Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Dicotylédones (suite)

Morphologie

Le port général est extrêmement différent : chez les Dicotylédones, les tiges aériennes sont le plus souvent divisées, alors que chez les Monocotylédones elles sont presque toujours simples, les inflorescences étant au contraire souvent ramifiées.

Les Monocotylédones sont surtout des géophytes, c’est-à-dire des plantes vivaces par leurs organes souterrains (rhizomes, bulbes), tandis que les Dicotylédones présentent les formes les plus variées d’adaptation à la saison hivernale. La racine principale est le plus souvent persistante chez les Dicotylédones (sauf dans le groupe ancien des Polycarpiques : Magnoliacées, Renonculacées, Nymphéacées...), tandis qu’elle disparaît au contraire rapidement, après la germination, chez les Monocotylédones.

Les feuilles des Di- et des Monocotylédones s’opposent : dans la première de ces classes, on trouve une grande diversité, tant de forme (feuilles simples ou composées, entières, lobées ou extrêmement divisées) que de nervation (pennées, palmées, pétalées et même parfois parallèles) ; dans la deuxième, les feuilles sont presque toutes entières, allongées, plus ou moins linéaires et à nervures parallèles. Mais l’opposition est encore plus accusée quand il s’agit des organes floraux. En effet, les fleurs sont construites ordinairement sur le type cinq (ou quatre) chez les Dicotylédones et presque uniquement sur le type trois pour les Monocotylédones ; d’autre part, dans la première de ces classes, il est facile de distinguer entre les deux cycles de pièces protectrices, c’est-à-dire entre pétales et sépales, qui forment corolle et calice, alors que chez les Monocotylédones, bien souvent, ces pièces ne diffèrent que par leur position, si bien que dans certains cas on leur a donné le nom de tépales (Tulipe par exemple).

La structure de la fleur de Graminacées*, avec des glumes, glumelles et glumellules, est un cas extrêmement particulier, typique de tout un groupe de Monocotylédones et fort éloigné des types floraux des Dicotylédones.

Lors de la formation des grains de pollen chez les Dicotylédones, la différenciation des membranes apparaît une fois les deux divisions totalement effectuées, alors que, chez les Monocotylédones, les cloisons se construisent après chaque division.


Anatomie

Au point de vue anatomique, les structures vasculaires sont dissemblables. En effet, chez les Dicotylédones, dans la structure primaire, les faisceaux libéro-ligneux (composés de bois interne et de liber externe) sont disposés sur un seul cercle, plus ou moins séparés par des rayons, sauf dans quelques familles comme les Renonculacées. Chez les Monocotylédones au contraire, les faisceaux (le bois entoure plus ou moins le liber) se répartissent sur plusieurs cycles dispersés dans la moelle.

Mais les différences sont encore plus grandes quand il s’agit de la structure secondaire, puisque, pour les Monocotylédones, ces formations ne sont que de nouvelles adjonctions de faisceaux à structure primaire en T ou en V entourés de sclérenchyme et répartis sur un nombre croissant de cercles concentriques.

Pour les Dicotylédones, l’accroissement en épaisseur se construit à partir des cambiums, ou assises génératrices. Il en existe ordinairement deux ; la plus profonde, l’assise libéro-ligneuse, est de beaucoup la plus importante, puisqu’elle donnera la grande majorité des formations secondaires : le « bois » des troncs d’arbre par exemple vers l’intérieur, le liber vers l’extérieur. L’assise plus externe (qui parfois est accompagnée de quelques autres surnuméraires) produit le liège vers sa partie extérieure et un tissu parenchymateux, le phelloderme, peu important, sur sa face interne.


Origine

À la fin du Jurassique supérieur apparaissent les Angiospermes, qui prennent le pas sur les Gymnospermes surtout au Crétacé, il y a environ 130 millions d’années.

Si l’on se fonde sur la classification de J. Hutchinson, les Dicotylédones seraient composées de deux grands phylums, le premier comportant surtout des familles ayant un grand nombre de formes herbacées dérivant d’un type voisin des Ranales, et le second, d’une origine proche des Magnoliacées, posséderait surtout des formes ligneuses. Dans ce phylum, on trouve d’une part les principaux groupes systématiques qui composaient l’ensemble des Apétales — et qui correspondraient à diverses tendances évolutives — et d’autre part une partie des Gamopétales, qui sont aussi pulvérisées dans le phylum des Herbaceæ, certains ordres étant même polyphylétiques.

Pour Pulle, trois phylums et non plus deux formeraient la classe des Dicotylédones, les Gamopétales étant réparties dans chacun des trois phylums.

À l’opposé, Wettstein, qui lui aussi envisage le polyphylétisme des Dicotylédones, considère que l’apétalie serait un caractère archaïque et que c’est à partir des groupes présentant ces caractères que les Dicotylédones actuelles auraient évolué.

En conclusion, on peut affirmer que la vieille division des Dicotylédones en trois grands groupes (Dialypétales, Apétales et Gamopétales) ne tient plus aux yeux de tous les auteurs modernes. D’autre part, il est généralement admis que les Dicotylédones ont une origine gymnospermique polyphylétique et que la classe des Monocotylédones a eu ses souches dans les formes les plus primitives des Dicotylédones ; ces dernières proviennent de l’éclatement en plusieurs phylums (en nombre variable suivant les auteurs) des types primitifs, et l’évolution aurait, pour certains, amené à des formes plus réduites (apétalie) ou à la gamopétalie.

J.-M. T. et F. T.

 L. Hutchinson, Families of Flowering Plants. Dicotyledons (Londres, 1926 ; nouv. éd., 1959). / L. Emberger, « les Végétaux vasculaires » dans Traité de botanique, t. II (Masson, 1960).

dictionnaire

Ouvrage didactique qui tend à communiquer, sous forme d’articles indépendants les uns des autres et rangés dans un ordre déterminé, un certain savoir.