Journal de l'année Édition 1990

Du 01 janvier 1989 au 31 décembre 1989

Ça c'est passé le

Iran

États-Unis

Sommaire

  • Dossiers chronologie
    • Météo : l'Hiver

      La période allant du 21 décembre aux premiers jours de janvier est marquée par la persistance de conditions anticycloniques et l'absence quasi générale de précipitations. Les pluies fines et les bruines observées dans l'Ouest, le Nord et le Nord-Est du 22 au 24 et le 27 décembre sont le fait de perturbations peu actives.

    • Météo : le Printemps

      De l'équinoxe à la fin de mars, les hautes pressions situées sur l'Europe centrale favorisent l'advection d'air chaud depuis le sud et entretiennent des types de temps estivaux. Les températures maximales atteignent de nouveaux records mensuels : 23,5 °C à Trappes, 21,9 °C à Langres, 24,7 °C à Paris-Montsouris... le 29 mars, 25 °C à Luxeuil, 25,6 °C à Romorantin, 25,5 °C à Colmar le 30. Les pluies sont peu abondantes ; le 31, cependant, de violents orages accompagnés de rafales de vent et de grêle s'abattent dans les régions de Samatan, de Bordes-sur-Arize et de Lannemezan. La douceur et la sécheresse qui prévalent depuis plus de trois mois sont brusquement interrompues par la disparition des hautes pressions et l'installation durable d'un régime perturbé. Du 31 mars au 8 avril, les perturbations circulant dans un flux de nord entraînent une chute de 13 à 22 °C des températures maximales ! Il neige même le 4 sur tout le quart nord-ouest du pays.

    • Météo : l'Été

      La dernière décade de juin se caractérise par des températures égales ou légèrement supérieures à la normale, un ensoleillement satisfaisant et des précipitations très faibles dans l'Ouest, le Sud-Ouest, le Sud-Est et le Centre-Est. Au 30 juin, le rapport R/RU de la réserve en eau disponible à la réserve utile n'est supérieur à 40 % que dans le Béarn, la Gascogne et la Basse-Navarre ainsi qu'au nord d'une ligne Avranches – Paris – Thionville. Cette sécheresse, outre qu'elle aggrave les risques d'incendie de forêt est préoccupante pour les cultures de maïs, de tournesol et de betterave à sucre, comme pour les productions fourragères.

    • Météo : l'Automne

      De l'équinoxe à la fin du mois de septembre, aucun événement particulier n'a marqué l'actualité météorologique. Du 22 au 26, le passage d'une perturbation évoluant dans un flux de sud et la présence en altitude d'une goutte froide circulant du NNO au SSE sont à l'origine de pluies orageuses localement abondantes. Du 27 au 30, le champ de pression sur l'Europe occidentale et méditerranéenne et le renforcement d'un anticyclone centré sur les îles Britanniques expliquent la baisse sensible des températures (les flux dans les basses couches s'orientent au nord) ainsi que la faiblesse ou l'absence de pluies. Quoi qu'il en soit, la sécheresse persiste sur la majeure partie du territoire et notamment dans l'Ouest : les cumuls pluviométriques mensuels calculés pour les stations de Dinard, Angers et Lann-Bihoué sont, avec 11, 9,8 et 6,7 mm respectivement, les plus faibles depuis plus de 30 ans.

  • L'année dans le monde
    • L'année dans le monde

      On ne peut plus désormais parler de la Révolution de 89 sans préciser de laquelle il s'agit. Du massacre de Tiananmen à l'ouverture du mur de Berlin et à la Roumanie, la portée des événements qui se sont succédé en 1989 est telle qu'ils feraient oublier, pour un peu, ceux de 1789.

  • Politique
    • Panorama

      L'année sans pareille : ainsi les historiens ont-ils baptisé 1789, l'année de la Révolution française, au moment où la France célébrait son Bicentenaire par un grand défilé multicolore et pluriethnique sur les Champs-Élysées. Deux siècles plus tard, l'Europe a vécu à son tour une année sans pareille, qui clôt pour elle un xxe siècle qui fut lourd à porter et ouvre les chemins d'un xxie siècle placé sous le signe de ce que la Révolution de 1789 eut de meilleur : la conquête de la liberté et l'irruption de la notion de droits de l'homme. Si bien qu'en présentant ses vœux à la nation au soir du 31 décembre 1989, le président de la République, François Mitterrand, a pu faire l'inventaire de toutes les questions qui se trouvent désormais posées et dont les réponses déterminent la vie des Français pour les années qui viennent : celle de la survie ou non des alliances militaires qui partageaient l'Europe en deux camps, celle du niveau souhaitable de désarmement sur ce même vieux continent, celle des contours politiques de cette Europe qui, en quelques mois, est « sortie de Yalta » et va décider de sa place dans le concert des grandes puissances.

    • Le marathon électoral français

      Entamé le 24 avril 1988 avec le premier tour de scrutin pour la désignation du président de la République, le plus long marathon électoral qui ait jamais été imposé aux citoyens français n'a pris fin que le 24 septembre 1989 avec le renouvellement triennal du tiers sortant du Sénat.

    • La politique régionale

      C'est en effet sur fond d'Europe que se sont inscrits, quasiment pendant toute l'année 1989, l'aménagement du territoire et l'action de Jacques Chérèque. La réforme de ce que l'on appelle les fonds structurels – c'est-à-dire le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social (FSE) et le Fonds européen d'orientation et de garantie agricoles (FEOGA) – est entrée en vigueur. Et les gouvernements des Douze, ainsi que les autorités régionales, ont été extrêmement vigilants à l'égard de cette réforme, menant avec la Commission de Bruxelles des négociations ardues, car les enjeux financiers sont considérables. La France, pour sa part (DOM, Corse, zones de montagne, bassins industriels), ne s'en est pas trop mal sortie. En effet, entre 1988 et 1992, le volume de ses fonds structurels doit globalement doubler, passant de 7,8 milliards d'écus en 1988 à 13,4 en 1992 (1 écu = 7 francs). Autre tonalité européenne : le 24 novembre, à Nantes, Jacques Chérèque a réuni ses collègues de la CEE en charge de l'aménagement du territoire pour tenter d'harmoniser les points de vue entre les États et la Commission, d'une part, et, d'autre part, pour lancer des initiatives de coopération interrégionales.

    • Point de l'actualité

      Annoncée le 1er juin 1988 pour cent jours, la trêve des bombes avait été prolongée par le mouvement nationaliste pour « aboutir à un règlement politique du problème corse ». On s'attendait donc à percevoir les dividendes de la prudence et de l'art subtil de la négociation qui semblaient guider la démarche de Pierre Joxe, chargé des relations avec l'île depuis son retour au ministère de l'Intérieur. Or, une grève de dix semaines amorcée à la poste de Bastia le 21 février s'est achevée le soir du 1er mai après avoir mobilisé vingt mille fonctionnaires et agents de l'État et coûté cent soixante-dix millions à l'économie insulaire. Elle avait entre-temps révélé l'insuffisance de l'information du gouvernement, gêné les nationalistes avant qu'ils ne rejoignent et récupèrent le mouvement et confirmé l'impuissance des élus régionaux.

    • Europe – 3

      Année charnière dans l'histoire des relations mondiales de l'après-guerre, 1989 restera celle qui a pris la Communauté européenne par surprise. Les brèches effectuées dans le mur de Berlin le 9 novembre ébranleront-elles les fondements de la CEE ? Les changements, aussi brutaux qu'inattendus, qui affectent l'ensemble des pays du pacte de Varsovie, et surtout la République démocratique allemande, contribueront-ils au renforcement des liens au sein de la Communauté ? Accéléreront-ils, ou au contraire ruineront-ils – pour reprendre une métaphore répandue – l'édification de ce bâtiment sans toit mais dont quelques étages sont déjà construits ? Quand bien même chacun se réjouit de voir un certain « ordre établi » prendre fin, à compter du 9 novembre les interrogations se multiplient autour de la « question allemande » et donc de l'avenir de l'Europe communautaire.

    • Pays de l'Est : le grand bouleversement

      Le 1er décembre 1988, l'évolution de l'URSS s'est brusquement accélérée lorsque le Soviet suprême a décidé de remanier la Constitution de 1977. Cette réforme, annoncée dès le XXVIIe congrès du Parti en 1986, imposée par les propositions de la Conférence du PCUS de juin-juillet 1988, est importante dans la forme et dans le fond. Dans la forme, puisqu'elle est adoptée, pour la première fois, à la majorité (et non à l'unanimité). Dans le fond, car elle modifie radicalement le système politique soviétique dans trois domaines. Elle instaure la pluralité des candidatures, donnant ainsi à l'électeur la possibilité – qu'il n'avait encore jamais connue – de choisir son représentant. Le Soviet suprême, parlement de l'URSS à l'existence jusqu'alors épisodique, devient une instance permanente, ce qui lui permettra de participer réellement à l'exercice du pouvoir. Enfin, la création du Comité de contrôle constitutionnel constitue une étape décisive pour la naissance d'un État de droit.

    • Chine : le printemps différé

      Quand s'est ouverte cette année 1989, au cours de laquelle devait être célébré le quarantième anniversaire de la République populaire de Chine, qui aurait pu penser que, quelques mois plus tard, Pékin serait à feu et à sang et que le régime communiste serait contraint de faire intervenir l'armée contre la population après avoir traversé l'une des crises les plus graves de son histoire ? La Chine, en dépit de ces remous cycliques dont elle est coutumière, poursuivait son expérience originale de réforme économique et d'ouverture vers le monde extérieur amorcée dix ans auparavant par Deng Xiaoping. Dans ces domaines, elle demeurait à l'avant-garde des pays communistes, même si certains de ces derniers accéléraient le train des réformes.

    • Point de l'actualité

      L'année 1989 a été marquée par un retour en force des questions de défense sur la scène internationale. Armes chimiques, armements nucléaires et forces conventionnelles se sont partagé – plus que de coutume – la « une » des journaux. Une page de la course aux armements avait été tournée en décembre 1987 lors de la signature des accords de Washington : pour la première fois, la suppression d'armes nucléaires était envisagée (traité INF sur les missiles à portée intermédiaire). Depuis, sous la pression continue – et savamment médiatisée – de l'activisme soviétique, les propositions de désarmement se sont enchaînées à un rythme sans précédent, obligeant le nouveau président des États-Unis à sortir de sa réserve.

    • Le Liban entre Aoun et Hraoui

      Au Liban, un homme aura dominé l'année 1989 : le général Michel Aoun. Par son courage et sa ferveur, par son intransigeance et son jusqu'au-boutisme aussi, qualités et défauts poussés à l'excès, le chef du cabinet militaire chrétien – l'un des deux gouvernements du pays depuis septembre 1988 – a été le personnage principal d'un nouvel acte de la tragédie libanaise, aux multiples épisodes : révolte contre l'occupant syrien, intervention humanitaire de la France, pendaison d'un otage américain, médiation de la Ligue arabe, réunion des députés en Arabie Saoudite, élection enfin de l'un des leurs, le chrétien René Moawad, comme nouveau président de la République libanaise.

  • Société
    • Panorama

      Dans la société, comme en amour, la seule victoire possible serait-elle la fuite ? C'est ce que suggère la double échappée, dans le temps et dans l'espace, à laquelle on assiste aujourd'hui. La commémoration du Bicentenaire de la Révolution a mis la République sur un piédestal. Mai les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité n'ont pas, pour les citoyens français, le même poids.

    • Le nouvel emploi

      En France, depuis le milieu de l'année 1987, la situation du marché du travail collectionne les paradoxes. Après les gains, relativement modestes, enregistrés par l'emploi total – où se confondent les emplois salariés et non salariés –, les effectifs des entreprises ont commencé à augmenter. De 200 000 salariés en 1988, et peut-être de 250 000 selon l'UNEDIC ; de 250 000 en 1989, et peut-être de 400 000 selon l'UNEDIC, dont l'optimisme a été jusqu'à présent toujours confirmé par les faits.

    • Point de l'actualité

      Afin de remplacer la CNCL (éd. 1989), la loi du 17 janvier 1989 a institué un Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) dont les missions ont été ainsi définies par son article premier : le CSA, « autorité indépendante, garantit l'exercice de la liberté de communication... Il assure l'égalité de traitement ; il garantit l'indépendance du secteur public de la radiodiffusion sonore et de la télévision ; il veille à favoriser la libre concurrence ; il veille à la qualité et à la diversité des programmes, au développement de la production et de la création audiovisuelles nationales ainsi qu'à la défense et à l'illustration de la langue et de la culture françaises. Il peut formuler des propositions sur l'amélioration de la qualité des programmes ». Le Conseil est composé de neuf membres désignés pour une durée normale de six ans : trois par le président de la République, trois par le Sénat et les trois derniers par l'Assemblée nationale. Il est renouvelable par tiers tous les deux ans. Son président est choisi par le président de la République, qui a désigné Jacques Boutet.

    • Les enjeux de l'Éducation nationale

      La revalorisation des carrières des enseignants (des instituteurs aux universitaires) et la loi d'orientation sur l'éducation sont les deux gros dossiers qui ont dominé une année particulièrement riche en péripéties dans le domaine de l'Éducation nationale.

    • Point de l'actualité

      La France se prépare à abolir son Code pénal. Des cinq codes que Napoléon avait décidé de donner au pays, l'un – le Code d'instruction criminelle – a disparu en 1959, remplacé par un Code de procédure pénale ; deux autres sont en piteux état : le Code de commerce perd ses articles, abrogés et remplacés peu à peu par des lois non codifiées, et le Code de procédure civile est progressivement dévoré par un Nouveau Code de procédure civile. Restent intacts, mais plus ou moins profondément modifiés depuis leur promulgation, le Code civil et le Code pénal, qui datent respectivement de 1804 et de 1810.

    • La société des loisirs ou la vie rêvée

      Le loisir est une conquête récente des Français. 1936 en fut la première étape, avec l'octroi de « congés payés » à des salariés dont beaucoup se demandèrent avec anxiété comment ils allaient les occuper. Mai 68 apportait de nouvelles revendications, plus philosophiques, concernant le droit à l'épanouissement individuel dans les différentes phases de la vie : professionnelle, familiale, sociale, personnelle. La crise économique de 1973, loin de retarder le processus engagé, l'a au contraire accéléré. La société « postindustrielle », imaginée par le futurologue Hermann Kahn et l'Hudson Institute dans les années 60, profitait de la faiblesse de la société industrielle pour y faire son lit et manifester son insatisfaction par rapport au présent ainsi que son angoisse face à l'avenir, notamment par son goût pour les arts, les voyages ou même les parcs de loisirs...

  • Économie
    • Panorama

      L'euphorie continue. Pour la huitième année consécutive, les pays industrialisés connaissent l'expansion à un rythme encore supérieur à 3 %, même s'il se ralentit par rapport à 1988, particulièrement aux États-Unis et au Royaume-Uni.

    • La guerre commerciale internationale

      En 1989, les risques présentés par la guerre commerciale internationale ont surgi au premier plan de l'actualité. Plusieurs dossiers (viande aux hormones, agriculture, automobile, électronique, aéronautique, sidérurgie et audiovisuel) ont témoigné du retour du protectionnisme et de ses tentations perverses, notamment entre les trois pôles constitués par les États-Unis, le Japon et la Communauté européenne.

    • Point de l'actualité

      La Commission des Opérations de Bourse (COB) est plus que majeure. Instituée par décret le 3 janvier 1968, elle s'est vu confier une double mission : la protection de l'épargne et la transparence d'un marché intègre.

    • La vie à crédit

      Selon les statistiques de la Banque de France, l'encours des crédits distribués aux ménages (crédit à l'habitat et crédits de trésorerie ou à la consommation) avait atteint 1 941,1 milliards de francs à la fin de l'année 1988, alors qu'il ne représentait « que » 1 749,1 milliards un an plus tôt.

    • Point de l'actualité

      Pour la première fois depuis l'éclatement de la crise de la dette en 1982, le montant total de l'endettement des pays en développement s'est stabilisé en 1989 à près de 1 300 milliards de dollars.

    • Le défi mondial des technologies avancées

      L'invasion, ces dernières années, de la vie quotidienne des individus, des ménages et des entreprises par les nouvelles technologies a créé une situation très particulière que l'économiste britannique Christopher Freeman a qualifiée de changement de paradigme techno-économique. La question essentielle est alors de savoir si l'innovation résultant de l'introduction d'une technologie différente de celles qui existent engendre une modification profonde des relations entre le système technique, l'économie et la société.

  • Sciences et techniques
    • Panorama

      La recherche fondamentale requiert des instruments toujours plus puissants, plus performants... et plus coûteux. Ces investissements lourds ne peuvent être engagés, bien souvent, que dans le cadre d'une coopération internationale. Dans trois domaines, en 1989, l'actualité a fourni l'occasion d'exalter la réussite exemplaire de la coopération européenne.

    • Le mal de terre

      L'eau, qui altère les roches, transporte et accumule les produits de l'érosion, participe à l'évolution des paysages en modelant des reliefs très variés : chaque année, 12 milliards de m3 de débris minéraux sont arrachés aux continents. Mais l'eau, à laquelle la biosphère doit son existence, est, avant tout, la ressource indispensable à l'homme.

    • Point de l'actualité

      L'exploration du système solaire connaît en 1989 une reprise spectaculaire et l'événement prend une valeur particulière en cette année du vingtième anniversaire du premier débarquement de l'homme sur la Lune.

    • Biologie humaine : les nouvelles manipulations

      Coup de tonnerre dans le ciel de la médecine : le 19 janvier 1989, le National Institute of Health (NIH) et la Food and Drug Administration (FDA) américains autorisaient pour la première fois dans le monde la mise en œuvre, à des fins thérapeutiques, d'une manipulation génétique sur l'homme. Au-delà de son intérêt immédiat, cette autorisation sans précédent constitue une étape essentielle dans l'histoire de la médecine. À terme, elle pourrait en effet concerner les milliers de maladies héréditaires recensées chez l'homme, dont bon nombre restent aujourd'hui incurables.

    • Que d'eau, que d'eau...

      Méfiez-vous de l'eau qui dort... Les deux controverses scientifiques apparues récemment ont donné un sens tout particulier au vieux proverbe. À la suite d'un article publié en juin 1988 dans la revue scientifique internationale Nature, on se demande toujours si l'eau n'est pas douée d'une « mémoire » moléculaire ; depuis mars 1989 et l'annonce de la « fusion froide » par le Financial Times, média plutôt inattendu en la matière, on soupçonne qu'elle pourrait aussi receler le secret de la fusion nucléaire contrôlée.

  • Culture
    • Panorama

      Ce fut longtemps une année un peu solennelle et poussivement festive, branchée sur une nostalgie confuse et obligée. Le ministre le plus talentueusement léger du gouvernement s'était laissé affubler d'un titre pesant qui en disait long : Jack Lang, ministre de la Culture, des Grands Travaux et du Bicentenaire... C'est bien de tout cela qu'il s'est agi. Avec des bonheurs divers, des déceptions attendues et des émotions inespérées. Ce serait l'année des TGT (très grands travaux), de la TGB (la très grande bibliothèque) et aussi du nouveau TGV (train à grande vitesse) atlantique. De bien vilains sigles pour des projets et des réalisations somme toute hardis et beaux, projetant allègrement la décennie finissante dans le siècle à venir.

    • Le Bicentenaire

      L'année 1989 a été marquée par les manifestations du bicentenaire de la Révolution française. C'est en août 1986 que fut créé l'organisme officiel chargé de préparer et de mettre en œuvre la commémoration des événements de 1789 : la Mission du Bicentenaire, successivement présidée par Michel Baroin, haut dignitaire de la franc-maçonnerie et important homme d'affaires, qui se tua dans un accident d'avion en février 1987, Edgar Faure, académicien et homme politique, ancien ministre de la Ve République et président du conseil sous la IVe, mort le 30 mars 1988, et Jean-Noël Jeanneney, un historien universitaire, ex-P-DG de Radio-France, fils d'un ministre de la Ve République et petit-fils du président du Sénat de la IIIe, nommé en juin 1988.

    • Le marché international de l'art

      Records par-ci, scandales par-là, débats, procès, interventions plus ou moins bien venues de l'État : l'année 1989 aura été fertile en surprises, en événements et en coups de théâtre – pas toujours à l'honneur de ses acteurs – sur la scène internationale du marché de l'art. Mais on sait depuis bien longtemps que le monde élégant des galeries, des musées et des collectionneurs n'est pas toujours aussi honnête que policé !

    • Point de l'actualité

      La naissance du nouveau théâtre parisien voué à l'art lyrique est décidément bien difficile. La reconsidération du contrat passé en mai 1988 entre Daniel Barenboïm et l'Association pour la préfiguration de l'Opéra Bastille est à l'origine du litige qui amena Pierre Bergé à déclarer vacant le poste occupé par le célèbre chef d'orchestre. Le président de l'Association des théâtres de l'Opéra de Paris désirait en effet négocier un nouveau contrat sur les bases d'une rémunération et de responsabilités réduites. Il souhaitait ramener à 4 millions par an les 6 950 000 F initialement prévus et faire partager les pouvoirs du directeur artistique par le directeur général de la Bastille. Il voulait d'autre part que la programmation envisagée soit mieux en accord avec la politique fixée en 1982 par la « Mission de l'Opéra Bastille » présidée par François Bloch-Lainé.

    • Les grandes heures de l'architecture

      À Paris, les fêtes du bicentenaire de la Révolution française furent aussi celles de l'architecture. La semaine d'apothéose, autour du 14 juillet, fut en effet saluée par toute la série des inaugurations des grands projets lancés, au début de son premier septennat, par le président de la République. À l'occasion, il avait convié les chefs des États les plus puissants de la planète, pour un sommet qui finit par prendre le nom de l'endroit où il se tint, l'Arche de la Défense.

  • Sport
    • L'Année des espérances

      Située entre les jeux Olympiques de Séoul et la prochaine Coupe du monde de football, l'année 1989 n'a comporté aucune compétition de dimension internationale susceptible de changer les habitudes de chacun. En réalité, l'événement majeur de ces derniers mois a été politique. Il a concerné la décision prise par les dirigeants est-allemands d'ouvrir le « rideau de fer », avec toutes les conséquences que cela implique.

    • Disciplines

      Année postolympique, 1989 a été dominée par la Coupe du monde, qui s'est déroulée à Barcelone sous un véritable déluge, empêchant les champions d'accomplir de grands exploits. Elle s'est inscrite dans la lignée d'une saison particulière que l'on pourrait qualifier d'an I de la prise de conscience des dangers du dopage.

  • Nécrologie

    Cheikh Abbas (77 ans), dignitaire religieux algérien, recteur de l'Institut musulman de la mosquée de Paris depuis 1982 ; Paris, le 3.V.89.