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Péloponnèse

en grec Péloponisos

Péloponnèse
Péloponnèse

Presqu'île du sud de la Grèce.

  • Superficie : 21 500 km2
  • Population : 1 174 916 hab. (recensement de 2001)

GÉOGRAPHIE

Géographie physique

Le Péloponnèse – littéralement « île de Pélops » – est la presqu'île rattachée à la péninsule balkanique par l'isthme de Mégare qui, vers Corinthe, se rétrécit à 6 km de largeur, étranglement qui a permis le creusement du canal de Corinthe. La mer modèle les contours de cette presqu'île par de grands golfes (golfe de Corinthe, golfe de Nauplie, golfe de Laconie, golfe de Messénie, golfe de Patras, golfe Saronique ou d'Égine, golfe d'Argolique) qui lui confèrent une forme d'ensemble en « feuille de platane » (Strabon). Près de Patras, le pont de Rion-Antirion relie, depuis 2004, le Péloponnèse au nord de l'isthme de Corinthe.

Le relief est un raccourci de celui de la Grèce entière. À l'ouest, l'Élide et la Messénie occidentale, de même que les îles Ioniennes, Leucade, Céphalonie et Zante, ont le style morphologique de l'Épire. Les autres parties, l'Achaïe, l'Arcadie, la Messénie, la Laconie et l'Argolide, ont la structure et le relief morcelé de la Grèce centrale et septentrionale : l'ensemble s'ordonne en une série de massifs calcaires séparés par des fossés d'effondrement, orientés nord-sud.

De hauts massifs, formés essentiellement par le prolongement de la chaîne du Pinde, se dressent au nord, en bordure du fossé d'effondrement occupé par le golfe de Corinthe : ce sont les massifs de Voïdas (1 927 m), de l'Olonos ou de l'Érymanthe (2 224 m) et le Ziria (mont Kyllini, 2 376 m). Au centre et au sud-est s'individualisent les massifs du Mainolon (1 981 m), du Taygète (2 407 m), du Parnon (1 935 m) et du Didyme (1 113 m), précédé par l'île d'Hydra. Ces massifs sont morcelés par des dépressions qui sont, soit des dépressions karstiques (bassin de Tripolis, du lac Stymphale, de la Phonia), soit des plaines-couloirs, prolongées par des golfes et suivies par des rivières : plaine de Messénie drainée par le Pamisos, plaine de Laconie arrosée par l'Eurotas, plaine d'Argolide. Les plaines alluviales (Argos, Kalamata, Sparte), intérieures (Tripolis, bassin d'effondrement de Mégalopolis) et côtières du nord-ouest (Élide, Achaïe) occupent les principales dépressions.

La façade occidentale est moins élevée que le centre et l'est du Péloponnèse ; les chaînes de Messénie – mont Kyparissa, 1 224 m ; mont Andritsaina, 1 343 m – font place au nord, en Élide, à des plateaux ou à un dédale de menues collines façonnées dans les roches tendres du Tertiaire ; les fleuves, le Pénée et l'Alphée, serpentent dans ces basses terres et ont enrichi de leurs alluvions de larges plaines littorales.

Le climat du Péloponnèse est méditerranéen, mais ne va pas sans nuances. À l'intérieur, il manifeste une certaine rudesse (Tripolis : température moyenne 14,8 °C) qui élimine la culture de l'olivier. À l'est, l'Argolide a la même atmosphère que l'Attique (Nauplie : température moyenne 18,3 °C ; précipitations annuelles : 503 mm). Au sud, les plaines de Messénie et de Laconie sont assez chaudes et humides pour voir mûrir les bananiers (Sparte : température moyenne 18 °C ; précipitations annuelles 801 mm). La façade occidentale est abordée par des vents d'ouest chargés d'humidité (pluies d'hiver et de printemps; précipitations annuelles : 1 112 mm à Zante). La belle saison dure d'avril à septembre sans chaleurs excessives ; la végétation luxuriante contraste avec les surfaces dénudées de l'intérieur.

Géographie humaine

Le déclin de l'agriculture méditerranéenne classique (céréales, oliviers, vignes) vient après celui de l'élevage transhumant ; il illustre les difficultés de ses variantes spécialisées (raisins secs, viticulture, agrumiculture), l'échec des efforts récents d'intensification agricole (irrigation en Élide) et des projets industriels, sauf à Patras, seul port actif, et l'incapacité des installations touristiques littorales à fixer une population permanente. Ce vieux pays morcelé, écartelé entre les influences de plusieurs villes régionales périphériques, est devenu une annexe d'Athènes, qui absorbe l'électricité produite avec son lignite, polarise le marché de ses fruits et légumes et y multiplie les résidences secondaires. À l'intérieur, l'Arcadie, dans son labyrinthe de montagnes aux longs hivers glacés, est une région d'économie archaïque. Peu de villes, sauf Tripolis, grand carrefour de routes ; partout ailleurs des bourgs montagnards et agricoles s'accommodant d'une agriculture et d'un élevage extensifs. Le maïs est cultivé dans les poljés (dépressions karstiques) qui bénéficient de l'inondation hivernale. Comme culture arbustive, le noyer remplace l'olivier.

À l'est, la plaine d'Argolide pratique la polyculture méditerranéenne ; au centre, les champs de blé sont soumis aux aléas des pluies ; sur les pentes du pourtour se développent la culture du tabac et les plantations d'oliviers et de vignes ; au pied des versants, où s'élevaient jadis les cités de Tirynthe et de Mycènes, prospèrent les cultures maraîchères irriguées. Deux petits centres urbains : à l'intérieur, Argos, ville acropole et ville marché ; sur la côte, à l'écart des marécages, Nauplie, le port dont l'activité se borne à l'expédition de légumes vers Athènes.

Au sud, les plaines de Messénie et de Laconie sont un foisonnement d'oliviers, d'orangers, de citronniers, de vignes, avec des champs irrigués capables de porter successivement la même année une récolte de blé et une de maïs. La principale ville de ces régions n'est pas Sparte, mais Kalamata, le centre le plus important du Péloponnèse après Patras, équipé d'un port moderne, et animé par les industries alimentaires (minoteries, vins).

La région la plus riche, la plus peuplée, la mieux dotée en bons pays est la façade occidentale. Les rivières assurent aux plaines alluviales ou limoneuses un drainage normal et les pluies de saison froide accumulent suffisamment de réserves d'eau pour la saison sèche. Les cultures commerciales occupent une grande partie des terres, au point que les cultures vivrières sont insuffisantes vu la densité élevée de population. La production du raisin de Corinthe est la spéculation principale ; tantôt les vignes sont associées aux oliviers, tantôt elles voisinent avec le maïs ou les champs de blé.

Dans la vallée de l'Alphée, qui avait enseveli Olympie sous 5 m d'alluvions, le site de ce grand sanctuaire panhellénique a la beauté calme et religieuse d'un grand parc planté de pins. Mais, pays rural, l'Élide n'a qu'une ville, Pyrgos, au cœur de vignobles productifs ; Katakolon est un port exportateur de vins. La grande ville de cette façade occidentale est la capitale de l'Achaïe, Patras, troisième ville de la Grèce après Athènes et Thessalonique. C'est le mieux placé des ports grecs pour les relations avec l'Occident ; à l'exportation des raisins de Corinthe, de vins, de tabac et d'agrumes, Patras joint une active fonction industrielle.

Le sous-sol contient des gisements de lignite et de pyrites de fer (Ermioni).

Le tourisme, très actif, est l'une des ressources essentielles du Péloponnèse : Mycènes, Tyrinthe, Épidaure, Bassæ, Corinthe, Sparte et Olympie, où l'on célébrait les jeux Olympiques, sont parmi les sites archéologiques les plus importants de la Grèce antique. Les époques byzantine (Mistra), franque, vénitienne et turque ont également laissé de nombreux monuments.

HISTOIRE

Le Péloponnèse reçoit d'abord ses populations du Nord et sa culture de l'Est : civilisations égéenne (vers 2600 avant J.-C.), anatolienne (vers 2400 avant J.-C.). Les premiers envahisseurs indo-européens, les Ioniens (vers 2000), apportent du Nord la culture minyenne. Les Achéens, qui les suivent et les supplantent (vers 1600), adoptent la brillante civilisation crétoise qui survit à la destruction de Cnossos (vers 1375). Les Doriens ruinent les capitales achéennes à partir de 1200. Les vaincus, qui ne se maintiennent indépendants qu'en Messénie et en Arcadie, gagnent le littoral asiatique. Les envahisseurs semblent avoir réduit au servage ou à une condition politique inférieure les populations antérieures ; peut-être s'explique ainsi la domination des égaux de Sparte sur les périèques et les hilotes, des citoyens d'Argos sur les gymnètes. Tandis que Corinthe étend vers l'Adriatique son influence, les Spartiates conquièrent la Messénie (vers 743-580 ou 610). Vers 550, les Lacédémoniens organisent la « ligue Péloponnésienne ». Sparte se ferme désormais aux influences extérieures. La majorité des Péloponnésiens suit Sparte dans ses conflits avec Athènes (457-447), puis dans la guerre du Péloponnèse (431-421 ; 413-404). Argos est définitivement vaincue par Agis II à Mantinée (418) et Corinthe se soumet à Sparte. La défaite de Leuctres (371) rend leur liberté aux Messéniens, qui se donnent une cité, Messène ; les villes arcadiennes fondent une capitale, Mégalopolis (370-368). La bataille de Mantinée (362) consacre le recul de Sparte. Après Chéronée (338) s'installe sur la péninsule la domination de la ligue de Corinthe (337), soutenue par Philippe II de Macédoine, relayée ensuite par la ligue Achéenne. Au cours de la deuxième guerre de Macédoine (200-197), les Achéens passent du côté de Rome ; Flamininus les débarrasse de Nabis, tyran de Sparte (195). Mais lorsque Rome accorde à Sparte, Corinthe, Argos et Orchomène de sortir de la ligue Achéenne, cette dernière entre en guerre et se fait écraser par l'armée de Mummius (146). Fragment de l'Achaïe romaine, la presqu'île vivra dès lors la paix romaine. Ravagé par Alaric (396 après J.-C.), le Péloponnèse est occupé par des tribus slaves (fin du vie s. après J.-C.). Après 1204, il est occupé durablement par les croisés (principauté d'Achaïe, ou Morée) et par Venise. Au xve s., le despotat de Morée se maintiendra indépendant jusqu'à l'arrivée des Turcs (1460).