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Girondins

Groupe politique pendant la Révolution française.

Défenseurs de la bourgeoisie aisée et partisans de la guerre

Autour de Brissot, député de Paris, de Condorcet, des avocats Vergniaud, Guadet, Gensonné, etc., députés de Bordeaux, l'aile gauche de l'Assemblée législative rassemble les « brissotins », qu'on appellera « Girondins » au milieu du xixe siècle, en particulier sous l'influence de Lamartine.

Hors l'Assemblée et les Jacobins, les salons de Mmes Roland et Dodun les accueillent. Ils s'appuient plus sur les administrations départementales et sur les milieux d'affaires que sur le peuple révolutionnaire de Paris, dont ils désapprouvent l'idéologie égalitaire. Aussi l'un d'eux, Lasource, demandera-t-il que « Paris soit réduit à un quatre-vingt-troisième d'influence » (25 septembre 1792).

Voltairiens, ils désirent le triomphe de la bourgeoisie éclairée et œuvreront dans ce sens jusqu'en août 1792. Bourgeois, ils s'opposeront ensuite à la vague populaire : ainsi s'explique la politique d'abord révolutionnaire, puis modératrice des Girondins. Par leurs discours, Brissot, Vergniaud, Isnard inspirent les mesures contre les émigrés (31 octobre, 9 novembre 1791) et les prêtres réfractaires (29 novembre).

Opposés aux Montagnards

Contre Robespierre, Brissot défend le principe de la guerre révolutionnaire. Louis XVI appelle plusieurs d'entre eux dans le ministère Dumouriez (mars 1792), avec Clavière aux Finances, Jean-Marie Roland à l'Intérieur et, plus tard, Servan à la Guerre.

Rapidement compromis par les déboires d'une équipe qu'ils ne dirigent pas et par les premiers échecs militaires, les Girondins reviennent à une politique plus dure : Louis XVI ayant opposé son veto à deux décrets révolutionnaires de l'Assemblée et renvoyé les trois ministres (13 juin), ils suscitent la journée du 20 juin. Mais, alors que Vergniaud et Isnard parlent de déchéance et que Pétion l'exige au nom de 47 sections (sur 48) de la Commune, certains d'entre eux tentent en vain de renouer avec le roi.

L'élimination politique des Girondins

Les Girondins ont été peu à peu évincés du club des Jacobins ; l'insurrection du 10 août 1792, réalisée sans eux, marque la fin de leur pouvoir. S'ils dominent encore à la Législative, puis à la Convention et au Comité exécutif, ils sont relégués au second plan dans la , où Pétion, maire de Paris, apparaît isolé face aux futurs Montagnards.

Une dernière fois, exploitant à son profit la crainte bourgeoise d'une économie autoritaire, la répulsion suscitée par les massacres de Septembre et le soulagement né de la victoire de Valmy, la Gironde tente de stabiliser la Révolution et obtient quelques succès sur la Commune. Mais la mise en accusation de Danton, de Robespierre et de Marat tourne court, et son attitude « légaliste » lors du procès du roi passe pour trahison.

Rendus responsables des échecs militaires du printemps 1793, éclaboussés par la défection de Dumouriez, les Girondins ne peuvent empêcher la création du Tribunal révolutionnaire et du Comité de salut public (mars-avr. 1793). Ils y ripostent maladroitement en déférant, en vain, Marat devant le Tribunal révolutionnaire et en obtenant la création d'une commission de douze membres chargée d'enquêter sur les exactions de la Commune (arrestation d'Hébert). Isnard menace alors d'anéantir Paris (25 mai 1793). Robespierre invite les sans-culottes « à se mettre en insurrection contre les députés corrompus », et, le 31 mai, la Convention doit se résoudre à supprimer la commission des Douze. Sans appui populaire, n'ayant jamais réuni cette garde départementale protectrice de la Convention souhaitée par Mme Roland, les Girondins succombent à l'assaut des sans-culottes parisiens le 2 juin 1793. Vingt-neuf Conventionnels, dont dix des douze commissaires et les deux ministres Clavière et Lebrun, sont arrêtés. Buzot, Louvet, Pétion, Guadet organisent en province l'agitation fédéraliste. L'assassinat de Marat par Charlotte Corday durcit les positions de la Montagne : à Paris, vingt et un Girondins sont exécutés (31 oct. 1793) ; parmi ceux qui se sont enfuis, plusieurs sont acculés au suicide (Roland, Pétion, Buzot, Clavière). Les survivants retrouveront leurs sièges à la Convention après le 9-Thermidor.

Pour en savoir plus, voir l'article Révolution française.