Journal de l'année Édition 1979 1979Éd. 1979

Les expéditions de matériel militaire français à l'étranger constituent, en outre, un très sérieux apport au rétablissement de la balance commerciale.

Marchés

Dans le domaine industriel, le déficit commercial reste très important dans les relations sur la CEE avec – 18 milliards de F : par exemple, – 14 milliards avec la RFA et – 8 milliards avec l'Italie. Hors OCDE, l'excédent industriel est considérable, avec + 68 milliards, mais stable.

Au plan global tous produits, il est clair que le déficit est bien atténué d'une année à l'autre dans les relations avec les huit autres membres de la CEE, passant de – 14 à – 8,6 milliards de F. C'est, de nouveau, l'excédent avec l'UEBL (1,5 milliard). Le surplus s'alourdit de 2,5 milliards avec la Grande-Bretagne. L'écart négatif s'amenuise d'environ 1 milliard avec les Pays-Bas. C'est également le cas sur la RFA, pour plus de 500 millions. Mais, avec l'Allemagne fédérale, le déficit, de l'ordre de 10 milliards de F, demeure toujours très élevé.

Avec les autres pays européens de l'OCDE, le solde commercial extérieur tombe de + 8,3 à + 4,7 milliards. Il est vrai qu'avec un pays comme l'Espagne, par exemple, le déficit tend au doublement en se chiffrant à 2,9 milliards. Le déficit est un tout petit peu moindre avec les États-Unis, étant ramené à 7,6 milliards ; il est à peine plus marqué avec le Japon, à 4,7 milliards.

Vers les pays du monde socialiste et, d'une manière générale, en direction des pays à économie planifiée, l'exportation stagne à moins de 15 milliards. Les échanges sont stimulés vigoureusement dans les deux sens avec la RDA. Les fournitures à la Chine repartent, après la chute vertigineuse de 1977.

Les ventes aux pays de l'OPEP plafonnent, elles aussi, à 28 milliards. Les ventes à l'Algérie baissent de 21 % ; celles à l'Arabie Saoudite augmentent de 29 %, à l'Iran de 20 %, à la Libye de 24 %, au Koweït de 21 % et au Venezuela de 23 %. Mais, en raison du coût réduit des importations de pétrole en provenance des pays de la zone, la balance se contracte de 5 milliards pour se situer à – 23,8 milliards.

Enfin, avec les autres pays en voie de développement non producteurs de pétrole, l'excédent s'accentue de près de 4 milliards. L'exportation française se montre particulièrement dynamique à destination notamment de l'Égypte (+ 27 %), de la Tunisie (+ 29 %), du Mexique (+ 38 %), de la Corée du Sud (+ 49 %), de l'Inde (+ 59 %), de Hongkong (+ 33 %).

Incertitudes

Un excédent important, stable et durable des échanges extérieurs constitue la condition essentielle du développement de l'activité et de l'emploi en France. Or, l'année 1979 ne se présente pas, à cet égard, sous des auspices favorables.

Vu l'incertitude pesant sur la politique économique des pays industrialisés, face à une nouvelle accélération de l'inflation, à la nouvelle envolée des prix du pétrole et aussi à la remontée des cours des matières premières industrielles, il paraît hasardeux de définir, d'une façon sûre, les perspectives du commerce mondial en 1979.

Les décisions en chaîne prises au sein de l'OPEP, à partir de la fin 1978, et visant, dès janvier 1979, aux relèvements successifs, accélérés et marqués des prix du pétrole, compte tenu des conditions du marché et de la crise iranienne, font craindre le pire. À ce régime, la reprise d'activité qui se dessinait en Europe a toutes les chances d'être stoppée, sinon d'être atténuée.

Fin juin 1979, après la réunion de l'OPEP à Genève, il était envisagé pour la France, en 1979, une note pétrolière grossie de quelque 18 milliards de F par rapport à 1978, soit une dépense totale d'environ 70 milliards de F. Et cela, dans l'hypothèse d'un cours stable du dollar et d'un volume de livraisons d'or noir du même ordre de grandeur.

Les échanges extérieurs français ne profitent donc plus de la baisse des cours des produits de base et de la dépréciation du dollar connues en 1978. C'est l'inverse qui se produit.

Le taux de couverture s'essouffle. Les marges à l'exportation se rétrécissent et il n'y a plus guère de réserve de compétitivité avec la dérive des coûts français. L'écart se creusant entre prix intérieurs et prix à l'importation, révolution du partage du marché national tend à tourner au désavantage des producteurs français.