

6. Derniers clivages avant la disparition

Le retournement des partis allemand et français porte le coup de grâce à l'Internationale. C'est en dehors d'elle que se réunissent les conférences de Zimmerwald (1915) et de Kienthal (1916). Le BSI tente en vain, en février 1919 (conférence de Berne), puis en juillet 1920 (congrès de Genève), de réunir les partis socialistes.

En mars 1919, la gauche a constitué une Internationale communiste (→ IIIe Internationale ou Komintern) et, en février 1921, le centre pacifiste fait à son tour scission, créant la Communauté de travail des partis socialistes ou « Internationale II et demie ». La IIe Internationale n'a plus, dès lors, qu'une existence nominale jusqu'à sa disparition en 1923, lors de la constitution de l'Internationale ouvrière socialiste.

Pour en savoir plus, voir l'article socialisme.