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Druzes

Arabes du Hauran (Syrie), du Chouf (Liban), de Galilée (Israël) et de Jordanie, appartenant à une secte ésotérique issue de l'ismaélisme.

1. La religion des Druzes

Elle prend naissance dans les dernières années du règne du calife fatimide du Caire al-Hakim (996-1021). Des cercles pratiquant son culte s'organisent sous la conduite de Muhammad al-Darazi, de Boukhara, puis sous celle de l'Iranien Hamza ibn Ali qui donne au culte d'al-Hakim sa forme druze définitive : al-Hakim est l'immortelle manifestation de l'Un ultime, le prêcheur Hamza l'imam (guide infaillible) perpétuel.

Après la disparition d'al-Hakim, qui doit réapparaître sur terre au moment choisi, pour « opérer la discrimination entre les croyants et les hypocrites », son culte s'éteint en Égypte. Il gagne la Syrie où des missionnaires le propagent parmi les des communautés paysanes révoltées contre leurs maîtres. Al-Muqtana pose les bases de l'orthodoxie druze dans les lettres qu'il envoie aux fidèles jusqu'en 1043, qui constituent les Lettres de la sagesse.

Réorganisée au xve siècle, sans doute par le moraliste Abd Allah al-Tanukhi (mort en 1480), la communauté est divisée en sages, initiés aux vérités de la foi (uqqal), parmi lesquels se recrutent les chefs religieux, et en ignorants ou non initiés (djuhhal). Les Druzes observent sept commandements principaux et professent une rigoureuse unité divine (Tawhid).

2. Les Druzes dans l'histoire

Comme les autres communautés syriennes et libanaises, les Druzes ont connu la domination des Ayyubides, des Mamelouks, puis des Ottomans (1517-1918). Sous les Ottomans, les Druzes sont gouvernées par des dynasties locales : les Maan auxquels appartient l'émir Fakr al-Din II, les Joumblatt qui dominent le Chouf, les Chihab (→ Chihab Bachir II), qui jouent un rôle prépondérant à partir de la fin du xviie siècle. L'équilibre entre les communautés druze et maronite, que les Chihab s'efforcent de maintenir, se détériore après l'introduction de réformes administratives et fiscales consécutives à l'occupation égyptienne (1831-1839) et à la restauration de l'autorité de la Porte. Les incidents de 1859-1860 (plusieurs villages maronites sont incendiés par les Druzes du Hauran et du mont Liban), provoque même l'intervention des Français du Liban, qui oblige les Ottomans à mener une sévère répression contre les Druzes et à confier l'administration du mont Liban à un chrétien (→ campagnes de Syrie). De nombreux Druzes du Liban rejoignent alors leurs coreligionnaires du Hauran.

Après l'effondrement de l'Empire ottoman (1918), les Druzes sont intégrés aux territoires syrien et libanais, sur lesquels la France reçoit un mandat de tutelle, ou au territoire palestinien confié à la Grande-Bretagne.

3. Les Druzes aujourd'hui

Au Liban, les Druzes participent au système confessionnaliste, établi par la Constitution de 1926 et le pacte national de 1943, qui leur accorde 6 % des sièges dans les institutions de l'État. Leurs leaders, Kamal Joumblatt, assassiné en 1977, puis son fils Walid, jouent un rôle éminent dans l'opposition progressiste libanaise. Ils seraient aujourd'hui au nombre de 300 000.

En Syrie, les Français érigent le djebel Druze en une province autonome. Les Druzes prennent cependant une part importante à la révolte contre le mandat français (1925-1926). Ils constituent actuellement près de 3 % de la population syrienne.

Les Druzes de Palestine ont été intégrés à l'État d'Israël (1948) : 60 000 d'entre eux vivent en Israël, et entre 3 000 et 5 000 en Palestine.

Pour en savoir plus, voir les articles Liban : histoire, Syrie : histoire.