Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
I

intelligence artificielle (suite)

L’intelligence artificielle a vocation de s’occuper de problèmes « non formalisés » par l’homme, mais ceux-ci peuvent ne pas relever de l’intelligence humaine. La réalité même de celle-ci peut être mise en doute : en faire l’aptitude à résoudre des problèmes est un peu simpliste, celle de pouvoir en formuler est certainement plus attrayante, de même que celle d’être apte à extraire de l’expérience des schèmes d’action et de transposer ceux-ci à des situations totalement différentes. Il est plus satisfaisant de parler de comportements intelligents, ce qui conduirait à dire que le terme d’intelligence n’a pas de substance, mais renvoie à un ensemble assez mal défini de problèmes relatifs aux comportements. De son côté, l’intelligence artificielle renvoie à un ensemble différent, et certains problèmes sont communs aux deux ensembles.

J. S.

➙ Bionique / Formalisation / Modèle.

 L. Couffignal, les Machines à penser (Éditions de Minuit, 1952 ; nouv. éd., 1964). / P. de Latil, la Pensée artificielle (Gallimard, 1953). / E. C. Berkeley, Computers : their Operation and Applications (New York, 1956 ; trad. fr. Cerveaux géants, machines qui pensent, Dunod, 1957). / J. von Neumann, The Computer and the Brain (New Haven, 1958). / E. A. Feigenbaum et J. Feldman, Computers and Thought (New York, 1963). / M. J. Pedelty, An Approach to Machine Intelligence (New York, 1963). / K. M. Sayre et F. J. Crosson, The Modeling of Mind, Computers and Intelligence (Notre Dame, Indiana, 1963). / D. G. Fink, Computers and the Human Mind (New York, 1966). / P. Braffort, l’Intelligence artificielle (P. U. F., 1968). / J. de Goër de Hervé, Mécanisme et intelligence (Lethielleux, 1969).

intendance

Service de l’armée de terre chargé de pourvoir aux besoins élémentaires (nourriture, logement, solde, habillement) des militaires.



L’historique

Dans l’Antiquité, seules les armées romaines eurent le souci d’assurer à leurs ressortissants le nécessaire indispensable à la vie courante. Dans les autres armées, chacun subvenait, comme il le pouvait, à ses propres besoins. Il en fut de même au Moyen Âge dans les armées féodales, ce qui fut à l’origine de bien des difficultés et de nombreuses désertions. Aussi, sous Philippe II Auguste et surtout sous Philippe IV le Bel, le pouvoir royal commença-t-il à payer, ou solder, les mercenaires qu’il employait dans son armée (d’où leur nom de soldats). En 1351, Jean II le Bon créa les commissaires des guerres chargés du contrôle des effectifs. Deux siècles plus tard, ces fonctionnaires royaux (qui seront environ 150 en 1789) sont en outre chargés de fournir d’abord en temps de guerre, puis en temps de paix, les vivres et fourrages nécessaires aux armées.

Après la Révolution, Napoléon modifie l’institution : à côté des commissaires des guerres, qui ont surtout un rôle de fournisseurs des armées, il crée en 1800 les inspecteurs aux revues, chargés du contrôle des effectifs et de l’administration des unités.

En 1817, Louis XVIII réunit de nouveau les deux corps sous le nom d’intendance militaire, qui cumule dès lors les fonctions de contrôleur et de pourvoyeur. Cette situation durera non sans de graves inconvénients jusqu’à la création, en 1881, du corps de contrôle de l’administration de l’armée, qui, directement subordonné au ministre, prendra à son compte les attributions de ce dernier en matière de vérification administrative et financière (v. contrôle général des armées).

Réorganisé par la loi du 16 mars 1882 et directement subordonné au commandement, le service de l’intendance a la mission prioritaire de pourvoir aux besoins des armées. La hiérarchie de ces fonctionnaires militaires comprend, outre les intendants généraux (créés en 1856), quatre classes assimilées aux grades de colonel (intendant militaire de 1re classe), lieutenant-colonel (2e classe), commandant (3e classe) et capitaine (intendant militaire adjoint). Les intendants sont assistés, dans leur mission, par les officiers d’administration du service de l’intendance, dont les grades vont du sous-lieutenant au lieutenant-colonel. Ces derniers sont recrutés par concours parmi les sous-officiers de toutes armes et formés à l’École militaire d’administration, créée à Vincennes en 1875 et transférée à Montpellier en 1946. Quant aux intendants, ils sont également recrutés par un concours ouvert aux capitaines de toutes armes et services en vue de leur admission à l’École supérieure de l’intendance, créée à Paris en 1926. Après deux ans d’études, ses élèves sont nommés intendants militaires adjoints.


L’organisation du service de l’intendance

L’ampleur de ses attributions a conduit à répartir le service en trois grandes branches ou subdivisions : les subsistances, l’habillement et l’administration générale.

• Le service des subsistances (ou intendance S) assure la totalité du ravitaillement des troupes en campagne et une partie de celui du temps de paix. Dans ce dernier cas, les magasins ou « gestions » de l’intendance fournissent des vivres non périssables : légumes secs, épices, café, viandes de conserve, pain des fours militaires, etc. Par contre, les vivres frais sont achetés dans le commerce local par les officiers d’ordinaire des corps de troupes, qui disposent, pour chaque homme présent à l’effectif, d’une somme appelée prime globale d’alimentation : elle doit couvrir toutes les dépenses de vivres, provenant ou non de l’intendance.

• Le service de l’habillement et du campement (ou intendance H) fournit ce qui a trait à ces deux sortes de besoins, depuis l’uniforme, les chaussures, etc., jusqu’à la literie, le mobilier, les tentes, les cuisines roulantes... Ces matériels sont fabriqués dans les ateliers de l’intendance ou achetés dans le commerce. En temps de guerre, tout l’habillement est fourni gratuitement ; en temps de paix, les droits en habillement des appelés sont fixés par le ministre, et une prime d’habillement est allouée pour leur entretien. Les sous-officiers disposent d’un crédit annuel pour s’habiller, mais ne peuvent percevoir tel ou tel article que tous les douze, dix-huit ou vingt-quatre mois. Quant aux officiers, ils s’habillent à leurs frais dans des magasins d’habillement.