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CFDT

sigle de Confédération française démocratique du travail

Edmond Maire
Edmond Maire

Organisation syndicale française issue du congrès extraordinaire de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) de novembre 1964.

La CFTD proche de la CGT

Sous l'impulsion de son secrétaire général de 1961 à 1970, Eugène Descamps, la CFDT accentue son rapprochement avec la CGT (pacte d'unité d'action, janvier 1966) menant avec celle-ci de nombreux mouvements de grève en même temps que ses militants s'engagent politiquement dans la nouvelle gauche non communiste, le PSU notamment. Lors des événements de mai 1968, la CFDT soutient les revendications les plus avancées, en particulier chez les étudiants. Elle s'éloigne alors de la CGT.

La lutte des classes

En 1970, elle adopte un programme préconisant le socialisme autogestionnaire et acceptant la lutte des classes sous l'influence d'Edmond Maire, secrétaire général de 1971 à 1988. La CFDT apparaît alors comme une organisation syndicale proche des mouvements gauchistes dont elle soutient parfois les initiatives (comités de soldats). En même temps, elle met en avant des revendications souvent plus qualitatives que quantitatives, notamment dans l'enseignement à travers son syndicat, le Syndicat général de l'Éducation nationale (SGEN). Dans cette perspective « révolutionnaire », la CFDT refuse de soutenir le programme commun d'union de la gauche signé en 1972.

Le recentrage, la resyndicalisation

Ces prises de position suscitent de fortes tensions internes et, au lendemain de l'échec de la gauche aux élections de 1978, la décision est prise de « recentrer » la confédération. En 1981, la CFDT apporte son soutien à François Mitterrand et nombre de ses cadres entrent dans les cabinets ministériels des divers gouvernements socialistes, notamment à l'Éducation nationale. Favorable aux nationalisations et aux lois sociales des gouvernements de gauche, elle s'efforce d'infléchir leur action dans un sens opposé à l'étatisme et au productivisme.

Jean Kaspar, secrétaire général de 1988 à 1992, initie la « stratégie de convergence », destinée à rapprocher les organisations syndicales réformistes. La fédération Sud-PTT naît d’un processus d’exclusions de militants trotskistes minoritaires, opposés à la ligne réformiste, au sein de la fédération des PTT à l’automne 1988.

Nicole Notat (1992-2002)

À l'égard des gouvernements de droite, l'opposition de la CFDT n'est pas systématique. L'approbation de la part de sa nouvelle secrétaire générale, Nicole Notat, élue en 1992, de certaines initiatives du gouvernement Balladur (1993-1995) entraîne de fortes critiques à l'intérieur de la confédération et le départ d'adhérents qui vont constituer les syndicats Sud (Solidaires unitaires démocratiques). Ce départ contribue à augmenter le recul de l'audience de la CFDT dans le secteur privé lors des élections prud'homales : après avoir atteint 33,35 % des suffrages en 1992 puis 36,45 % en 1987, la confédération en obtient seulement 25,34 % en 1997.

La « révolution réformiste » de François Chérèque

Élu secrétaire général en 2002 (réélu en 2006 et 2010), François Chérèque poursuit le « recentrage » de la confédération, mais son soutien à la réforme des retraites mise en place par le gouvernement Raffarin en 2003 provoque un séisme :  la centrale traverse sa plus grave crise interne depuis 1964, avec des dizaines de milliers de départs pour désaccord politique (80 000 en quatre ans). En première ligne dans le combat contre le contrat première embauche (CEP, 2006), la CFDT signe, depuis son « éco-congrès » (juin 2006) destiné à adopter une « orientation durable », des accords importants sur la modernisation du marché du travail, la réforme de la représentativité syndicale, et voit son nombre d'adhérents progresser (833 108 en 2009, soit + 2,3 %). La confédération, qui milite pour une retraite prenant en compte les spécificités des parcours professionnels et pour une unification des régimes public et privé, entend s'opposer frontalement à la réforme préparée par le gouvernement Fillon.