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Honshu

anciennement Hondo

Tokyo
Tokyo

Principale île du Japon. Elle couvre plus de 60 % de la superficie du pays, dont elle concentre 80 % de la population.

  • Superficie : 230 000 km2
  • Population : 104 700 866 hab. (recensement de 2005)

GÉOGRAPHIE

Le milieu naturel

Les Japonais distinguent dans ce vaste ensemble (1 300 km de long, 240 km de largeur maximale) cinq régions (du N.-E. au S.-O. : Tohoku, Kanto, Chubu, Kansai [ou Kinki] et Chugoku), mais la géographie et l'histoire y proposent deux divisions essentielles : l'une transversale (de part et d'autre de la Fossa Magna), l'autre longitudinale (versant mer du Japon et versant Pacifique).

La Fossa Magna est une dislocation majeure courant de la presqu'île d'Izu jusqu'à la région de Toyama sur la mer du Japon ; elle marque le contact des arcs sud-ouest et nord-est composant l'archipel nippon ainsi que le départ vers le S. de l'arc des Bonin. De grands volcans (Fuji, Asama, Myoko) se dressent sur sa lèvre orientale, séparés de bassins d'effondrement (Matsumoto, lac Suwa, Nagano, Ueda, Kofu), et les deux grandes plaines du Kanto (au Sud) et de Niigata (au Nord) s'étalent à son pied. La Fossa Magna est bordée à l'O. par le grand escarpement des « Alpes japonaises » (dont la partie septentrionale constitue les monts Hida) et à l'E. par le plateau de Joshin-Etsu.

Plus au N., les hauteurs dessinent trois unités parallèles d'orientation méridienne : les massifs cristallins d'Abukuma et de Kitakami, séparés par la plaine de Sendai, dominent le Pacifique de versants abrupts, alors que la zone d'Uetsu, à l'O., est plus fragmentée et comporte de grands volcans (Gassan, Chokai). Au centre, une chaîne plissée et volcanique forme l'épine dorsale du Japon septentrional.

À l'ouest de la Fossa Magna s'étend la massive région du Chubu, où Honshu atteint sa largeur maximale et qui associe des fragments de socle cristallin à des chaînes plissées. Au-delà, le relief se fragmente (massifs de Tamba au N., de Kii au S., plaines d'effondrement du lac Biwa, du Yamato, d'Osaka, celle-ci prolongée par la mer Intérieure) et se poursuit jusqu'au détroit de Shimonoseki par la longue chaîne du Chugoku, complexe et fracturée,dont les versants s'émiettent en presqu'îles et en îles dans la mer du Japon au N., dans la mer Intérieure au S.

Le climat est de plus en plus froid vers le N., mais la distinction est plutôt longitudinale. Le Kuroshio réchauffe tout le rivage de la mer du Japon et celui du Pacifique jusqu'à la latitude de Sendai; plus au N., le courant froid de l'Oyashio donne des hivers plus rudes et des étés brumeux. En hiver, les vents froids émis par l'anticyclone sibérien, chargés d'humidité sur la mer du Japon, entraînent d'énormes chutes de neige sur tout le versant nord-ouest de Honshu, surtout en son centre (Hokuriku) ; ces mêmes vents, asséchés et refroidis, assurent aux régions du Pacifique un temps ensoleillé et froid. En été, une même chaleur humide règne sur toute l'île, plus accusée à l'O., mais permettant partout la riziculture. La végétation, de type « chinois » à l'O. (magnolias, camélias, feuillus à verdure persistante), prend vers le N. un aspect plus tempéré (arbres à feuilles caduques, conifères).

La vie économique

L'agriculture accuse ces nuances : le soja, le sarrasin, les pommiers viennent bien au N. ; le thé, la patate douce, le mandarinier se cantonnent à l'ouest de la ligne Atami-Niigata. Historiquement, le S.-O. est la région mère de tout le pays, avec les plus anciens foyers de la culture nationale ; le reste de Honshu a été peuplé à partir de là par les Japonais, tandis que le centre de la vie politique glissait vers le N.-E. : des plaines du Kansai (Nara-Kyoto) vers la région du Kanto (Kamakura, Edo [aujourd'hui Tokyo]). Mais la dissymétrie s'accuse très tôt entre les deux rivages. Mis à part le foyer isolé d'Izumo, c'est le long de la mer Intérieure et du Pacifique que se concentra presque toujours le courant majeur de la vie japonaise. La plus importante artère du pays, le Tokaido, unissait la capitale féodale d'Edo à Kyoto et Osaka le long du Pacifique, et les plus grandes cités s'y trouvaient (Osaka, Kyoto, Nagoya, Edo, Sendai).

Si, aujourd'hui encore, les Japonais désignent volontiers les rivages de la mer du Japon du terme d'« envers », c'est que cet « ubac » climatique n'a que peu profité de l'essor économique depuis Meiji ; trois villes y dépassent 300 000 habitants (Kanazawa, Niigata, Akita). C'est sur l'« adret » du Pacifique et de la mer Intérieure que les grands centres traditionnels et les ports ont su concentrer et ordonner la croissance accélérée du Japon moderne. La Mégalopolis japonaise réunit ici, sur quelque 1 000 km de long, toutes les métropoles de Honshu (Hiroshima, Okayama, Kobe, Osaka, Kyoto, Nagoya, Shizuoka, Tokyo, Sendai), les innombrables complexes manufacturiers et villes régionales de leurs intervalles, et les polders industriels, qui font un second rivage à cet « endroit » de Honshu.

Derrière cette traînée littorale de villes, de capitaux, d'industries, les régions axiales de Honshu et les rivages campagnards de la mer du Japon demeurent voués à des activités de type traditionnel (à quelques exceptions près : Akita, Niigata, Toyama, Takaoka, Yonago, lac Suwa) autour de leurs cités historiques (Morioka, Yamagata, Aizu-Wakamatsu, Nagano, Kofu, Matsumoto, Takayama, Tsuyama, Tottori, Matsue), dont la fonction est principalement administrative et commerciale. Surtout, ces régions demeurent marquées par un double isolement : par rapport à la Mégalopolis dans son ensemble et entre elles-mêmes, malgré les nombreuses voies ferrées transversales qui les relient, pour le N.-E. à Tokyo et pour le S.-O. à Osaka, et celle qui court, tout le long de la mer du Japon, d'Aomori au N. jusqu'au détroit de Shimonoseki au S.-O.